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lundi 31 janvier 2011

Une Aventure d'Alexia Tarabotti, Le Protectorat de l'Ombrelle, tome 1, Sans Ame de Gail Carriger

Résumé : Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Mon avis : Récente sortie des Editions Orbit, cette oeuvre m'a tout de suite fait de l'oeil après avoir lu une interview de l'auteure. Personnage décalé, elle semblait regorger d'humour. En nous parlant de son livre, j'avais déjà compris que j'allais aimer...

La grande force de ce roman est incontestablement l'écriture de l'auteure. Elle manie avec une dextérité rare un humour typiquement Anglais chargé de sarcasmes, d'ironie ou encore de réparties bien salées. Sans rire à gorge déployée, j'avais le sourire tout au long de cette aventure et je me suis demandé parfois s'il n'y avait pas un côté parodique très subtil du genre.
Il faut souligner que ce livre est le premier de l'auteure à qui je tire mon chapeau : la justesse des mots est étonnante, la maîtrise du dosage de l'humour est prodigieuse et le raffinement est omniprésent.
On reproche souvent à la bit-lit son écriture qualifiée de simpliste, vulgaire ou bien simplement mauvaise. Gail Carriger nous démontre qu'il ne faut pas faire de généralités, incontestablement l'oeuvre disposant de la plus belle plume dans le genre jusqu'ici.

L'intrigue en elle-même n'est pas le facteur qui m'a le plus enthousiasmé mais l'ennui ne s'est jamais installé. Je retiendrai surtout qu'à l'instar du style loufoque, l'histoire est décalée. Pour preuve, le premier fait marquant de cette histoire est que l'héroïne, Alexia Tarabotti, tue un vampire avec... son ombrelle. Cela peut paraître stupide au premier abord mais avec une bonne dose de second degré, on ne peut qu'apprécier.
Néanmoins, même si l'on rit ouvertement, l'aspect policier n'est pas négligé : les éléments de l'enquête sont intelligemment mis en place, les rebondissements sont inattendus et le final pas extraordinaire mais intéressant.

Il faut souligner qu'outre l'intrigue policière, une partie conséquente du roman est basée sur la relation entre Alexia et Lord Maccon dont les échanges sont des plus savoureux.
Dans la plupart des romans classés bit-lit, il y a de très bonnes réparties dans les dialogues mais elles sont très directes (parfois trop vulgaires...), trop peu subtiles... Ici, c'est tout le contraire, cet humour "so British" que j'aime tant est exploité à merveille dans les interactions entre les protagonistes. Je me suis parfois vu éclater de rire grâce à certaines répliques cinglantes lancées parfois sans qu'elle n'en aie une totale maîtrise.

Le décalage offert par l'intrigue ne discrédite en rien son héroïne. En effet, ne pas la prendre au sérieux serait une grave erreur : elle dispose d'un esprit aiguisé et d'un culot indéniable. De plus, ce n'est pas une dame qui fonce tête baissée vers les ennuis même s'ils arrivent au bout du compte. Elle n'en fait jamais de trop, j'ai adoré ce personnage!
L'univers se basant sur un milieu assez bourgeois, on côtoie bon nombre de gens hautains et condescendants. Le personnage secondaire le plus marquant est évidemment lord Maccon qui, sous ses airs de châtelain insupportable, évolue jusqu'à en devenir attachant et intéressant.
Je vous laisse découvrir les autres, rien ne sert de gâcher ces purs instants de plaisir.

Nul besoin d'écrire des pages et des pages, vous l'avez sans doute remarqué (j'espère^^), j'ai adoré ce livre. Même si je n'aime pas comparer, un besoin de style se faisait attendre pour moi dans le genre, j'ai été sous le charme et donc entièrement conquis.
Vous adorerez si vous partez du principe qu'une bonne dose de second degré s'impose...
J'attribue un 18/20 à cette lecture qui rentre dans les coups de coeur de Janvier.


