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jeudi 31 mars 2011

La Ligne Verte de Stephen King

Résumé : Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d'un pénitencier dans les années 30, entreprend d'écrire ses mémoires. Il revient sur l'affaire John Caffey - ce grand Noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes - qui défraya la chronique en 1932.
La ligne verte est le reflet d'un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisé par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore avec sa matraque et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l'innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.

Mon avis : Après avoir découvert Stephen King l'an dernier grâce au génial Simetierre, je voulais à tout prix récidiver. Pour cela, j'ai choisi un titre qui fait partie des plus connus de l'auteur grâce notamment à son adaptation cinématographique récompensée aux Oscars, la Ligne Verte.

J'ai une nouvelle fois apprécié l'empreinte personnelle dans l'écriture de Stephen King. Je suis amateur de personnes qui se démarquent du conformisme et dans mes lectures, d'une plume reconnaissable entre toutes qui défie ce qui a déjà été vu et revu à de multiples reprises. Cela, King sait le faire...
Ce livre est avant tout une expérience. Comme l'écrit l'auteur dans le préface, il souhaite tester une nouvelle forme de littérature en la reliant aux séries télévisées : le roman est composé de sept parties qui sont liées mais qu'il différencie pour garder une dose d'imprévu pour lui mais surtout pour ses lecteurs. En se focalisant sur une partie et en écartant la future la suite, il construit son roman pas à pas. La fin n'est pas décidée, il improvise plus ou moins comme il le dit. C'est lorsque je vois ce genre d'exercices périlleux et novateurs que je distingue les très bons auteurs des génies...

Pour être tout à fait honnête, j'ai eu beaucoup de difficultés à entrer dans le roman. Ceci est sans doute lié à ce changement brutal de genre... Il y aussi le fait que l'histoire se met en place de manière assez lente, très visuelle et parfois, on est même dans le contemplatif. Cependant, le King a eu raison de moi et je me suis passionné pour cette histoire chargée d'émotions en tout genre. On est dégoûté par les injustices, on a peur que la fin approche car on devine ce qu'il va se passer, on vibre avec les angoisses et les réactions émotionnelles des personnages. Je dois dire que c'est assez déroutant mais jubilant!

Dans Simetierre, c'est l'atmosphère angoissante, crispante que l'auteur arrive a instauré qui m'avait le plus marqué. Ici, c'est la construction de chaque personnage. En me mettant (en toute humilité) à la place d'un auteur, je suppose qu'il soit plus facile de façonner des protagonistes quasi parfaits que des "monsieur tout le monde". Pour nuancer mon propos, je dirais que l'on préfère, du mois qu'il soit plus facile de s'identifier à des héros qu'à des gens "normaux".
Ils sont tous humains avec une part de bien, une part de mal même si une prédomine intrinsèquement à chacun. Grâce à eux et à l'histoire en général, j'étais à la limite entre la fiction et la réalité. Je me sentais intégré dans cette histoire aussi atroce soit-elle. Je voulais croire que cette histoire était réelle bien que le paramètre fantastique ne soit pas négligeable. Je voulais changer l'inévitable... Bref, j'étais passionné.
Je n'ai pas envie de m'attarder sur chaque personnage pour préserver toute la découverte. Excusez-moi... Le terme "attarder" est très inapproprié, j'aimerais beaucoup vous en parler car les personnages les plus importants sont très intéressants à analyser mais je préfère que chacun les découvre avec un ressenti "vierge", non orienté...

Nul besoin de vous faire un dessin, ce livre fut un véritable coup de coeur. Il est peu réjouissant mais tellement maîtrisé que j'ai succombé. Une folie entraînant une autre, je me suis empressé de commander les deux tomes du dernier King, Dome, shame on me hum :)
Noté le génie? Ce n'est pas mon genre mais je donne la note de 19/20 à ce titre.

samedi 26 février 2011

Blood Ninja de Nick Lake

Résumé : Japon, 1565... Taro, fils d'un simple pêcheur, n'avait qu'un rêve : devenir samouraï. Mais en l'espace d'une journée, sa vie bascule, le condamnant à vivre à jamais dans l'ombre. Transformé malgré lui en vampire ninja, Taro se trouve entraîné dans une terrifiante épopée.

Mon avis : Tout d'abord, j'aimerais remercier Allan du site Fantastinet et les Editions Gallimard Jeunesse pour m'avoir donné l'opportunité de découvrir ce roman.

