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mardi 18 janvier 2011

L'Assassin Royal, Tome 6, La Reine Solitaire de Robin Hobb

Résumé : Voici donc la fin de la route pour Fitz Chevalerie, et tous les chemins de sa vie semblent aboutir au même endroit : dans cette région désolée au-delà du Royaume des montagnes où vivaient les Anciens, dont le retour devrait sauver les Six Duchés.
Mais si Vérité, le roi légitime, fils de Subtil Loinvoyant, espère le soutien des anciens pour sauver son royaume de la terrible vengeance outrilienne, son frère, Royal, l'usurpateur qui règne d'une main de fer sur les duchés de l'intérieur abandonnant les duchés côtiers aux exactions des pirates rouges, a d'autres plans pour la réalisation desquels il a formé de nombreux clans d'Artiseurs. L'art imparfait de Fitz suffira-t-il à sauver la situation et pourra-t-il sauver son Roi et sa Reine de l'implacable soif de pouvoir de Royal. Royal l'assassin parviendra-t-il à retrouver la paix dans les bras de son Aimée et de leur fille ?

Mon avis : Cette saga est souvent reconnus de tous comme l'une des meilleurs en terme de Fantasy. Je fais néanmoins parti des sceptiques sur le sujet. En effet, selon moi, les tomes sont trop inégaux dans le sens où je me suis ennuyé sur certains (tomes 2 4 et 5) alors que j'ai adoré les autres (1 et 3). Je suis au courant que le découpage français est à mettre en cause mais il y a trop de longueurs, un cruel manque d'action à certains moments, des situations redondantes etc.
Cependant, je dois dire que ce sixième et ultime tome de la première partie de la saga rejoint ceux que j'ai adorés et j'irai même plus loin : c'est un gigantesque coup de cœur.

Partons de l'histoire. Lorsque je parlais de déception, c'est surtout que mes attentes étaient grandes après un tome trois tout simplement exceptionnel. Les deux suivants m'ont moins plus car je n'ai pas retrouvé le rythme effréné et les rebondissements non pressentis du troisième. Cependant, dès les premières pages de celui-ci, j'ai compris que je resterai pas sur cette "mauvaise" impression.
Bien que je déplore quelques passages plutôt lents qui auraient pu être plus concis, je dois dire que vu la qualité de l'ensemble, ces quelques défauts semblent bien minimes. En effet, les pages défilent et on comprend pourquoi tout a pris autant de temps à se mettre en place : les personnages se révèlent, les rebondissements se succèdent etc. Tout comme dans le troisième tome, je n'ai rien pu anticiper et au final, j'étais complètement soufflé, ébahi...
Cela m'a rappelé mon état d'esprit lorsque je suis ressorti de ma lecture du premier tome de Fils-des-Brumes sans doute par le côté politique beaucoup plus abouti. Il est très difficile de parler de l'histoire de cette fin de saga sans en révéler trop. Cependant, rien que par ce "dernier" tome (première partie de la saga), je peux dire qu'il vaut mieux la considérer dans son ensemble ce qui implique un conseil : essayez dans la mesure du possible de lire les tomes 1, 2 et 3 de manière rapprochée puis, de même, les tomes 4, 5 et 6.
Une histoire aux rebondissements incroyables et un dénouement de saga qui m'a laissé sans voix.

J'ai toujours reproché quelques détails dans L'Assassin Royal au point de vue des personnages : des relations entre les personnages parfois peu crédibles et une focalisation sur les états d'âme de Fitz trop poussée.
Sur le premier point, je n'ai rien ressenti de tel à part entre Fitz et Astérie où je n'ai pas toujours saisi les transitions dans leur appréciation réciproque. C'est d'ailleurs l'une des forces de ce tome : les personnages nous font passer des rires aux larmes avec des passages où l'émotion l'emportait sur le reste. Fitz, après ses multiples déboires, a gagné en maturité et c'est sans doute ce qui rend plus plausible ses relations avec les autres protagonistes.
Sur le second point, je dirais simplement que le peu de longueurs repérées dans ce tome sont dues à cette volonté de l'auteur de nous décrire le moindre sentiment de son héros mais ce qu'il y a autour est tellement beau que ces détails s'estompent.
L'Assassin Royal fait partie de ses sagas où le héros n'est pas mon protagoniste préféré. En effet, même si Fitz est appréciable (encore plus depuis qu'il est adulte), le Fou reste le personnage qui m'aura le plus marqué dans ces six tomes. Pour être tout à fait honnête, c'est sans doute le personnage le plus mystérieux et intéressant que j'ai rencontré jusqu'à présent dans mes aventures littéraires. Outre le Fou, certains dévoilent leur personnalité et encore une fois, je suis parfois resté bouche bée. Seule Astérie n'aura jamais réussi à éveiller mon attention...
Des protagonistes aboutis qui réservent de nombreuses surprises, une apothéose en terme de psychologie des personnages est à souligner.