samedi 29 janvier 2011

Le Huit de Katherine Neville


Résumé : New York, décembre 1972 : Catherine Velis, jeune experte en informatique, est une spécialiste des échecs. Alors qu'elle se prépare à partir en Algérie travailler pour l'Opep, des événements mystérieux se succèdent. C'est d'abord une vieille femme qui la prévient des dangers qui rôdent autour d'elle, puis un antiquaire qui lui demande de rassembler les pièces d'un jeu d'échecs très ancien dont une bonne partie serait dissimulée en Algérie... Sud de la France, printemps 1790 : Mireille de Rémy et sa cousine Valentine sont novices dans l'abbaye fortifiée de Montglane. Alors que la révolution bat son plein, la Mère supérieure les charge d'une étrange mission : disséminer à travers le monde les pièces du jeu d'échecs de Montglane, qu'un Maure aurait offert à Charlemagne. Celles-ci, réunies, renfermaient un secret qui donnerait accès à une terrible puissance. Les deux cousines partent alors pour Paris où sévit la terreur. Le Huit nous propose de suivre les destins parallèles de Mireille de Rémy et de Catherine Vélis, depuis les alcôves révolutionnaires parisiennes, où se livrent d'étranges luttes de pouvoir, jusqu'aux cercles fermés qui, à notre époque, contrôlent l'énergie et l'économie.

Mon avis : Amateur plus qu'occasionnel de polars et autres thrillers, mes choix sont sélectionnés avec minutie. Cependant, depuis ma lecture du Da Vinci Code, le thriller se basant sur l'Histoire m'est apparue comme un genre passionnant. Grâce au Book Club de livraddict, j'ai pu ajouter ce titre à mon répertoire et je ne regrette vraiment pas mon choix.

Sur fond de jeu d'Echec, d'Histoire ou encore de Mathématiques, ce thriller apporte, en plus d'un l'intrigue, un bagage culturel non négligeable. Ceci dit, au vu de son épaisseur (945 pages) et le "délai imposé" ne m'ont pas permis de prendre mon temps et de noter tout ce que j'aurais pu apprendre. Je m'en suis contenté mais une relecture, rien qu'en considérant ce paramètre, s'avérera utile.

La narration est originale puisque lorsqu'on est dans le présent, le narrateur est l'héroïne, Catherine Velis et dans le passé, il est externe aux personnages. J'apprécie cet exercice de style mais cela peut facilement déstabiliser au vu de la longueur de chaque passage.

L'intrigue en elle-même est très intéressante mais comporte quelques faiblesses notoires.
J'ai pu distinguer trois parties où mes impressions divergeaient. En effet, durant tout le premier tiers du livre, j'avais quelques difficultés à prendre mes repères dans la partie au présent, peu d'action, manque de rythme et de suspens etc. Cependant, la partie basée dans le passé m'a happée dès ses premières scènes grâce à une atmosphère chargée de mystères et de secrets.
En arrivant aux environs de la moitié du livre, j'ai trouvé ma lecture quelque peu laborieuse : beaucoup de longueurs dans les deux parties, peu de rebondissements. L'ennui s'est immiscé mais cela n'a pas duré...
La dernière ligne droite est en effet alléchante puisqu'elle permet de rassembler toutes les pièces du puzzle. Malheureusement, j'ai vraiment regretté ma non prise de note car j'ai eu le net sentiment d'être passé à côté de nombreux détails par exemple sur les liens de parenté découverts au fur et à mesure.

Je n'ai pas trouvé que le travail des personnages était l'élément le plus glorifiant de ce livre. Bien que les héroïnes évoluent au cours de l'histoire, surtout Catherine qui s'affirme de plus en plus, je les ai trouvées assez banales, en deçà de certains personnages secondaires. Par exemple, Solarin (mon protagoniste préféré), est travaillé de manière très complète. Sa personnalité est en corrélation avec sa qualité de maître en matière d'Echec : manipulateur, calculateur, imprévisible... Dans la partie "contemporaine", la plupart des seconds couteaux sont trop enfermés dans les traits de personnalité décrits. On peut prendre en exemple Lily, joueuse d'échec dont la spécialité est l'attaque, elle est donc rendue fonceuse et directe...
Dans la partie "historique", j'ai beaucoup apprécié la qualité avec laquelle Katherine Neville met en scène les personnage de l'Histoire. Certains, comme Richelieu, font de brefs apparitions mais avec quelques phrases et descriptions, on retrouve les personnalités décrites dans les livres d'Histoire. On pourrait cependant reprocher la profusion de personnages célèbres mais je n'ai jamais remis en cause la plausibilité du tout.

Au point de vue du style, je tire mon chapeau à l'auteure car ce pavé était son premier livre. Les recherches effectuées ont du être dantesques car elle s'attaque à tous les fronts : Histoire, Echecs, Sciences etc. Elle a su maîtriser les ficelles d'un bon thriller avec de nombreux rebondissements difficilement prévisibles.
L'écriture n'est jamais laborieuse, toujours fluide et agréable. Je reprocherais seulement le manque de concision sur certains passages qui auraient permis d'écourter le roman.

