jeudi 18 novembre 2010

Le Pacte des Marchombres, tome 2, L'Envol de Pierre Bottero


Résumé : " Ses longs cheveux noirs tombant en rideau devant son visage, son attitude, position de combat ou figure de danse, l'énergie qui se dégageait d'elle... La fille n'était plus une fille. C'était un oiseau. Prêt à l'envol. "

Mon Avis : Après ma découverte de Pierre Bottero lors du premier tome, j'avais une hâte indescriptible de retrouver sa plume magique mais j'ai choisi de faire durer le suspens... Il y a des moments qu'on souhaite savourer, qu'on angoisse à l'idée d'approcher les dernières secondes tellement qu'on ne veut pas ressortir de ce plaisir intense... C'est exactement l'effet que cela me faisait pendant cette rapide lecture. Je voulais continuer à faire défiler les pages, rester plongé dans ce monde féérique. Vous l'aurez deviné, j'en suis ressorti grisé.

Contrairement au premier volume totalement orienté sur sa formation son parcours pour devenir une Marchombre, celui-ci est en partie tourné vers l'achèvement de son parcours initiatique et en partie vers ses premières missions. J'ai senti une progression plus adulte dans l'ambiance tout à fait en concordance avec la maturité grandissante d'Ellana.
J'adore totalement l'univers construit par Bottero. Il reste assez simple mais tout ce qui s'en dégage donne envie de s'y plonger, de partager l'aventure des héros et de mener la guerre.
Outre l'univers envoutant, l'histoire en elle-même est vraiment palpitante : on va de rebondissements en rebondissements, le rythme est intense et les pages défilent sans effort.
Ce que j'aime particulièrement est que Bottero a réussi à créer un univers orienté jeunesse qui reste incroyable à découvrir pour les adultes. Nous, nous pouvons comprendre certaines suggestions, notamment sur l'amour alors que les enfants passeront à côté sans que cela perturbe quoi que ce soit. Tout simplement admirable.

Déjà dans le premier tome, j'avais énormément aimé le personnage d'Ellana : c'est une battante née mais elle n'est pas parfaite, elle a ses doutes, ses faiblesses. Elle m'a beaucoup touché car il est vrai que dans ce tome, elle n'est pas épargnée tant sur sa personne que sur les personnes qu'elle perd. Elle prend aussi beaucoup de maturité au fil des pages et ses capacités n'en sont que plus impressionnantes. Une héroïne comme je les aime, pas surfaite, juste entière.
Dans les personnages secondaires, nous avons toujours Jilano, son mentor, un maitre Marchombre qui, avec quelques répliques simples, impose son charisme et sa personnalité. C'est ce que je trouve respectable avec Bottero : avec peu de mots, peu de répliques, on a cerné les personnages.
On retrouve aussi Nillem, égal à lui-même, assez centré sur ça personne, ambitieux... L'évolution de ce protagoniste entraine celle de sa relation avec Ellana, très intéressant à suivre.
Il y a de plus quelques nouveaux personnages mais je préfère ne rien dire car les découvrir entièrement est encore mieux.

Du point de vue du style... c'est tout bonnement la perfection... Son écriture est majestueuse, emprunte d'une rare magie qui nous envoute du début à la fin. Il réussit à rendre l'ensemble accessible aux plus jeunes tout en préservant le charme pour les autres. Par conséquent, je n'ai jamais vraiment ressenti l'aspect Jeunesse qui peut rebuter et ça, même Rowling n'y arrive pas toujours selon moi...
La vie nous a enlevé un écrivain d'exception qui aurait pu encore plus marquer son temps voire les générations futures, tout simplement dommage...

Il est très rare qu'un livre adressé à un jeune public me plaise et me marque autant. Je le considère dorénavant comme une référence du genre. J'ai cherché des bémols pour rendre cette critique crédible mais je n'ai pas trouvé... Il me manque un peit quelque chose pour le considérer comme un chef-d'œuvre, peut-être le faible nombre de pages.. N'attendez plus, lisez cette saga!! Je lui attribue donc un 19/20.

mercredi 17 novembre 2010

La Nostalgie de l'Ange d'Alice Sebold


Résumé : Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie.
Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. " Mon prof préféré était celui de sciences naturelles, Mr. Botte, qui aimait faire danser les grenouilles et les écrevisses à disséquer dans leur bocal paraffiné, comme pour leur rendre vie. Ce n'est pas Mr. Botte qui m'a tuée, au fait. Et ne vous imaginez pas que tous ceux que vous allez croiser ici sont suspects. C'est bien ça le problème. On n'est jamais sûr de rien...
C'est un voisin qui m'a tuée. " Susie est au Ciel, et pourtant son aventure ne fait que commencer...