Au point de vue de l'histoire, tout cela semble au début abord très stéréotypé. Le schéma (bouleversement du destin et parcours initiatique) a déjà été revisité à de multiples reprises mais ce livre réussit son pari : nous divertir. La principale qualité de cette œuvre est celle de combiner l'Histoire asiatique et la mythologie vampirique. On irait même jusqu'à croire que tout ceci aie fait partie de la réalité.

On peut souligner un autre point fort, les émotions sont sincères, réelles, non surfaites. Blood Ninja n'est pas un roman à mettre entre toutes les mains (je pense surtout au public visé) car le lecteur n'est pas épargné entre les affrontements sanglants et les décès de personnes chères au héros.

L'auteur prend son temps à poser son histoire mais on est jamais atteint par l'ennui. Le rythme est assez intense et lorsqu'il retombe, c'est en général pour faire place à des rencontres intéressantes ou à l'émotion évoquée auparavant.

Les personnages sont globalement très bien travaillés. On peut reprocher encore une fois du déjà vu mais cela fonctionne. Le héros, Taro, m'a en premier lieu déçu : peu démonstratif, assez renfermé et, par conséquent, peu attachant. Mais il évolue de telle manière que le lecteur s'y attache en découvrant ses failles, ses désirs, ses peurs...

Un nombre important de personnages partagent l'aventure de Taro. Bien que certains soient en retrait, en général, ils sont tous intéressants à suivre car ils apportent chacun un petit plus. Les décrire un à un serait dommage car ce serait priver les futurs lecteurs d'une partie de la découverte.

Le style de Nick Lake est simple et efficace mais il manque une empreinte personnelle pour se démarquer. Cependant, il faut souligner que c'est son premier roman et que le travail réalisé est déjà très intéressant. Par exemple, il utilise la narration extérieure aux personnages mais centrée sur Taro. Parfois, les passages sont en italique, caractéristiques d'un changement de point de vue. Sans être révolutionnaire, le procédé apporte un nouvel atout à ce roman. Enfin, ses descriptions sont toujours détaillées, parfois crues mais on s'y accomode. Elles permettent de densifier l'univers et d'apporter de la profondeur autant à l'intrigue qu'aux protagonistes.

Pour conclure, je conseillerais ce roman à toutes personnes et plus particulièrement aux amateurs de culture asiatique et pourquoi pas de vampires même si ce n'est pas ce qui fait tout son intérêt. Nick Lake, pour son premier roman, nous offre un début de saga chargé d'émotions et d'actions. La trilogie s'annonce très prometteuse. J'attribue à ce premier tome un 16/20.

dimanche 13 février 2011

Bal de Givre à New York de Fabrice Colin

Résumé : Anna Claramond ne se souvient plus de rien.
Seul son nom lui est familier. La ville autour d’elle est blanche, belle, irréelle. Presque malgré elle, la jeune fille accepte les assiduités du beau Wynter, l’héritier d’une puissante dynastie. Bal de rêve et cadeaux somptueux se succèdent avec lui mais Anna sent que quelque chose ne va pas. Qu’elle est en danger. De plus, des indices et des messages sont semés à son attention par l’insaisissable Masque, un fugitif recherché.
Qui est son ennemi, qui est son ami ? Anna sait qu’elle doit se souvenir. Mais que lui réservera sa mémoire une fois retrouvée ?

Mon avis
: Tout d'abord, je tiens à remercier chaleureusement le site livraddict ainsi que la maison d'Édition Albin Michel pour m'avoir donné la chance de découvrir ce roman. Je tiens de plus à préciser que cela faisait des nombreux mois que je souhaitais découvrir le travail de Fabrice Colin mais je n'avais jamais franchi le pas... C'est maintenant chose faite et je ne suis pas déçu.

C'est avec une certaine magie et un envoutement onirique que l'auteur nous entraine dans son histoire. Il met en place une ambiance étrange qui pourrait rebuter car les repères sont flous. Cependant, on se laisse guider, c'est tellement beau, tellement maitrisé...
La maîtrise... C'est exactement ce que je retiendrai de cette atmosphère étrange crée par Fabrice Colin. Chaque mot est sa place, on entre jamais dans la complexité illusoire. Un travail prodigieux.