Ce Book Club aura été l'occasion de rééditer mon expérience dans le genre et je n'ai pas été déçu. Il y a des défauts, c'est incontestable, mais le tout vaut vraiment le détour. J'attribue un 16/20 à ce très bon roman!




mercredi 26 janvier 2011

Loup y es-tu? de Henri Courtade

Résumé : Et si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement?
Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Bref, tapies dans l’ombre d’Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles auraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité.
Sinistre tableau !
Si de tels êtres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également. Qu’en ce début du XXIe siècle, ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre.
Et alors, qui sait de quel côté la balance pencherait…


Mon avis : Loup y es-tu? est en ce moment même un des livres qui fait le plus parler de lui sur livraddict.
Ce genre qu'est le détournement de conte ne m'était pas étranger. En effet, à l'occasion d'un Book Club, j'avais lu Enchantement d'Orson Scott Card. Un des reproches que je lui avait fait était qu'au final, je n'avais pas eu un réel sentiment d'être dans le genre décrit. Cette nouvelle expérience en la matière a été plus concluante de ce point de vue. Laissez-moi vous conter cet agréable instant de lecture...

Pour ce qui est de l'histoire, j'ai eu de prime abord quelques difficultés à trouver mes marques et à m'imprégner de l'univers. La narration m'a sans doute posée quelques problèmes. En effet, au cours d'un chapitre, on va d'une scène à l'autre tout en étant très extérieur au récit. De plus, je m'interrogeais de savoir où cette histoire atypique m'emmenait.
Néanmoins, après ce début quelque peu fastidieux, je me suis totalement immergé dans l'intrigue et l'univers. Plus le conte se mêlait à la réalité plus mon plaisir était intense. J'avais l'impression de retrouver la magie des films ou livres qui m'avaient émerveillées lorsque j'étais enfant.
Cependant, il ne faut pas croire que la trame de cette histoire en est rendue simple. On reste dans un roman réservé aux adultes. En effet, l'auteur utilise les divers contes pour réaliser un thriller haletant qui s'avère de plus en plus surprenant. Il n'hésite pas à mettre en avant des détails peu ragoutants sans entrer dans le gore bien entendu. Le rythme va crescendo et le final s'avère époustouflant.
Le tout est manié avec habileté et je tire mon chapeau à l'auteur pour avoir créé cette histoire si originale.

La satyre de notre société est un des points les plus réussis de roman. En effet, on y retrouve beaucoup de références à la Seconde Guerre Mondiale ainsi qu'aux attentats du 11 Septembre. La version que nous propose l'auteur est particulièrement bien trouvée.

Chaque protagoniste apporte sa pierre à l'édifice. Aucun n'est surperflu mais j'ai pu regretter par moment leur abondance. Je ne savais pas parfois qui faisait quoi. En fait, je pense que ce qui m'a gêné encore une fois est la narration. On reste très extérieur aux protagonistes, aussi j'ai eu quelques difficultés parfois à savoir qui était qui ou qui faisait quoi. Ce genre de narration me pose problème dans le sens où je n'arrive pas à saisir dans leur intégralité la personnalité de chacun. Aussi, bien que je les ai tous apprécié, j'ai trouvé qu'ils manquaient de profondeur.

Loup y es-tu? fait partie de ses romans où mes personnages préférées restent les "méchants". La sorcière, Marylin, a ce côté machiavélique que j'aime tant retrouver dans les romans. Elle est, selon moi, le personnage le plus abouti de cette œuvre. Tout en gardant son rôle de "méchante sorcière", elle reste crédible, jamais caricaturale. Il y a aussi le Loup, un être abject poussé par ses instants naturels. Il tue avec un plaisir sadique et ne connait pas la pitié. Il ne m'a fallu que très peu de mots pour m'imaginer ce personnage.
Je ne préfère pas vous parler des protagonistes du côté des "gentils" car il me semble impossible de les décrire sans en révéler trop. Je dirais simplement que leurs évolutions respectives sont très intéressantes.

En ce qui concerne le style, Henry Courtade manie habilement les mots. Ceci dit, l'envoutement est bien plus important lorsque l'on est plongé dans l'atmosphère des contes. Je pourrais reprocher de plus à l'auteur un léger manque de subtilité pour faire passer ses messages de critique de la société mais l'originalité a vite mis ce détail de côté.

C'est donc avec étonnement et satisfaction que j'ai achevé ma lecture de ce roman. J'y ai trouvé quelques défauts mais le tout est simplement envoutant. J'attribue un 16/20 à ce roman que je conseille vivement à tous même ceux qui ne sont pas avares du Fantastique.

