Résumé : Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés.Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l'usurpateur qui règne d'une main de fer sur les duchés de l'intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d'autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d'Artiseurs. L'art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l'implacable soif de pouvoir de Royal. Royal l'assassin parviendra-t-il à retrouver la paix dans les bras de son Aimée et de leur fille ?
Mon avis : Cette saga est souvent reconnus de tous comme l'une des meilleurs en terme de Fantasy. Je fais néanmoins parti des sceptiques sur le sujet. En effet, selon moi, les tomes sont trop inégaux dans le sens où je me suis ennuyé sur certains (tomes 2 4 et 5) alors que j'ai adoré les autres (1 et 3). Je suis au courant que le découpage français est à mettre en cause mais il y a trop de longueurs, un cruel manque d'action à certains moments, des situations redondantes etc.
Cependant, je dois dire que ce sixième et ultime tome de la première partie de la saga rejoint ceux que j'ai adorés et j'irai même plus loin : c'est un gigantesque coup de cœur.
Partons de l'histoire. Lorsque je parlais de déception, c'est surtout que mes attentes étaient grandes après un tome trois tout simplement exceptionnel. Les deux suivants m'ont moins plus car je n'ai pas retrouvé le rythme effréné et les rebondissements non pressentis du troisième. Cependant, dès les premières pages de celui-ci, j'ai compris que je resterai pas sur cette "mauvaise" impression.
Bien que je déplore quelques passages plutôt lents qui auraient pu être plus concis, je dois dire que vu la qualité de l'ensemble, ces quelques défauts semblent bien minimes. En effet, les pages défilent et on comprend pourquoi tout a pris autant de temps à se mettre en place : les personnages se révèlent, les rebondissements se succèdent etc. Tout comme dans le troisième tome, je n'ai rien pu anticiper et au final, j'étais complètement soufflé, ébahi...
Cela m'a rappelé mon état d'esprit lorsque je suis ressorti de ma lecture du premier tome de Fils-des-Brumes sans doute par le côté politique beaucoup plus abouti. Il est très difficile de parler de l'histoire de cette fin de saga sans en révéler trop. Cependant, rien que par ce "dernier" tome (première partie de la saga), je peux dire qu'il vaut mieux la considérer dans son ensemble ce qui implique un conseil : essayez dans la mesure du possible de lire les tomes 1, 2 et 3 de manière rapprochée puis, de même, les tomes 4, 5 et 6.
Une histoire aux rebondissements incroyables et un dénouement de saga qui m'a laissé sans voix.
J'ai toujours reproché quelques détails dans L'Assassin Royal au point de vue des personnages : des relations entre les personnages parfois peu crédibles et une focalisation sur les états d'âme de Fitz trop poussée.
Sur le premier point, je n'ai rien ressenti de tel à part entre Fitz et Astérie où je n'ai pas toujours saisi les transitions dans leur appréciation réciproque. C'est d'ailleurs l'une des forces de ce tome : les personnages nous font passer des rires aux larmes avec des passages où l'émotion l'emportait sur le reste. Fitz, après ses multiples déboires, a gagné en maturité et c'est sans doute ce qui rend plus plausible ses relations avec les autres protagonistes.
Sur le second point, je dirais simplement que le peu de longueurs repérées dans ce tome sont dues à cette volonté de l'auteur de nous décrire le moindre sentiment de son héros mais ce qu'il y a autour est tellement beau que ces détails s'estompent.
L'Assassin Royal fait partie de ses sagas où le héros n'est pas mon protagoniste préféré. En effet, même si Fitz est appréciable (encore plus depuis qu'il est adulte), le Fou reste le personnage qui m'aura le plus marqué dans ces six tomes. Pour être tout à fait honnête, c'est sans doute le personnage le plus mystérieux et intéressant que j'ai rencontré jusqu'à présent dans mes aventures littéraires. Outre le Fou, certains dévoilent leur personnalité et encore une fois, je suis parfois resté bouche bée. Seule Astérie n'aura jamais réussi à éveiller mon attention...
Des protagonistes aboutis qui réservent de nombreuses surprises, une apothéose en terme de psychologie des personnages est à souligner.
Je ne vais pas m'éterniser sur le style car je risquerai de radoter... C'est beau, c'est magique, c'est envoutant... Seul bémol : Robin Hobb a toujours la fâcheuse manie de décrire le moindre sentiment de son héros. Cela renvoie souvent un aspect de redondance mais dans ce tome, c'est l'action et les surprises qui priment et personnellement, c'est ce que je souhaitais depuis le troisième...
A part quelques descriptions psychologiques trop longue, la plume de Robin Hobb est tout simplement magique.
Je n'ai pas vraiment les mots pour décrire tous les ressentis par lesquels je suis passé pendant cette lecture. Tout simplement, je dirais que Robin Hobb a atteint un sommet incroyable avec ce tome qui rassemble tous les ingrédients que j'aime en Fantasy. Je m'incline devant le talent de cette auteure et même si je trouve toujours des points négatifs, la qualité de l'ensemble est bien au-delà des mots. Je ne vais pas parler cette fois d'un "agréable moment de lecture" ou d'un "coup de coeur" mais littéralement d'un chef-d'œuvre. Une saga qui mérite qu'on s'y intéresse : c'est donc un tome que je noterais (en toute humilité) avec un 19/20 et bien entendu, je poursuivrai prochainement avec les Aventuriers de la Mer.