Concernant l'intrigue, l'étrangeté de l'atmosphère fait en sorte que les premières pages sont délicates. On ne sait pas trop où l'on nous mène mais peu importe, la magie opère et les pages défilent.
On se laisse guider dans ce New York étrange où l'on assiste à une très belle histoire d'amour mais aussi à une série de meurtres des plus étranges. Il est possible de pressentir que quelque chose "ne tourne pas rond", on nous amène sur de fausses pistes et cela fonctionne...
J'avais pressenti la fin dans ses grandes lignes mais la chute est savoureuse et amène à la réflexion une fois le livre définitivement fermé.

Je dois reconnaitre que le niveau "coup de coeur" n'a pu être atteint. En effet, l'héroïne ne m'a pas interpelée plus que cela. Je ne l'ai pas détestée mais je suis souvent rester indifférent au personnage d'Anna. Bien que ce sentiment se soit estompé au fil des pages, elle ne m'a pas touché outre mesure.
En revanche, les deux personnages les plus importants après l'héroïne m'ont particulièrement intrigués. D'un côté nous avons Wynter, jeune homme charmant mais loin d'être parfait. Une sensation particulière m'a habitée lorsque je me suis mis à douter de ses réelles intentions. De l'autre, il y a le Masque mais si je vous dévoile même une infime partie de sa personne je briserai l'effet de surprise. Je préfère vous dire simple qu'il est très mystérieux et soigneusement travaillé.

Où est le bien? Où est le mal? On reste dans le doute... Fabrice Colin a donc réalisé une œuvre qui, sans être magistrale, se démarque de beaucoup d'autres. Il rassemble toutes les composantes que j'aime voir dans un roman. Même si ce n'est pas un coup de cœur, c'est néanmoins un excellent moment de lecture qu'on m'a offert. Je remercie ainsi une nouvelle fois livraddict et Albin Michel pour cette découverte à laquelle j'attribue un
17/20.




mercredi 26 janvier 2011

Loup y es-tu? de Henri Courtade

Résumé : Et si les êtres maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement?
Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs. Bref, tapies dans l’ombre d’Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux télé, elles auraient entre leurs mains expertes le devenir de l’humanité.
Sinistre tableau !
Si de tels êtres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également. Qu’en ce début du XXIe siècle, ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre.
Et alors, qui sait de quel côté la balance pencherait…


Mon avis : Loup y es-tu? est en ce moment même un des livres qui fait le plus parler de lui sur livraddict.
Ce genre qu'est le détournement de conte ne m'était pas étranger. En effet, à l'occasion d'un Book Club, j'avais lu Enchantement d'Orson Scott Card. Un des reproches que je lui avait fait était qu'au final, je n'avais pas eu un réel sentiment d'être dans le genre décrit. Cette nouvelle expérience en la matière a été plus concluante de ce point de vue. Laissez-moi vous conter cet agréable instant de lecture...

Pour ce qui est de l'histoire, j'ai eu de prime abord quelques difficultés à trouver mes marques et à m'imprégner de l'univers. La narration m'a sans doute posée quelques problèmes. En effet, au cours d'un chapitre, on va d'une scène à l'autre tout en étant très extérieur au récit. De plus, je m'interrogeais de savoir où cette histoire atypique m'emmenait.
Néanmoins, après ce début quelque peu fastidieux, je me suis totalement immergé dans l'intrigue et l'univers. Plus le conte se mêlait à la réalité plus mon plaisir était intense. J'avais l'impression de retrouver la magie des films ou livres qui m'avaient émerveillées lorsque j'étais enfant.
Cependant, il ne faut pas croire que la trame de cette histoire en est rendue simple. On reste dans un roman réservé aux adultes. En effet, l'auteur utilise les divers contes pour réaliser un thriller haletant qui s'avère de plus en plus surprenant. Il n'hésite pas à mettre en avant des détails peu ragoutants sans entrer dans le gore bien entendu. Le rythme va crescendo et le final s'avère époustouflant.
Le tout est manié avec habileté et je tire mon chapeau à l'auteur pour avoir créé cette histoire si originale.

La satyre de notre société est un des points les plus réussis de roman. En effet, on y retrouve beaucoup de références à la Seconde Guerre Mondiale ainsi qu'aux attentats du 11 Septembre. La version que nous propose l'auteur est particulièrement bien trouvée.

Chaque protagoniste apporte sa pierre à l'édifice. Aucun n'est surperflu mais j'ai pu regretter par moment leur abondance. Je ne savais pas parfois qui faisait quoi. En fait, je pense que ce qui m'a gêné encore une fois est la narration. On reste très extérieur aux protagonistes, aussi j'ai eu quelques difficultés parfois à savoir qui était qui ou qui faisait quoi. Ce genre de narration me pose problème dans le sens où je n'arrive pas à saisir dans leur intégralité la personnalité de chacun. Aussi, bien que je les ai tous apprécié, j'ai trouvé qu'ils manquaient de profondeur.