Lecture réalisée en LC avec d'autres membres de livraddict :
Lisalor
Karline
Melisende
Plumeline
Cathy
Frankie
Thalia
Galleane
wilhelmina
Furby 71
Paikanne


dimanche 23 janvier 2011

Rachel Morgan, tome 2, Le Bon, La Brute et le Mort-Vivant de Kim Harrison

Résumé : Rachel Morgan est sexy, indépendante... et sorcière ! Elle gagne sa vie comme chasseuse de primes dans les allées sombres du Cloaque, la banlieue glauque de Cincinnati, et y débusque les créatures de la nuit qui enfreignent les lois. Les vamps et les garous ne lui font pas peur, et elle peut même s'en tirer contre un ou deux démons. Sa mission se complique quand un mystérieux tueur en série se met à semer des cadavres sur son passage. Et pas n'importe quels cadavres : des spécialistes de la plus redoutable des magies noires... Affronter un mal ancien et implacable n'est pas un jeu d'enfant, et cette fois, Rachel aura de la chance si elle s'en tire sans y laisser sa peau... ou son âme.

Mon avis : J'étais resté sur une très bonne impression avec le premier tome de cette saga. En effet, il alliait à merveille humour, personnages intéressants, intrigue palpitante etc. J'avais reproché quelques longueurs ainsi que des dialogues qui n'en finissaient plus mais l'ensemble était si efficace que cela ne m'avait (contrairement à d'autres) pas dérangé plus que cela. Ces faiblesses ont pris une telle importance sur cet opus que je n'ai pas apprécié cette lecture...

Le moins que je puisse dire est que ce tome est long, très long... En effet, il y a d'abord sa pagination qui est assez conséquente. Cela me fait rarement peur à part lorsque les longueurs s'accumulent. C'est en effet ce qu'il s'est passé tout au long de ce volet : l'intrigue se met en place sans grande efficacité, la plupart des chapitres auraient pu être concis voire supprimés...
Bien évidemment, le manque cruel d'efficacité influe sur le rythme général de l'histoire. Certes, certaines scènes sont rocambolesques, l'action prend le pas sur les dialogues interminables mais on retombe vite dans la lenteur conduisant à l'ennui... Il faut attendre la dernière centaine de page pour que les révélations et autres rebondissements s’enchaînent de manière effrénée. Malheureusement, encore un mauvais point, j'ai réussi à anticiper la plupart des éléments de la fin mais c'est indéniable, il est vraiment rocambolesque. Aussi, je ne peux pas me contenter d'une dernière ligne droite de qualité pour qualifier l'ensemble de bon, l'ennui fut trop présent.
Je reprocherais aussi trop de rappels du premier tome (il y en a même après la moitié de ce pavé...). Cela reste un détail mais c'est parfois agaçant surtout lorsqu'on constate au départ un manque de concision.
Le manque de concision et les rappels incessants de l'action du premier tome rendent ce tome laborieux, seul le final rehausse le niveau.

J'aurais pu me raccrocher éventuellement sur l'univers qui, en général, se densifie au fil des tomes. Je n'ai pas réussi à être satisfait sur ce point de vue... En effet, le "monde" de Rachel était très intéressant au sens où il se basait sur une Uchronie entre autre. J'avais adoré les explications de son Histoire mais dans ce tome 2, l'auteure a une fâcheuse tendance à se répéter. De plus, comme nous restons très souvent plongés dans l'enquête policière, l'évolution est minimaliste à part sur la magie de Rachel...
Un univers qui se répète et qui peine à évoluer, dommage, c'était l'un des atouts de la saga...

Rachel a quelque peu évolué dans ce tome : elle est moins impulsive bien que ses réparties soient souvent saignantes, elle a gagné en sérieux, elle etc. Cependant, est moins dirigée par la rancuneje ne l'ai pas trouvé si agréable à suivre au cours de ma lecture. Elle s'adonne souvent à la vulgarité gratuite et à des ruminations intérieures parfois futiles et surtout redondantes. Après m'avoir particulièrement fait rire dans le premier tome, elle m'a plutôt déçu et agacé.
La principale force du début de saga résidait dans ses personnages secondaires. En effet, la mystérieuse vampire Ivy, Jenks, le pixie hilarant et Trent ,l'homme d'affaire crapuleux m'avaient passionnés précédemment.
Dans ce tome, encore une fois, ce n'est pas le cas. L'auteure tente de poursuivre sur sa lancée avec Ivy en préservant le côté mystérieux mais, selon moi, elle en fait de trop. L'interaction entre elle et Rachel devient peu crédible et m'a surtout énervé. Elle m'a simplement intéressé (et surpris) dans le final.
Jenks est moins présent qu'auparavant mais surtout, ses réparties hilarantes sont plus ou moins absentes ou alors j'ai moins perçu l'humour, c'est une possibilité...
Trent que j'adorais littéralement par ses répliques acérées m'a aussi déçu. En effet, tout comme Ivy, il en fait de trop et même si l'on en apprend bien plus sur ce personnage, il n'a pas réussi à attiré mon intérêt cette fois... C'était pourtant un des "méchants" les plus réussis dans le genre jusqu'ici.
Nous découvrons de nombreux personnages dans ce tome (peut-être trop) mais de nouveau, je n'ai pas accroché : soit ils me laissaient de marbre, soit ils adoptaient un comportement peu crédible...