Je ne vais pas m'éterniser sur le style car je risquerai de radoter... C'est beau, c'est magique, c'est envoutant... Seul bémol : Robin Hobb a toujours la fâcheuse manie de décrire le moindre sentiment de son héros. Cela renvoie souvent un aspect de redondance mais dans ce tome, c'est l'action et les surprises qui priment et personnellement, c'est ce que je souhaitais depuis le troisième...
A part quelques descriptions psychologiques trop longue, la plume de Robin Hobb est tout simplement magique.

Je n'ai pas vraiment les mots pour décrire tous les ressentis par lesquels je suis passé pendant cette lecture. Tout simplement, je dirais que Robin Hobb a atteint un sommet incroyable avec ce tome qui rassemble tous les ingrédients que j'aime en Fantasy. Je m'incline devant le talent de cette auteure et même si je trouve toujours des points négatifs, la qualité de l'ensemble est bien au-delà des mots. Je ne vais pas parler cette fois d'un "agréable moment de lecture" ou d'un "coup de coeur" mais littéralement d'un chef-d'œuvre. Une saga qui mérite qu'on s'y intéresse : c'est donc un tome que je noterais (en toute humilité) avec un 19/20 et bien entendu, je poursuivrai prochainement avec les Aventuriers de la Mer.

mardi 13 juillet 2010

L'Assassin Royal, tome 5, La Voie Magique

Résumé : Le roi Vérité est vivant ! Il a imposé une ultime mission à Fitz : "Rejoins-moi ! Loin sur les sentiers mystérieux de l'Art, au-delà du royaume des montagnes, le jeune homme se met en quête pour répondre à l'appel de son souverain affaibli. Mais il reste seul, pourchassé par les forces de Royal, l'usurpateur, et sans possibilité de compter sur ses propres alliés, qui le manipulent comme un simple pion. Or d'autres forces sont en marche... Dans son périple, Fitz va en effet se voir révéler son véritable statut : c'est par lui que s'accomplira, ou sera réduit à néant, le destin du royaume des Six-Duchés, et c'est là une charge bien lourde à porter quand on est traqué par ses ennemis, trahi par ses proches, et affaibli par la magie...

Mon Avis : Sans conteste l'une des sagas Fantasy les plus réputées et lues de par le monde, il fallait que je lui fasse honneur étant fan du genre. Ce que j'aime dans la Fantasy c'est cette ambiance moyenâgeuse, cette magie, ces paysages colorés, ces héros valeureux... Je ne considère pas cette saga comme le must du genre justement à cause d'un manque de magie et d'action trop rare.

C'est justement LE gros point faible que je retrouve depuis deux tomes dans cette saga : il ne se passe pas grand chose. Pour tout dire, un résumé de ce tome pourrait tenir en une page. Certes, on rencontre de nouveaux protagonistes, on se retrouve dans de nouvelles contrées mais Fitz ne revoit pas Royal, on n'a que peu de nouvelles de Vérité toujours plongé dans le grand froid. Il n'y a surtout peu de combat et des éternelles descriptions qui durent provoquant une chape soporifique autour du lecteur...
Bien entendu, Royal lui courre toujours après et souhaite impérativement sa mort car il menace toujours son règne. C'est avec l'aide de Ronce que le Roi mène sa chasse derrière notre héros...
En fait, il aurait fallu lire la version selon la parution anglaise où ce tome est relié avec le 4 et le 6 car c'est vrai qu'on a un sentiment que ce n'est ni le début ni la fin d'un roman, on en termine dans un dénouement qui n'en est pas un. Donc avant d'être vraiment déçu par cette saga, du moins sur ces deux derniers opus, j'attendrai de lire le dernier de cette première partie de saga.