Loup y es-tu? fait partie de ses romans où mes personnages préférées restent les "méchants". La sorcière, Marylin, a ce côté machiavélique que j'aime tant retrouver dans les romans. Elle est, selon moi, le personnage le plus abouti de cette œuvre. Tout en gardant son rôle de "méchante sorcière", elle reste crédible, jamais caricaturale. Il y a aussi le Loup, un être abject poussé par ses instants naturels. Il tue avec un plaisir sadique et ne connait pas la pitié. Il ne m'a fallu que très peu de mots pour m'imaginer ce personnage.
Je ne préfère pas vous parler des protagonistes du côté des "gentils" car il me semble impossible de les décrire sans en révéler trop. Je dirais simplement que leurs évolutions respectives sont très intéressantes.

En ce qui concerne le style, Henry Courtade manie habilement les mots. Ceci dit, l'envoutement est bien plus important lorsque l'on est plongé dans l'atmosphère des contes. Je pourrais reprocher de plus à l'auteur un léger manque de subtilité pour faire passer ses messages de critique de la société mais l'originalité a vite mis ce détail de côté.

C'est donc avec étonnement et satisfaction que j'ai achevé ma lecture de ce roman. J'y ai trouvé quelques défauts mais le tout est simplement envoutant. J'attribue un 16/20 à ce roman que je conseille vivement à tous même ceux qui ne sont pas avares du Fantastique.

Lecture réalisée en LC avec d'autres membres de livraddict :
Lisalor
Karline
Melisende
Plumeline
Cathy
Frankie
Thalia
Galleane
wilhelmina
Furby 71
Paikanne


lundi 20 décembre 2010

Destination Islande : la Saga de Gunnlöd de Svava Jakobsdótti

Présentation de l'éditeur : Svava JakobsdÓttir, née en 1930, est considérée en Islande comme l’un des plus importants écrivains de sa génération. Auteure de nouvelles, de pièces de théâtre et de romans, elle a aussi œuvré politiquement pour la reconnaissance de la femme.
Parue en 1987, La Saga de Gunnlöd raconte l’histoire d’une jeune Islandaise d’aujourd’hui, arrêtée dans le Musée National du Danemark alors qu’elle volait une urne en or d’une valeur inestimable. La police pense qu’elle est soit folle, soit dangereuse terroriste tandis qu’elle-même clame haut et fort qu’elle doit récupérer son bien de naissance : l’urne en or qui contient l’élixir de poésie dont elle était, elle, Gunnlöd, la gardienne dans les anciens temps jusqu’à ce qu’Odin la lui dérobât.
La narratrice du livre est la mère de la jeune femme qui, d’abord désemparée, va faire le chemin jusqu’à sa fille.
Fidèle à sa réputation d’écrivain réaliste, JakobsdÓttir nous plonge dans l’univers quotidien de la mère – bourgeoise qui va progressivement abandonner ses préjugés et vivre dans l’attente du verdict chez une tenancière de bistrot – tout en nous en maintenant, grâce aux mythes issus de l’Edda, dans une sorte de magie permanente ; de tension aussi : la jeune femme est-elle folle, de cette folie qui bâtit une histoire diablement logique sur un substrat pour le moins douteux, ou bien, est-elle vraiment la déesse Gunnlöd, offensée par Odin et qui peut donc, légitimement, récupérer son bien ?
Œuvre ouverte et multiple s’il en est, La Saga de Gunnlöd peut se lire comme un roman policier, un roman mythique et un roman de la folie ; c’est de ce mélange que naît le trouble persistant du lecteur.

Mon avis : je tiens tout d'abord à remercier l'éditeur pour sa présentation si complète sans laquelle je n'aurais pu achever ce roman tellement j'étais au bord de la noyade... Le résumé m'a permis de comprendre l'histoire, en surface du moins... Vous supposez déjà que j'ai détesté, vous n'êtes pas loin de la vérité...
Mes rapports avec avec le fantastique des Maupassant et autres Mérimée étaient assez conflictuels me rappelant une douloureuse année de quatrième en matière de lettres. Je me souviens ne pas voir du tout adhéré au Horla, à la Venus d'Ille et à d'autres textes dont les noms m'ont échappés. Sans doute sont-ils étudiés à un âge inapproprié mais je ne pense pas qu'ils me passionneraient aujourd'hui.
Lorsque j'ai fait mes recherches pour mon choix du livre islandais, j'ai constaté que ce pays éditait particulièrement des guides touristiques et des polars alors que je souhaitais plus m'intéresser aux mythes propres aux pays nordiques. En creusant quelque peu, j'ai trouvé ce titre, classé dans le domaine fantastique mais qui semblait être un bon compromis car l'aspect "folie" concernait les légendes nordiques. Beaucoup d'enthousiasme au départ mais... les obstacles étaient trop nombreux pour moi...