Mon Avis : Avec la sortie du film dans le courant de l'hiver dernier ajouté au fait que beaucoup de mes comparses lecteurs l'avaient lus, La Nostalgie de l'Ange est un livre dont j'entendais beaucoup parlé. J'ai essayé d'avoir aucun apriori avant de le commencer. Il faut dire que j'avais entendu autant de profondes éloges que de critiques amers... Malheureusement, je rejoins la deuxième catégorie de ces lecteurs...

La première raison qui m'a fait quasiment détesté ce livre est la profusion de voyeurisme et de tentatives d'accroches larmoyantes. Pour tout dire, j'avais l'impression d'être confronté à un article du Voici du crime : Le Nouveau Détective. En effet, on fait du meurtrier de Susie un horrible monstre pratiquant tous les crimes affreux que l'ont peut voir : pédophilie, nécrophilie, découpe de corps etc. Bref, je ne lis pas pour ça, pas pour me rappeler qu'il y a des abominations sur notre planète... Je ne pense pas qu'il y avait besoin de tout ça.
Sur le deuxième point que j'ai évoqué, je suis de nature à ne pas aimer qu'on m'impose des sentiments de compassion voire de pitié, je préfère qu'on les exprime de manière quasi implicite, qu'on ne dise pas au lecteur : "maintenant, c'est triste, soit ému...". On a trop souvent tendance dans la société actuelle à générer du "business larmoyant" et j'en ai profondemment horreur. Je n'avais jamais ressenti ça dans un livre et j'espère que ce ne sera plus le cas.

La deuxième raison est la confusion générale de l'intrigue. Flashbacks, ellipses narratives et j'en passe, l'auteure ne facilite en rien l'imprégnation du récit. Par exemple, au début du roman, la narratrice, Susie, nous raconte à la fois, sans transition, le déroulement de son meurtre, ce qu'elle voit du paradis et des bribes de souvenirs quand elle était vivante... Aussi il m'arrivait très souvent de laisser mon esprit vagabonder n'ayant jamais vraiment réussi à prendre mes repères. Cela continue tout le récit, je n'ai ainsi jamais pu vraiment m'y intégrer.
Certains passages m'ont semblés hors sujet ou du moins, particulièrement inintéressants. J'ai beaucoup aimé le fait que Susie observe son meurtrier, elle pouvait alors nous parler de ce qu'il faisait et de son passé mais en contrepartie, on a su dès le début qui il était donc on perd l'intérêt de suivre l'enquête.... J'ai beaucoup apprécié aussi qu'on analyse le deuil de chaque membre de la famille, c'est amené de manière plutôt réaliste : le renferment sur soi-même, le dénie, l'adultère pour compenser etc. Mais par contre, ce fut un déplorable ennui de parler de ce que faisaient les "vivants" lorsque ça n'avait aucun rapport avec la narratrice.

J'ai été assez attendri par la narratrice même si je trouvais que son discours n'était pas en adéquation avec son âge. Elle analyse ce qu'elle voit de son paradis, se livrant sans pudeur à nous. Elle dit en toute franchise ce qu'elle pense de chaque membre de sa famille.
J'ai aussi beaucoup aimé le père qui sombre à petit feu dans le désarrois, se raccrochant à des chimères et à ses enfants encore en vie qu'il chérie. Lindsey, sa sœur, m'a impressionné par sa force de caractère face aux événements et Grand-Mère Lynn m'a bien fait rire dans le rôle de la mamie alcoolique à tendance hystérique. La mère et Buckley étaient quant à eux plus en retrait et les autres personnages secondaires n'ont pas éveillé mon intérêt.

L'écriture d'Alice Sebold est le point fort de ce roman. C'est très souple, fluide et emprunt de sentiments, un peu trop à mon gout quand même. Par contre, la mise en place de l'histoire est très mal faite, ça part dans tous les sens et on se demande jusqu'à la fin où on va...

