mercredi 22 septembre 2010

Harry Potter et l'Ordre du Phoenix de J.K. Rowling



Résumé : A quinze ans, Harry s'apprête à entrer en cinquième année à Poudlard. Et s'il est heureux de retrouver le monde des sorciers, il n'a jamais été aussi anxieux. L'adolescence, la perspective des examens importants en fin d'année et ces étranges cauchemars... Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour et, plus que jamais, Harry sent peser sur lui une terrible menace. Une menace que le ministère de la Magie ne semble pas prendre au sérieux, contrairement à Dumbledore. Poudlard devient alors le terrain d'une véritable lutte de pouvoir. La résistance s'organise autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours..

Mon Avis : Je ne le cache plus maintenant, c'est un énorme plaisir que de retrouver ce cher harry au fil de ses aventures. Cependant, le souvenir que m'avait laissé cet opus était une longueur faramineuse et un cruel manque d'action. je crois d'ailleurs que je ne l'ai lu que deux fois. Ce tome est un tome de transition, Voldemort est revenu, une guerre se profile, les deux camps rassemblent leurs forces et leurs alliés. Néanmoins, je dois dire que j'en suis plus satisfait qu'aupravant, j'ai su apprécier les histoires parallèles qui jalonnent ce tome.

Pour ce qui est de l'histoire, comme je l'ai dit, c'est un tome de transition. A la fin du quatrième, Voldemort a repris une forme physique et quasi tous ses pouvoirs. Alors que les forces du bien devraient se rassembler, le Ministère de la Magie décide de faire la sourde oreille et de ne pas croire que le danger menace. D'ailleurs, dès le début, Harry est convoqué pour usage abusif de la Magie au Ministère et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'est pas reçu à bras ouverts. En réalité, il reçoit les conséquences de sa proximité avec Dumbledore qui est craint de Fudje, croyant qu'il veut s'emparer du Ministère en le renversant... Par mesure de contrôle, cette année, le Ministère décide lui-même de nommer un professeur de Défense contre les Forces du Mal en la personnage Dolores Ombrage, professeur que chacun détesterait par manque voire absence de compétence...
La principale lacune de l'histoire de ce tome est justement qu'il n'y a pas de vrai fil conducteur : pas de tournoi, pas d'horribles disparitions, pas d'objets à cacher... Voldemort se fait discret pendant quasi tout le roman, il est juste énoncé (avant la toute dernière partie), on sait qu'il se prépare, qu'il est assez loin mais que son attaque est imminente mais on en apprend guère plus... Après son retour, cela pouvait se présager.
En fait, ce tome montre plus que les forces du bien ont du souci à se faire compte tenu du fait que peu réalisent ou veulent réaliser le retour du Seigneur des Ténèbres. En effet, le ministère, non content de se voiler la face, va même jusqu'à croire que l'ennemi est Dumbledore, croyant en une conspiration des plus douteuses. De ce fait, ils ne sont que très peu à s'organiser et on craint pour leur avenir.
J'ai su apprécier ce tome dans toutes les autres histoires sous-jacentes de la trame directrice qui sont en fait très prenantes si on occulte Voldemort. Il y a tout d'abord le procès de Harry qui est assez amusant de par le comportement et l'ironie que met Dumbledore dans la défense de harry, l'obscure disparition de Hagrid puis son histoire, la motivation de Ron pour son rôle de préfet et de gardien de Quidditch, la poursuite de la S.A.L.E. d'Hermione et j'en passe. J'ai constaté qu'il était en fait très complet, parfois un peu lent mais jouissif si on fait attention à tout.

