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jeudi 14 février 2013

Jim Morrison de Jean-Yves Reuzeau


Résumé : «J'ai toujours été attiré par tout ce qui parlait de révolte contre l'autorité. Celui qui se réconcilie avec l'autorité se met à en faire partie.»

Chaman, poète maudit, sorcier des mots, James Douglas Morrison, dit Jim Morrison (1943-1971), chanteur des Doors, continue de fasciner des générations d'auditeurs et de lecteurs.
Cette biographie très documentée retrace l'aventure fulgurante d'un artiste hors du commun qui réinventa le rock and roll. L'équipée sauvage de celui qu'on appelait le «Roi lézard» fut aussi celle d'un groupe, les Doors, dont les mélodies et les textes font aujourd'hui parti de l'histoire de la musique : «Riders On The Storm», «Light My Fire», «You Make Me real»... Auteur de plusieurs livres sur Jim Morrison, Jean-Yves Reuzeau travailla une dizaine d'années pour le label Elektra, celle des Doors.

Mon avis : Tout d'abord, je tiens à remercier chaleureusement le site livraddict ainsi que les éditions Folio pour ce partenariat qui tranche avec mes goûts habituels. 

L'exercice était pour moi quelque peu complexe puisque je me suis aventuré dans ce livre avec une connaissance disons sommaire pour le personnage. Bien entendu, j'avais entendu quelques chansons des Doors je me doutais que sa courte vie n'avait pas été un long fleuve tranquille...

Avec un sens rare de la précision, Jean-Yves Reuzeau nous amène à pénétrer dans cette vie passionnante et excessive. Jim Morrison était une personne excessive dans tout ce qu'il faisait. Avec les femmes, il ne supportait aucune forme d'attachement, avec la drogue et l'alcool, aucun sens de la retenue et de la raison. Avec la musique mais surtout la poésie, il se servait des mots comme un fleuret pourfendant système, injustice, capitalisme, autorités etc. Une attitude pas toujours correcte sur scène et en dehors (doux euphémisme...) lui a valu de nombreux soucis avec la justice menée tambour battant par le puritanisme.
Il serait très restrictif de résumer la vie de Morrison à ses excès. Il faut retenir avant toutes choses que ce fut un grand créateur, transcendé parfois, aidé par les substances d'autres fois. Il aimait les mots, les grands noms de la littérature et surtout de la poésie. Plus que musicien ou chanteur, il se considérait lui-même principalement comme un poète. Ses sujets favoris étaient la guerre, la politique, la nature et son incompréhension de la vie. On apprendra par la suite qu'il souffrait d'une forme de bipolarité, un syndrome du "borderline" pour être un peu plus précis. Dés sa plus tendre enfance, il se démarquait des autres, se sentant différent. Il refusa ainsi avec véhémence son éducation, l'école, tout ce qui tendait à l'enfermer dans une case qu'il ne supportait pas.

Pour ceux qui n'ont pas vécus cette période, on pourrait peut-être reproché à Jean-Yves Reuzeau d'avoir un sens du détail tellement poussé qu'il en devient perturbant. Sans doute ma méconnaissance de cette période me pousse à penser cela. Il faut dire qu'il n'est pas aisé de voir apparaître un pléthore de personnages qui nous sont aucunement familiés. Ceci dit, on pourra petre ravi de croiser quelques grand noms du monde de la musique comme Janis Joplin, Mick Jagger ou encore Jimmy Hendryx.

Aussi, je conseillerais cette biographie à tous mais plus particulièrement à ceux qui ont connus ou se sont intéressés de près à cette période. Malgré l'histoire d'une descente aux enfers sans précédent, je garderai de cet homme un esprit certes torturé mais dont la créativité est sublime. Encore merci à livraddict et aux Editions Folio.




lundi 12 avril 2010

Jan Karski de Y. Haenel

Il y a maintenant plus de deux mois, j'ai lancé un challenge dont le but était de lire des livres dont les genres ne nous affectionnent pas particulièrement : "les lectures que l'on ne s'imagineraient pas lire". Ainsi j'ai été défié par 100choses sur le genre biographique sur ce livre de Haenel : Jan Karski.