Pour le style, j'avais apprécié l'efficacité de Kim Harrison et l'humour qu'elle distillait à merveille. Ici, on bascule très souvent dans la vulgarité, dans les phrases insipides et les descriptions maladroites. Peut-être cela vient-il simplement de moi et de mon côté intransigeant du moment mais pour une fois, le style m'a énormément dérangé. Un effet post-Levy? :P

Mea Culpa. Je suis très très sévère ces derniers temps mais, comme j'ai certaines difficultés à lire, il faut que tous les ingrédients soient réunis pour que ma lecture soit agréable. Ce deuxième tome m'a apporté tout le contraire mis à part un final rocambolesque qui réussit le principal : je lirai la suite. je considère ce tome, en toute humilité, comme un mauvais pas de l'auteur et j'espère sincèrement retrouver dans le troisième tome ce que j'avais tant apprécié dans le premier.
Sans dire que j'ai passé un horrible moment de lecture, on dira plutôt que je suis resté indifférent à ce tome. Je lui attribue la note de 10/20.

Cette lecture a été réalisé dans le cadre d'une LC avec d'autres membres de livraddict :
Frankie
Galleane
Fée Bourbonnaise
Mycoton
karline05


mardi 18 janvier 2011

L'Assassin Royal, Tome 6, La Reine Solitaire de Robin Hobb

Résumé : Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés.
Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l'usurpateur qui règne d'une main de fer sur les duchés de l'intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d'autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d'Artiseurs. L'art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l'implacable soif de pouvoir de Royal. Royal l'assassin parviendra-t-il à retrouver la paix dans les bras de son Aimée et de leur fille ?

Mon avis : Cette saga est souvent reconnus de tous comme l'une des meilleurs en terme de Fantasy. Je fais néanmoins parti des sceptiques sur le sujet. En effet, selon moi, les tomes sont trop inégaux dans le sens où je me suis ennuyé sur certains (tomes 2 4 et 5) alors que j'ai adoré les autres (1 et 3). Je suis au courant que le découpage français est à mettre en cause mais il y a trop de longueurs, un cruel manque d'action à certains moments, des situations redondantes etc.
Cependant, je dois dire que ce sixième et ultime tome de la première partie de la saga rejoint ceux que j'ai adorés et j'irai même plus loin : c'est un gigantesque coup de cœur.

Partons de l'histoire. Lorsque je parlais de déception, c'est surtout que mes attentes étaient grandes après un tome trois tout simplement exceptionnel. Les deux suivants m'ont moins plus car je n'ai pas retrouvé le rythme effréné et les rebondissements non pressentis du troisième. Cependant, dès les premières pages de celui-ci, j'ai compris que je resterai pas sur cette "mauvaise" impression.
Bien que je déplore quelques passages plutôt lents qui auraient pu être plus concis, je dois dire que vu la qualité de l'ensemble, ces quelques défauts semblent bien minimes. En effet, les pages défilent et on comprend pourquoi tout a pris autant de temps à se mettre en place : les personnages se révèlent, les rebondissements se succèdent etc. Tout comme dans le troisième tome, je n'ai rien pu anticiper et au final, j'étais complètement soufflé, ébahi...
Cela m'a rappelé mon état d'esprit lorsque je suis ressorti de ma lecture du premier tome de Fils-des-Brumes sans doute par le côté politique beaucoup plus abouti. Il est très difficile de parler de l'histoire de cette fin de saga sans en révéler trop. Cependant, rien que par ce "dernier" tome (première partie de la saga), je peux dire qu'il vaut mieux la considérer dans son ensemble ce qui implique un conseil : essayez dans la mesure du possible de lire les tomes 1, 2 et 3 de manière rapprochée puis, de même, les tomes 4, 5 et 6.
Une histoire aux rebondissements incroyables et un dénouement de saga qui m'a laissé sans voix.