Côté personnage, chacun évolue selon son âge et surtout ce qu'il lui arrive. Harry commence l'année très mal après un renvoi qui lui a échappé de peu. Il se rend compte de prime abord que le Ministère croit qu'il fabule, qu'il conspire avec Dumbledore et du coup, le laisse tomber. Puis c'est au tour de Dumbledore, après l'avoir défendu lors du procès, il l'ignore totalement et pour finir, Hagrid est aux abonnés absents... Après un passage où il se renferme sur lui-même, devient irritable et agaçant, il se rend compte qu'il a toujours ses amis et Sirius même s'il n'est pas à ses côtés.
D'ailleurs, Ron lui, a muri, il devient préfet pour la plus grande fierté de ses parents et ensuite gardien de Quidditch chez les Gryffondor. Même quand Harry se montre odieux, il répond présent et le soutient dans tous les cas de figure, surtout pour supporter Ombrage...
Hermione est sans doute celle qui a le plus changée : certes, elle reste studieuse, certes, elle reste obstinée par la défense des elfes mais elle n'est plus l'élève modèle qui se tait et répond aux questions. Elle ose affronter les professeurs, faire passer ses devoirs en second plan et surtout, baver les interdits. Elle n'est quasi plus agaçante comme elle pouvait l'être avant.
Sinon, des autres, j'adore toujours les jumeaux Weasley qui augment leurs scores de bêtises pour nous faire bien rire.
Dans les nouveaux (très peu d'ailleurs), on notera surtout la présence du nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal (encore et toujours), l'horrible Dolores Ombrage. Elle est la caricature même de la mauvaise prof qui croit avoir tout vécu et tout compris de l'enseignement mais dont l'incompétence frise le ridicule... Elle ne fait que de la théorie et surtout, donne d'horribles punitions des plus sadiques. Vraiment affreuse, j'étais parfois même mal à l'aise pendant ma lecture...

Pour ce qui est de l'écriture, c'est toujours du Rowling donc ça se lit merveilleusement bien. C'est fluide, c'est plein d'humour, tout ce que j'aime. Je regrette juste un rythme moins soutenu et donc parfois un léger ennui.

Encore un tome d'harry potter relu et le bilan est toujours le même : c'est extraordinaire. Même celui-ci, globalement moins bon me séduit encore et même encore plus qu'avant. Une saga qui traversera les générations c'est sûr. Ce tome mérite un bon 16/20.


jeudi 16 septembre 2010

Ubik de Philip K. Dick

Résumé : La publicité des organismes de protection anti-psi proclame : « Défendez votre intimité. Est-ce qu'un étranger n'est pas à l'affût de vos pensées ? Ëtes-vous vraiment seul ? Cela concerne les télépathes mais aussi les précognitifs. Vos actes sont-ils prédits par quelqu'un que vous n'avez jamais rencontré ? Mettez fin à votre anxiété ; contactez le plus proche organisme de protection... » C'est dans cet univers que Glen Runciter vit et meurt. Mais meurt-il vraiment ? Le temps s'en va en lambeaux. Une bouffée de 1939 dérive en 1992. Et par les trous du décor se glissent les messages d'Ubik. Ubik qui est partout, Ubik qui est tout. Mais qui est Ubik ?

Mon Avis : Quoi de plus difficile que de parler d'un roman de Dick... C'est mon troisième et à chaque fois, j'en ressors avec une impression étrange comme si le roman n'était pas terminé, comme si je n'avais pas tout compris, comme si une partie m'était restée occultée... Dick est l'un de ces auteurs que l'on oublie pas, qui vous marque indubitablement et surtout, qui s'approprie tous les domaines de la Science-Fiction avec aisance. Celui-ci est sans doute le plus abouti que j'ai lu.

Avant toute chose, laissez-moi vous indiquer ce qu'il y a de différent dans ce pseudo-futur par rapport à notre présent. Nous ne sommes pas très éloignés de notre date actuelle et pourtant, beaucoup de choses sont bien plus avancées. Par exemple, des pouvoirs psychiques se sont développés chez les humains tels que la télépathie, la pré-cognition etc. A contrario, des humains ont des contre-pouvoirs annihilant ceux des autres.
Sinon, on dit qu'à notre époque, l'argent a pris le pouvoir mais il n'en rien comparé à ce monde... En effet, tout est payant même dans son propre domicile où par exemple, il faut mettre 5 cts pour ouvrir sa porte d'entrée... Cela donnera lieu à quelques situations cocasses.
L'autre grosse différence qui prend une très grande place dans ce roman est qu'après la mort, on peut encore parler avec les défunts via des plates-formes dans ce qu'ils appellent des moratoriums.

