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vendredi 12 novembre 2010

Anita Blake, tome 2, Le Cadavre Rieur


Résumé : Savez-vous ce que c'est qu'une "chèvre blanche"? Eh bien, en jargon vaudou, c'est un doux euphémisme pour désigner la victime d'un sacrifice humain. Et quand ces types sont venus me demander de relever un mort de deux cents ans et des poussières, j'ai tout de suite compris ce que ça impliquait. Je veux bien égorger des poulets, un mouton, voire un buffle dans les cas désespérés... mais ça, non! Pas question... Mais je les ai envoyés promener, eux et leur chèque d'un million de dollars. L'ennui, c'est que tout le monde n'a pas mon sens moral. Que ces salauds vont bien dégoter quelqu'un pour faire le boulot. Qu'on va se retrouver avec un mort-vivant raide dingue, tout sauf végétarien, et semant la panique. Et que c'est encore la petite Anita qui va devoir se le coltiner! Comme si je n'avais pas déjà assez de problèmes avec les vampires...

Mon Avis : Je continue dans le genre Bit Lit avec l'une des séries les moins convaincantes si l'on s'en tient au premier tome. Trop survolé à mon gout, j'attendais de ce second volet une meilleur construction, un univers plus dense. Sans être une révélation, j'ai bien plus apprécié .

L'univers, gros point faible du premier tome car rien n'est développé, prend de la consistance dès le début. En effet, Anita, héroïne narratrice, prend le temps de nous parler du milieu surnaturel que ce soit sur les réanimateurs ou les autres. Le vaudou est au cœur de l'histoire et nous permet, à travers plusieurs nouveaux personnages, de mieux comprendre le don d'Anita. On se rend compte que son potentiel est bien plus élevé que de relever pour quelques instants un mort.

L'histoire du précédent tome ne m'avait pas transcendée et malheureusement... celle-ci non plus. En fait, le problème principal est la construction : pour un livre si court (moins de quatre cents pages) il n'y a pas moins de quatre intrigues. On alterne chaque partie de l'histoire si bien qu'on a du mal à s'intéresser à une seule. Il faut attendre les derniers instants pour trouver un lien entre elles mais même si je fus surpris par une fin rocambolesque comportant des rebondissements que je n'avais pas vus venir, cela n'a pas réussi à compenser la mauvaise mise en place.
Je me suis aussi rendu compte que dans ces univers bit-lit qui se ressemblaient plus ou moins, mon affection allait beaucoup aux vampires... Contrairement au premier, on n'en voit que très peu. Les zombies prennent le relai et je dois dire que je n'en suis pas particulièrement fan...
Sans vouloir être trop sévère, il faut reconnaitre qu'il y a mieux. Ceci dit, j'ai parcouru les pages avec facilité et engouement jusqu'à le finir en me disant que j'avais passé un bon moment.

Dès le premier tome, j'avais adhéré à la personnalité et au caractère d'Anita. Bien qu'encore une fois, ça n'a rien de novateur, Anita réagit avec autorité et aplomb quand elle affronte le danger. Elle fonce tête baissée et a une fâcheuse tendance à se faire blesser à chaque altercation. Elle me rappelle une certaine Buffy Summers...
Le seul détail qui m'a plus ou moins agacé pendant ce tome était ses échanges houleux avec le maitre vampire Jean-Claude : c'était toujours emprunt d'agressivité et les sujets étaient redondants...
On le voit peu mais je n'arrive pas à accrocher avec son comportement et à ses tentatives de charme que je trouve un peu ridicule. Pour le moment, je n'accroche pas du tout à la manière dont l'auteure amène la séduction...
Sinon, les autres personnages secondaires ne sont pas extraordinaires. Seuls les ennemis de ce tome ont éveillé ma curiosité particulièrement la prêtresse vaudou, Dominga, très crédible en tant que vieille sorcière effrayante et Gaynor, homme d'affaire richissime qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il désire.

