lundi 12 juillet 2010

Enchantements de Orson Scott Card

Résumé : Au cœur de la forêt ukrainienne, le petit Ivan découvre une jeune fille endormie sur un autel. Une présence inquiétante le pousse à s'enfuir. Des années plus tard, Ivan revient sur les lieux. Cette fois, il ose embrasser la belle... et se retrouve précipité mille ans auparavant, dans un monde parallèle où la sorcière Baba Yaga fait peser une terrible menace. Une réinterprétation libre et magistrale de La Belle au bois dormant, par l'un des auteurs de fantasy les plus talentueux au monde.

Mon avis : Le détournement de conte, un thème de Book Club des plus originaux que je me devais de découvrir au plus vite aimant à la fois les contes et la parodie ou du moins des façons de se réapproprier d'autres récits pour en faire quelque chose de totalement différent. Ce fut donc de nouveau un Book Club très riche sur un livre qui aura longuement fait parti de lui dans un sens comme dans l'autre. Je connaissais déjà l'auteur dans un registre différent avec le premier tome d'Ender qui entre dans la Science Fiction orienté Jeunesse que j'avais beaucoup aimé.

Parlons tout d'abord de ce registre si particulier du détournement de conte. Pour ce roman, je reste assez sceptique. On reprend en effet les grandes lignes du conte de la Belle au Bois Dormant mais d'un point de vue très schématique : la demoiselle qui dort dans une forêt secourue par un prince charmant et la sorcière qui veut s'emparer de son royaume... A part cela, pas vraiment de rapprochement et je trouve donc un peu léger de parler de détournement de conte. Je ne sais pas ce que j'aurais préféré mais je ne reste pas convaincu.

L'histoire en elle-même est en revanche très riche et remplie de thèmes de réflexion variés. Encore une fois, à la lecture de ce livre, il ne faut pas se contenter de regarder que l'histoire, il y a pleins de choses intéressantes : l'appartenance à une patrie ou encore une religion, le respect des mœurs d'autrui, les légendes et l'histoire slave, trop rare dans la littérature que je pratique etc. J'aime me divertir tout en apprenant des choses et ce livre fait très bonne figure sur ce point.
On ne peut pas dire que le rythme est soutenu, il ne se passe pas grand chose tant certains passages sont très long mais sont rendus attrayant par tout ce que j'ai évoqué précédemment et par l'humour justement distillé. J'ai souri voir ri de nombreuses fois. C'est surtout la partie où Ivan est dans le monde de la princesse que tous les ingrédients sont judicieusement insérés. Pas de grands rebondissements certes mais une histoire qui suit son cours efficacement avec en parallèle le point de vu de la sorcière Baba Yaga. Je ne m'ennuyais jamais et aimé vraiment tout mais au moment où tout ce joli monde retourne dans notre monde, tout s'est essoufflé et tout ce que j'aimais s'est effiloché de mal en pis si bien que je ne retiens que très peu de choses de cette partie. Ce livre est donc devenu une véritable corvée à terminer dans la dernière centaine de pages mais j'en garderai mon premier souvenir d'un cocktail très appréciable.

Les personnages sont très bien décrits et très diversifiés. Le héros, Yvan est quasi l'homme parfait dans notre monde : sportif, intelligent, beau garçon... Lorsqu'il arrive chez la princesse, tout cela change, il apparait chétif par rapport aux chevaliers habitués aux armures et aux épées. Il devient la risée du royaume. On peut penser que le message sous-jacent est que les jugements sont différents selon le point de vue sur lequel on se place et que tout statu peut s'inverser rapidement. La princesse est des plus agaçantes au début du roman et imbue de sa personne voir méprisante mais elle s'adoucit avec le temps et devient appréciable sans être très intéressante.
J'ai beaucoup aimé la mère mystérieuse d'Yvan malheureusement trop peu développée ainsi que les méchants, Baba Yaga et Ours, tous deux très drôles.

Niveau écriture, c'est tout ce que j'aime : pas complexe mais pas simple non plus, fluide et avec un penchant pour l'humour que je ne pense pas être facile à faire passer dans un livre. par rapport à ender, je l'ai trouvé totalement différente donc certes, je ne pourrais le distinguer de centaines d'autres mais au moins, il a une très bonne capacité d'adaptation.

Un bon roman qui s'essouffle cependant jusqu'à devenir totalement ennuyant. J'ai adoré toute la réflexion qu'il projette et l"humour non négligeable. C'est donc une bonne découverte dans ce genre bien qu'il ne me semble pas être le meilleur exemple. Je donne donc un 13/20 à ce roman.