L'histoire est celle de Glen Runciter qui dirige une équipe chargée de contrer les pouvoirs psis. Ils doivent se rendre sur la Lune pour une mission, la plus important qu'ils aient réalisés jusqu'ici mais tout ne va pas se apsser comme prévu... On suit alors Joe Chip car Runciter est mort dans l'explosion, du moins c'est ce qu'on croit car tout se complique et on se demande de quel côté de la vie ou de la mort nous nous trouvons... Alors se posent les questions : qui sont les responsables? Qui provoque tout ce trouble de la réalité?
Je ne saurais vraiment qualifier mes sentiments sur l'histoire, elle n'est pas palpitante, même pas prenante, elle sait prendre le lecteur mais d'une façon qu'on a pas l'habitude, difficile à expliquer... Ce qui est sûr, c'est qu'elle est marquante car elle soulève un tas de questions relevant quasiment du polar et d'autres directement de la Science-Fiction quand il s'agit de savoir les limites de l'esprit humain ou ce qu'il peut y avoir après la mort. En bref, un livre qui fait réfléchir sur beaucoup de pistes tout en gardant une histoire qui tient la route avec de nombreux événements inattendus. Et la fin... Tout simplement diabolique de finir comme cela!

Les personnages sont un peu tous pareils dans les romans de Dick. Leurs rôles ne sont pas qu'on s'y attachent ils ne provoquent pas d'émotions particulière. D'ailleurs, on ne sait que le strict minimum sur leur physique et même sur leur personnalité. L'auteur ne va pas en profondeur. Cela pourrait être un défaut vraiment fâcheux mais en fait, cela apporte une certaine dimension, peut-être un peu robotique, encore une fois, c'est très dur à expliquer... J'ai l'impression que tout ce qui touche à Dick est difficile à expliquer...

L'écriture de Dick est assez complexe, restant toutefois accessible aux plus novices. Ce n'est pas très fluide mais tout s'enchaine bien. Ce que j'aime c'est pouvoir distinguer une écriture parmi d'autres et ici c'est le cas. Elle n'est pas remplie de couleurs ou de poésie mais elle met en avant la Science Fiction de manière magistrale, capable de dissimuler un peu d'humour mais surtout de nous faire croire à d'éventuelles possibilités d'évolution.

Je ne peux pas dire que j'ai adoré mais ce livre m'a marqué pour ses rebondissements, son univers bien construit et ses pistes de réflexion. Je le conseille à tous les amateurs du genre, pour les autres j'hésite... j'attribue un 16/20 à ma lecture!

lundi 13 septembre 2010

Les Etranges Talents de Flavia de Luce d'Alan Bradley


Résumé : Été 1950. Le paisible manoir de Buckshaw est agité par de surprenants événements. Un oiseau mort, timbre collé au bec, est retrouvé devant la porte de la cuisine, un cadavre fait son apparition au beau milieu d’un plant de concombres, et le maître de la famille, le colonel de Luce, n’est plus lui-même. Le plus mystérieux ? Quelqu’un a subtilisé un morceau de l’écœurante tarte à la crème de Mme Mullet.
Avec son œil affuté et son laboratoire de chimie, c’est Flavia, l’une des trois filles de Luce, qui va mener l’enquête dans le passé tourmenté de son père.

Mon Avis : Un titre, une couverture, parfois, les motifs pour se lancer dans une lecture peuvent être complétement sans fondement car il ne faut pas partir du principe qu'une jolie présentation fait un bon livre. Je le sais et pourtant, je ne l'applique pas... C'est l'effet que cela m'a fait quand j'ai vu l'organisation de cette lecture commun : une couverture atypique qui fait penser à la famille Adams, un titre bizarre mais évocateur... Et voilà j'étais inscrit! D'ailleurs, je n'étais sans doute pas le seul à réfléchir de cette manière car peu connaissaient et pourtant, il y eut beaucoup de participants. (voir la page Bibliomania)

Pour une fois, je vais commencer par parler des personnages car c'est sans doute le principal atout de ce roman (peut-être l'inverse si on accroche pas au tempérament de l'héroïne...) . Flavia de Luce est issue d'une famille noble vivant dans un manoir qui semble impressionnant. Ne ressemblant que très peu à ce qu'on pourrait s'imaginer de ces jeunes filles riches, elle voue un véritable culte aux sciences et surtout à la chimie. C'est une passion qu'elle entretient depuis qu'elle sait lire. Elle réalise de multiples expériences, dévore des ouvrages scientifiques (à onze ans tout de même...). Ainsi, on découvre un point positif à ce roman : une approche pédagogique de la Chimie et plus particulièrement des poisons (je regrette de ne pas avoir pris de notes au cas où...). C'est passionnant pour celui qui aime les sciences!
Outre son intelligence précoce, Flavia se démarque par un caractère qu'on qualifierait sans mal de bien trempé. Comme je l'ai évoqué, elle a seulement onze ans et pourtant, lorsqu'elle a une idée, bien malin celui qui l'en dissuadera... Elle n'hésite pas à aller voir les policiers, à manipuler des adultes et à faire enrager ses sœurs... C'est un peu surfait mais très marrant!
Ses deux sœurs, Ophélia et Daphnée sont elles par contre de pures descendants de nobles. L'une ne voit que par son reflet dans le miroir et l'autre a toujours le nez dans des livres à l'eau de rose. Elles sont assez insupportables mais apportent une petite dose d'humour quand Flavia parle d'elles.
J'ai aussi bien aimé le personnage de Dogger, assez complice avec Flavia qui cache bien des choses et est sujet à des crises de folie. Je pense que s'il y a une suite, il aura une place prépondérante.
Les autres n'ont pas un énorme intérêt, ils sont même souvent clichés, particulièrement les policiers.