Vous l'aurez compris, ce livre m'a marqué mais dans le mauvais sens du terme... Une surdose sentimentale ajoutée à un fouillis incommensurable ont condamné ma perception de l'histoire qui, malgré quelques bons points, ne m'aura jamais embarquée... Je lui donne donc un 09/20

Bilan du Challenge Juste Pour Lire, 1ere Edition

Après le RAT, une idée a émergé sur le suivi lecture de Mycoton32 qui consistait à faire un genre de RAT mais en plus libre, avec d'autres composantes et c'est ainsi qu'elle a créé le Challenge Juste Pour Lire dont voici le sujet initial :

Bonjour à tous!

Comme promis, je lance le nouveau challenge dont nous avions déjà discuté.
Le nom de ce challenge est "Juste Pour Lire". Merci à tous ceux qui ont proposé une idée de nom et à ceux qui ont votés bien entendu.
Le but principal est de lire sur un temps donné. Chacun bien évidemment le faisant selon son envie et ses moyens. Les mots d'ordre sont "plaisir" et "convivialité"!

L'idée originale est tirée du RAT (Read A Thon, marathon de lecture de 12 ou 24h) dont voici le blog et auquel j'ai participé. Merci Virginie pour l'organisation et pour ta compréhension.

Pour cette première session, voici les "règles" :
1 - s'amuser (ben oui, c'est la plus importante celle-là)
2 - choisir une durée entre 3h - 6h - 9h ou 12h non stop (voire plus si vous êtes motivés)
3 - vous pouvez faire plusieurs petits défis puisque
4 - cela commence le samedi 30/10 et se finira le 14/11 (15 jours pour que chacun trouve ce qui lui convient, le rythme, la période, les lectures...)
5 - voici les 3 thèmes pour cette session : "Classique" - "Fantasy" - "Libre" (le but étant d'en choisir un et de le "respecter" pendant la durée choisi, le libre étant un mélange de ce que vous voulez!)

Par la suite, je pensais faire un défi de ce genre tous les deux mois (ou 3, selon ce qu'il en ressortira) en choisissant une semaine entière pour que ceux qui ne peuvent pas lire pendant le weekend puissent tout de même "participer"!

Bien sûr, aucune obligation de quelque sorte que ce soit, faites vous plaisir (et puis si ça peut faire baisser les PAL, tant mieux!! Surtout à l'approche des fêtes...).

Pour le logo, je cherche toujours mais ça arrivera très vite!!

Bien entendu, les personnes souhaitant faire des remarques ou apporter des améliorations peuvent me le signaler! Je ne mord pas (pas encore, Edward refuse toujours de me transformer...)!

Je ne m'étais pas lancé dans le RAT par peur de viser trop haut sachant que j'ai du mal à lire plus de deux heures d'affilée mais avec ce challenge, j'ai pu me tester et en fait, c'est très agréable de lire si longtemps.

Voici donc mon Bilan de quatre sessions :
Session 1 : 3h, catégorie Fantasy, deuxième moitié du Pacte des Marchombres, tome 2, L'envol de Pierre Bottero ainsi qu'une quarantaine de pages de Fils-des-Brumes, tome 1, L'Empire Ultime tout en regardant le film Jennifer's Body.

Session 2 : 3h, catégorie Fantasy, soixantaine de pages du premier Fils-des-Brumes ainsi que le premier tiers de la Quête d'Ewilan, tome 1, d'un Monde à l'Autre.

Session 3 : 3h, catégorie Fantasy, Fin du premier La Quête d'Ewilan tout en regardant des épisodes de Stargate SG1.

Session 4 : 3h, catégorie libre avec encore une soixantaine de pages de Fils-des-Brumes ainsi qu'un bon tiers d'Anita Balke, tome 2, le Cadavre Rieur.
Mon objectif pour la prochaine fois sera de lire 6h d'affilée.

vendredi 12 novembre 2010

Anita Blake, tome 2, Le Cadavre Rieur


Résumé : Savez-vous ce que c'est qu'une "chèvre blanche"? Eh bien, en jargon vaudou, c'est un doux euphémisme pour désigner la victime d'un sacrifice humain. Et quand ces types sont venus me demander de relever un mort de deux cents ans et des poussières, j'ai tout de suite compris ce que ça impliquait. Je veux bien égorger des poulets, un mouton, voire un buffle dans les cas désespérés... mais ça, non! Pas question... Mais je les ai envoyés promener, eux et leur chèque d'un million de dollars. L'ennui, c'est que tout le monde n'a pas mon sens moral. Que ces salauds vont bien dégoter quelqu'un pour faire le boulot. Qu'on va se retrouver avec un mort-vivant raide dingue, tout sauf végétarien, et semant la panique. Et que c'est encore la petite Anita qui va devoir se le coltiner! Comme si je n'avais pas déjà assez de problèmes avec les vampires...

