mardi 25 octobre 2011

Mémoria de Laurent Généfort


Résumé : Il travaille pour le compte des grandes Compagnies qui se partagent l'univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité. Immortalité qu'il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tout comme les " crises de souvenirs " qui le terrassent de plus en plus souvent. Au point d'en menacer ses missions. Des souvenirs dont il ne sait même pas s'ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d'un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l'engloutir. Le compte à rebours est engagé...
Mon avis : Tout d'abord, commençons par remercier chaleureusement le site livraddict et les éditions Folio SF pour ce partenariat concernant un titre que je ne connaissais pas et un auteur dont le nom m'était familier sans forcément en savoir beaucoup. En voyant le résumé, je fus intrigué de découvrir cet auteur.
Depuis quelques mois, j'ai malencontreusement perdu l'habitude de lire régulièrement de la Science-Fiction. Seuls quelques titres, dont beaucoup de déceptions, sont à mon actif cette année. Pourtant, la SF est un genre que j'adore et qui a tendance à m'ouvrir beaucoup de perspectives et de pistes de réflexions. C'est un genre très vaste mais où je trouve mon compte dans chaque branche que ce soit de l'uchronie ou du space opéra par exemple.
Dans les livres, il est un exercice que beaucoup affectionnent : développer son imagination. Les auteurs nous aident en général grâce à leurs descriptions qu'elles concernent des lieux ou bien des personnages. Or, dans ce livre, le lecteur est mis à rude épreuve puisqu'il doit imaginer un héros dépourvu de nom et qui n'a pas d'enveloppe charnelle fixe. Difficile alors d'associer un physique à une personnalité... Le héros est en effet un être qui, grâce à une machine unique en son genre, a la capacité de transférer sa conscience dans un autre corps. L'auteur, néanmoins, prend soin de nous décrire chaque "hôte" du héros.On ne sait comment, il est devenu un assassin très côté dans l'univers tout entier. Malheureusement pour lui, il ne se souvient guère de sa vie initiale. Il a même quelques doutes sur sa nature humaine. Au fil des pages, on se rend compte qu'il est tourmenté par ce qu'il nomme "le cauchemar noir". Nous ne pouvons définir en quoi cela consiste mais il semblerait que ce soit quelque chose dans son cerveau qui le pousse à se souvenir des pires souvenirs de ses anciens hôtes. Ce mystère rajoute de l'intérêt à l'histoire et cela aide à s'intéresser davantage au passé nébuleux du héros. Celui-ci se révèle passionnant malgré son absence d'identité propre. Un héros qui se différencie des autres et qui ne m'a pas du tout laissé indifférent.


Pour ce qui est de l'histoire, je suis un peu plus mitigé dans le sens où on aurait dit que c'est simplement un rassemblement de trois nouvelles (correspondant aux trois parties respectives) reliées par une légère passerelle. A part le fait que ce sont trois missions, il n'y a pas de dénominateur commun : la quête d'identité du héros n'est pas le fond de l'histoire sachant qu'elle s'impose à lui.
Néanmoins, chaque mission est prenante, bien ficelée et le rythme imposé au lecteur est très intense. Le final, sans être très surprenant, apporte une fin de qualité et assez logique à cette épopée intergalactique.

Je n'ai pas grand chose à dire sur le style de Laurent Généfort à part qu'il est efficace dans son genre. Très accessible, il crée son univers et son histoire de manière aisée pour que chaque détail soit cohérent avec le passé du héros et l'histoire de leur univers. Ses descriptions apportent une crédibilité à l'environnement et grâce à peu de mots, on est immergé dans l'atmosphère de ces planètes exotiques.

Encore une fois, je remercie livraddict et Folio SF pour cette très bonne découverte. Je conseille à tous les amateurs du genre de s'orienter vers ce livre ou bien un autre de cet auteur. Une histoire comme je les aime à laquelle il manque une vraie trame sur l'ensemble du roman. Cependant, je l'ai lu très rapidement et j'ai ressenti une vraie addiction. Je donne un 16/20 à ce bon roman.

mercredi 19 octobre 2011

L'Ombre du Vent de Carlos Ruiz Zafon

Résumé : Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent.