Comme j'ai pu le laisser entendre plus haut, je me suis totalement perdu dans cette histoire. Tout d'abord, les cinquante premières pages, on suit la narratrice qui nous décrit les moindres faits et gestes d'une autre femme. On ne dispose d'aucun nom, d'aucun relation jusqu'à la page 80 (ordre d'idée) pour le nom et 120 pour la relation de parenté (c'est en réalité sa fille). Pour le nom, j'ai parlé un peu vite puisqu'elle nous donne le nom mythologique qu'elle se donne et non le réel qui viendra bien plus tard...
Ensuite, on assiste à un enchainement de descriptions toutes aussi lassantes les unes que les autres. Le principal souci est que la narratrice sent le besoin de décrire chaque stade de la folie en long, en large et en travers. De plus, cela reste assez redondant puisqu'il s'agit de rituels religieux qui se ressemblent...

L'aspect mythologique aurait pu me passionner mais comme il est mêlé à chaque fois à la démence, je n'ai pas pu en tirer ce que je voulais. Je n'arrivais pas à suivre, j'étais dans un flou total. J'ai pourtant fait de nombreuses tentatives pour me concentrer, en vain puisque je décrochais de plus belle.
J'ai quand même réussi à glaner quelques informations pour ma culture personnelle mais hélas, pas suffisamment.
Ainsi, je pense chercher dans quelques temps un ouvrage consacré à la mythologie uniquement.

Côté style, c'est à la fois une force et une faiblesse. En effet, on alterne entre des passages très bien écrits, très agréables pour l'esprit à d'autres où des phrases de quelques mots se succèdent rendant le rythme saccadé. Je ne dis pas que je trouve cela mal écrit mais j'ai en aversion ce procédé. Il y a quelque temps, j'avais commencé "Eldorado" de Laurent Gaudé et cette pratique qu'il utilise beaucoup m'a tellement gêné que j'ai du abandonner ma lecture...
Peut-être que ma méconnaissance des techniques littéraires joue en ma défaveur mais je le rappelle, il s'agit d'un ressenti totalement subjectif.

J'attendais énormément de cette "rencontre" avec ce pays qui m'attire tant mais encore une fois, je me suis totalement fourvoyé dans le choix de mon livre. A part pour les quelques connaissances mythologiques qu'il m'apporté, j'ai détesté ce roman qui ne m'a pas réconcilié avec le genre. Je conçois qu'il soit considéré comme une référence dans le genre mais ce n'est pas pour pour moi, c'est tout. C'est donc avec une certaine amertume que j'attribue un 05/20 à ce roman.

Merci à evert pour l'organisation de ce défi que j'ai partagé avec :
evertkhorus, Frankie, Bambi-Slaughter, scors13,
Erato, lynnae, Véro, Sookee,

mardi 30 novembre 2010

Chroniques des Enchanteurs, tome 1, 16 Lunes de Kami Garcia & Margaret Stohl



Résumé : J’ai longtemps rêvé de cette fille. Elle apparaissait dans un cauchemar où, malgré tous mes efforts, elle tombait sans que je ne puisse la sauver. Je me savais lié à elle d’une façon particulière. Et puis un jour, elle est arrivée en chair et en os dans au lycée de Gatlin, notre petite bourgade du Sud des Etats-Unis. Elle était belle et mystérieuse. Si j’avais su qu’en même temps que cette fille, dont j’allais tomber éperdument amoureux, surgirait aussi une malédiction... Nous étions menacés. Et cette fois, j’allais devoir la sauver... L’amour sera-t-il plus fort que le destin ?

Mon avis : Sans doute l'un des débuts de saga dont j'ai le plus entendu parler cette année, il me fallait le découvrir. J'ai tout de même attendu car voir ce débordement d'enthousiasme un peu partout et de le lire par la suite aurait pu entrainer des attentes démesurées et au final, une déception. Je pense avoir très bien fait car je l'ai découvert et savouré pleinement, une jolie découverte.