Résumé : Varsovie, 1942. La Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu'il dise aux Alliés ce qu'il a vu, et qu'il les prévienne que les Juifs d'Europe sont en train d'être exterminés. Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les Anglais, et rencontre le président Roosevelt en Amérique. Trente-cinq ans plus tard, il raconte sa mission de l'époque dans Shoah, le grand film de Claude Lanzmann. Mais pourquoi les Alliés ont-ils laissé faire l'extermination des Juifs d'Europe? Ce livre, avec les moyens du documentaire, puis de la fiction, raconte la vie de cet aventurier qui fut aussi un Juste.

Mon avis : Comme il y a pas de chose à dire sur les trois parties, commençons donc par la forme. A part dans la seconde, le style de l'auteur est pour le moins insupportable. Aucun confort de lecture, les phrases sont mises à la suite tel un maelström de pensées lancées les unes à la suite des autres. Ainsi, pas un seul alinéa, pas un peul saut de ligne mais que des pages pleines sans pouvoir marquer une pause franche. C'est un style que je n'apprécie guère préférant une mise en page aérée facilitant l'attrait pages après pages. Cependant, le style de Haenel est très fluide, il emploie un langage accessible sans passer par des termes élitistes et nous épargne des détours historiques réservés aux seuls spécialistes.

Sur le fond, on peut dire que les premiers abords furent douloureux. La première partie décrit une partie du film La Shoah de Landzmann où intervient Karski. N'ayant pas vu ce film, je n'ai pas du tout compris cette entame de livre qui peut en rebutter plus d'un pour la suite. J'ai eu comme l'impression de débarquer dans une salle de cinéma après avoir raté les trois quarts de la projection, je n'ai pas vu le début donc la suite m'apparait floue... Ces trente premières pages furent un calvaire intellectuel et un ennui insurmontable...

J'étais ravi d'en terminé avec cette description et j'entamais ainsi la seconde partie avec une certaine réserve. Je fus conquis. Le Savoir est pour moi une sorte de drogue, je m'abreuve de connaissance en tout genre du plus utile et intéressant au plus futile. Cette seconde partie relate donc, dans un exercice de dissertation des plus réussis, la vie de résistance, de séquestration ainsi que de transmission de savoir auquel s'est adonné le Polonais durant toute sa vie. J'ai donc appris beaucoup de choses et vu la guerre d'un autre angle que celui que l'on nous a enseigné centré sur la France.

La troisième partie a deux défauts majeurs : d'une part elle reprend le style de débit de pensées de la première et d'autre part elle est chargée de présomption. En effet, Haenel témoigne comme s'il était Jan Karski lui-même en employant le "je". Il s'agit donc d'un récit fictionnel mais aucune mention ne l'atteste et aucune distance n'est mise par rapport aux accusations alors que la forme est un témoignage. Car l'auteur n'y va pas de main morte : centré sur la cause Polonaise seule, cette partie dénonce la passivité des Alliés pendant que les Juifs étaient déportés. Il pousse même le débat à son paroxysme en s'interrogeant si leur absence d'acte ne fut pas aussi grave que celle des nazis annihilant le peuple Juif. Très peu de mesure est apporté à ce témoignage bien qu'il soit très touchant. On occulte quand même la Résistance dans les pays qui ont capitulés et surtout le débarquement des Américains libérant ainsi le monde du joug nazi. Je doute que cet homme qui ait eu une vie si tumultueuse ait été une personne si obtus.

Difficile de dégagé un bilan global de cette lecture tant les éléments y sont dissociés. On apprend beaucoup mais on ne sait pas si l'auteur veut faire passer un message ou s'il transmet purement la pensée de Karski. Quand j'entends parlé de guerre mondiale, j'écoute souvent une chanson de Goldman, Né en 17 à Leidenstadt qui me rappelle qu'il est très facile de dire ce qu'on aurait pu faire mais l'aurait-on fait? La dénonciation est facile quand tout est terminé.
Je remercie donc 100choses pour cette découverte et je finis par attribué un 13/20 à cette lecture. La biographie ne me rebutte pas tant que cela quand le personnage décrit est intéressant et ce fut le cas ici.
Challenge : Les Lectures que l'on ne s'imagineraient pas lire 1/2


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