Saint Seiya Episode G, tome 11


Résumé : Aphrodite, le Chevalier d'Or des Poissons, entre en guerre ! ! Face à Aiolia, le Chevalier d'Or du Lion, grièvement blessé, se dresse l'Armée des Ténèbres du titan Cronos ! Alors que le combat s'engage, apparaît Aphrodite, à la beauté sans égale ! ! Le parfum de ses roses attire l'Armée des ténèbres vers un monde de mort plein de beauté ! Mais une ombre immense s'approche d'Aiolia...

Mon Avis : Scindé en deux parties, ce volume suit dans tout ce qu'il a de plus lourd les précédents... On commence par la fin du combat d'Aphrodite (étrangement un homme et accessoirement le seul chevalier d'Or que je n'aime pas du tout) Chevalier d'Or du Poisson et encore et toujours un Géant, c'est un combat plat qui apporte peu à la trame générale. Il permet seulement de finir de mettre en scène tous les preux chevaliers d'or... Plus convaincant du moins au début, on enchaine avec un combat entre Pontos, le mystérieux Dieu qui ressuscite les autres et Aiolia. On en apprend plus sur ce premier et l'histoire prend de l'ampleur. Cela aurait été trop beau, le combat s'éternise avec toujours ce même jeu de puissance croissante, de blessure etc. On entre toujours dans le même schéma et cela devient profondément lassant.

Les dialogues en deviennent quasi inutiles car ils ne parlent que de Cosmos et destruction de l'autre. Les planches sont toujours à la fois extrèmement belles et détaillées et confuses par justement trop grande accumulation de détails. Impossible de savoir ce que certaines représentent.

Un tome qui suit les autres et il faudrait que cela change. une saga décevante que je poursuivrais cependant dans l'espoir d'un haussement de ton. C'est donc un 08/20.

mardi 6 juillet 2010

Neverwhere de Neil Gaiman


Résumé : Richard Mayhew vit à Londres une vie sans histoire, travaille dans un bureau, s'apprête à se marier, lorsqu'il sauve la vie de Porte, une jeune fille qui a le don de savoir ouvrir tout ce qui peut s'ouvrir. Cet évènement fait basculer sa vie. Sa fiancée le quitte, ses proches ne le voient plus, sa vie semble n'avoir jamais existé.

Il découvre alors qu'il existe un Londres d'En Bas, souterrain, peuplé de mendiants qui parlent aux rats, et de toute une société féodale et magique. Il décide de suivre Porte à la recherche des assassins de son père, dans l'espoir de trouver un moyen de reprendre une vie normale.

Mon avis : A part la bit lit, je ne savais pas trop quel genre de livres pouvaient entrer dans la mystérieuse case de la Fantasy Urbaine, genre mélangeant notre monde dans ce qu'il a de plus normal en y introduisant des créatures imaginaires. On m'avait parlé de Neverwhere qui en faisait parti écrit par un auteur des plus connus sur la blogosphère, Neil Gaiman que j'ai connu récemment avec l'étrange vie de Nobody Owens, une lecture agréable mais je voulais découvrir ce que cela valait hors contexte Jeunesse. A vrai dire, j'ai fini ce livre en ne sachant pas vraiment quels qualificatifs lui mettre. Ce que je sais, c'est qu'il m'a manqué beaucoup de choses et que je n'étais pas souvent plongé dans l'histoire.

Premier détail qui m'a profondément perturbé : la distance que met l'auteur avec ses personnages. En effet, on assiste à la présentation de pas mal de personnages, sans plus, mais ceux-ci ne sont pas détaillés. Ce ne serait que les aspects physiques qui manquaient, ça ne m'aurait pas gêné mais c'est surtout leurs traits de caractères et leurs sensations émotionnelles que j'ai trouvé inexistants. On ne pénètre jamais dans les personnages alors que c'est l'un des aspects que je préfère dans les livres par rapport aux films ou séries. En fait, j'ai eu l'impression d'avoir justement le scénario de la série Neverwhere (livre tirée d'une série TV) sous les yeux...
Sinon les personnages sont sympathiques avec un héros, Richard, qui n'en est pas vraiment un. Il se trouve propulser au milieu d'une affaire dont il n'a aucun rapport. C'est là que j'aurais aimé savoir plus ses réactions, croit-il qu'il rêve? A-t-il peur? Je me l'imaginais très bien mais n'entrait pas en lui. J'ai bien aimé Porte, la jeune fille à cause de qui Richard pénètre le Londres d'en Bas qui se montre à la fois fragile et courageuse. Le marquis est le personnage sans doute le plus complexe et donc le plus intéressant. Sous ses répliques grinçantes, on sent qu'il tergiverse entre le bien et le mal, entre ses devoirs et ses envies... Dernier personnage sur lequel je m'arrêterai, Chasseur, une garde du corps qui m'a de suite fait pensé à un personnage de jeux vidéos par sa force et son charisme.
Honte à moi, j'ai failli oublié les personnages les plus loufoques de l'histoire : les méchants, M. Croup et M. Vandemar, deux adeptes du couteau qui m'ont fait penser aux Jack dans mon autre Gaiman. Leurs répliques vont de pair et ils ont vraiment très bien mis en relief.

