mardi 6 juillet 2010

Neverwhere de Neil Gaiman


Résumé : Richard Mayhew vit à Londres une vie sans histoire, travaille dans un bureau, s'apprête à se marier, lorsqu'il sauve la vie de Porte, une jeune fille qui a le don de savoir ouvrir tout ce qui peut s'ouvrir. Cet évènement fait basculer sa vie. Sa fiancée le quitte, ses proches ne le voient plus, sa vie semble n'avoir jamais existé.

Il découvre alors qu'il existe un Londres d'En Bas, souterrain, peuplé de mendiants qui parlent aux rats, et de toute une société féodale et magique. Il décide de suivre Porte à la recherche des assassins de son père, dans l'espoir de trouver un moyen de reprendre une vie normale.

Mon avis : A part la bit lit, je ne savais pas trop quel genre de livres pouvaient entrer dans la mystérieuse case de la Fantasy Urbaine, genre mélangeant notre monde dans ce qu'il a de plus normal en y introduisant des créatures imaginaires. On m'avait parlé de Neverwhere qui en faisait parti écrit par un auteur des plus connus sur la blogosphère, Neil Gaiman que j'ai connu récemment avec l'étrange vie de Nobody Owens, une lecture agréable mais je voulais découvrir ce que cela valait hors contexte Jeunesse. A vrai dire, j'ai fini ce livre en ne sachant pas vraiment quels qualificatifs lui mettre. Ce que je sais, c'est qu'il m'a manqué beaucoup de choses et que je n'étais pas souvent plongé dans l'histoire.

Premier détail qui m'a profondément perturbé : la distance que met l'auteur avec ses personnages. En effet, on assiste à la présentation de pas mal de personnages, sans plus, mais ceux-ci ne sont pas détaillés. Ce ne serait que les aspects physiques qui manquaient, ça ne m'aurait pas gêné mais c'est surtout leurs traits de caractères et leurs sensations émotionnelles que j'ai trouvé inexistants. On ne pénètre jamais dans les personnages alors que c'est l'un des aspects que je préfère dans les livres par rapport aux films ou séries. En fait, j'ai eu l'impression d'avoir justement le scénario de la série Neverwhere (livre tirée d'une série TV) sous les yeux...
Sinon les personnages sont sympathiques avec un héros, Richard, qui n'en est pas vraiment un. Il se trouve propulser au milieu d'une affaire dont il n'a aucun rapport. C'est là que j'aurais aimé savoir plus ses réactions, croit-il qu'il rêve? A-t-il peur? Je me l'imaginais très bien mais n'entrait pas en lui. J'ai bien aimé Porte, la jeune fille à cause de qui Richard pénètre le Londres d'en Bas qui se montre à la fois fragile et courageuse. Le marquis est le personnage sans doute le plus complexe et donc le plus intéressant. Sous ses répliques grinçantes, on sent qu'il tergiverse entre le bien et le mal, entre ses devoirs et ses envies... Dernier personnage sur lequel je m'arrêterai, Chasseur, une garde du corps qui m'a de suite fait pensé à un personnage de jeux vidéos par sa force et son charisme.
Honte à moi, j'ai failli oublié les personnages les plus loufoques de l'histoire : les méchants, M. Croup et M. Vandemar, deux adeptes du couteau qui m'ont fait penser aux Jack dans mon autre Gaiman. Leurs répliques vont de pair et ils ont vraiment très bien mis en relief.

Sur l'histoire, j'ai trouvé cela tout à la fois prenant, rempli de suspens et de rebondissements imprévisibles mais d'un autre côté, c'était assez lent, parfois longuet et je dois dire que j'ai parfois frôlé l'ennui ferme.
Sans doute occasionné par la distance avec les personnages qui est un aspect des plus importants dans toutes mes lectures, je ne me suis jamais senti investi à cent pour cent dans ce livre. Pourtant, il y a tous les ingrédients réunis pour que j'apprécie. Les créatures et le monde dissimulé se révèlent peu à peu, les mystères se dévoilent... J'aime les créatures bien définies et c'est là où le bas blesse : il n'y a pas vraiment d'espèces, de races de créatures ; on parle de sortes de baronnies dans lesquelles les habitants ont des aptitudes particulières. Le gros point fort est que chaque station de métro à nom explicite met en réalité ses noms. On voit donc l'Earl's Court devenir une réelle court de comte. Il y en a d'autres mais chuuuuut!
Ce qui m'a aussi un peu dérangé c'est la succession de sortes de tableaux, on a jamais vraiment de transitions, on saute d'un endroit à l'autre comme ça.
Sinon, j'ai adoré le marché mais j'aurais voulu le voir encore plus développé...
On va finir par croire que j'ai pas aimé du tout mais j'en attendais beaucoup donc j'insiste sur les aspects négatifs. J'ai au final bien aimé l'histoire mais je pensais être totalement embarqué et c'est resté partiel tout le temps.

