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mardi 26 juillet 2011

Le Livre du Voyage de Bernard Werber


Résumé : Imaginez un livre qui serait comme un ami de papier. Imaginez un livre qui vous aide à explorer votre propre esprit. Imaginez un livre qui vous entraîne vers le plus beau, le plus simple et le plus étonnant des voyages. Un voyage dans votre vie. Un voyage dans vos rêves. Un voyage hors du temps. Ce livre vous le tenez entre vos mains.

Mon avis : Voilà un livre de Werber qui se démarque visiblement des autres : pas de suite, pas d'intrigue, pas de personnages... Vous êtes en droit de vous demander de quoi il en retourne dans ce cas. Il est à mon sens nécessaire de savoir vers quoi on s'engage avec cette lecture qui est plus un appel au repos de l'esprit qu'une oeuvre littéraire.

Bernard Werber nous invite, dans ce court récit, au voyage. Pas celui du corps qui se déplace pour visiter des lieux réels, des paysages verdoyants mais celui de l'esprit. Il nous montre que l'imagination a des capacités insoupçonnés quand on veut bien s'en donner la peine.

Dans la forme, on se contente de suivre les injonctions du livre lui-même qui nous tient la main et nous promène hors de la réalité. On visite des endroits magiques, on est amené sur des pistes de réflexion en douceur selon les chapitres.
La plume de Werber est toujours d'une finesse agréable. Il inspire la détente à travers des mots simples, des phrases limpides. Ce n'est pas l'exercice qui le met le plus en valeur mais il a le mérite de l'avoir réussi.

Dans le fond, on est amener à une sorte de méditation sur la Nature, le genre humain etc. Werber utilise sa plume pour proposer à son lecteur une bonne heure de "lâcher-prise", concept ayant le vent en poupe dans notre société tourmentée.
Sans apporter un renouveau à la littérature, Werber signe un livre à part qui nous dirige vers quelques pistes spirituelles. Il est clair que ce n'est pas son roman le plus convainquant mais lorsque l'esprit subit la tempête, un tel livre le conduit à s'apaiser.

Sans le recommander avec vigueur, j'invite les lecteurs en quête d'éveil de l'âme à se laisser emporter par ce livre qui ne transcendera pas mais qui a le mérite de trancher avec nos habitudes. Je m'abstiendrai de toute note vu que les critères ne correspondent pas.

jeudi 17 mars 2011

Le Rire du Cyclope de Bernard Werber

Résumé : Le Cyclope est un célèbre humoriste à la mode qui meurt seul dans sa loge d'un fou rire. Simple incident cardiaque ou assassinat? Nos deux enquêteurs penchent pour la deuxième hypothèse.
Ils découvrent en Bretagne une société secrète qui depuis plus de 3000 ans invente les fameuses blagues anonymes que tout le monde se raconte. Cette société essaie d'influer sur la société pour la rendre plus humaine ou tout simplement plus drôle. Cependant le pouvoir du rire attire des convoitises, beaucoup veulent maîtriser le rire des autres pour avoir un surplus de pouvoir politique, d'argent, de célébrité. Derrière les paillettes et la légèreté du monde des comique, un univers sombre et des enjeux inconnus du grand public se dévoilent. Et tous recherchent le Graal, la blague absolue auquel nul ne résiste. Isidore et Lucrèce devront rechercher au fond d'eux mêmes la force et la spiritualité capables de les faire accepter dans ce monde parallèle si peu connu. Et ils comprendront que la clef de l'enquête est la compréhension du phénomène même de l'humour. L'homme est le seul animal qui rit. Mais à quoi cela lui sert-il vraiment ?

Mon avis : Chaque année, c'est devenue une sorte de rituel d'acheter ou de demander à notre cher Père Noël le dernier Werber paru... Même en considérant tous les reproches qu'on lui adresse (souvent à juste titre), il n'en reste pas moins l'un de mes auteurs favoris. Il a ce don pour mélanger à la fois savoir et intrigue et cela, je le respecte au plus haut point. Comme d'habitude, j'ai entendu tout et son contraire sur ce dernier roman consacré à l'humour. Il me fallait me forger mon propre avis.