Mon Avis : Les livres classés contemporain ancrés dans le réel ne sont habituellement pas ma tasse de thé. Ce que je recherche dans la lecture c'est un moyen d'évasion, d'échapper à ce monde parfois morne, parfois inquiétant, parfois lourd... Cependant, de temps en temps, j'aime me plonger dans un titre du genre pour varier d'une part et d'autre part, pour pouvoir discuter sur ces romans à la mode dont beaucoup parlent. Étonnement, je suis souvent conquis et pour le coup, je range ce livre dans la catégorie coup de coeur!

Pendant le premier tiers de l'histoire, j'avais quelques difficultés à savoir où l'auteur m'emmenait. On suit en effet un jeune garçon, Daniel Sempere, fils de libraire passionné de livres. Son père l'emmène un jour dans un mystérieux endroit de Barcelone, le cimetière des livres oubliés, dans lequel on garde les livres disparus des étalages dont personnes n'a aucun souvenir. Il y choisit un livre nommé l'Ombre du Vent écrit par un inconnu, Julian Carax. Passionné par sa lecture, il va remonter les évènements qui ont fait la vie de l'auteur mais il ne se rend pas compte que cette quête est comme toutes les autres, elle recèle pleins de dangers.
Au fur et à mesure que les années passent, l'histoire se densifie, le mystère s'amplifie. On suit avec un plaisir énorme l'enquête que mène le jeune Daniel. Malgré les longues discussions, la lenteur de l'intrigue, on est jamais gagné par l'ennui. On en devient aussi passionné que Daniel, on souhaite savoir autant que lui ce qu'est advenu de Julian.

Un facteur non négligeable qui nous permet d'apprécier l'ensemble de l'oeuvre est sans nul doute l'ambiance créée par l'auteur. Plonger dans l'une de mes villes préférées, Barcelone, fut une expérience extraordinaire. On parcourt les rues et autres ruelles en compagnie de Daniel et même si je n'ai pas reconnu grand chose, j'ai adoré visiter cette ville à l'époque de l'après-guerre. Cette différence de lieu et de temps a été pour synonyme d'originalité puisque je n'y suis pas coutumier.

La plupart des protagonistes sont excellemment créés. Chacun apporte une pierre à la muraille que représente le livre. Comme je le disais, nous vivons de très longs échanges entre Daniel et eux. Ils sont rendus passionnant par les personnalités respectives de chacun. Ils semblent tous réels, comme si nous les connaissions.
Le héros n'est pas le plus remarquable de tous mais nous observons avec lui son évolution, son accès à la maturité, sa transition entre le monde de l'enfance et celui de l'adulte. Il n'est peut-être pas très marquant mais il est néanmoins intéressant.
Parmi tous ceux qui ont croisés mon chemin, j'en retiendrais deux : Fermin et Béatriz. Le premier est initialement un sans abri avec lequel Daniel sympathise et qui va se révéler être extravaguant et attachant. En effet, pourvu d'une culture faramineuse, il se révèle être extravagant et il dispose d'un incroyable sens de la rhétorique. Ses sorties sont souvent exquises et ses délires philosophiques apportent beaucoup. La deuxième est la soeur de son meilleur ami qui l'intrigue et le terrifie depuis son enfance. Une relation particulière va se tisser entre eux. Elle est très charismatique et mystérieuse. Une femme pas comme les autres...

L'une des qualités que comporte ce roman est sans conteste l'écriture d'une rare poésie de Zafon. Même si je n'y ai pas remarqué d'identité propre, j'ai adoré la facilité avec laquelle il joue avec les mots. On ne peut pas dire que le style soit aisé mais il reste accessible au plus grand nombre. J'espère très vite retrouver la plume de l'auteur.