J'ai toujours reproché quelques détails dans L'Assassin Royal au point de vue des personnages : des relations entre les personnages parfois peu crédibles et une focalisation sur les états d'âme de Fitz trop poussée.
Sur le premier point, je n'ai rien ressenti de tel à part entre Fitz et Astérie où je n'ai pas toujours saisi les transitions dans leur appréciation réciproque. C'est d'ailleurs l'une des forces de ce tome : les personnages nous font passer des rires aux larmes avec des passages où l'émotion l'emportait sur le reste. Fitz, après ses multiples déboires, a gagné en maturité et c'est sans doute ce qui rend plus plausible ses relations avec les autres protagonistes.
Sur le second point, je dirais simplement que le peu de longueurs repérées dans ce tome sont dues à cette volonté de l'auteur de nous décrire le moindre sentiment de son héros mais ce qu'il y a autour est tellement beau que ces détails s'estompent.
L'Assassin Royal fait partie de ses sagas où le héros n'est pas mon protagoniste préféré. En effet, même si Fitz est appréciable (encore plus depuis qu'il est adulte), le Fou reste le personnage qui m'aura le plus marqué dans ces six tomes. Pour être tout à fait honnête, c'est sans doute le personnage le plus mystérieux et intéressant que j'ai rencontré jusqu'à présent dans mes aventures littéraires. Outre le Fou, certains dévoilent leur personnalité et encore une fois, je suis parfois resté bouche bée. Seule Astérie n'aura jamais réussi à éveiller mon attention...
Des protagonistes aboutis qui réservent de nombreuses surprises, une apothéose en terme de psychologie des personnages est à souligner.

Je ne vais pas m'éterniser sur le style car je risquerai de radoter... C'est beau, c'est magique, c'est envoutant... Seul bémol : Robin Hobb a toujours la fâcheuse manie de décrire le moindre sentiment de son héros. Cela renvoie souvent un aspect de redondance mais dans ce tome, c'est l'action et les surprises qui priment et personnellement, c'est ce que je souhaitais depuis le troisième...
A part quelques descriptions psychologiques trop longue, la plume de Robin Hobb est tout simplement magique.

Je n'ai pas vraiment les mots pour décrire tous les ressentis par lesquels je suis passé pendant cette lecture. Tout simplement, je dirais que Robin Hobb a atteint un sommet incroyable avec ce tome qui rassemble tous les ingrédients que j'aime en Fantasy. Je m'incline devant le talent de cette auteure et même si je trouve toujours des points négatifs, la qualité de l'ensemble est bien au-delà des mots. Je ne vais pas parler cette fois d'un "agréable moment de lecture" ou d'un "coup de coeur" mais littéralement d'un chef-d'œuvre. Une saga qui mérite qu'on s'y intéresse : c'est donc un tome que je noterais (en toute humilité) avec un 19/20 et bien entendu, je poursuivrai prochainement avec les Aventuriers de la Mer.

mercredi 12 janvier 2011

Bilan des Challenges de 2010

L'année 2010 fut marquée par mon "arrivée" sur la blogosphère. J'ai ainsi participé à plusieurs Challenges de lecture et j'en ai organisé d'autres.

Mes Participations :

Challenge Juste pour Lire : (organisatrice : Mycoton32)
Le but de celui-ci était, sur une période de une semaine, faire des sessions de lectures de 3, 6 ou 9h. J'en ai réalisé quatre de trois heures. Pour plus de détails, c'est ici.

Challenge Destination... : (organisatrice : evertkhorus)
Evertkhorus a eu une excellente idée : tous les trois mois environ, elle choisit un pays et les participants doivent trouver un livre écrit par un auteur de ce pays. Le genre est libre.
Jusqu'ici, j'ai participé à deux éditions : L'Australie et l'Islande. Faute de temps, je n'ai pas pu "aller" en Afrique du Sud cet été. Autre déception si je puis dire, mes deux choix de livres à savoir Les Oiseaux se Cachent pour Mourir et la Saga de Gunnlöd se sont avérés peu judicieux...
Je ne désespère pas pour ce challenge en espérant que la prochaine, la Colombie, révèle un coup de cœur.
Challenge Stephen King : (organisatrice : Neph) Voilà sans doute le challenge où j'ai été le moins sérieux... En effet, le but était de lire au moins un livre de cet auteur et de voir l'une de ses adaptations cinématographiques.
J'avais pour idée de lire et de voir ensuite La Ligne Verte mais je me suis contenté de lire Simetierre que j'ai adoré.