Mon Avis : Je continue dans le genre Bit Lit avec l'une des séries les moins convaincantes si l'on s'en tient au premier tome. Trop survolé à mon gout, j'attendais de ce second volet une meilleur construction, un univers plus dense. Sans être une révélation, j'ai bien plus apprécié .

L'univers, gros point faible du premier tome car rien n'est développé, prend de la consistance dès le début. En effet, Anita, héroïne narratrice, prend le temps de nous parler du milieu surnaturel que ce soit sur les réanimateurs ou les autres. Le vaudou est au cœur de l'histoire et nous permet, à travers plusieurs nouveaux personnages, de mieux comprendre le don d'Anita. On se rend compte que son potentiel est bien plus élevé que de relever pour quelques instants un mort.

L'histoire du précédent tome ne m'avait pas transcendée et malheureusement... celle-ci non plus. En fait, le problème principal est la construction : pour un livre si court (moins de quatre cents pages) il n'y a pas moins de quatre intrigues. On alterne chaque partie de l'histoire si bien qu'on a du mal à s'intéresser à une seule. Il faut attendre les derniers instants pour trouver un lien entre elles mais même si je fus surpris par une fin rocambolesque comportant des rebondissements que je n'avais pas vus venir, cela n'a pas réussi à compenser la mauvaise mise en place.
Je me suis aussi rendu compte que dans ces univers bit-lit qui se ressemblaient plus ou moins, mon affection allait beaucoup aux vampires... Contrairement au premier, on n'en voit que très peu. Les zombies prennent le relai et je dois dire que je n'en suis pas particulièrement fan...
Sans vouloir être trop sévère, il faut reconnaitre qu'il y a mieux. Ceci dit, j'ai parcouru les pages avec facilité et engouement jusqu'à le finir en me disant que j'avais passé un bon moment.

Dès le premier tome, j'avais adhéré à la personnalité et au caractère d'Anita. Bien qu'encore une fois, ça n'a rien de novateur, Anita réagit avec autorité et aplomb quand elle affronte le danger. Elle fonce tête baissée et a une fâcheuse tendance à se faire blesser à chaque altercation. Elle me rappelle une certaine Buffy Summers...
Le seul détail qui m'a plus ou moins agacé pendant ce tome était ses échanges houleux avec le maitre vampire Jean-Claude : c'était toujours emprunt d'agressivité et les sujets étaient redondants...
On le voit peu mais je n'arrive pas à accrocher avec son comportement et à ses tentatives de charme que je trouve un peu ridicule. Pour le moment, je n'accroche pas du tout à la manière dont l'auteure amène la séduction...
Sinon, les autres personnages secondaires ne sont pas extraordinaires. Seuls les ennemis de ce tome ont éveillé ma curiosité particulièrement la prêtresse vaudou, Dominga, très crédible en tant que vieille sorcière effrayante et Gaynor, homme d'affaire richissime qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il désire.

Côté écriture, sans être de la prose admirable, ça se lit particulièrement bien avec un rythme qui repousse l'ennui. Le seul gros reproche que je pourrais faire réside dans les descriptions des personnages. C'est très souvent du genre "elle mesure 1m65 et est blonde aux yeux bleus", ni plus, ni moins. Pour un roman censé être abouti, c'est plus que léger car je trouve très important d'avoir assez d'éléments pour s'imaginer les personnages. Cela revient à regarder un film où l'on comprend ce qu'il se passe sans toutefois voir le visage des personnages... Troublant non?

Pour conclure, je dirais que je ne suis toujours pas convaincu. J'en demande encore plus bien que ce tome a su me faire passer un bon moment. Il faudra que certains détails, surtout la construction de l'intrigue, soient gommés. Je donne donc un 14/20.


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