Je ne peux vous cacher que j'ai eu peur d'être vraiment très déçu. En effet, les cent premières pages sont décousues, ça part relativement dans tous les sens et je ne voyais vraiment pas dans quoi je m'embarquais. L'intrigue m'est apparue loufoque sans être vraiment transcendante, je n'arrivais pas à entrer dans cette histoire, fait rare quand je lis du Werber... De plus, les intermèdes que j'apprécie d'habitude pour le savoir transmis et démocratisé se sont révélées très souvent inutiles. Je vous explique : soit nous avons affaire à des passages historiques qui nous ramènent à l'apparition d'un aspect de l'humour soit nous avons des blagues. Les passages historiques m'ont lassés, j'attendais plutôt le développement de l'intrigue principale. Quant aux blagues, elles étaient plutôt drôles mais déjà entendues pour la plupart. Pour couronner le tout, il n'y avait pas ce "fond" que j'apprécie tant chez Werber. Lire entre les lignes est quelque chose que j’affectionne. Bref, rien n'allait comme je le souhaitais...

Ce n'était qu'une simple errance de l'esprit, je me suis vite raccroché à l'histoire. Certes, je pourrais reprocher quelques longueurs mais comme tout bon Werber qui se respecte, il y a matière à réfléchir.
Bien que l'histoire puisse être considérée de surréaliste, je m'y suis intégré à 100%. Après avoir critiqué l'aspect policier quelque peu "tiré par les cheveux", je me suis rendu compte que cet aspect n'était pas qu'une toile de fond. On est vraiment promené d'un coupable à l'autre. Ceux qui me connaissent même un peu savent que j'affectionne la surprise. Ce fut le cas dans ce roman car je n'ai absolument rien vu venir.
Comme je l'ai évoqué, un "bon Werber" se caractérise (pour moi) par une réflexion qui nous est amenée, non imposée. Il faut lire entre les lignes et on se régale de remettre en question certains aspects déplorables de notre société. Par exemple, il avance la perte d'identité du métier de journaliste privilégiant le sensationnel à l'information, la décadence de notre société à travers notamment le voyeurisme télévisuel etc. Il y a du matériel à exploiter et j'aime ça.
Au premier abord, j'étais un peu déçu de sa façon de traiter le sujet de l'humour. C'était un peu surfacique, un peu facile, peu intéressant. Une nouvelle fois, je suis content que m'être fourvoyé, l'aspect scientifique de l'humour et du rire m'a fasciné. Bernard Werber a une nouvelle fois fait un travail d'investigation énorme, je tire mon chapeau.

Parlons maintenant des personnages. Comme dans l'Ultime Secret et le Père de nos Pères, Lucrèce et Isidore sont à l'honneur.
La première m'a semblé d'emblée très caricaturale : femme blessée qui transfert son mal dans le sadisme et les réparties piquantes. Sa vie sociale, à l'image de sa sexualité, est totalement chaotique. Bref, un personnage dur à suivre! A l'instar du roman, elle devient surprenante pour le lecteur en révélant ses failles, ses douleurs.
Isidore incarne l'intellectuel blessé dans son orgueil. Il est totalement blasé et n'a plus le goût de rien si ce n'est blesser ses interlocuteurs. Néanmoins, on le voit assez mystérieux, il cache une partie de son jeu et se révèle au lecteur au fil du roman.
Ce duo fonctionne bien, les réparties sont savoureuses, tout ce que j'aime.

Côté style, au début, je ne reconnaissais pas Werber. C'était plus ou moins brouillon, je n'accrochais pas du tout ce qui ne c'est jamais produit. Par la suite, j'ai retrouvé ce que j'aime chez cet auteur. Je ne pourrai décrire sa façon d'amener ses histoires. On aime ou on aime pas mais personnellement, j'adore.