Lorsque je repense à ce livre, la première chose qui me vient à l'esprit est son atmosphère. En effet, on est pendant tout le roman plongé dans une ambiance saturée de mystère. Les personnages comme la magie tardent à se dévoiler et on se languit. Le premier tiers comporte très peu d'action mais on reste dans l'attente de révélations qui nous parviennent de manière exponentielle. Ainsi, des passages que j'aurais pu trouver longs se sont avérés agréables.
Outre le mystère, l'originalité est assez plaisante. Cela n'a rien de transcendant car on reprend une magie qui ressemblent à d'autres mais la manière dont elle est amenée est bien travaillée. Si j'en dis un peu plus, une grosse partie du roman sera sabotée alors je préfère m'abstenir en répétant seulement que c'est un élément très positif et prometteur de cette histoire.
On assiste aussi souvent à des flashbacks nous ramenant à l'époque de la guerre de Sécession et c'est un époque historique qui a beaucoup marqué Gatlin. Je ne connais que peu de choses de cette guerre et pourtant, elle m'intrigue beaucoup. J'ai ainsi trouvé ces références très utiles à l'histoire.

Le rythme est progressif et atteint des sommets dan la dernière ligne droite, peut-être un peu trop car j'ai ressenti de la confusion. Par contre, j'ai trouvé que la conclusion était un raccourci un peu facile pour faire une suite...

Paradoxe que j'ai rarement l'habitude de rencontrer : j'ai encore plus aimé certains personnages secondaires que les héros. Sans les avoir détestés, j'ai eu du mal surtout au début à m'y intéresser surtout pour le narrateur. Ensuite, le mystère entourant leur relation et la magie a recentré mon attention pour finir par les apprécier.
Le narrateur, Ethan, est un adolescent comme on peut en rencontrer partout : assez intelligent, sportif, en mal d'amour... Cette partie de la vie est souvent sujet à tous les portraits caricaturaux qu'on puisse imaginer mais ici, on reste raisonnable mais pas original. Je l'ai parfois trouvé trop "fleur bleu" ce qui fait plutôt bizarre pour un homme... Pour une fois qu'on est centré sur un personnage masculin dans ce genre, je trouve qu'on ne s'éloigne pas assez de la narration féminine. Au début, je le trouvais assez couard, toujours en train de se poser pleins de questions et de ne pas agir. Il s'améliore par la suite. A part quelques passages où son caractère initial revient, il devient plus convaincant, il se révolte, il agit et devient actif de la situation.
L'arrivée de Lena est un événement dans la petite ville qu'est Gatlin. Il faut dire qu'elle est la nièce d'un homme que personne ne rencontre, Macon Ravenwood. De prime abord, dans la phase d'approche entre elle et Ethan, je l'ai trouvé caricaturale : elle est totalement différente des autres de son âge, elle ne parle à personne dégageant du mystère... Ensuite, plus leur relation se construit plus je l'ai trouvé attachante car d'un côté, rejetée de tout le monde, elle garde la tête haute mais d'un autre côté, elle entretient une peur incommensurable par rapport à ses pouvoirs.
Comme je l'ai dit, j'ai adoré les autres personnages dont le meilleur est pour moi Macon Ravenwood qui dégage un charisme époustouflant. Il dispose d'un sens de la repartie incisif que j'admire.
J'ai aussi bien aimé Marian et Amma, deux personnes très proches de la famille d'Ethan qui réservent aussi des surprises.

Devant toutes ces écritures jeunesse qui associent fluidité et efficacité, je retiens surtout celles qui arrivent à me captiver alors même que le rythme est lent. Je crois que ce style a beaucoup contribué à ce que j'accroche très vite à l'histoire. Je sentais les pages défiler, je constatait qu'il se passait peu de choses et pourtant, je ne décrochais jamais.

Contrairement à Fablehaven, je rejoins l'enthousiasme quasi général sur ce titre qui a su me convaincre avec une histoire plutôt bien ficelée, des personnages en constante évolution et un style captivant. Un titre jeunesse qui mérite 17/20.

vendredi 30 avril 2010

L'étrange Vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

Résumé : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s'il n'avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d'une sorcière brûlée vive autrefois. Mais quelqu'un va attirer Nobody au-delà de l'enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l'éliminer depuis qu'il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux... L'Étrange Vie de Nobody Owens est un roman enchanteur, noir, magique, tendre et profond. La grâce absolue de Neil Gaiman, de retour après son livre-culte, Coraline.

