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mercredi 30 juin 2010

Le Maitre du Haut Château de K. Dick

Résumé : En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie â l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...

Mon Avis : L'uchronie est un genre que j'ai connu assez récemment avec la lecture d'un roman de Fforde, L'affaire Jane Eyre. N'ayant pas trouvé que le genre était bien exploité, j'ai voulu lire l"un des classiques du genres et de suite, j'ai été orienté par ce titre d'un auteur déjà connu que j'avais adoré dans Blade Runner.

L'histoire pourtant courte, est partagée entre plusieurs personnages. On reste environ dix pages sur chaque si bien que j'ai toujours eu l'impression de ne pas avoir assez de temps pour les cerner. Je pensais que toutes leurs histoires respectives graviteraient autour de ce fameux maître qu'on attend avant de voir apparaître mais non, chacun vit ses petites péripéties plus ou moins intéressantes. Beaucoup de rencontres pour peu d'actions, c'est ce qui m'a marqué le plus.
Pour faire leurs choix sur les sujets les plus importants, ils se réfèrent au Yi King, une sorte de tarot qui permet de dégager des pistes, des thèmes. Il semblerait que cela marche puisque la réalité rejoint ceux qu'ils ont déchiffrés. Cependant, comme tout ce genre de jeu de superstition, on déchiffre selon la réalité que l'on veut faussant la crédibilité.
Tout au long du récit, je me demandais vers où j'allais mais, chose étrange dans ce cas, je ne me suis jamais ennuyé. J'ai été pris dans cette étrange histoire, toujours intrigué par la suite. Ce qui me raccrochait le plus était d'une qu'il y avait toujours matière à réflexion entre les lignes et d'autre part, il y avait toujours une sorte de voile entre réalité et mensonge. On se demande jusqu'à la fin si leur réalité est déjà possible mais surtout qu'elle ne relève pas de l'illusion.

J'ai très peu de choses à dire sur les personnages à part, comme je l'ai dit plus haut, je n'ai pas eu le temps de les cerner. Seul Frank Frink a su me parler avec sa volonté de bien faire et prendre des risques pour regagner l'amour de sa femme. Elle m'a tout d'abord vraiment déplue, je l'ai trouvé très frivole et même un peu stupide. M. Tagomi, le commercial, incarne le Japonais froid et sérieux que l'on voit souvent dans les livres ou les films. Les autres sont passés plus inaperçus.

Au niveau de l'écriture, c'est du Dick donc cela frise l'excellence. C'est peut-être cela qui a fait que je n'ai jamais décroché et qu'au final, j'ai bien aimé. Fluidité et tout ce qui va avec, c'est du grand travail sans trop de complexité.

Au final, je peux dire que j'ai passé un bon moment bien que je n'ai pas trouvé ce livre abouti. je suis resté sur ma faim et à vrai dire, je ne savais pas trop quoi en penser. J'ai aimé les doutes qu'ils laissent planer sur la fin mais cela laisse un gout amer. J'aurais voulu creuser plus tous les plans du livre et j'en garderai donc un souvenir mitigé. Cependant, j'adore cet auteur et je renouvellerai l'expérience prochainement. Cela sera aussi le cas de l'uchronie qui est un genre avec beaucoup de potentiel sur ce que j'aime. Ce sera donc un 13/20 pour ce titre.

jeudi 24 juin 2010

Simetierre de Stephen King

Résumé : Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s'installer avec sa famille à Ludlow, charmante petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Grandall, les emmène visiter le pittoresque vieux "simetierre" forestier où des générations successives d'enfants de la localité ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce "simetierre", tout au fond de la forêt, il en est un second, et c'est un lieu imprégné de magie qui vous enjôle et vous séduit par de mystérieuses et monstrueuses promesses. Bientôt, le drame se noue, et l'on se retrouve happé dans un suspense cauchemardesque, tellement affreux que l'on voudrait s'arracher à cette lecture...

Mon Avis : Quoi de mieux qu'une lecture commune sur livraddict pour entreprendre de nouvelles découvertes? S'il y a bien un auteur sur lequel j'avais beaucoup d'appréhension, c'est bien King en personne. En effet, j'ai toujours été plutôt réfractaire au genre de l'épouvante et ce dernier est considéré comme le maître du genre. C'est surtout les films, provocateurs de cauchemars, que je repousse par simple peur. En tant que grand amateur de livres, il me fallait absolument découvrir cet auteur dont la renommée n'est plus à faire. C'est donc sur ce titre, Simetierre que s'est porté mon choix aidé par mes compagnons de lecture. Je m'attendais à avoir peur mais finalement, il semblerait que ce ne soit pas vraiment un roman gore...

L'histoire est centrée sur une famille qui vient d'emménager à Ludlow dans l'état du Maine, un couple et leurs deux enfants. Il y a tout d'abord Louis, un médecin dans tout ce qu'il a de plus normal, sa femme, Rachel, femme au foyer gardant au fond d'elle une douloureuse blessure d'enfance, l'ainée, Elly, jeune fille très curieuse et éveillée et son frère, Gage, qui commence simplement à parler. Ils font rapidement connaissance d'un couple de personnes âgées, Norma et Judson, qui les accueille chaleureusement. Jud va très vite leur faire découvrir un cimetière d'animaux assez proche de leur propriété. Dès les premiers instants, on ressent un léger malaise dans ce lieux chargé de mysticisme et de légendes indiennes. On veut en savoir plus et l'intrigue prend de l'ampleur. Tout s'enchaine après assez rapidement, Jud décide de partager ses secrets avec Louis que la curiosité pousse d'autant plus. Bien que je n'ai jamais eu peur, je vibrais avec Louis dans cette atmosphère assez lourde mais passionnante. Car, en effet, c'est le gros point fort de ce récit, l'ambiance noire est palpable, on est comme entourée d'une bulle pendant la lecture sans en ressortir. Ainsi, reposer le livre devient un calvaire tellement je voulais rester dans l'histoire et en savoir plus.
Outre le fait que ce livre soit un roman noir, une histoire prenante, beaucoup de passages sont consacrés à la réflexion sur des sujets existentiels comme la mort, la maladie etc. Cela apporte beaucoup si on aime lire entre les lignes et non se contenter de la lecture seule.