Coup de coeur de ce mois, j'ai littéralement adoré ce roman qui m'a transporté et m'a fasciné. Loin des histoires barbantes du genre, l'Ombre du Vent possède tous les ingrédients de ce qui fait un grand roman. J'ai ainsi très envie de découvrir ses autres romans même si je sais que le jeu de l'ange est souvent source de déceptions. Je donne un 18/20 à cette magnifique oeuvre!

mercredi 12 octobre 2011

Pars Vite et Reviens Tard de Fred Vargas


Résumé : Ce sont des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d'appartements, dans des immeubles situés d'un bout à l'autre de Paris. Une sorte de grand 4 inversé, muni de deux barres sur la branche basse. En dessous, trois lettres : CTL. A première vue, on pourrait croire à l'œuvre d'un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique. De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d'incompréhensibles annonces accompagnées d'un paiement bien au-dessus du tarif. Un plaisantin ou un cinglé ? Certains textes sont en latin, d'autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d'un fléau venu du fond des âges...

Mon avis : Depuis quelques mois, vous aurez sans doute remarqué que je me mets à lire de plus en plus de polar. Ce genre, jadis évité, me réussit aujourd'hui notamment grâce à un élan apporté par la saga millénium. Qui dit polar français dit depuis quelques années Fred Vargas qui a su conquérir son public et concurrencer les plus grands du genre. Il me fallait donc découvrir cette auteure et j'ai ainsi choisi son oeuvre la plus primée et connue... Verdict : j'ai adoré!

L'enquête tranche déjà avec le polars classiques : ici, pas de meurtres avant le deuxième tiers, seulement des étranges messages et des peintures sur les portes de tout Paris... On met du temps avant de savoir à quoi s'en tenir mais cela rajoute du suspens et de l'intérêt à l'enquête.
J'ai particulièrement adoré l'ambiance de ce roman partagé entre un côté vieillot dans le bon sens du terme et un autre plus moderne. Difficile de dater l'époque dans laquelle on se trouve mais cela rajoute de l'originalité à ce genre tant exploité.
Tout bon polar selon moi doit réserver des surprises et une fin rocambolesque! C'est en effet ce qu'il s'est passé puisque je n'ai pas réussi à anticiper les faits et surtout, je n'ai pas trouvé qui était le coupable avant la fin... Une réussite qui fait que ce livre a marqué des points.

Côté personnages, je les ai trouvés bien travaillés, chacun à sa place. L'inspecteur Adamsberg est très intéressant à suivre. Il est simple, un peu monsieur tout le monde mais ses raisonnements nous rapprochent de lui. Peut-être manque-t-il un peu d'identité, de particularités qui feraient en sorte qu'il se différencie de tout autre enquêteur mais il se laisse apprécié par son naturel.

L'écriture est sans aucun doute l'un des gros points forts de ce livre. Elle est spéciale, une identité propre se dégage d'elle et c'est un paramètre que j'aime retrouver dans mes lectures. Rarement le genre se détache d'une écriture noire, froide, ciselée mais Fred Vargas l'a fait avec brio. Je ne saurais mettre des qualificatifs ou encore dire ce qu'elle ajouté de particulier mais ce que je sais, c'est que j'ai été séduit et que c'est une qualité qui me fera continuer dans ses oeuvres.

Livre qui m'a tenu en haleine du début à la fin dans une ambiance spéciale, j'ai adoré mon premier Vargas. Ravi de retrouver dans une nouvelle enquête l'inspecteur Adamsberg, je ne mettrai que peu de temps avant d'ouvrir un autre de ses romans. Je conseille donc à tous les aficionados du genre de se diriger vers cette auteure au fort potentiel. Je donne donc un 17/20 à ce livre!

lundi 26 septembre 2011

Conan de' Robert E. Howard






Mon avis : Tout d'abord, je tiens à remercier chaleureusement les éditions Milady ainsi que le site de partage littéraire livvraddict pour ce partenariat allèchant.


S'il y avait bien un classique de Fantasy qui manquait à ma bibliothèque, c'est bien Conan, chef-d'oeuvre du genre qui aura par la suite insipiré les plus grands tel Gemmel ou encore Martin. Le seul paramètre qui aurait pu me rebuter est le format nouvelle que j'affectionne peu mais pour une fois, cela n'aura pas été un soucis..