Mon avis : Très difficle de juger ce livre car, à la fin, je ne savais si j'avais aimé ou non. Une certaine absence de sentiments que je n'avais jamais vécu. Je peux aimer, je peux ne pas aimer, je peux être mitigé mais là je suis, pour ainsi dire, resté indifférent, je développerai cette impression par la suite.
Il faut souligner que c'était pour moi une double découverte. En effet, d'une part, depuis que je suis sur livraddict, j'ai beaucoup entendu parlé de Neil Gaiman et il fallait que je comble cette lacune littéraire. D'autre part, je ne me souviens pas avoir lu un roman noir en Jeunesse . Certes il y a eu pas mal de Chair de Poule mais là, c'est plus de l'épouvante pour ados que du roman noir.

Au point de vu de l'histoire, ce que je reproche souvent aux romans Jeunesse est qu'on a dans une première partie, une succession de micro-histoires où, Bod (Nobody Owens), notre héros, grandit et fait la connaissance de plusieurs personnes dans le monde des vivants comme celui des morts. La particularité du personnage principal est qu'il a été confié, lorsqu'il était jeune enfant, par ses parents sur le point de se faire assassiner, à une famille de Fantômes. Il vit ainsi à cheval entre les deux mondes où il voit les fantômes mais peut s'entretenir avec les vivants. Ces rencontres, pendant plus de la moitié du livre, ne sont pas en rapport avec l'assassinat de sa famille alors que l'on s'attend à ce qu'il enquête ou se venge. Il rencontre ainsi une jeune humaine, une institutrice allemande assez rigide, une ancienne jeune sorcière mise au bucher etc.
L'autre personnage que l'on rencontre à quasiment tous les chapitres est Silas, son tuteur. C'est lui qui se charge de son éducation. Il lui apprend ainsi les rudiments de ce que peuvent faire les fantômes tels que l'Effroi, la Hantise... Cet enseignement plutôt original m'a bien plu. Cela change de nos cours ou alors de ceux de Harry Potter... C'est cependant l'une des seules choses que j'ai trouvées originales.

Avant de revenir sur le personnage de Bod, je trouve nécessaire de parler de l'écriture de N. Gaiman. L'un des gros points forts de ce roman réside en effet dans la plume de l'auteur. Sans être exceptionnelle, par sa fluidité, elle est très accessible. Elle est néanmoins assez complexe pour rendre appréciable la lecture aux plus âgés. Souvent, une écriture trop enfantine peut me rebuter mais Gaiman s'est adapté pour inséré assez de complexité pour toucher un plus large public.
On parle souvent d'écriture "colorée" mais ici c'est tout l'inverse et c'est ce qui fait que l'auteur sorte du lot. En effet, tout au long du récit, j'étais comme plongé dans un univers en Noir et Blanc. L'auteur a réussi, selon moi, à décrire une ambiance spécial, un univers à part dépourvu de couleurs. C'est assez complexe comme ressenti et je comprendrais très bien qu'on y adhère pas.

Grâce à cette particularité dans l'écriture, je n'arrivais pas à m'attacher au personnage de Bod, je ne ressentais même pas de la compassion, il me laissait de marbre. Ce sentiment a perduré jusqu'à ce que j'ai une révélation peu avant la moitié du livre, lorsque notre "héros" veut être comme les autres enfants et qu'il se décide d'aller à l'école "normale". En effet, son côté humain le rend visible aux yeux des humains mais son côté fantôme le rend complétement indifférent. Les enfants comme les professeurs ont du mal à se rappeler qui est ce jeune homme alors que celui-ci est très sérieux et excelle. C'est comme s'il était présent en classe et que lorsque il n'était plus en vue, il disparaissait des mémoires. C'est à ce moment que j'ai compris que l'auteur a réussi à ce que l'on se comporte comme les humains du livre : ressentir une totale indifférence pour le petit garçon.

L'autre point fort de ce roman est qu'il se démarque des autres romans Jeunesse par son absence totale de manichéisme. Il n'y pas vraiment le Bien d'un côté, le Mal de l'autre et rien au milieu. Au contraire, Bod et les fantômes réglent leurs problèmes grâce à des méthodes fantastiques comme l'Effroi ou la Hantise dont leurs noms respectifs parlent pour eux... On se rend compte aussi que Silas, le tuteur de Bod, n'est pas tout Blanc dans cette histoire, il a son jardin secret qui semble être loin de l'angélisme.