Louis n'est pas ce que l'on peut appeler un héros tant il est normal. Une vie commune avec peu de reliefs : une carrière réussie mais pas exceptionnelle, une vie de famille où l'amour domine et où les soucis sont faibles. Pourtant, il s'avère passionnant dans sa curiosité, dans son désir de croire aux choses inconcevables et dans sa motivation de faire tout pour sa famille. Il sait pertinemment que sa femme souffre depuis sa tendre enfance de la perte de sa sœur ainée et pense qu'il serait bien qu'elle s'ouvre plus sur le sujet. On la sent fragile mais passionnée, aimante comme toutes ces personnes traumatisées de l'enfance. Quelques éléments de son passé la rapprochent de moi ce qui a éveillé ma curiosité. Elle est aussi très proche de ses enfants qui sont vraiment adorables. Leur fille est particulièrement intéressante en cela qu'avec sa curiosité, c'est elle la plupart du temps qui amène les pistes de réflexion.
Jud et sa femme sont aussi très gentils dans leur petite vie tranquille. Lui joue le rôle de l'Encyclopédie de Ludlow pour faire découvrir à notre jeune médecin tous les secrets que la ville recèle.

L'écriture de King est un atout majeur tant elle est captivante et fluide. Je ne pourrais le décrire mais elle a une particularité propre qui la distingue des autres.
Après quelques recherches, j'ai été étonné de voir qu'il n'avait pas entrepris d'études en médecine car sa connaissance en la matière semble très pointue. Un gros travail de recherches semble avoir été effectué.
On voit aussi qu'il a de nombreuses connaissances en psychologie quand on partage les pensées, les ruminations de Louis. On croirait qu'on fait face à nos propres pensées. J'adore particulièrement ces romans à caractère psychologique où l'on se croit dans la tête du héros.

Avec tous ses points positifs, le moins que je puisse dire est que j'ai passé un super moment et que je ne regrette en rien cette somptueuse découverte. L'assemblage du tout donne un très bon livre qui ouvre des perspectives alléchantes sur mon programme de lecture. Un auteur qui recroisera très vite ma bibliothèque. Un livre que je recommande à tous, même les plus réfractaires à l'épouvante. C'est donc un très bon 16/20.

lundi 21 juin 2010

Waylander de David Gemmel


Résumé : Le Roi de Drenaï a été assassiné. Une armée d’envahisseurs déferle sur le pays, avec pour mot d’ordre de tuer hommes, femmes et enfants. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il repose sur les épaules de celui que la nation surnomme Waylander. Seul, il va s’aventurer en territoire nadir pour retrouver la célèbre Armure de Bronze, symbole de liberté.
Mais peut-on faire confiance à ce Waylander ?...
Après tout, c’est lui qui a assassiné le roi.

Mon Avis : Gemmel est l'un des auteurs les plus réputés en matière de Fantasy comme je les aime. Privilégiant l'action et l'aventure au détriment des descriptions à rallonge, il a pour réputation d'aller dans la partie la plus bestiale, la plus rude du genre. Comme tout incontournable des genres que j'aime, je me sens dans l'obligation de les lire. Comme vous le savez peut-être, l'auteur est décédé il y a peu de temps d'une crise cardiaque laissant des milliers de fans dans l'attente de prochains chefs-d'œuvre...

Commençons par les personnages hauts en couleur du roman : on a en premier lieu un jeune assassin du nom de Waylander que la vie n'a pas épargné. En effet, il avait tout pour être heureux : une famille aimante, une place de soldat pour laquelle il se révèle plus qu'habile à la tâche etc. Il aura fallu une seule et unique journée pour que sa vie ne prenne un virage vers des abysses ténébreuses : à son retour après une courte absence, il retrouva sa femme violée et ses enfants massacrés par des mercenaires sans scrupule. La rage, la haine et la vengeance s'emparèrent irrémédiablement de lui l'amenant à traquer les coupables. Ayant perdu tout idéal, toute raison de vivre, il laisse sa vie à la merci du sang et devient un assassin qui tue pour vivre. Son métier l'amena à tuer son propre roi pour un simple contrat ayant des implications incroyables. Il ne fut jamais payé mais trahi par son employeur, il doit fuir.
Je ne saurais dire ce qu'il est car je ne peux le qualifier de héros pour tous les sentiments négatifs qu'il entretient au plus profond de son être. Dire de lui que c'est un anti-héros serait une erreur car il a de profondes qualités dont la bravoure qui l'amèneront à sauver beaucoup de monde. Je dirais simplement que c'est un homme qui a perdu sa croyance en la vie ainsi que dans les autres. Cela est compréhensible au vu de son passé et on peut le pardonner si un élan d'empathie nous gagne. Il devient ainsi attachant malgré tout, on cherche sans cesse à percer cette carapace qui couvre ce qu'il est vraiment.
Par le plus grand des hasard, il est amené à sauver un prêtre, Dardalion et une jeune femme accompagnée de ses enfants du nom de Danyal. Le premier nous promet dans un premier temps d'être agaçant avec sa capacité à déblatérer des préceptes religieux mais il devient rapidement le personnage le plus surprenant avec son pouvoir de projection astrale et sa volonté de combattre à tout prix. La femme est elle très courageuse et devient rapidement une bonne combattante, un atout pour les Drenaïs.
On rencontre beaucoup de personnages plus ou moins importants et intéressants que je ne vous dévoilerez pas. Simplement, je mets un petit bémol sur les autres ayant trouvé que beaucoup de guerriers se ressemblaient.
Ce que j'ai aimé c'est que jamais Gemmel ne fait l'éloge de ses protagonistes, il les montre comme personnes avec des faiblesses et des défauts. Certains, même dans le bon camp, s'avèrent machiavéliques.

