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lundi 20 décembre 2010

Destination Islande : la Saga de Gunnlöd de Svava Jakobsdótti

Présentation de l'éditeur : Svava JakobsdÓttir, née en 1930, est considérée en Islande comme l’un des plus importants écrivains de sa génération. Auteure de nouvelles, de pièces de théâtre et de romans, elle a aussi œuvré politiquement pour la reconnaissance de la femme.
Parue en 1987, La Saga de Gunnlöd raconte l’histoire d’une jeune Islandaise d’aujourd’hui, arrêtée dans le Musée National du Danemark alors qu’elle volait une urne en or d’une valeur inestimable. La police pense qu’elle est soit folle, soit dangereuse terroriste tandis qu’elle-même clame haut et fort qu’elle doit récupérer son bien de naissance : l’urne en or qui contient l’élixir de poésie dont elle était, elle, Gunnlöd, la gardienne dans les anciens temps jusqu’à ce qu’Odin la lui dérobât.
La narratrice du livre est la mère de la jeune femme qui, d’abord désemparée, va faire le chemin jusqu’à sa fille.
Fidèle à sa réputation d’écrivain réaliste, JakobsdÓttir nous plonge dans l’univers quotidien de la mère – bourgeoise qui va progressivement abandonner ses préjugés et vivre dans l’attente du verdict chez une tenancière de bistrot – tout en nous en maintenant, grâce aux mythes issus de l’Edda, dans une sorte de magie permanente ; de tension aussi : la jeune femme est-elle folle, de cette folie qui bâtit une histoire diablement logique sur un substrat pour le moins douteux, ou bien, est-elle vraiment la déesse Gunnlöd, offensée par Odin et qui peut donc, légitimement, récupérer son bien ?
Œuvre ouverte et multiple s’il en est, La Saga de Gunnlöd peut se lire comme un roman policier, un roman mythique et un roman de la folie ; c’est de ce mélange que naît le trouble persistant du lecteur.

Mon avis : je tiens tout d'abord à remercier l'éditeur pour sa présentation si complète sans laquelle je n'aurais pu achever ce roman tellement j'étais au bord de la noyade... Le résumé m'a permis de comprendre l'histoire, en surface du moins... Vous supposez déjà que j'ai détesté, vous n'êtes pas loin de la vérité...
Mes rapports avec avec le fantastique des Maupassant et autres Mérimée étaient assez conflictuels me rappelant une douloureuse année de quatrième en matière de lettres. Je me souviens ne pas voir du tout adhéré au Horla, à la Venus d'Ille et à d'autres textes dont les noms m'ont échappés. Sans doute sont-ils étudiés à un âge inapproprié mais je ne pense pas qu'ils me passionneraient aujourd'hui.
Lorsque j'ai fait mes recherches pour mon choix du livre islandais, j'ai constaté que ce pays éditait particulièrement des guides touristiques et des polars alors que je souhaitais plus m'intéresser aux mythes propres aux pays nordiques. En creusant quelque peu, j'ai trouvé ce titre, classé dans le domaine fantastique mais qui semblait être un bon compromis car l'aspect "folie" concernait les légendes nordiques. Beaucoup d'enthousiasme au départ mais... les obstacles étaient trop nombreux pour moi...

Comme j'ai pu le laisser entendre plus haut, je me suis totalement perdu dans cette histoire. Tout d'abord, les cinquante premières pages, on suit la narratrice qui nous décrit les moindres faits et gestes d'une autre femme. On ne dispose d'aucun nom, d'aucun relation jusqu'à la page 80 (ordre d'idée) pour le nom et 120 pour la relation de parenté (c'est en réalité sa fille). Pour le nom, j'ai parlé un peu vite puisqu'elle nous donne le nom mythologique qu'elle se donne et non le réel qui viendra bien plus tard...
Ensuite, on assiste à un enchainement de descriptions toutes aussi lassantes les unes que les autres. Le principal souci est que la narratrice sent le besoin de décrire chaque stade de la folie en long, en large et en travers. De plus, cela reste assez redondant puisqu'il s'agit de rituels religieux qui se ressemblent...

L'aspect mythologique aurait pu me passionner mais comme il est mêlé à chaque fois à la démence, je n'ai pas pu en tirer ce que je voulais. Je n'arrivais pas à suivre, j'étais dans un flou total. J'ai pourtant fait de nombreuses tentatives pour me concentrer, en vain puisque je décrochais de plus belle.
J'ai quand même réussi à glaner quelques informations pour ma culture personnelle mais hélas, pas suffisamment.
Ainsi, je pense chercher dans quelques temps un ouvrage consacré à la mythologie uniquement.

Côté style, c'est à la fois une force et une faiblesse. En effet, on alterne entre des passages très bien écrits, très agréables pour l'esprit à d'autres où des phrases de quelques mots se succèdent rendant le rythme saccadé. Je ne dis pas que je trouve cela mal écrit mais j'ai en aversion ce procédé. Il y a quelque temps, j'avais commencé "Eldorado" de Laurent Gaudé et cette pratique qu'il utilise beaucoup m'a tellement gêné que j'ai du abandonner ma lecture...
Peut-être que ma méconnaissance des techniques littéraires joue en ma défaveur mais je le rappelle, il s'agit d'un ressenti totalement subjectif.

J'attendais énormément de cette "rencontre" avec ce pays qui m'attire tant mais encore une fois, je me suis totalement fourvoyé dans le choix de mon livre. A part pour les quelques connaissances mythologiques qu'il m'apporté, j'ai détesté ce roman qui ne m'a pas réconcilié avec le genre. Je conçois qu'il soit considéré comme une référence dans le genre mais ce n'est pas pour pour moi, c'est tout. C'est donc avec une certaine amertume que j'attribue un 05/20 à ce roman.

Merci à evert pour l'organisation de ce défi que j'ai partagé avec :
evertkhorus, Frankie, Bambi-Slaughter, scors13,
Erato, lynnae, Véro, Sookee,

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