L'histoire est en revanche là où j'ai rencontré le plus de défauts. En effet, c'est déjà un problème de repères qui m'a gêné car Flavia change plusieurs fois de lieux par chapitre et j'avais du mal à savoir ce qu'elle faisait et où elle faisait... Pour ce genre de romans d'enquête, il est important de bien définir les actions et les lieux car chaque détail a son importance et ici, ce n'était pas assez soigné à mon gout. Je me suis vu plusieurs fois revenir en arrière pour savoir ce que j'avais loupé.
Dans les thrillers, on est souvent mené par une irrépréhensible envie d'en savoir plus, que les éléments se mettent en place pour découvrir qui est le coupable. Là, je n'est pas été happé par cette mystérieuse force, cela m'était égal d'apprendre plus sur l'enquête et chaque élément était tiré par les cheveux. Ce que je préfère, ce sont en général les dénouements où je me plais à rester scotché et là rien... Certains éléments sont reliés et expliqués avant (sans doute l'effet Jeunesse) ce qui gâche un peu la fin. D'ailleurs celle-ci est sans surprise, j'avais déjà deviné le coupable. Il faut dire qu'il n'y avait pas beaucoup de suspects.... Dommage, s'il y a une suite, espérons là plus palpitante.

Quant à l'écriture, là encore on est en présence d'un très bon écrivain. Sa plume est particulièrement acérée, remplie d'humour et avec une empreinte distinctive des autres. Un pur régal que je trouve un peu corsé pour du Jeunesse. En effet, d'une part il y a beaucoup de termes complexes particulièrement lorsqu'il parle de Chimie et d'autres part, l'humour est très implicite, avec des jeux de mots peu évidents. Ce livre est plus adapté pour des jeunes adultes. Je ne sais pas s'il a sorti d'autres livres mais rien que pour ses qualités d'auteur, je vais faire des recherches.

Un bon roman dans le genre peu exploité du policier jeunesse qui se démarque par son héroïne très perspicace et l'écriture de l'auteur. On y rit souvent mais malheureusement, l'intrigue n'est pas à la hauteur du reste, c'est dommage... J'attribue donc la note de 14/20.

mardi 7 septembre 2010

Geisha d'Arthur Golden


Résumé : À neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto.
Dotée d'extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend vite qu'il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l'amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs.
Elle triomphera des pièges que lui tend la haine d'une rivale. Elle rencontrera finalement l'amour...Écrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d'un exceptionnel document et le souffle d'un grand roman. Il nous entraîne au cœur d'un univers exotique où se mêlent érotisme et perversité, cruauté et raffinement, séduction et mystère.

Mon Avis : Ce livre est l'un des rares que je vois faire l'unanimité sur la toile et il faut dire qu'à sa sortie, il a entrainé un important battage médiatique. Je suis globalement très intéressé par la culture asiatique. Pour ce qui est de l'ancienne, elle va plutôt aux ninjas, samouraïs et guerriers en tout genre et moins aux traditions mondaines mais l'univers des geishas que je ne connaissais pas m'intriguait. Comme j'adore lire des romans tout en apprenant des choses, je me suis dit que cette lecture commune serait une bonne idée.