L'histoire est elle palpitante à souhait. On est pris dès les premières pages dans un rythme effréné suivant les péripéties de l'armée drenaï et de Waylander. Les rebondissements se succèdent pour notre plus grand plaisir. Je n'en dévoilerai pas trop mais Waylander, après son sauvetage, se verra confié une mission capitale pour l'avenir du Royaume. S'il n'y parvient pas, les vagrians s'empareront du territoire au prix d'un terrible massacre.
L'amour aura aussi sa place dans cette histoire des plus bestiales et je dois dire que je fus surpris car Waylander semblait fermé à toute émotion.
Après avoir lu plusieurs romans dans le genre qui mettait longtemps à se mettre en place avec, à la clé, peu d'action pour beaucoup de longueurs, je cherchais un spécialiste de l'action et des combats à l'état pur et je pense l'avoir trouvé en Gemmel qui incarne le summum du genre. Il incorpore dans son récit tous les ingrédients d'un grand roman. Beaucoup le trouvent violent, sale mais je pense qu'il dresse admirablement le portrait de la guerre dans tout ce qu'elle a de terrible et sanguinaire. Jamais je ne fus choqué mais respectueux du travail effectué rien que pour les scènes de batailles où l'on se prend pour un guerrier qui participe au combat.

Le style, à l'instar de ce qu'il raconte, est admirable pour le genre : tout est ciselé, mesuré, pesé. Il n'y a pas un mot de trop, aucune fioriture, un pur régal. Les descriptions se font rares mais ne nuisent pas à la bonne compréhension et la mise en relief des personnages et des décors. Seul bémol : beaucoup de lieux sont nommés mais on les décrit pas, on ne les situe pas si bien qu'on s'y perd parfois. La fluidité est omniprésente si bien que cela devient très dur lorsque l'obligation se présente de reposer le livre...

Vous l'aurez compris, ce livre est un réel chef-d'œuvre en la matière. Tout est construit pour faire en sorte qu'on passe un bon moment avec une histoire palpitante, des personnages captivants et une écriture plus qu'adaptée. C'est donc un 18/20 que mérite ce livre.

Participants :
Pogo, Nadège, jerôme, Azariel87, M. Zombie

samedi 19 juin 2010

Mercy Thomson, tome 3, Le baiser de Fer de Patricia Briggs

Résumé : "Je retroussai mes babines pour lui donner une bonne vue de mes crocs. J'avais beau ne pas peser plus de quinze kilos sous ma forme de coyote, j'étais néanmoins un prédateur..."
La forme de Mercy Thompson est peut-être changeante, mais ce n'est pas le cas de sa loyauté. Lorsque son ancien patron et mentor est arrêté pour meurtre et abandonné par les siens, Mercy est la seule à vouloir l'innocenter, qu'il le veuille ou non.
Le coeur de Mercy , quant à lui, est à l'image de la nature de sa propriétaire : partagé. il balance entre deux loups-garous. Or, ces derniers ne sont pas réputés pour leur patience, et si elle ne parvient pas à faire un choix, Sam et Adam s'en chargeront peut-être pour elle...

Mon Avis : Sans doute la meilleur saga bit lit que je connaisse depuis que je me suis lancé dans le genre, j'étais ravi de retrouver notre chère Mercy, la changeuse. Sa principale faculté est en effet de pouvoir se transformer en coyote. Elle est ainsi agile, puissante mais moins que ses amis les loups garous avec qui elle a grandi après le suicide de son beau-père. Cette saga est toujours un régal.

L'histoire, après les loups-garous et les vampires, est centrée sur les créatures qui titillaient le plus ma curiosité : les faes. Contrairement aux deux autres espèces, on ne peux les décrire car ils n'ont pas une forme ou un pouvoir uniforme. C'est un peu un rassemblement de toutes les créatures magiques qui ne sont ni vampires, ni loups-garous et ni sorcières. Par exemple, le fae que l'on a déjà rencontre dans les tomes précédents, Zee, se présente comme un gremlin (souvenirs, souvenirs mais cela n'a rien à voir...), un être qui a des affinités avec tout ce qui est métallique alors que l'un des gros points faibles des faes (quasi leur seul point commun) est qu'ils sont très sensibles au métal ce qui rend Zee particulièrement puissant. On connait aussi Oncle Mike, le tenancier du bar fae mais on ne sait pas grand chose sur lui. On le voit beaucoup dans ce tome mais on ne le creuse pas suffisamment à mon gout. Les faes sont dirigés par des êtres extrémements puissants nommés Les Seigneurs Gris qui les ont forcé à faire leur coming-out quelques années plus tôt. J'avais vraiment envie d'en apprendre plus sur eux et le moins que je puisse dire est que j'ai été servi.
Comme à son habitude, Mercy est, dès les premières pages, plongée au cœur de l'action. Zee et Oncle Mike lui demandent d'utiliser ses capacités d'odorat en forme de coyote pour enquêter de manière officieuse sur une série de meurtres liés sur des faes. Elles découvre rapidement l'identité du coupable mais arrivé chez lui, ils tombent dans un traquenard et Zee est inculpé. J'aurais envie de vous en dire plus mais je préserve le suspens. Les rebondissements et les rencontres s'enchainent dans un rythme très haletant pour nous emmener vers un dénouement assez surprenant. C'est là le gros point fort de ce tome : l'intrigue n'est pas bancale contrairement au premier et l'on a beaucoup de mal à deviner le coupable. C'était le bémol du second où la fin s'était révélée à moi avant la moitié du livre, chose qui me gâche une partie du plaisir...
On finit le livre sur une intrigue secondaire concernant une nouvelle fois Jesse, la fille de l'Alpha Adam, dans une scène que j'ai trouvé particulièrement décalée et où j'ai beaucoup ri.

Nous n'avons pas l'occasion de rencontrer beaucoup de nouveau protagonistes à part une avocate, Jean Ryan, qui a toutes les caractéristiques de son métier : elle ne recule devant rien, elle a l'esprit très aiguisé... C'est une femme noueuse, assez sportive qui est aussi solide physiquement que mentalement. Par contre, on la voit beaucoup pendant leur rencontre mais j'ai été surpris de voir qu'elle n'intervenait plus beaucoup après. On apprend vite qu'elle n'aime pas beaucoup les faes au grand dam de Mercy...
Il y a aussi un jeune homme féru d'informatique, Tim. Il est passionné par la culture galloise et est, de manière générale, très intelligent. Il est très travaillé, beaucoup plus complexe qu'on ne peut l'imaginer. Il est en revanche assez vantard donc horripilant.
En ce qui concerne Mercy, elle a encore gagné en caractère depuis le début et ainsi, on remarque que l'auteur a beaucoup travaillé pour la rendre intéressante et réaliste malgré son côté surnaturel. La où j'ai été impressionné, c'est au moment où elle négocie avec les Seigneurs Gris, je ne vous dirais pas sur quel sujet, mais ce chapitre est génial!! Pendant toute la première moiti du livre, on en apprend pas beaucoup plus sur ses sentiments à l'égard d'Adam ou de Samuel, elle est toujours tiraillée dans ce triangle amoureux sans prendre de décisions concrètes. J'ai été dans cette partie assez déçu car on reprend le même discours qu'avant sans avancer. Au moment où je me disais cela, tout à changer, elle a commencé à peser le pour et le contre et écouter son cœur. Sans avoir pris de décisions définitives, on sent que son choix prend forme. Bref, Mercy est une héroïne vraiment attachante qui ne rentre jamais dans un registre "cucul" sur ses sentiments contrairement à beaucoup dans le genre.