Côté écriture, sans être de la prose admirable, ça se lit particulièrement bien avec un rythme qui repousse l'ennui. Le seul gros reproche que je pourrais faire réside dans les descriptions des personnages. C'est très souvent du genre "elle mesure 1m65 et est blonde aux yeux bleus", ni plus, ni moins. Pour un roman censé être abouti, c'est plus que léger car je trouve très important d'avoir assez d'éléments pour s'imaginer les personnages. Cela revient à regarder un film où l'on comprend ce qu'il se passe sans toutefois voir le visage des personnages... Troublant non?

Pour conclure, je dirais que je ne suis toujours pas convaincu. J'en demande encore plus bien que ce tome a su me faire passer un bon moment. Il faudra que certains détails, surtout la construction de l'intrigue, soient gommés. Je donne donc un 14/20.


mardi 10 août 2010

Anita Blake, tome 1, Plaisirs Coupables de Lauren K. Hamilton


Résumé : Mon nom est Blake, Anita Blake. Les vampires, eux, m'appellent "l'Exécutrice" et par égard pour les oreilles les plus chastes, je ne vous dirai pas comment, moi, je les appelle. Ma spécialité, au départ, c'était plutôt les zombies. Je relève les morts à la nuit tombée pour une petite PME. Ce n'est pas toujours très exaltant et mon patron m'exploite honteusement, mais quand on a un vrai don, ce serait idiot de ne pas s'en servir. Tuer des vampires, c'est autre chose, une vieille passion liée à des souvenirs d'enfance. Depuis qu'ils sont officiellement reconnus et ont pignon sur rue, ils se croient tout permis. Certes, il yen a de charmants, voire très sexy, mais il y en a aussi qui abusent. Ceux-là je les élimine. Rien de tel pour garder la forme : ça vous fouette le sang !

Mon Avis : Que de temps ai-je patienter avant d'entamer avec à la fois appréhension de la déception et enthousiasme les aventures d'Anita, tueuse de vampires. L'appellation m'avait légèrement, il faut bien le dire, perturbée. Etant un incontestable fan de Buffy, série qui aura marquée mon adolescence, reprendre le terme de "tueuse" me faisait penser à un quelconque plagia... En fait non, Anita exerce cela comme métier et non comme un quelconque don ou pouvoir.
Encore une fois, je dois mon élan de motivation à une lecture commune organisée sur livraddict.

Commençons par l'intrigue. Comme souvent dans le genre, on est plongé dans l'histoire dès les premières pages. Encore une fois, ce sont des meurtres qui lancent notre héroïne dans l'enquête sauf que cette, les victimes ne sont rien de moins que des... vampires.
Dans le monde alterné d'Anita, les vampires vivent à visage découvert dans notre société. On traverse une époque de trouble légal pour établir les droits et devoirs des créatures de la nuit : droit de vote, droit de les tuer sachant qu'ils sont morts etc. Encore et toujours, il y a les extrêmes : certains sont fanatiques des créatures et vont jusqu'à créer un ordre religieux où l'aboutissement n'est rien d'autre que la transformation et à l'inverse, un groupe cherche à les éradiquer.
Ce que j'ai beaucoup aimé est que l'auteure nous mène bien en bateau jusqu'à la fin. Je n'avais pas vu venir le coupable et le seul détail qui m'a manqué assez lourdement était les motivations du serial killer... Cela peut vraiment perturber surtout lorsqu'on est adepte des enquêtes bien ficelées de bout en bout.
Pendant toute la durée de l'investigation, on rencontre une multitude de protagonistes soit humains soit monstrueux mais d'une manière assez maladroite. En effet, à chaque, on change de personnage rencontré comme si on nous les présentait un à un. Difficile à décrire mais dérangeant, cela donnait un rythme dans la première moitié assez redondant.
Le gros point faible de ce premier tome est que tout y est survolé sur l'intrigue notamment mais aussi sur les personnages, j'y reviendrai. On parle de plusieurs sortes de créatures dont par exemple les rats-garous, ce qu'ils faisaient là, aucun idée... ainsi que de différents pouvoirs mais tout cela de manière énoncée et non détaillée. Rien que pour le pouvoir de réanimateur qu'exerce notamment Anita, à part un rituel, on ne voit pas trop l'intérêt, les origines, les conséquences etc. J'ai donc deux théories : soit Hamilton voulait simplement préparer les tomes suivants en posant pleins de bases qui seront plus explorés un à un par la suite soit il y a beaucoup de maladresses dans ce premier tomes et elle a voulu faire beaucoup avec peu de lignes. Le résultat est là, c'est un peu brouillon.
Toute la première moitié, avec tous ces lieux, ces personnages, bien que ça se laisse comprendre, ça part un peu dans tous les sens et cela en devient agaçant... Passé la moitié, en revanche, l'intrigue et le rythme prennent de la consistance et cela se dévore. Je m'apprêtais à trouver cela vraiment plus que moyen et puis j'ai été pris par ce dénouement bien tourné. C'est sûr que beaucoup d'aspects m'ont laissés sur ma faim mais globalement, ce fut vraiment palpitant, un bon point donc.