Côté écriture, encore une fois, Gaiman sait faire la différence. Sa plume est toujours si admirable. Je l'avais déjà ressenti sur le précédent, j'avais noté un potentiel conséquent et je voulais voir ce que cela allait donner sur une lecture moins jeunesse. Tout simplement pas déçu sur cet aspect, c'est un auteur dont l'écriture pourrait se reconnaitre parmi beaucoup. un modèle du genre.

Petite déception, c'est ce que j'en retient. Il faut dire qu'encore une fois, j'en attendais énormément. J'attendais Gaiman au tournant après une lecture d'un de ses romans Jeunesse où le potentiel pour les romans plus adultes était indéniable. Des personnages pas assez approfondis, une succession de scènes perturbantes rattrapés par une histoire qui tient la route et une plume exemplaire. C'est donc un 14/20 et je continuerai de lire ses livres.

9 commentaires:

  1. Je comprends tout à fait ce qui t'a gêné, en effet l'histoire est assez impersonnelle et il faut plus la voir comme un conte que comme une quête plus intime. La comparaison que quelqu'un a faite avec un jeu vidéo est également bien trouvée pour qualifier cette impression de sauter d'un décor à un autre sans transition. Mais au final, même s'il est parfois un peu longuet, j'ai quand même beaucoup aimé ce livre ! Il en reste encore plein pour te séduire j'espère ;)

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  2. Hi hi, c'est moi qui ai comparé le livre avec un jeu vidéo :) et c'est vrai qu'on dirait qu'on passe des niveaux ! Lexou, je suis assez d'accord avec toi concernant les longueurs mais comme j'ai aimé le livre, elles ne m'ont finalement pas gênée.

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  3. Comme dit Miss Spooky, les déceptions viennent souvent du fait que Gaiman écrit des contes et que par conséquent le rythme et les personnages sont différents d'une récit plus "classique" (ou moins, enfin bref, on se comprend).
    Et même si j'ai aussi vu les longueurs, elles ne m'ont pas gênées, la magie de l'ensemble à fonctionné :)
    Dommage qu'elle n'ait pas un peu plus fonctionné pour toi :(

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  4. Merci pour vos commentaires. Avec ce que vous me dites, sans doute que mon approche n'était pas tout à fait correcte alors si je la modifie, peut-être que le suivants me plairont plus.
    Je lirai prochainement American Gods

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  5. American Gods est un peu différent encore :p
    Il faut que tu t'attendes à ce que le personnage principal soit super détaché (ça m'avait un peu perturbée au départ). Sinon il est très bien ^^
    Plus adulte peut être que Neverwhere (d'ailleurs dans ton article c'est la couverture jeunesse que tu as mise, et je ne pense pas que les deux versions soient très éloignées l'une de l'autre).

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  6. j'ai prévu de le lire. J'espère que ca me plaira plus qu'à toi :)

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  7. je suis passée devant ce livre hier à Plein ciel! je le note. Ce que tu en dit me donne très envie de le lire, malgré ta petite déception!

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  8. Étrangement ce roman de Gaiman ne m'attire pas, je ne sais pas il y a ce petit truc qui fait que probablement je ne l'achèterais jamais ! Par contre, je vais bientôt m'acheter Coraline, peut être qu'après je changerais d'avis !

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  9. Ouf, tu es un peu moins enthousiaste que tout le monde, ca me rassure.
    Je te rejoins totalement quant à l'effet scénario et les longueurs.
    Désolée de ne pas l'avoir terminé. Je ne pouvais pas ;)

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