Je ne vais pas trop me répéter sur l'écriture et le style de Patricia Briggs si ce n'est que c'est toujours très ciselée et fluide. Les descriptions sont suffisantes sans être trop abondantes. Là où elle est très habile c'est qu'elle alterne aisément action et réflexion sur les sentiments. C'est un aspect auquel j'adhère. Elle maintient un rythme assez élevé pour mon plus grand plaisir.

Vous l'aurez compris, j'adore Mercy, j'adore l'auteur, j'adore cette saga, j'adore... tout. Ce troisième tome est un nouveau coup de coeur pour ce mois de Juin et c'est avec un grand plaisir que je lirai prochainement le dernier tome paru en France. Tous les amateurs du genre seront conquis, je n'en doute pas un instant. Je le conseillerais aussi à tous ceux qui sont mitigés sur le genre car il a pour réputation de mettre en scène des héroïnes dont les sentiments sont souvent agaçants... C'est donc un 18/20 que j'attribue à ce volume.

jeudi 17 juin 2010

Oscar Pill, tome 1, La Révélation des Medicus d'Eli Anderson


Résumé : Je m'appelle Oscar Pill et je ne suis pas un garçon comme les autres. Je suis un Médicus : j'ai le pouvoir extraordinaire de voyager dans n'importe quel corps vivant. Comme mon père, qui fut autrefois un célèbre Médicus avant de disparaître. Aujourd'hui, l'humanité entière est à nouveau menacée : Skarsdale, le sombre Prince des Pathologus, s'est échappé de sa prison. Et moi, j'ai été choisi pour l'affronter. Il me faut braver tous les dangers et rapporter un Trophée d'un endroit où je ne suis jamais allé. Un univers mystérieux qui se trouve... dans le corps humain.

Mon Avis
: De temps en temps, je ne peux pas m'empêcher de lire un roman Jeunesse pour retrouver cette période autorisant encore l'insouciance. J'aime revenir dans ces années qui ont fait grandir mon imagination face à des univers aussi riches les uns que les autres. Concernant celui-ci, j'en ai énormément entendu parler depuis sa sortie avec très souvent, des échos très enthousiastes. Je n'entrerai pas dans les factices comparaisons avec Harry Potter, Le Bus Magique ou Il Etait Une Fois La Vie car avec une association de quelques mots, on peut retrouver beaucoup d'œuvres. Par respect pour les auteurs, je préfère me contenter de ce que j'ai sous les yeux sans aller voir ailleurs. J'étais donc très impatient à l'idée de découvrir cette saga au potentiel de succès assez conséquent.

L'histoire, sans être un modèle d'originalité est très distrayante. Bien qu'elle mette un temps assez long à se lancer, les actions s'enchainent de manière logique et relativement intense. On patiente un certains moment avant de savoir de quoi est capable notre cher Oscar, savoir ce qu'est un Medicus, leur rôle, l'organisation des Pathologus leurs ennemis. D'ailleurs, tous ces points ne sont pas, à mon sens, assez développés. En effet, on manque de détails, d'informations sur tout cet univers. J'espère que tous ces points obscurs seront éclaircis dans le prochain tome.
Ma plus grosse déception vient des Pathologus : on doit attendre le dernier tiers du livre pour qu'un des leurs vienne perturber les projets d'Oscar et encore, il n'a pas une identité propre. Ce que j'aime dans les univers Jeunesse c'est la complexité des méchants, leur charisme. Or ici, on parle du Prince mais d'aucun autre, il n'y a pas de "sous-méchants" qui auraient pu pimenter l'histoire. Cela enlève du suspens et de la richesse.
Pour ceux qui ne l'ont pas lu, sachez que le corps renferme cinq univers totalement différents. Dans ce premier tome, on découvre logiquement le premier qui s'apparente au système digestif. J'ai vraiment adoré ce qu'il avait pu inventer sur le fonctionnement de notre corps et des êtres qui l'habitent. Ce la promet pour la suite et j'ai très envie de voir ce qu'il nous a préparé pour les quatre autres.
La fin, même si j'avais entrevu la possibilité, met en avant un gros potentiel d'ouverture qui promet pour la suite.

Comme dans la plupart des romans Jeunesse, les personnages ne sont pas très complexes. Ils n'ont pas un panel très larges de traits de caractères allant à l'encontre de la profondeur mais cela n'en est pas moins intéressant.
Oscar est un jeune garçon téméraire à tendance bagarreur qui ne passe pas inaperçu dans sa classe. Il a la "tête dur" et n'en fait qu'à sa tête. Il n'hésite pas à désobéir quand il veut aller au bout de ses désirs. Intéressant certes mais quand même un caractère qui revient très souvent dans le genre.
J'ai largement préféré les personnages secondaires. Sans les détailler un par un, ce sont surtout les deux jeunes filles qui ont recueillis mon attention. Tout d'abord la soeur d'Oscar, Violette qui, après la mort de son père, préfère vivre dans ses rêves plutôt que de regarder la réalité. Elle a une répartie assez loufoque et nous fait très souvent rire. L'autre est l'habitante d'Hépatolia, le premier Royaume, Valentine qui est particulièrement pétillante et apporte du tonus à l'histoire.

Associant efficacité et fluidité, j'ai particulièrement aimé cette plume simple sans être simpliste. Les descriptions sont distillées de manière judicieuse et la succession des courtes phrases amènent un rythme soutenu et plaisant. Tous les amateurs du genre remarqueront que c'est un modèle du genre.