Big Challenge Livraddict 2010 : Voici un challenge où j'ai été sérieux puisque j'ai lu huit des neufs oeuvres que je m'étais fixées au départ, seul me manque le deuxième tome de Millenium) :
1 - Artemis Fowl, Tome 1 d'Eoin Colfer (original mais au bout du compte, une déception due à une intrigue brouillonne.
2 - La quête d'Ewilan, tome 1 : D'un monde à l'autre de Pierre Bottero (début de saga un peu trop Jeunesse mais très agréable)
3 - Le pacte des Marchombres, tome 1 : Ellana de Pierre Bottero (Saga incroyable que je ne regrette pas d'avoir commencer)
4 - L'Assassin Royal, tome 3 : la nef du crépuscule de Robin Hobb (un tome tout simplement génial que seul surpasse le sixième pour le moment à mes yeux)
5 - Roméo et Juliette de William Shakespeare (premier Shakespeare et une réelle bone surprise moi qui n'est pas friand de théâtre)
6 - Le Nom de la Rose d'Umberto Eco (à la fois un chef-d'œuvre et à la fois le roman le plus difficile que j'ai lu jusqu'à présent avec Ilium de Simmons)
7 - Harry Potter, Tome 3 : Harry Potter et le prisonnier d'Askaban de J.K. Rowling (relecture toujours aussi agréable)
8 - Millenium, Tome 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
9 - Twilight, Tome 4 : Révélation (fin de saga agréable même si le romantisme mièvre est parfois trop poussé)
Mes organisations :

Trois éditions du Challenge "Tu es mal noté mon pauvre... On va arranger cela" :
Le but était de faire remonter (ou non) les notes des livres sur livraddict que l'on jugeait mésestimés. Pour cela, nous faisions une Lecture Commune sur un livre choisi au préalable par sondage. Malheureusement, la dernière édition est quelque peu tombée à l'eau par manque d'attention de ma part...


Défi des lectures que l'on ne s'imaginerait pas lire : Nous étions 40 participants inscrits mais certains n'ont pas pris le temps de lire leurs livres et d'autres ont disparu de la blogosphère donc ce ne fut pas évident à suivre. je comprends tout à fait ceux qui n'ont pas "joué le jeu" car il est peu évident de se motiver pour entamer un livre nous souhaité.
Pour ma part, j'ai lu mes deux livres:)

mardi 4 janvier 2011

L'Orphelin, tome 1 : Les Orphelins de Robert Buettner

Résumé : Le premier contact de l’humanité avec une force extraterrestre sème la désolation sur Terre: des projectiles venus de Ganymède, l’une des lunes de Jupiter, réduisent des villes entières à néant. Face à cet état de siège, le monde mise sur une contre-attaque désespérée. Dans un vaisseau spatial rafistolé et armé de reliques datant de la guerre du Vietnam, des fantassins semblables à Jason Wander, tout juste âgé de dix-huit ans, des orphelins qui ne manqueront à personne, doivent embarquer pour le premier voyage interplanétaire de l’histoire afin d’envahir Ganymède. Pour mener L’offensive, ils ne disposent que d’un seul vaisseau et d’une seule chance. S’ils échouent, nous disparaîtrons.

Mon Avis : Je tiens en premier lieu à remercier les éditions Eclipse et le site livraddict pour ce partenariat.
Constatant que l'année 2010 était relativement pauvre en Science-Fiction, genre que j'affectionne particulièrement, j'ai voulu "remédier" assez vite à cette lacune. J'avais suivi l'actualité du lancement d'Eclipse et j'avais hâte de découvrir leurs parutions. Vraisemblablement, je me suis trompé dans mon choix...
Je n'aime vraiment pas "taper" sur un livre reçu en partenariat mais je préfère être honnête car c'est sans nul doute le livre de SF que j'ai détesté le plus jusqu'ici.

La première constatation que j'ai pu faire en lisant l'Orphelin est que l'histoire est d'une banalité affligeante... Pour être tout à fait franc, Robert Buettner n'invente strictement rien. Il se contente simplement de reprendre, dans des films ou dans d'autres livres de Science-Fiction, des éléments pour batir une intrigue que je pourrais qualifier d'imposture.
J'ai pu voir après lecture que la trame était calquée sur celle d'un film dont je me souviens peu, Starship Troopers. Je trouve cela vraiment dommage de se contenter de si peu.
A cette banalité se rajoute l'inévitable prévisibilité. En effet, je n'ai jamais été surpris, aucune fois l'histoire a éveillé mon attention par ses rebondissement aussi j'ai décroché à de nombreuses reprises.
Les seuls détails qui ont éveillés ma curiosité furent les quelques descriptions techniques et scientifiques disséminées dans le texte. L'Astronomie est un domaine que j'affectionne, aussi je fus ravi d'apprendre quelques éléments supplémentaire pour ma propre culture.
Une intrigue sans identité et sans vie qui comporte malgré tout un apport culturel.