Sur l'histoire, j'ai trouvé cela tout à la fois prenant, rempli de suspens et de rebondissements imprévisibles mais d'un autre côté, c'était assez lent, parfois longuet et je dois dire que j'ai parfois frôlé l'ennui ferme.
Sans doute occasionné par la distance avec les personnages qui est un aspect des plus importants dans toutes mes lectures, je ne me suis jamais senti investi à cent pour cent dans ce livre. Pourtant, il y a tous les ingrédients réunis pour que j'apprécie. Les créatures et le monde dissimulé se révèlent peu à peu, les mystères se dévoilent... J'aime les créatures bien définies et c'est là où le bas blesse : il n'y a pas vraiment d'espèces, de races de créatures ; on parle de sortes de baronnies dans lesquelles les habitants ont des aptitudes particulières. Le gros point fort est que chaque station de métro à nom explicite met en réalité ses noms. On voit donc l'Earl's Court devenir une réelle court de comte. Il y en a d'autres mais chuuuuut!
Ce qui m'a aussi un peu dérangé c'est la succession de sortes de tableaux, on a jamais vraiment de transitions, on saute d'un endroit à l'autre comme ça.
Sinon, j'ai adoré le marché mais j'aurais voulu le voir encore plus développé...
On va finir par croire que j'ai pas aimé du tout mais j'en attendais beaucoup donc j'insiste sur les aspects négatifs. J'ai au final bien aimé l'histoire mais je pensais être totalement embarqué et c'est resté partiel tout le temps.

Côté écriture, encore une fois, Gaiman sait faire la différence. Sa plume est toujours si admirable. Je l'avais déjà ressenti sur le précédent, j'avais noté un potentiel conséquent et je voulais voir ce que cela allait donner sur une lecture moins jeunesse. Tout simplement pas déçu sur cet aspect, c'est un auteur dont l'écriture pourrait se reconnaitre parmi beaucoup. un modèle du genre.

Petite déception, c'est ce que j'en retient. Il faut dire qu'encore une fois, j'en attendais énormément. J'attendais Gaiman au tournant après une lecture d'un de ses romans Jeunesse où le potentiel pour les romans plus adultes était indéniable. Des personnages pas assez approfondis, une succession de scènes perturbantes rattrapés par une histoire qui tient la route et une plume exemplaire. C'est donc un 14/20 et je continuerai de lire ses livres.

samedi 3 juillet 2010

Les Ailes de la Nuit de Robert Silverberg

Résumé : Le vieux Guetteur, Avluela la Volante, et Gordon, un Elfon, revenaient vers Roum, la ville aux sept collines. Le Guetteur était las d'avoir usé ses yeux et ses sens à détecter l'invasion extraterrestre dont la Terre se croyait menacée. Tout son univers devait basculer quelques heures plus tard : sa jeune protégée Avluela était remarquée par le Prince de Roum qui abusait d'elle et Gordon reconnaissait être un émissaire déguisé des envahisseurs. La Terre allait être conquise. Désorienté, ses veilles de guet devenues vaines, le Guetteur gagna d'abord Perris, ses intrigues et sa luxure, puis tenta le pèlerinage de Jorslem. C'est là qu'il retrouva Avluela la Volante et que, de la Terre vaincue, naquit un nouvel espoir.

Mon Avis : Sur livraddict, les lectures communes en Fantasy comme en Science-fiction ne sont pas légions alors quand j'en vois une, je saute en général dessus. Silverberg est un auteur que je connaissais simplement de nom, sans grande conviction. J'ai par la suite appris que ce livre faisait parti des classiques du genre (bien que très court), j'ai saisi alors l'occasion. Ici, mon avis est clair et tranché, j'ai tout bonnement adoré et je n'ai envie d'émettre que de légers bémols.