De longueur différentes, les aventures diverses de Conan se suivent sans rapport les unes avec les autres mais pour le bonheur du lecteur, chacune est intéressante. Le point fort de cette diversité est qu'elle met certes toujours le même héros, Conan, en scène mais dans des rôles variés. Nous pourrons ainsi le voir en pirate, en voleur ou encore en général d'armée rebelle. Cela évite une certaine redondance qu'il était très difficile d'éviter sur un format aussi court.


Sans être extraordinaire, l'univers mis en place est riche et apporte son lot de créatures et d'ennemis en tout genre. Nous avons aussi l'occasion de visiter de nombreuses contrées toutes différentes qui nous plonge avec aisance dans chaque partie du monde inventé par Howard.

Conan, barbare de son état, est ce que l'on appelle un héros qui marque les esprits. Au vu de ce que je savais du personnage ainsi des adaptations cinématographiques de l'oeuvre, j'avais peur de tomber sur une montagne de muscles aux capacités intellectuelles plus que limitées. J'étais plus que ravi de me tromper puisque Conan, tout au long de ses aventures utilise aussi son cerveau pour mener à bien ses objectifs.


A force de le voir à l'oeuvre, j'ai su l'apprécier à sa juste mesure. Bien qu'ayant un caractère aussi taillé que sa musculature, je me suis attaché à cet homme incroyable dont les aventures m'ont fait vibrer.


Sans doute à cause de certains préjugés, je m'attendais à une écriture sanglante, relativement "bourrine" mais j'ai été agréablement surprise de voir combien la plume d'Howard était fluide et travailée. Tout est bien détaillée, les paysages se dessinent dans notre imagination et les émotions nous parviennent du livre.



Sans être un coup de coeur pour je ne sais quelle raison, cette découverte m'aura apporter quelque chose en plus dans la Fantasy et m'aura donner l'envie de découvrir d'autres oeuvres de ce maitre. Je remercie une nouvelle fois Milady et livraddict. Je donne donc un 17/20 à ce recueil.

mardi 13 septembre 2011

Gone Baby Gone de Dennis Lehane


Résumé : Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne. Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar.
Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme travaillait pour le compte d’un dénommé Cheddar Olamon et qu’elle aurait détourné les deux cent mille dollars de sa dernière livraison. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fille de son «employée» ?

Mon Avis : Après l'énorme coup de coeur que fut Shutter Island, il me paraissait évident que Dennis Lehane ne resterait pas hors de ma PAL bien longtemps. Sans trop le chercher, je suis tombé sur cet ouvrage de Lehane assez connu et je me suis mis à le lire peu de temps après. Même s'il ne m'a pas autant bluffé que Shutter Island, j'ai beaucoup apprécié ce polar plus traditionnel.

Gone Baby Gone, c'est avant tout une histoire d'indifférence. Une mère si l'on peut dire qui végète entre drogues, bars et télévision au détriment de sa fille laissée sur la touche sans amour, sans sentiment. La mère d'Amanda inspire en premier lieu du mépris puis c'est la pitié qui s'installe...
Amanda a donc disparu et les détectives Kenzie et Gennaro sont chargés, en tant que détectives privés, à retrouver sa trace. Plusieurs pistes sont amenées surtout quand on apprend que la mère rendait quelques services au détestable Cheddar Olamon, bandit de son état et qu'elle a essayé de l'arnaquer... Vengeance, meurtre, coïncidence? Qu'a bien pu vivre cette pauvre Amanda?
Au fil de l'histoire, l'enquête tisse sa toile, nous entraîne sur de fausses pistes le tout jalonnée de rebondissements croustillants. Cependant, le coupable se dessine relativement loin de la fin mais le dénouement concerne plutôt la traque du coupable.