Rassemblant tout ce que j'aime en littérature Jeunesse, les aventures d'Oscar Pill, sans être une révolution, apportent ce qu'il faut d'originalité pour entrevoir une saga prometteuse avec son lot de succés. Les personnages sont convaincants, la plume est efficace et l'histoire tient la route même si elle comporte quelques tares. M. Anderson pourra compter sur moi pour les opus suivant. C'est donc avec un 16/20 que je finis ce premier tome.

samedi 12 juin 2010

Cosmologie Maya et Théorie Quantique

Résumé : Utilisant de récentes découvertes en cosmologie et sa vaste compréhension du calendrier maya, le biologiste Carl Johan Calleman développe une alternative révolutionnaire à la théorie biologique de l'évolution de Darwin et, au-delà, à la théorie de l'aléatoire qui exerce son emprise sur la science moderne. Il démontre comment la récente découverte de l'Axe Central de l'univers est en corrélation avec l'Arbre de Vie des Anciens. Il dessine un contexte entièrement nouveau à la physique, en général, et aux questions sur l'origine et l'évolution de la vie en particulier. Il utilise ses connaissances scientifiques en biologie et cosmologie pour montrer que l'idée de l'univers porteur d'un dessein est bien réelle et que la vie n'est pas apparue sur Terre par accident. Cette nouvelle théorie de l'évolution biologique a de vastes conséquences en médecine, mais aussi en philosophie et métaphysique. Elle met en évidence que la géométrie sacrée et l'âme humaine ont leur origine dans l'Arbre de Vie. Dans cette nouvelle perspective, l'homme se retrouve au sein d'une hiérarchie de systèmes qui sont reliés entre eux et évoluent de manière synchronisée, et le fossé qui séparait science et religion s'estompe.

Mon Avis : J'ai mis deux jours avant de rédiger mon billet car j'avoue que je ne savais pas trop quoi en dire. Mon cursus scolaire a toujours été dirigé vers les sciences surtout car je suis un véritable passionné même si je ne me considère pas du tout calé sur le sujet. Les mystères que recèlent la science sont infinis et ceux de l'espace s'étendent de plus en plus. En voyant ce partenariat avec les Editions Alphée, que je remercie avec le site livraddict, je me suis dit que si une relation existait entre la cosmologie moderne et celle établie des siècles avant par les Mayas, cela devait être passionnant. Du coup, comme je lis rarement des essais alors que je suis avide de savoir, je me suis laissé tenté...

Le moins que je puisse dire est que tous les concepts étaient beaucoup trop abstraits pour que je puisse apprécrier l'oevre dans son intégralité. Je pense qu'il fallait au préalable un certain bagage scientifique et historique pour comprendre les bases de chaque concept. Beaucoup de principes s'avèrent très intéressants mais dans l'ensemble, les idées me sont restées obscures.
J'ai été par contre fasciné par toute la culture Maya et leur avance sur la science. Les pistes qu'ils ont amenées sont toujours utilisées aujourd'hui et encore, certaines partis ne seront vérifiables que dans le futur notamment parce que le calendrier Maya est censé s'achever d'ici quelques temps et aucune indication n'est donnée pour ce qui pourrait se passer à cette fin.
Les chapitres se suivent facilement mais il ne faut pas se laisser arrêter par le côté abstrait.

Quand à l'écriture, elle ne recèle pas de réelles difficultés car les thermes sont abstraits mais pas complexes. De plus, M. Calleman a fait en sorte de toujours rester dans une démarche la plus pédagogique possible pour viser un public large et non restreint aux seuls scientifiques. Heureusement qu'il a privilégié cet aspect là parce que j'aurais, pour une fois, sans aucun doute abandonné... Un auteur à suivre donc sur d'autres sujets peut-être un peu plus connus et moins abstraits...

Je ne pourrais réellement dire si j'ai passé ou non un agréable moment en lisant ce livre, je dirais plutôt que j'ai été très intéressé par certaines choses et d'autres me sont restées étrangères. Cela se laisse tout de même lire assez vite mais un sentiment de soulagement m'a tout de même envahit lorsque j'ai terminé la dernière page. C'est donc avec un 11/20 que je termine ce billet.

jeudi 10 juin 2010

Oliver Twist de Charles Dickens


Résumé : Oliver Twist (1838) est un feuilleton criminel d'une noirceur concentrée. Un angélique orphelin échappe aux sévices que les institutions charitables de l'Angleterre victorienne réservent aux enfants abandonnés pour tomber dans les plus fangeux cloaques des bas-fonds londoniens. L'apprentissage précoce du vice et du crime y est de règle pour échapper à la misère et à la faim. On n'oubliera guère, après les avoir croisés, ni l'abominable Bumble ni le ténébreux Fagin, cette saisissante préfiguration des gibiers de bagne qui hanteront Les Misérables de Victor Hugo. Créations de l'imaginaire ? Ombres portées des terreurs et des cauchemars de l'enfance ? Peut-être. Toujours est-il que les contemporains y virent le reflet de la réalité. "Il n'y a pas tant de différence entre ce noir tableau de l'enfance et le tableau de l'usine par Karl Marx", remarque d'ailleurs le philosophe Alain. Il faut s'en souvenir à chaque page en découvrant Les Aventures d'Oliver Twist.

Mon Avis : Qui n'a pas, au moins une fois entendu parler des mésaventures du célèbre Oliver Twist? Comme je l'ai déjà souligné sur un billet précédent, je souhaite ,pour ma propre culture et parce que je trouve cela essentiel pour tout lecteur confirmé, lire de temps des classiques de la littératures et découvrir tous ces auteurs qui font la richesse de notre paysage culturel. Dickens est un écrivain d'un autre temps mais érigé parmi les plus grands. Sa plume est célèbre dans le monde entier et ce fut donc un plaisir de le découvrir. J'ai donc profité de ce Book Club spécial Londres pour m'encourager à ouvrir l'un de ses livres.