Je suis resté cependant sur ma fin en tournant la dernière page, tous les mystères n'étaient pas levés. Au contraire, on en rajoute même. On ne répond pas à la principale question du premier chapitre : pourquoi le méchant, le Jack, a fait ce triple homicide et surtout pourquoi il doit finir son "travail" en tuant Bod? Je n'ai pas été fasciné par les méchants de l'histoire que j'aime très charismatiques sans être caricaturaux.

Pour conclure, je pourrai dire que j'ai passé un agréable moment de lecture, que Gaiman a une superbe plume et qu'il a su nous plonger dans un autre univers mais je suis loin d'avoir adoré. Je n'étais plus enthousiaste que cela quand j'entamai un nouveau chapitre. Je renouvellerai l'expérience avec cet auteur car je pense que d'autres de ces romans peuvent me plaire plus que ce dernier. Il me manquait constamment quelque chose et la fin m'a laissé dubitatif. Je donne donc un 14/20 à ce roman.

Ils en parlent aussi : Miss Spooky, Azariel87, Leyla, wilhelmina, Kactuss, El Jc, Frankie, Bambi_Slaughter, Alice,




mercredi 31 mars 2010

L'étranges cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde de Stevenson

Résumé : La ruelle est sombre, la silhouette furtive, l'homme pressé. Une fillette, par mégarde, le heurte. Et l'irréparable se produit : l'homme la jette à terre, la piétine et s'éloigne, sans cesser de sourire... Hélas, on ne compte plus à Londres les épouvantables crimes de l'étrange Mr Hyde. Étrange ? Plutôt diabolique, songe le brave notaire Utterson. Et quel sinistre lien unit son ami, le pauvre Dr Jekyll, à cet individu dont la seule vue fait frémir ? Car si jamais visage a porté l'empreinte de Satan, c'est bien celui de Mr Hyde...

Mon avis : Grand classique de littérature anglo-saxonne, ce livre et son histoire ne sont plus à présenter. J'étais cependant surpris de voir le si peu de page que contenait ce roman. Je n'arrivais surtout pas à imaginer comment on pouvait imaginer un tel univers avec tout le succès que cela a engendré dans un roman aussi court. Et pourtant, ce fut ma première surprise.

L'ambiance est en effet la principale qualité que j'ai trouvé à cette œuvre. Plongé dans l'époque victorienne, on est transporté dans cet univers pourtant relativement éloigné du notre avec efficacité. La plume très Anglaise de Stevenson contribue à cela. Le suspens n'est pourtant pas très intense car d'une part, pour la plupart, on connait la fin et d'autre part, ce n'est pas ce qui est mis en avant. Bien que cela se présente sous forme d'enquête, c'est surtout la noirceur, une atmosphère pesante qui imprègne chaque ligne de l'ouvrage. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu du vrai fantastique et j'avais oublié à quel point un univers pourtant simple pouvait devenir des plus angoissants.

Il m'arrive parfois de terminer un pavé avec le sentiment de ne pas avoir pu matérialiser les personnages ou même avoir cerné toute leur personnalité. Dans ce court roman, c'est exactement l'inverse : la description tant sur le plan physique que sur celui de la personnalité, bien que subjective, rend les personnages quasiment réels. Tout commence avec un notaire, M. Utterson, qui s'inquiète pour son ami, le Dr. Jekyll car ce dernier lui a donné un papier définissant que tout son héritage reviendra à un certain Hyde, inconnu jusqu'ici pour notre narrateur. Utterson va alors se charger de savoir qui est cet homme et ce que cela cache. Il joue ainsi le rôle d'un inspecteur bien que le dénouement ne soit pas dû réellement à son génie.

Sur le fond, il est difficile d'en dégager quelque chose de vraiment très constructif sachant que ce roman date de plus d'un siècle. Cependant, il semblerait que cela démontre que nous avons tous en nous un Mr. Hyde derrière notre masque de tous les jours. Un être fort peu sympathique voir dangereux. On peut ainsi méditer indéfiniment sur la nature et la condition de l'homme. La succession de guerres, de meurtres ou autres horreurs de ce genre montre bien que le sujet ne s'est pas démodé.

Un classique que je ne regrette pas d'avoir rangé dans ma bibliothèque. Je le conseil à tous les amateurs d'ambiance noir voir même d'horreur même si ce n'est pas poussé jusque là. Puisque je continue à noter, je dirais 17/20.

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