Ma rencontre avec les inspecteurs fétiches de l'auteur s'est plutôt bien passée. J'ai trouvé le tandem, devenu aussi un couple, plutôt complémentaire. Chacun a été façonné pour ce métier qu'ils exècrent par moment, les menant à vivre des situations qu'ils n'auraient jamais envié.
On ressent à chaque instant plus intime que tous deux ont un jardin secret assez conséquent et un vécu peu attrayant. Ils sont plutôt réservés, elle est souvent sur la défensive et lui se réfugie dans le silence. Chacun a sa manière de mener les enquêtes mais au final, leur complémentarité est récompensée. En somme, ce duo est très intéressant et je serai heureux de les découvrir dans d'autres ouvrages.
Les autres personnages sont tous très bien travaillés notamment la mère qui nous inspire foule de sentiments négatifs à son égard. Nous rencontrons deux détectives très intéressants et différents qui amènent leur lot de surprises. Bizarrement, j'ai trouvé l'horrible Cheddar Olamon très bien travaillé. On arrive à imaginer ce bandit de la pire espèce sans problème. Aucun est négligé et c'est à travers tous ces personnages réussis qu'on remarque le talent incontestable de l'auteur.

S'il y a bien un facteur qui a été mis en avant dans Shutter Island, c'est l'écriture de Dennis Lehane. Sombre, précise, elle colle tout à fait au genre. Bien qu'accessible, elle est néanmoins très travaillée. De plus, sa technique lui permet de créer des personnages aussi complexes que réalistes, paramètre que j'adore dans les livres. Un auteur que je continuerai à suivre incontestablement.

Un très bon polar et plus généralement un super auteur que je recommande à tous les amateurs des polars noirs. Il me reste simplement qu'à regarder le film réalisé par Ben Affleck qui j'espère sera meilleur que l'adaptation de Shutter Island. J'ai très envie de me procurer le premier livre de lehane pour retrouver les deux détectives. j'attribue la note de 16/20 à ce polar.

mercredi 31 août 2011

L'Epée de Vérité, tome 6, la Foi des Réprouvés de Terry Goodkind

Résumé : Kahlan est aux portes de la mort.
Richard qui, plus que quiconque, se méfie des prophéties, a soudain une vision : il doit emmener Kahlan à l écart de l armée qui les protège et abandonner son peuple à son funeste destin.Kahlan refuse cependant d abandonner la cause des Contrées du Milieu. Elle viole la prophétie et rompt le dernier serment qu'elle avait fait à Richard. Au bout du compte, elle se retrouvera face à l'architecte de la terreur qui balaie le pays : l'empereur fou, Jagang, Celui qui marche dans les rêves, qui a juré de déverser sa rage sur le Nouveau Monde...

Mon avis : Une des saga références dans le genre, le cycle de l'Epée de Vérité n'est plus à présenter. J'ai adoré les aventures de Richard et Kahlan depuis leurs débuts et les retrouver est toujours un réel plaisir. Bien que je puisse déplorer une certaine inégalité dans les tomes, chacun a son identité propre et creuse un peu plus cet univers dur mais passionnant.

Ce tome démarre de manière douloureuse. On assiste à la vision d'une Kahlan détruite psychologiquement par les évènements récents. La guerre a fait des ravages et s'est étendus aux Terres du Milieu. Même si ce passage permet de creuser un peu plus la personnalité de Kahlan, sa bravoure et sa détermination, il ralentit considérablement la mise en place de l'intrigue générale du tome.
Cette partie est suivie de la présentation en long en large et en travers d'une des Soeurs de L'Obscurité, Nicci. Elle fait partie sans doute des personnages les plus aboutis créés par Goodkind. J'ai adoré suivre sa vie, découvrir les raisons pour lesquels elle est devenue si indifférente et maléfique et son rapport avec Jagang.
Après cette partie très développée, on entre dans une phase d'attente en compagnie de Nicci et Richard. Je m'attendais à une épopée parsemée d'obstacle qui les conduirait aux portes du Palais de Jagang mais ce fût tout le contraire. On sombre dans l'ennui en voyant Richard vivre une vie banale, sans magie, sans guerre, sans rien... Je n'ai pas compris le but de cette aventure mais le rythme s'est amélioré dans le dernier quart.