Commençons par l'intrigue : comme je l'ai évoqué dans l'introduction, Oliver subit dès son plus jeune une série infinissable de mésaventures. Il commence par se faire recueillir par un abjecte bedeau qui n'a aucun amour pour les enfants et surtout pas pour Oliver qu'il voit pendu quelques années après. Puis, comme il doit aller travailler, un ramoneur ayant la réputation d'être violent, veut le prendre en apprentissage mais heureusement, cela n'aboutit pas... Ses péripéties vont se prolonger inlassablement avec, quelques temps après, la rencontre avec de jeunes enfants voulant devenir son ami. On croit que c'est terminé, qu'il a trouvé des gens qui vivent la même chose que lui mais non, il s'avère que ce sont des voleurs sans scrupules... Voyant cette profusion de malheur, j'ai commencé petit à petit à me détacher de l'histoire car je n'avais qu'une chose en tête : le manque de crédibilité. Je ne voyais plus ça et je ne croyais plus du tout à l'histoire. C'est donc de la déception qui ma envahit au fur et à mesure.
Heureusement, j'avais une version raccourcit ce qui m'a évité une profonde lassitude et des longueurs souvent décrites...
Beaucoup voient un certain portrait accusateur ou moralisateur sur la société de l'époque mais au vu de la caricature, je ne sais pas s'il faut chercher en profondeur. Tous les bedeaux ne sont pas mauvais, tous les ramoneurs ne violentent pas les enfants etc. On ne peut pas tirer de généralités sur aucun point alors prenons la lecture avec détachement et non avec une profonde implication.

Concernant les personnages, aucun ne m'a vraiment emballé, le petit Oliver est touchant mais un peu trop naïf et manque de caractère parfois. Les personnages infâmes tel le bedeau sont très bien rendus mais encore une fois, on entre dans la caricature au détriment de la plausibilité. Pour moi, ceux qui sont ressortis sont Monks dont je ne relèverai pas l'identité qui s'avère être très complexe, beaucoup plus qu'il ne parait, et Nancy, jeune fille éprise du bandit Sikes qui m'a vraiment touché par son dilemme insolvable. Ce qui m'a plu chez eux est qu'ils sortent de la caricature, incarnent plus la complexité relative à l'être humain ce qui les rendent plus crédibles que les autres.

Le gros point fort de ce roman réside dans la plume de son auteur, le célèbre Charles Dickens qui a su convaincre des milliers de lecteurs à travers les générations. D'une fluidité incroyable, les mots s'enchainent avec précision. L'humour est subtilement disséminé entre les lignes rendant son écriture envoutante. J'aime les écritures originales, qui pourraient se différencier facilement entre des centaines d'autres. C'est le cas de celle-ci qui relève du chef-d'œuvre!

Servi par une écriture incroyable, je ne regrette aucunement de m'être arrêté sur ce classique. Néanmoins, je n'ai pas été captivé outre mesure par l'histoire et son manque de crédibilité qui a troublé mon implication. Les personnages sont trop caricaturaux à l'exception de deux seulement et le jeune Oliver est particulièrement naïf. Un classique à découvrir donc mais qui ne m'a pas transcendé. J'en termine avec un 13/20.

lundi 7 juin 2010

Cristal Défense de Catherine Fradier


Résumé : Les entreprises sont entrées en guerre, une guerre de l'ombre sans merci pour préserver ou conquérir des parts de marché.
Campagnes de désinformation, sabotage, barbouzes, espions, chantage. De bien étranges méthodes autrefois l’apanage des services de renseignement, aujourd’hui pratiques courantes dans le monde chaotique de la guerre économique.
Il existe toutefois une parade à cette guerre, l’Agence de sécurité économique, trois hommes et deux femmes spécialistes de l’intelligence économique, du renseignement, du contre-espionnage et de l’info. Recrutés pour leur expérience de terrain et leur savoir-faire, ils savent qu’ils sont le dernier recours pour la protection des entreprises nationales.
Pour réussir leur mission, ils doivent mettre en place des stratégies à la hauteur des war rooms d’Outre-Atlantique, voire à user des méthodes employées par ceux qu’il traquent. Ils sont commandités par le gouvernement, l’agence est habilitée Cristal Défense.
Jusqu’au jour où l’alimentation mondiale se trouve au cœur de leur mission, et l’agence prise dans des complots qui impliquent sa propre hiérarchie et dont les enjeux les dépassent…

Mon Avis
: Tout d'abord, je tiens à remercier les Editions du Diable Vauvert et livraddict pour ce nouveau partenariat avec cette maison d'édition. Je voudrais les féliciter de prime abord pour leurs livres qui disposent toujours d'une couverture vraiment attrayante, un atout pour ma part quant à mon choix des livres même si je sais très bien que cela ne reflète en rien la qualité de l'ouvrage.
A l'ouverture d'un thriller, je suis toujours chargé d'appréhension car j'ai une angoisse récurrente sur ce genre : la peur de ne pas pouvoir me repérer dans tous les personnages et ainsi de passer complétement à côté. Au lieu de me précipiter, j'ai pris mon temps pour bien poser toutes les bases bien que des détails ont du m'échapper. J'ai passé un très bon moment et j'avoue aimer le genre de plus en plus.

Attardons-nous d'abord sur l'écriture de cette auteure : j'ai eu un peu de mal au début avec sa plume que je qualifierai d'assez froide ce qui peut, dans un premier temps, rebuter le lecteur. Cela correspond en revanche au genre qui n'est pas réputé pour attirer les plumes colorées. Elle est quand même assez fluide et c'est sans aucune difficulté, à part quelques termes disséminés, que l'on tourne les pages avec réel plaisir. Catherine Fradier ne décrit pas beaucoup, elle nous montre le strict minimum sur ses personnages et cela s'avère suffisant. Avec peu de mot, on arrive aisément à se représenter ce qu'elle veut nous montrer ou nous faire penser. Une auteure prometteuse en la matière selon moi.