Anita est une femme de caractère, c'est le moins que l'on puisse dire. Elle tient tête sans peine à un tueur à gage, Edward (très loin de notre chère jeune Cullen^^) qui semble avenant jusqu'à ce que l'on se rende compte que s'il a un but, il serait prêt à l'écarter de manière définitive, mais aussi aux vampires et particulièrement les plus puissants, les maitres. Car la particularité des vampires de son monde est qu'ils fonctionnent un peu à la manière des meutes de loups-garous avec des dominants et des dominés. En général, et là on se rapproche plus des autres sagas, plus ils sont vieux plus ils sont puissants. Elle n'est pas pour autant dénuée de faiblesses : la peur l'envahit souvent mais elle la laisse jamais prendre le dessus et repart au combat. Elle semble assez, pour le moment, fermée à l'amour, mais des signes que je ne vous divulguerez pas tendent à nous faire croire que cela ne durera pas. Ce que je peux lui reprocher ou plutôt ce que je peux reprocher à l'auteure est qu'il y a un manque de logique dans ses combats avec les vampires : elle parait être à leur niveau alors qu'elle sait se battre certes mais face à des créatures surpuissantes, ç'est trop surfait. Au delà de ça, je me suis bien imprégné de sa personnalité que je serai ravi de retrouver.
Comme je l'ai souligné, beaucoup (trop?) de personnages viennent participer à cette enquête mais très peu ont attiré mon attention : Jean-Claude, un vampire puissant mais aussi mystérieux dont les intentions, surtout vis à vis d'Anita qu'il semble apprécier, restent obscures. Phillip, un gogo-danceur bien fait, accroc aux vampires qui reste bien attachant, Edward, le tueur qui semble dépourvu de tout sentiment tant qu'il accomplisse sa mission mais surtout, Nikolaos, le maitre vampire de la ville aux allures de jeune fille. Elle m'a fait pensé à l'abjecte Esther dans le film éponyme dont la personnalité vous glace sur place, sans doute le personnage le mieux réussi de ce premier tome.

Le style de Mme. Hamilton se laisse apprécier. Aux premiers abords, j'ai été assez gêné par le nombre de dialogues à n'en plus finir et par la profusion de langage familier. Quand il y a trop de dialogue, il y a moins de temps pour explorer les pensées des personnages, pour les décrire mais aussi pour étoffer l'univers. Et puis, au moment où l'intrigue m'a happée, j'ai trouvé que tout était bien plus homogène, bien condensé. Cela me rappelle un peu le premier tome de la Communauté du Sud qui était très maladroit mais qui s'améliorait par la suite...

Vous l'aurez compris, je reste assez nuancé sur ce livre mais je suis pleins d'espoirs quant à la suite. J'aime bien l'héroïne et les quelques originalités me plaisent. La curiosité sur ce qui n'a pas été assez fouillé me pousse aussi à lire la suite en espérant être comblé. Ce tome mérite donc un bon 13/20.

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