Les personnages sont toujours aussi intéressants. Comme je l'ai dit, il développe l'incroyable Nicci qui malheureusement, se banalise au fil de l'histoire quand elle se reconvertit en épouse dévouée...
Richard a toujours autant de facultés, son charisme se développe à défaut de sa magie reléguée à un plan inexistant. Il apparaît beaucoup moins surhumain dans cette aventure, cela permet de constater ses vertus humaines autres que celles présentées en combat.
Kahlan se montre au lecteur d'une manière elle aussi totalement différente. Détruite, elle met en avant toutes ses faiblesses ce qui n'est pas son habitude. Après un peu de laissé-aller, elle réuni toutes ses ressources internes pour redevenir la Kahlan que nous avons toujours connu.
D'autres protagonistes aident à façonner cette histoire mais il sera plus convenable de vous laisser les découvrir.

Côté écriture, c'est toujours un plaisir de suivre la plume de Goodkind chargée d'une empreinte reconnaissable entre milles. Il dispose d'un sens du détail incroyable, il ne ménage pas ses lecteurs avec les multiples viols et autres bains de sang. Chaque phrase est ciselée, chaque rebondissement amené avec dextérité. Goodkind est un des maîtres actuels de la hard Fantasy.

Bien que ce tome ne se soit pas développé comme je l'aurais voulu et que l'ennui soit apparut à certains moments, j'ai passé un moment de lecture qui m'encourage à continuer sur la suite. J'ai envie de découvrir comment vont évoluer les héros, ce que fera Jagang etc. Je donne à ce roman un 14/20.

jeudi 28 juillet 2011

Los Angeles River de Michael Connelly

Résumé : Sur la demande de la veuve de Terry McCaleb, l'ex-inspecteur du LAPD Harry Bosch accepte de remettre de l'ordre dans les papiers du défunt. Rendu méfiant par les révélations d'un associé de McCaleb, il enquête et comprend qu'il y a eu meurtre. Encore faut-il le prouver et retrouver un assassin qui a laissé des traces si évidentes qu'on a l'impression qu'il a envie de se faire prendre... Pendant ce temps-là, l'agent du FBI Rachel Walling reçoit, elle, l'appel qu'elle redoutait depuis des années : le tueur le plus cruel et retors qu'il lui ait jamais été donné de traquer, a savoir... le Poète, est de retour. Quand le plus grand héros de Michael Connelly, Harry Bosch, affronte son plus célèbre assassin, le Poète... Un choc de titans !

Mon avis : Après ma découverte du fabuleux poète de Michaël Connelly, une envie indéfectible de lire ses autres oeuvres, particulièrement la suite de son roman phare, m'a traversé. Ceux qui me lisent habituellement remarqueront que je traverse une période où le polar devient récurrent. Sans avoir été déçu, cette suite m'a moins happée que le précédent.

Connelly est l'un des auteurs incontournables du genre. Il est respecté dans le monde entier et ses histoires en ont fait vibré plus d'un. Un créateur d'angoisses, un funambule du meurtre, un maître du suspens, il n'en faut pas moins pour qualifier cet homme au savoir-faire irréprochable.
Tout comme dans le Poète, il utilise la double narration. On retrouve en effet un point de vue interne au personnage Harry Bosh, le personnage récurent de ses romans, un inspecteur qui reprend le flambeau de Jack McEvoy pour la traque du Poète. Dès que l'on se concentre sur un autre personnage, on adopte la narration extérieur. Exercice périlleux qui ne déstabilise en rien le lecteur. Au contraire, il apporte une certaine originalité à l'ensemble.
Même si ici, il n'y a aucun suspens sur l'identité du meurtrier, on peut noté que Connelly maîtrise tous les ingrédients de ce qui fait un bon polar : de la tension, du suspens, de la noirceur et j'en passe.