Un nouveau Werber de lu et c'est toujours avec réel plaisir que j'ouvre ses romans. Sans doute pas le meilleur mais rien ne sert de comparer les bonnes choses. Je ne peux que vous encourager à ouvrir ce livre auquel j'attribue la note de 16/20

mercredi 26 mai 2010

L'Arbre des Possibles Histoires et Autres de Bernard Werber


Résumé : Un recueil d’histoires courtes qui présentent toutes une hypothèse poussée à son extrême.
Et s’il existait une école pour que les jeunes dieux apprennent à créer des sociétés humaines ? (L’école des jeunes dieux)
Comment fonctionnerait un monde où les nombres seraient à la base de tous les savoirs ? (Le mystère des chiffres)
Et si une météorite tombait sur le jardin du Luxembourg ? (Fragrance)
Une main gauche peut-elle faire sécession ? (Je de main)
Serait-il possible à l’humanité d’éviter les catastrophes ? (L’arbre des possibles)

Amusantes, imaginatives ou extravagantes, ces nouvelles explorent les univers chers à Bernard Werber.

Mon Avis : Loin d'être un genre que j'affectionne, la nouvelle est un registre que j'évite la plupart du temps car je n'ai pas l'impression d'avoir suffisamment de temps pour m'imprégner du récit et des personnages. Cependant, je me suis fixé pour objectif de lire tous les Werber, auteur que j'affectionne tout particulièrement par son style et toutes les pistes de réflexion qu'il nous partage.

Bien entendu ma flémingite aiguë m'entrave pour critiquer une à une ces nouvelles mais je vais tenter de dresser un bilan général. Il faut dire avant tout que je n'en suis pas à mon premier recueil de nouvelles de cet auteur ayant lu à sa sortie Paradis sur Mesure. J'ai trouvé ce dernier en dessous de celui que je viens de terminer, beaucoup moins régulier en tout cas. Pour l'avoir lu en moins d'une journée, c'est sans conteste que l'envie de lire une nouvelle après avoir terminé la précédente me tenaillait.

Comme je le disais précédemment, Werber aime que ses lecteurs voient plus loin que ce qu'il écrit. Il cherche tout le temps à nous faire réfléchir sur des sujets variés souvent orientés vers le futur. C'est en général là que prennent place ses récits et on le voit une nouvelle fois dans ce recueil. Ainsi on pourra avoir un aperçu de ce que serait notre vie si le Soleil cessait de briller (Noir) ou encore un monde où les gadgets seraient devenus omniprésents (Un Monde Trop Bien pour Moi). Quand on ne se projette pas dans un potentiel mais peu probable futur, on touche le surnaturel avec notamment un homme dont la main gauche entre en rébellion (Je De Main) ou un autre qui devient malencontreusement invisible (Transparence). Werber s'attaque aussi avec brio à certains faits de société tel que le vieillissement de la population en imaginant qu'on retire tous les droits aux personnes âgées allant jusqu'à l'affrontement.

On peut remarquer que deux de ses nouvelles ont par la suite donné naissance à des romans à savoir L'Ecole des Jeunes Dieux entrainant le cycle des Dieux et Apprenons à les Aimer, germe de Nos Amis les Humains.

J'ai globalement aimé toutes les nouvelles mais j'ai particulièrement aimé deux nouvelles : Vacances à Montfaucon où l'on est capable de partir e voyage... dans le passé mais surtout Du Pain et des Jeux où le football a accru sa réputation dans le monde jusqu'à devenir le premier moyen diplomatique. On accroit le terrain, le nombre de joueurs, on y ajoute des obstacles jusqu'à devenir une réelle mise en scène épique. Je ne suis pas un grand amateur de sport mais je l'ai trouvé très bien pensée et intense. un peu de développement m'aurait bien plu, j'avais l'impression de me retrouver dans une sorte de Hunger Games.