Concernant l'intrigue, on se disperse quand même pas mal. Il y a l'intrigue principale où toute l'équipe est impliquée mais il y a aussi des histoires parallèles qui arrivent de manière impromptues et sur lesquelles on ne revient pas pendant plusieurs dizaines de pages. Cela m'a parfois déstabilisé mais j'ai bien réussi à m'y habituer et à me rappeler du nécessaire. Ce qui fait la force mais aussi la difficulté des thrillers est que tout ou du moins presque tout est utile à la suite. Ce que je pourrais cependant reproché, c'est que l'enquête ne se démêle pas de manière très limpide. D'ailleurs, je solliciterai sans doute un peu d'aide pour bien comprendre certains aspects un peu survolés selon moi.
La toile de fond de l'histoire concerne les OGM et une entreprise, Aristee, qui prend dangereusement une ampleur incroyable dans le domaine de l'agriculture avec la création de produits plus ou moins nocifs. On sent que l'enquête a une dimension plus importante que la multinationale seule mais qu'elle implique des personnages hauts placés. En tout cas, on n'arrête jamais, le rythme s'accélère au fil des pages et l'intérêt suit avec aisance.
J'ai heureusement appris cette après-midi qu'il y aurait une suite à ce roman. Si j'avais lu la fin avant de le savoir, je n'aurais pas du tout apprécié sachant que cela se termine potentiellement très mal et surtout que tout est relancé.

Les personnages sont dépeints avec habileté. On s'attache rapidement à l'héroïne, Léo (Eléonore), très professionnelle avec un profond sens de la mission accomplie, une détermination sans faille mais quelques faiblesses que son passé à forger. Son mari meure tôt dans l'histoire et elle va donc enquêter en même temps pour savoir si c'est un suicide comme cela fut annoncé ou si c'est un meurtre. On se demande sans cesse si les histoires ne vont pas se recouper.
On suit souvent ses collègues plutôt diversifiés : Latifa, une jeune femme pleine de tempérament, Igor, un Russe génie de l'informatique, Eric, un homosexuel à l'esprit aiguisé et Xiang, u chinois qui en sait beaucoup sur la mafia de son ancien pays. D'autres protagonistes jalonnent l'histoire mais je vous laisse les découvrir.

Un thriller qui devrait satisfaire bon nombre d'amateurs du genre. L'intrigue est rondement menée même si des éléments sont un peu restés flous pour moi, manquant d'explications tranchées.Les personnages sont très intéressants et l'écriture est adaptée au genre. Un livre que je recommande donc et qui mérite un 16/20.

dimanche 6 juin 2010

Les Piliers de la Terre de Ken Follett


Résumé : Dans l'Angleterre du XIIème siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent chacun à leur manière pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre. Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle. Les fresques se peignent à coups d'épée, les destins se taillent à coups de hache et les cathédrales se bâtissent à coups de miracles... et de saintes ruses. La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.

Mon Avis : Le moins que l'on puisse dire avant de se lancer dans ce roman de plus de mille pages est que beaucoup d'appréhension survient à l'idée de partir pour une si longue épopée. C'est un pavé, c'est indéniable, mais j'avais déjà eu l'occasion de découvrir l'auteur avec son roman le plus récent, un Monde Sans Fin que j'avais vraiment adoré. Pour certains, ce dernier est beaucoup moins bon que Les Piliers de la Terre mais je ne me lancerai pas dans une comparaison ayant adoré les deux.

L'intrigue n'a rien d'exceptionnel en elle même. On suit le destin croisé de trois hommes représentant trois catégories de la société à savoir la noblesse avec l'infâme William Hamleigh, fils du comte de Shiring, Philip, le prieur de Kingsbride et enfin Tom, un bâtisseur dont le rêve est de construire une fabuleuse cathédrale. Partagé entre amour, architecture, trahison, passion, manigances, le roman change continuellement de sentiment et cela nous fait vibrer avec les personnages. Pourtant, l'histoire ne s'emballe jamais, on reste dans un faux rythme pas très rapide. Or, il se passe beaucoup de choses, les années défilent et les personnages évoluent au gré de l'âge. Les pages ont défilé, je n'ai jamais eu l'impression de lire un pavé si énorme. La lecture n'est pas fastidieuse, on n'a pas le temps de s'ennuyer et on en redemande constamment. En plus, avec les détails de la construction, on apprend pas mal de choses même si ça peut se révéler parfois un peu laborieux à cause de termes techniques assez complexes. Mais c'est surtout une incroyable fresque qui dépeint à merveille la société anglaise de l'époque sur fond de famine et de guerre civile.

L'art de Follett est sa capacité incroyable à créer ses personnages. Ils sont tous très bien réussis et on se les représente avec aisance. Leurs caractères respectifs sont très marqués. Comme je l'ai déjà évoqué, l'histoire tourne autour de trois personnages centraux : le plus important, du moins du fait de sa présence, est le prieur de Kingsbridge, Philip. Très pieux, il dirige avec passion et sérieux son prieuré mais il a une capacité prononcée à manigancer quand il veut arriver à ses fins. Son esprit aiguisé le rend très intéressant même si parfois, il manque de détermination et on a envie qu'il s'active un peu plus. Ensuite, on a Tom, le bâtisseur, un travailleur passionné qui a dévoué toute sa vie à son amour pour la construction et à sa famille. Il est quand même parfois fade, effacé, un caractère un peu moins marqué que les autres. Enfin, il y a le fils du compte de Shiring, Wiliam, un être totalement abjecte. Il est grossier, stupide et concentre sa vie autour de la boisson et des viols. On a une constante envie de le voir échouer dans ses manigances. Il s'allie très vite avec l'évêque Waleran qui sous sa piété dissimule un fond des plus mauvais. Il n'en est pas moins passionnant car il met beaucoup de piment dans l'histoire et on se demande sans cesse ce qu'il va inventer. Les femmes ne sont pas en reste avec deux fabuleuses personnalités : Aliena est une femme au caractère bien trempé et une intelligence très marquée. Elle devient un personnage de plus en plus important dans Kingsbridge et dans l'histoire. L'autre femme, Ellen, est le personnage que je voulais découvrir plus, elle a une personnalité incroyable pleine de colère mais si passionnée. D'autres protagonistes viennent jalonner l'histoire, notamment Jack, le fils d'Ellen et Alfred, celui de Tom. Ils ont tout deux un caractère opposé et vont se livrer à un affrontement pendant toute leur vie.

En ce qui concerne l'écriture, il n'y a pas grand chose à signaler à part que le style est très fluide favorisant l'enchainement des pages. Il n'a pas une plume très marquée mais sa simplicité le rend incontournable. Il n'y a pas de fioriture, le tout est très bien écrit.