Harry Bosh emmène cette histoire de bout en bout. Pourtant à la retraite, il n'a pas dit son dernier mot et compte bien achever la traque du célèbre tueur. Un brin désabusé, il en reste pas moins animé par cette obsession des meurtres et de leurs auteurs. Bien que l'on vive l'enquête à ses côtés, je n'ai pas eu le même intérêt pour lui que pour le narrateur précédent, le journaliste Jack McEvoy. Leurs personnalités étant calquées sur leurs professions respectives, c'est sans doute le côté stéréotypé de l'inspecteur qui m'a gêné. Moins complet, moins original mais qui se laisse apprécier notamment par sa répartie cinglante.

J'ai eu quelques difficultés à reconnaître Rachel qui parait plus effacée ici. Elle imprime moins sa personnalité, son caractère et ses intelligence professionnelle. Sans doute est-elle victime de sa mise à l'écart du FBI suite à l'évasion du Poète. Elle redevient petit à petit celle qui a participé à l'enquête initiale.

L'histoire est rythmée comme tout bon polar. On sort peu des conventions du genre, les surprises sont peu nombreuses mais rien est laissé au hasard. On se demande parfois si l'enquête va aboutir tellement le Poète semble insaisissable. On en termine sur un final rocambolesque à la hauteur de cette poursuite effrénée.

Connelly est donc un auteur que je vais continuer à surveiller. Cette suite, même si elle ne vaut pas le précédent, contient tout ce que l'on peut espérer d'une traque de qualité. Le suspens est garanti et tout ce que j'espère, c'est ne pas croiser ce fameux Poète dans mon chemin.
Je donne donc un 15/20 à cette enquête d'Harry Bosh!

mardi 26 juillet 2011

Le Livre du Voyage de Bernard Werber


Résumé : Imaginez un livre qui serait comme un ami de papier. Imaginez un livre qui vous aide à explorer votre propre esprit. Imaginez un livre qui vous entraîne vers le plus beau, le plus simple et le plus étonnant des voyages. Un voyage dans votre vie. Un voyage dans vos rêves. Un voyage hors du temps. Ce livre vous le tenez entre vos mains.

Mon avis : Voilà un livre de Werber qui se démarque visiblement des autres : pas de suite, pas d'intrigue, pas de personnages... Vous êtes en droit de vous demander de quoi il en retourne dans ce cas. Il est à mon sens nécessaire de savoir vers quoi on s'engage avec cette lecture qui est plus un appel au repos de l'esprit qu'une oeuvre littéraire.

Bernard Werber nous invite, dans ce court récit, au voyage. Pas celui du corps qui se déplace pour visiter des lieux réels, des paysages verdoyants mais celui de l'esprit. Il nous montre que l'imagination a des capacités insoupçonnés quand on veut bien s'en donner la peine.

Dans la forme, on se contente de suivre les injonctions du livre lui-même qui nous tient la main et nous promène hors de la réalité. On visite des endroits magiques, on est amené sur des pistes de réflexion en douceur selon les chapitres.
La plume de Werber est toujours d'une finesse agréable. Il inspire la détente à travers des mots simples, des phrases limpides. Ce n'est pas l'exercice qui le met le plus en valeur mais il a le mérite de l'avoir réussi.

Dans le fond, on est amener à une sorte de méditation sur la Nature, le genre humain etc. Werber utilise sa plume pour proposer à son lecteur une bonne heure de "lâcher-prise", concept ayant le vent en poupe dans notre société tourmentée.
Sans apporter un renouveau à la littérature, Werber signe un livre à part qui nous dirige vers quelques pistes spirituelles. Il est clair que ce n'est pas son roman le plus convainquant mais lorsque l'esprit subit la tempête, un tel livre le conduit à s'apaiser.

Sans le recommander avec vigueur, j'invite les lecteurs en quête d'éveil de l'âme à se laisser emporter par ce livre qui ne transcendera pas mais qui a le mérite de trancher avec nos habitudes. Je m'abstiendrai de toute note vu que les critères ne correspondent pas.

mardi 19 juillet 2011

Millenium, tome 2; La Fille qui Rêvait d'un Bidon d'Essence et d'une Allumette



Résumé : Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium.
Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.