Pour conclure, on ne peut pas dire que ce livre m'ait réconcilié avec les nouvelles mais j'ai vraiment apprécié la qualité de ce recueil. Comme toujours, je déconseillerais cet auteur à tous les lecteurs qui aiment lire au premier degré. Ses ouvrages nécessitent de prendre un peu de recul, des petites pauses pour réfléchir. Il faut aimer se projeter et se triturer légèrement l'esprit. A lire pour tous les amateurs de l'auteur, c'est avec un 15/20 que j'en termine.

dimanche 21 février 2010

Le miroir de Cassandre de Bernard Werber


miroir-de-cassandre

Résumé : Et vous, que feriez-vous si vous vouliez voir le futur et que personne ne vous croie ?


Mon avis : Je me rappelle dans mon enfance une expérience à laquelle je m'adonnais dans mes délires de « super-héros » : j'avais un petit miroir que je faisais refléter dans une grande glace. Avec les réflexions multiples, cela faisait comme un tunnel sans fin, je m'imaginais alors un monde parallèle que je pourrais rejoindre par ce tunnel ou bien un voyage dans le temps... Un peu comme Werber et sa futurologie. Comme d'habitude, Werber mélange avec facilité déconcertante dans ce livre de nombreux domaines : la science, la philosophie, la sociologie, mythologie... Cependant, il ne s'est pas contenté de « faire du Werber »...



Dans ses autres livres, le personnage principal est souvent quelqu'un de relativement simple, un caractère affirmé et une personnalité bien décrite mais sans aucune extravagance. Or, l'histoire démarre en présence d'une jeune fille de dix-sept ans n'ayant aucune souvenir de son enfance jusqu'à la mort de ses parents. Scolarisée dans un pensionnat, elle s'y enfuit en s'attaquant à son proviseur et devient... une fugueuse qui va ensuite évoluer dans un monde de crasse, d'ordure ou encore de délinquance : celui de la rue. Bien qu'elle soit une enfant prodige, une malédiction se dresse autour d'elle en rapport à son prénom. Elle partage en effet son prénom avec celui d'une femme, dans la mythologie grecque, qui fut comdamné à voir le futur sans jamais être crue. Son don qui devint malédiction lui fût donné par Apollon qui en échange réclamait son corps mais celle-ci s'y refusa. Elle avait notamment prédit la venue des Grecques dans la cité de Troie.



En cette période de crise, Werber nous décrit un monde dans une futur proche où tout est noir. Il n'y a plus de place pour la liberté, ceux qui s'en sortent sont considérés comme un « troupeau de lemmings » se dirigeant vers la « falaise » sans savoir qu'ils courent tous vers leur suicide. Aucun personnage n'est épanoui : ils ont tous raté un passage de leur vie et rejettent la faute sur les autres en vivant dans l'anarchie absolue.



Personne ne sait ce que son avenir lui réserve mais ce roman nous met en présence d'une réalité que tout le monde semble ne pas voir ou fuir : le monde change, trop vite à mon goût, mais surtout pas d'une bonne manière. C'est ce que renferme ce livre : il n'y a pas que des personnes qui réussissent , il n'y a pas que de gens chanceux, il n'y a pas que des gens heureux, il y a cependant ceux qui ont conscience que la terre tourne... dans le sens inverse.



J'ai eu beaucoup de mal à cerner là où Werber voulait nous emmener, je ne le sais toujours pas très bien d'ailleurs... Peut-être veut il « surfer » sur la vague écologique, peut-être est-il résigné quand il se penche sur l'évolution de notre planète ou peut-être nous adresse-t-il un message pour nous faire réagir. Je n'en ai aucune idée mais je vous recommande ce livre pas pour son incroyable histoire mais pour son message profond. Lire est une bonne chose pour s'évader l'esprit mais certains comme celui-ci doivent nous rappeler que nous avons un devoir envers nos prochains. Comme le disait si joliment Saint-Exupéry : « on n'hérite pas de la terre de nos parents, on l'emprunte à nos enfants ». Comme j'ai jusqu'ici mis une note à chacun de mes livres, j'attribue la note de 16/20 sachant qu'il est très difficile de juger ce livre.

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