Une incroyable découverte dans cette immense fresque qui fait passer avec aisance les centaines de pages. Tout est réuni pour que ce livre reste à jamais gravé dans ma mémoire. Une plume fluide, des personnages passionnant, une intrigue riche, tout cela pour finir sur un très honnête 18/20.

samedi 5 juin 2010

Bilan des Challenges

J'avais oublié de référencer dans mes dernières lectures où je me situait dans mes challenges plus ou moins commencés.

Commençons par le plus gros, le Big Challenge Livraddict où j'avais choisi 9 livres et où j'en était à quatre livres. Avec la lecture du nom de la Rose d'Umberto Eco, j'en suis donc à cinq, la moitié étant déjà passée. Cela a été l'occasion de faire de belles découvertes.

En ce qui concerne le challenge que j'ai créé, "Les Lectures que l'ont ne s'imaginerait pas lire", j'en ai lu un sur les deux que l'on m'a défié avec Jan Karski de Haenel, une découverte intéressante mais qui ne me passionne pas pour autant sur la biographie. Il me reste un livre de Levy que j'appréhende un peu vu mon essai récent sur l'auteur.

La première édition de mon second challenge, "tu es mal noté mon pauvre, on va arranger ça", va avoir lieu le 21 Juin avec la LC sur Waylander de Gemmel, la deuxième va bientôt voir le jour.

Le challenge Stephen King va aussi avoir lieu bientôt avec la LC de Simeterre, hâte de découvrir cette légende de l'écriture.

mardi 1 juin 2010

Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë

Résumé : Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Mon Avis : Dans ma volonté de lire des classiques de la littérature, c'est avec une certaine appréhension que je me suis dirigé vers ce roman. Je trouve qu'il est nécessaire pour tout amateur de littérature d'ouvrir de temps en temps l'un de ces livres qui a été à la base de toute une culture. Néanmoins, il n'est pas avérer à l'avance que je serai enthousiaste après lecture mais quand même, je ne regrette jamais le détour, quittant pour quelques jours, les univers féériques dans lesquels j'adore me plonger. Ce n'est bien évidemment pas à cause de la saga Twilight que j'ai choisi de le lire car, vu ce que Bella en disait, ça n'avait pas l'air passionnant, mais ça a au moins eu le mérite de m'y faire repenser. J'ai souvent du mal à trouver la motivation pour me lancer dans ce genre potentiellement fastidieux c'est pour cela que je l'avais inscrit dans mon challenge livraddict et que j'ai sauté sur l'occasion d'une lecture commune avec mes camarades littéraires. On peut dire que j'en suis ressorti dérouté mais loin d'être conquis...

Il y a des livres qui dérangent, des livres qui vous plongent dans un profond ennui et d'autres encore qui ne vous laissent pas indifférents. Je pense que cet ouvrage est un bon condensé de tout cela.
J'ai dans un premier temps eu énormément de mal à me plonger dans l'histoire : difficultés à trouver mes repères, à comprendre les liens entre les personnages, à trouver un quelconque intérêt à un personnage et en fin à savoir qui était la narratrice... Cela fait beaucoup pour amorcer une bonne lecture... Cependant, à peu près arrivé à la centième page, j'ai essayé de mobiliser toute ma concentration pour me plonger avec plus d'enthousiasme dans le récit et, en effet, j'ai beaucoup plus apprécié la suite.
Sur le côté dérangeant, il faut dire que l'on ait plongé dans une atmosphère pesante voire étouffante. Le récit est criblé de haine, de vengeance et de mépris qui rendent l'univers des plus sombres. On aurait dit qu'une chape de plomb me recouvrait pendant ma lecture, m'empêchant de trouver aisément mon air.
Outre l'atmosphère inédite, l'histoire en elle-même n'est vraiment pas palpitante, on assiste à des scènes et des dialogues qui n'en finissent pas. On voit des morts et des naissances et les ellipses littéraires sont parfois perturbantes. J'ai jamais pris plaisir à en savoir plus, j'avais du mal à voir où j'allais à part à une soif de vengeance enfin assouvie...
Par contre, j'ai lu plusieurs fois qu'il y était question d'amour mais je ne l'ai mais alors pas du tout ressenti. Oui, effectivement, Catherine a des sentiments pour Heathcliff mais ils ne sont pas tous positifs. Je pense que l'abondance de mauvais sentiments a considérablement obscurci le peu de bon qu'il y avait... Qu'on me démontre alors qu'elle ressentait une incroyable passion pour lui mais il me faudra beaucoup de preuves!

La grosse tare de ce récit résidait pour moi dans ses personnages. Sans doute provenant d'une volonté de l'auteure, aucun protagoniste n'est rendu attachant, au contraire, la plupart sont méprisables. Je les ai tellement détesté que je n'ai aucune volonté de les présenter un à un. Que ce soit les deux Catherine, Heathcliff, Hedgar ou encore pire Joseph, chacun contient en lui beaucoup de ressentiment et de haine ou est tout simplement trop faible pour nous faire ressentir même une once de pitié. Peut-être la dernière génération a-t-elle éveillé en moi un peu de compassion mais c'est vraiment pour en tirer un peu de positif... Il y a aussi la narratrice, Nelly Dean, qui est étrangement une domestique. Elle n'hésite pas à émettre sa pensée et est sans doute la plus courageuse mais je n'ai pas réussi à m'y attacher.

En revanche, il faut bien lui reconnaître une qualité, Emily Brontë a une écriture des plus enviables malgré son jeune âge. Toutes les phrases sont ciselées, taillées dans un diamant brut, chaque mot a son poids propre. Certains la juge inaccessible, au contraire, je trouve qu'elle est très fluide recelant ce qu'il faut de difficultés pour la rendre particulière. Sa rigueur peut en revanche entrainer une certaine froideur contribuant à l'ambiance lourde. Je ne raffole pas du classicisme en écriture, trop distant justement, mais je ne peux pas ne pas reconnaître son talent. Une grande plume donc qui aurait mérité quelques ouvrages supplémentaires.

Un classique fastidieux donc que j'ai été ravi d'achever. Une ambaince vraiment particulière qui peut rebuter surtout par ce manque d'attachement pour les personnages. Beaucoup de mauvais sentiments parsèment les pages et j'avoue que cela m'a posé problème. Les personnages sont détestables à souhait. Heureusement, la plume de l'auteur apporte un plus à ce livre que je conseillerais uniquement aux amateurs du genre. J'en termine avec un 12/20.

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