Ce tome est avant tout orienté sur le changement des personnages après tous les événements. Fitz, après être devenu père, acquiert de la maturité et semble prendre beaucoup plus de recul sur ses actes. Plus réfléchi, il fonce moins ce qui peut tendre à baisser le rythme et augmenter les tergiversations... Encore un point qui m'a dérangé, on se perd dans toutes les pensées du héros qui n'arrive pas à fixer ses choix. Cela provoque beaucoup de longueurs et terni le tout. J'ai trouvé aussi que cela commençait à faire beaucoup de fois qu'on le retrouvait en convalescence...
Kettricken a aussi beaucoup changé, elle semble totalement bouleversée par la situation et même son retour dans les Montagnes n'arrange rien. Il faut dire qu'un drame survient qui aurait laissé n'importe qui dans un désarroi le plus profond. Elle en devient plus attachante car avant, elle était plutôt fière voire hautaine mais quand même courageuse.
Le Fou aussi a subi une métamorphose comme si la mort de son roi avait brisé quelque chose en lui. Il ne parle plus beaucoup par énigmes qui en faisait le personnage le plus mystérieux. Il est néanmoins toujours très intéressant.
De nouveaux personnages font leur apparition que je vous laisse découvrir mais j'ai beaucoup aimé le charme d'Asténie la ménestrel même si elle semble parfois s'emballer pour peu.

Au niveau du style, aucune différence notoire avec les précédents volumes si ce n'est qu'elle s'attarde à approfondir le ressenti, les émotions des personnages. Tout est extrêmement détaillé jusqu'à en devenir pesant. Comme personne ne va vraiment bien, on peut dire que son écriture gagne en noirceur modifiant quelque peu l'ambiance générale de la saga.

Un tome où il ne se passe vraiment pas grand chose terni par de trop longues et nombreuses descriptions surtout sur les émotions de Fitz. L'évolution des personnages est cependant intéressante et c'est toujours aussi agréable à lire. J'attends le dénouement de cette première saga pour avis plus global. Ce tome finit donc avec un 12/20.

dimanche 11 avril 2010

L'Assassin Royal, tome 4, Le Poison de la Vengeance

Résumé : Royal, l’usurpateur monté sur le trône des Six-Duchés, est persuadé que Fitzchevalerie, son ennemi intime, est mort. Mais celui-ci, caché à l ‘écart de la cour avec Burrich, prépare sa vengeance…

Mon avis : Après la récente lecture du troisième tome qui s'était avérée incroyable, j'en attendais beaucoup de sa suite. Cette saga est l'une des plus renommée en matière de Fantasy, il était donc obligatoire que j'en passe par là. Globalement, il y a quelques défauts qui ne sont pas négligeables : manque d'actions, descriptions trop longues, chapitres très denses avec peu de dialogues... On reste toujours dans l'attente de rebondissements spectaculaires et on est souvent déçu. Le troisième était donc surprenant par son intrigue de plus en plus prenante et un son dénouement phénoménal.

On commence ainsi par la "résurection" de Fitz qui grâce au subterfuge d'Umbre, avait masqué sa mort pour partager le corps de son loup, Oeil-de-Nuit. On reprend ainsi l'histoire dans un Royaume de Six Duchés qui sombre dans la déchéance dominé par l'avide Royal. Le début est très émouvant tant sur la pitié que nous inspire Fitz que les dialogues qui en résultent avec Burrich et Umbre.

L'assassin se décide alors à partir seul sur les traces de Bourg-du-Négoce, nouveau siège de la royauté. Je m'attendais à une traque sans merci avec des affrontements nombreux. Malheureusement, sur sa route, le héros rencontre des protagonistes plus ou moins intéressants. Toute cette partie suivant son départ est sincèrement longue. En revanche, on rencontre (enfin) une communauté qui considère d'une manière positive le Vif contrairement à toutes les connaissances, notamment Burrich, de notre jeune héros. Ils appellent cela le Lignage et se lient à divers animaux. On augmente ainsi nos connaissances en la matière

Prévisiblement, Fitz rejoint Bourg-du-négoce pour le chapitre le plus rocambolesque du livre comportant actions et rebondissements en tout genre. On s'attend à ce que le livre perdure dans ce rythme mais on retombe dans une pérégrination basique voir agaçante surtout lors de la rencontre de Tassin, une jeune femme quelque peu futile. Le dénouement, outre le fait qu'il soit prévisible, est étrange car ne finit sur aucun suspens comme avait pu faire le précédent. il a simplement le mérite de nous interroger sur la future décision du héros confronté à un dilemme.