Il m'est arrivé de lire de nombreux pavés qui, au final, pouvaient se résumer en quelques pages. Ici, c'est tout l'inverse : l'histoire est d'une grande richesse malgré le peu de pages si bien que je suis entré dans le roman sitôt les premières lignes. Outre l'histoire, Silverberg nous livre un monde des plus complets à l'image des plus grands cycles du genre comme Dune ou Hypérion. On se l'imagine sans peine et on a envie d'en découvrir les moindres recoins.
Ce monde est en réalité notre propre Terre des millénaires après nous. On apprend vite que l'âge d'or est passé depuis très longtemps et que la planète vit un déclin assez rapide. Tout a été refondé, il ne reste quasi rien des vestiges du passé tant sur le plan des coutumes que sur l'architecture. Les noms de villes sont déformés : Roum, Jorslem, Perris... Ce que j'ai adoré c'est se mélange entre futur où la technologie est très avancée et une certaine ambiance orientale assez ancienne. Je ne pourrais mieux vous la décrire, c'est simplement à découvrir. La physionomie, sans être explicitement énoncée, de la Terre semble avoir été modifiée mais ce n'est pas sur cela qu'on centre l'histoire et l'ambiance générale.
Chaque individu est classé dans une confrérie qui peut faire soit référence à un métier (Marchands, Défenseurs, Guetteurs..) soit à un état (Volants, Souvenants...) si bien que tout le monde trouve plus ou moins une utilité dans cet étrange monde. En revanche, certains sont dans l'incapacité de rentrer dans des confréries et sont donc livrés à eux-mêmes toute leur vie. Ils sont surtout représentés par les Elfons, des être modifiés qui ont tenté, des siècles auparavant, de renverser leurs créateurs et ont été bannis. Ils sont détestés des êtres normaux pour la plupart.
Tout le monde vit dans la crainte d'une invasion extra-terrestre prévue depuis très longtemps. C'est pour cela que par exemple les guetteurs sont en charge de surveiller le ciel à la recherche d'approche ennemie. Bien entendu, c'est ce qu'il va se passer...
Principal élément perturbateur de l'histoire, cette invasion n'amène pourtant pas de combats titanesques mais ce n'est pas dérangeant. Ce qui l'est en revanche, c'est que le rythme va crescendo jusque là et retombe d'un seul coup, les héros ne participent pas à la défense. Par la suite, l'histoire est, je trouve, beaucoup moins enlevée. Je pensais que c'était juste une pause mais non, l'histoire ne m'a pas si emballée même si elle reste tout aussi intéressante. Une histoire que j'ai adoré, tout simplement, mais un développement plus long voir un cycle aurait été génial.

Quant aux personnages, on n'assiste pas à des caricatures vues et revues dans le genre. Seul bémol : ce n'est pas le héros, qui n'a pas de nom au début, que j'ai apprécié le plus. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est fade mais il m'a manqué un peu de profondeur et complexité pour m'y intéresser plus que cela. Mon protagoniste préféré est Avluela, la jeune Volante qui se révèle très touchante par sa force mêlée à de la fragilité et Gormon, un Elfon qui réserve bien des surprises dans LE retournement de situation de ce livre. Je regrette qu'on les abandonne vite dans le livre pour les retrouver trop peu à mon gout... D'autres personnages jalonnent ce récit tumultueux mais je préfère ne rien vous en dire pour ne pas vous révéler d'autres éléments de l'intrigue.

Au niveau de l'écriture, c'est un pur régal. Sans être très complexe, c'est très ciselé, très précis et fluide. Une référence en la matière qui me fait rejoindre ceux qui pensent que c'est un incontournable de la SF. Rien que par cet aspect, c'est un auteur qui recroisera sans aucun doute les rangées de ma bibliothèque. On reste dans un registre assez accessible donc je pense qu'il peut se lire à tout âge même si, pour bien comprendre les subtilités, non pas de l'écriture mais de l'histoire de ce mélange futur/passé, je ne le conseillerai pas à des personnes de moins de seize ans.

Encore une fois, je rajoute ce livre dans les hautes sphères de la Science-Fiction et c'est tout naturellment que je le classe dans mes coups de coeur. Un régal donc sur tous les plans avec juste quelques petits bémols comme un manque de profondeur du personnage narrateur et principal et un monde et une histoire qu'on aurait aimé plus longs et plus développés. C'est donc un 17/20 que mérite ce roman.

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