Le prologue m'a tout d'abord énormément dérouté. En effet, l'auteur s'adresse à son lectorat pour remercier la geisha héroïne de son livre pour ses mois de confessions sur ce cercle très privé qu'est le monde geisha. Il va même jusqu'à nous dire qu'il était obligé d'enregistrer ses conversations avec elle pour retranscrire son histoire le plus fidèlement possible. Je croyais alors à une histoire vraie jusqu'à que j'apprenne par Frankie que c'était une pure fiction. J'en étais au premier tiers et cela m'a abasourdi.
Il est vrai que le début de l'histoire me laissait un peu de marbre. Quand sa mère tombe malade, le père de Chiyo, l'héroïne, est obligé de trouver un avenir pour ses deux filles et décide de les vendre par l'intermédiaire d'un homme chez qui Chiyo rêve de vivre. Cependant, il va l'envoyer dans un okiya, la demeure des geishas où ses débuts seront plus que laborieux... Premier point négatif : je n'arrivais pas à rentrer dans l'histoire que je trouvais très plate au début. Comme je vous l'ai dit, je croyais à une histoire vraie et l'accumulation des coups du sort sur cette pauvre Chiyo me laissaient perplexe. J'avais l'impression de voir en version asiatique une remake d'Oliver Twist, le second degré en moins...
Et puis, Chiyo prend l'âge et de la maturité, elle se décide dans un scène très touchante à devenir geisha. C'est là que je suis complétement dans le livre. Bien sûr, il y aura encore des embûches mais on atteint la crédibilité.
Je me suis pris de passion pour cette histoire, pour son charme, pour ses personnages... Je ne me suis plus ennuyé même si sur le roman dans son intégralité, le trop de mondanités commençait à m'exaspérer.
Ce que j'ai particulièrement adoré, c'est apprendre de cette culture japonaise bien qu'elle soit un peu dépassée maintenant. Cet univers est admirablement bien décrit, il ne manque jamais un détail pour comprendre la tradition en question et on ressort avec une connaissance assez complète de cet univers. Je ne saurais dire si c'est exactement comme cela que ça se passait mais le travail d'Arthur Golden semble être suffisamment conséquent pour le supposer. Sans trop en révéler, on pourra particulièrement être choqué par le mizuage, tradition du dépucelage des apprentis geishas qui est vendu aux enchères parmi les riches. Sachant qu'elle ont en général autour de quinze ans, il s'agirait chez nous, à notre époque d'un acte pédophile répréhensible par la loi... Et dire que c'était en vigueur il y a peu...

Ce livre brille surtout par ses personnages très bien définis. Chiyo, qui deviendra la geisha Sayuri se révèle passionnante. Elle n'est pas pourtant pas très forte bien qu'elle supporte son calvaire des premières années mais elle touche le lecteur très profondément. Elle réagit de manière juste, entière, parfois elle chute mais elle se relève encore plus forte. Elle est pure, dénuée de tout sentiment malsain et pourtant elle n'est pas toute blanche, quand il faudra se venger, elle répondra présente... J'avais pourtant peur au début d'entrer dans trop de manichéisme avec la méchante geisha contre la parfaite petite fille... Et en fait non, chacun a un penchant mais ne sont pas représentés de manière parfaite. Il est vrai qu'Hatsumomo, la méchante geisha persécutrice et jalouse n'a aucun côté positif mais pour ce qui est des "gentils", il ont chacun une part d'ombre. Par exemple, Mameha, la geisha qui prend Sayuri sous son aile n'aspire qu'à une chose : la vengeance, Mère, la responsable de l'okiya ne pense qu'à s'enrichir etc...
On rencontre aussi pas mal d'hommes puisque leur rôle principal est de leur plaire et de les distraire mais eux ne m'ont pas subjugué à outrance. Je retiens quand même Nobu, un homme marqué par la guerre qui se montre plutôt complexe car on ne sait jamais ce qu'il veut.

L'écriture de Golden est très facile à suivre, tout est bien décrit et lorsqu'un détail historique ou de langage se présente, il l'explique de suite. Ce qui est le plus admirable est qu'il arrive à insérer dans son écriture le charme et la poésie de l'Asie comme eux savent le faire. Ils trouvent des métaphores très appropriées, une façon contemplative de poser son décor... Je ne saurais l'exprimer mieux mais je ressentais l'Asie à travers ses mots sans parler de l'histoire.