Au niveau de l'écriture, à part des descriptions un peu longues parfois au détriment des actions et des dialogues, cela reste très fluide et l'on est immergé dans cet univers. C'est ce qui en fait sa principale qualité. J'adore aussi lorsque l'on parle d'Art ou de Vif et encore plus quand les deux se mélangent pour des affrontements d'un originalité sans limite. De plus, au fil des tomes, on sent une réelle évolution de Fitz qui gagne en maturité et perd de ses scrupules pour assouvir sa vengeance. J'ai était déçu du manque de personnages connus dans son entourage mais c'était à prévoir sachant que c'est SA vengeance.

Ma critique est quelque peu acerbe car il souligne ma déception : je ne m'attendais pas à un tome transitoire. Il met en œuvre de nouveaux personnages pas toujours utiles et intéressants mais prépare les tomes suivant avec beaucoup de questions en suspens. J'ai quand même passé, outre ma frustration, un agréable moment de lecture et c'est avec plaisir que je retournerai sous peu dans les Six-Duchés. C'est donc avec 14/20 que j'en termine.

vendredi 19 février 2010

L'Assassin Royal, Tome 3 : La Nef du Crépuscule (Big Challenge Livraddict 2010 : 1/9)



Résumé : Ravagé, pillé, le royaume des Six-Duchés plie sous le joug de l'envahisseur. Les navires de guerre ne parviennent plus à tenir les pirates rouges en respect. Dans le pays, les dissensions éclatent entre les duchés côtiers, qui doivent supporter les incessantes attaques de l'ennemi, et les duchés intérieurs qui se désintéressent de leur sort. La cour elle-même, où le vieux souverain est manipulé par Royal, n'est plus qu'un théâtre d'intrigues où règnent en maîtres le soupçon, la traîtrise et le mensonge. Aussi le prince Vérité décide-t-il d'entreprendre une quête insensée : aller trouver les anciens, par-delà les montagnes, pour leur rappeler leur serment de venir en aide au royaume dans ses heures les plus sombres...

Mon avis : Après lecture du premier tome qui m'avait littéralement plongé dans l'univers de Robin Hobb, je n'avais qu'une hâte : lire la suite. Or, le tome deux ne m'avait pas convaincu par son histoire. J'avais en effet observé beaucoup moins d'action, une intrigue trop centrée sur la relation entre Fitz et son loup et des révélations trop peu nombreuses à mon goût. Cependant, ce troisième tome a ravivé en moi une flamme se mourant et donc un plaisir incommensurable sur cette saga.

Tout d'abord, j'ai cerné plus profondément le caractère de chaque personnage hormis Vérité qui s'avère malheureusement contraint à un départ pour sauver les Six-Duchés. FitzChevalerie a beaucoup appris de ses précédentes aventures. Il développe de grandes capacités à se contrôler lui et ses dons (l'Art et le Vif). Il devient un homme courageux, se donnant corps et âme pour son royaume tout comme pour son Roi-servant absent malgré son impuissance indéniable sur la plupart des situations du Royaume notamment sur les manipulations de Royal... La Reine Kettricken dévoile son incroyable détermination et son soutien au jeune garçon. Dame Patience se montre imprévisible. Je pourrais continuer à vous décrire chaque protagoniste de notre aventure mais il y a beaucoup à en dire sachant que chacun contribue à apporter une pierre créant un magnifique monument...

C'est bien d'un monument en réalité dont je vous parle car, outre les personnages, l'histoire suit un fil conducteur qui nous mène de la première à la dernière phrase vers la chute d'un royaume. On traverse des phases de batailles épiques, de trahisons, d'émotions fortes sans jamais perdre haleine. On est tellement plongé dans l'histoire que l'on vit chaque sentiment de Fitz en gardant l'envie irrépressible de le préserver d'une fin inéluctable... Cette fin m'a laissé dans un mélange d'amertume, de tristesse et d'impatience... Que me réserve le quatrième tome...? J'espère autant d'émotions et de rebondissement.

En ce qui concerne l'écriture, Robin Hobb marie avec excellence les mots, adoptant un vocabulaire précis voir complexe et des phrases s'enchainant tel un enfilement de perles noires créant un magnifique collier. Cependant, je pense que l'écriture pourrait rebuter les plus jeunes.

Après cette critique acerbe sur le Premier Jour de Levy, je ne désirais pas réitérer sur un billet aussi négatif... Cependant cette œuvre m'a littéralement transcender de telle sorte qu'il était simple d'en dégager autant de positivité. Je vais quand même émettre un petit point négatif d'une faible importance et totalement subjective : les chapitres sont un peu longs et les lignes serrées (Quelle sévérité...!). Je vous recommande de commencer/continuer ce cycle qui s'avère être de plus en plus passionnant. J'attribue donc la note de 18/20.


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