L'auteur, dans ce roman, dresse un portrait de l'armée que je considère à la fois réaliste et stéréotypé. En effet, le côté réaliste esta apporté par toutes les explications sur la formation, l'organisation, la stratégie. Je dois concéder que je suis loin d'être expert en la matière mais je pense que c'est assez crédible. Cependant, l'accumulation de clichés particulièrement lors des interactions entre les personnages m'a vraiment agacé. J'ai trouvé cela vraiment réducteur et peu flatteur.
Il faut aussi ajouter que, d'une manière peu subtile, l'auteur dissémine des messages qui vont à l'encontre de ma manière de penser. Par exemple, sans en faire l'apologie totale, la guerre devient un élément quasi bénéfique pour l'Humanité, pour la technologie etc. Ce livre est paru en 2004 aux Etats-Unis, je parierais presque sur l'influence de la guerre d'Irak...
Une description de l'armée caricaturale mais intéressante et des opinions propres à l'auteur transparentes ont participé à ce désagréable moment de lecture.

Les personnages qui composent cette histoire ont un point commun : je suis resté totalement indifférend à leur égard. En effet, ils sont relativement peu crédibles et leurs relations le sont encore moins.
Intéressons-nous au héros. Jason est à la fois rendu courageux, vulgaire, dépressif et surdoué. Il y a une volonté assez criante de l'auteur d'en faire d'une part un "super-héros" et d'autre part de nous apitoyer sur son triste sort... Lorsque je m'étais intéressé à ce roman avant sa sortie, je ne m'étais pas méfié du titre qui nous donne en avant-première l'aspect larmoyant du texte. Buettner tire sur cette corde à de nombreuses reprises et pour moi, l'effet fut irrémédiable : j'ai détesté le personnage principal.
D'ailleurs, j'ai relevé une incohérence dans l'histoire par rapport à un sujet que je maitrise. En effet, par le plus grand des hasards, Jason réussi un test qui lui permet de montrer qu'il est surdoué. Je précise que ce test est un test d'adresse et de rapidité. Cependant, sa condition de dépressif l'oblige à prendre du Prozac, médicament dont les effets sont de ralentir le cerveau et donc d'infléchir la rapidité des réflexes naturels. Jason m'est apparu alors comme totalement surréaliste. On nous rabâche plusieurs fois dans l'œuvre que Jason est dépressif et qu'il prend ce médicament comme si on voulait nous prouver à tout prix qu'un militaire peut être sensible et ça, ce n'est vraiment pas à démontrer!!
Les autres personnages m'ont encore moins marqués, je n'arrivais même pas à retenir les prénoms ce qui s'avère être un mauvais point lorsque je lis...
Une absence d'émotion vis à vis des personnages peu crédibles à mon gout, un côté larmoyant irritant et une construction des relations entre eux maladroite ont saboté le peu d'intérêt que je portais à cette lecture.

Le style de l'auteur ne m'a pas particulièrement aidé à entrer dans ce roman et surtout à le trouver attrayant. En effet, même en essayant de ne pas être présomptueux, j'ai trouvé l'écriture vraiment désagréable. Au début, les dialogues insipides et vulgaires se succèdent, il y a peu de descriptions, des phrases très courtes peu travaillées etc. Cela s'améliore modéremment dans la seconde moitié par la présence plus importantes des descriptions tant sur l'action que sur l'environnement. Néanmoins, les répétitions sont nombreuses et certains paragraphes ou phrases sont sans saveur.
Un style très maladroit composé de dialogues futiles ont achevé ma perception de ce roman.

Je préfère redire une nouvelle fois que c'était un partenariat et qu'il n'est pas dans mes habitudes d'aimer "descendre" un livre, encore moins dans ce cas de figure. En revanche, je n'ai pu constaté qu'aucun élément, ou plutôt quasiment aucun, s'avérait positif et j'ai fini par passer un très mauvais moment de lecture.
Je continuerai ma découverte de cette maison d'Edition dont j'entends le plus grand bien surtout en matière de Fantasy.
J'attribue la note de 05/20 à cette lecture, je ne lirai inévitablement pas la suite.


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