Pour conclure, un roman que j'ai adoré malgré un départ un peu plat et poussif. Je ne suis aps un fan du genre et pourtant, je le conseillerais à tous, même les plus réticents car tout le monde peut y trouver son bonheur. Un régal à tout point de vu auquel je donne un très bon 17/20.

jeudi 2 septembre 2010

Harry Potter, tome 4 , La COupe de Feu de J. K. Rowling

Résumé : Harry Potter a quatorze ans et entre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée : la tenue d'un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit... Trop vite. Il va se trouver plongé au cœur des événements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter. Dans ce quatrième tome bouleversant, drôle, fascinant, qui révèle la richesse des enjeux en cours, Harry Potter doit faire face et relever d'immenses défis.

Mon Avis : Je poursuis toujours ma relecture de la saga Harry Potter qui est l'une des rares à ne jamais me lasser. Elle fait office de pilier dans le registre de la Fantasy Jeunesse et je ne suis pas du tout surpris quand on voit la qualité des intrigues, de l'écriture et de la manière de façonner les personnages. Bien entendu, ce tome ne déroge pas à la règle, au contraire...

Ce que j'ai particulièrement aimé avec cet opus est que la tension en redescend jamais, le rythme est bien plus soutenu que dans les précédents. Il faut dire qu'on est bien aidé par l'organisation du trophée des trois sorciers qui vient pimenter l'année scolaire de notre jeune héros alors qu'il n'avait rien demandé. Dès le début, on enchaine les surprises avec l'organisation de la Coupe du Monde de Quidditch où le spectacle est à la hauteur de l'événement. L'auteure a sans doute choisi de mettre cette Coupe dans ce tome pour pallier au manque du sport international des sorciers pendant toute l'année. En effet, l'organisation du trophée des trois sorciers est trop importante pour que le championnat annuel ait lieu. C'est un peu dommage au vu de mon amour pour ce sport fictif mais l'action permanente occasionnée par le trophée compense largement...
Tout est ingénieusement bien pensé surtout pour les différentes épreuves de la compétition qui apportent leurs doses d'actions. Outre le trophée, plusieurs histoires parallèles jalonnent le récit tel que la lutte d'Hermione pour stopper l'esclavage des elfes de maison ou encore les articles de la Gazette du Sorcier écrits par l'horripilante Rita Skeeter. Un livre donc avec une intrigue principale pleine mais qui contient d'autres intrigues bien complémentaires.
Comme quasiment à chaque fois, madame Rowling sait nous surprendre avec un dénouement que je n'avais une nouvelle fois pas du tout venir à ma première lecture. Elle sait nous amener sur des mauvaises pistes et nous livre un dénouement digne des grands polars avec une incroyable explication de tout ce qui restait obscur depuis le début... Vraiment incroyable!!!

Au niveau des personnages, chacun a pris de la maturité mais on ne peut pas noter de changement radical. Harry se révèle encore plus téméraire qu'auparavant et incroyablement convaincant pendant les épreuves. Hermione se montre encore plus déterminée qu'avant lorsqu'elle se bat pour la défense des elfes de maison. Ron, lui, se révèle assez insupportable quand sa jalousie atteint des sommets mais cela se laisse comprendre à force de vivre dans l'ombre de Harry une nouvelle fois catapulté sous le feu des projecteurs.
Beaucoup de nouveaux personnages sont arrivés dans ce tome mais je retient surtout Rita Skeeter, une reporter prête à tout pour avoir des scoops, même à les inventer... La fin de cette histoire secondaire est hilarante!! Il y a aussi les deux ministres Ludo Verpey, ancien grand joueur de Quidditch peu futé mais assez drôle et le sinistre Bartemus Croupton qui est un acharné de travail mais qui réserve quelques surprises. Bien sûr, comme chaque année, nous avons un nouveau professeur de défense contre les forces du mal et là; c'est un ancien Auror, chasseur de Mangemort, du nom d'Alastor Maugrey surnommé Maugrey Fol-Oeil à cause de son œil magique. Il est très loufoque et vraiment bien travaillé.

Concernant l'écriture, pas grand chose à dire de nouveau, ça se lit toujours extrêmement bien et les jeux de mots sont toujours très bien trouvés. D'ailleurs je voudrais féliciter le traducteur qui a réussi à traduire les jeux de mots en en trouvant d'autres qui marchent en français tout en préservant la signification initiale.

Un tome qui monte encore en puissance et qui se révèle être l'un des meilleurs de la série. Tout est là, notamment le rythme constant pour en faire un super tome. Le meilleur pour l'instant sans aucun doute et c'est pour cela que je lui attribue la note de 18/20.


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