Mon Avis : Il m'aura fallu un certain temps pour continuer cette fabuleuse saga que représente Millenium. J'avais en effet lu le premier tome il y a à peu près deux ans et malgré un démarrage poussif mais intéressant, je m'étais passionné pour cette anquête qui a attisé la flamme du polar (genre que j'affectionnais peu) en moi. Malgré tout, j'ai mis un certain avant d'en lire régulièrement.

Dans cette trilogie, on peut séparer le premier tome des deux suivants. La première enquête menée par Mikael Blomqvist arrive à son terme à la fin du premier tome sans aucune ouverture qui pourrait la remettre au goût du jour dans une potentielle suite. Ceci dit, il serait dommage de commencer par le second car certaines allusions y font références mais surtout, nous n'aurions pas l'occasion de découvrir les personnages qui font la force de cette saga, encore plus dans cet opus.

La grande force de ces romans réside dans l'aboutissement de ses personnages et surtout de son égérie, Lisbeth Salander. Cette femme est en effet selon moi l'une des plus grandes figures de la littérature contemporaine. Une personnalité d'exception, un être singulier façonné par un orfèvre, le défunt Stieg Larsson.
Singulière, surdouée, instable, sociopathe, bisexuelle... Beaucoup de termes pour qualifier cette héroïne des temps modernes et pourtant, il semble impossible de la décrire, de la définir, de la cerner... Lors du premier tome, nous avions déjà un aperçu de sa personnalité fascinante. L'auteur avait laissé le lecteur dans l'illusion de comprendre son héroïne mais premier constat au début de ce roman : nous ne pouvions que nous fourvoyer.
Dans le premier tiers de ce tome, on suit les traces de l'insaisissable Lisbeth : ses déboires sexuels et amoureux, sa fuite à l'étranger mais aussi son passé. Passé avec lequel on peut juger pourquoi est-elle devenue si unique. Personne n'envierais sa vie et pourtant, elle doit vivre avec, dans son monde à elle...
Rien que par sa présence, cette trilogie mérite le détour.

Evidemment, nous retrouvons aussi le maintenant célèbre journaliste Blomqvist, personnage très complet mais beaucoup plus simple. Pourvu d'un esprit aiguisé, sa manière pour mener à bien une enquête est à la fois réaliste et admirable.
Nous retrouvons de plus les autres personnages qui ont façonnés le premier tome ainsi que certains nouveaux. Bien que mis en retrait par ce qu'apporte Lisbeth, ils apportent néanmoins tous une pierre à l'édifice.

Côté intrigue, à l'instar du premier tome, on met un long moment avant de rentrer dans le vif du sujet. Dans le précédent volet, on commençait l'histoire par un pléthore d'informations économiques qui en ont rebutés plus d'un. Dans cette suite, on s'intéresse plus à ce qu'est devenue la vie des personnages, surtout Lisbeth. Bien que très intéressant, les pièces du puzzle peinent à se mettre en place et la lassitude finit par gagner du terrain.
Passé cette partie, les premiers éléments de suspens entrent en jeu et on pénètre réellement dans un grand moment. Certains passages sont vraiment angoissants au vu de la noirceur et la violence décrite par Larsson.
Le lecteur assiste à une démonstration de ce que peut être un coup monté. La splendeur machiavélique poussée dans ses retranchements, on se demande pendant des centaines de pages comment on va pouvoir se sortir du piège.
Le rythme va crescendo et le final atteint l'apothéose. Bien sûr, l'ouverture de fin est perturbante ce qui pousse le lecteur à ne pas attendre longtemps pour lire la suite... D'ailleurs, il serait temps que je m'en occupe...

L'écriture de Stieg Larsson est glaciale, elle applique un malaise certain sur le lecteur. Il n'appose aucune concession lorsqu'il parle de violence, de la noirceur de la nature humaine. Il aborde un grand nombre de faits de société tel que le trafic de femmes.
Sa plus grande faculté est incontestablement sa manière de façonner des personnages aussi complets et réels qu'il soit possible de créer. Tout simplement génial!

Cette trilogie, outre le fait qu'elle m'ait lancé dans un genre dont je suis peu coutumier, est un récital de ce qui se fait de manière en manière d'enquête et de suspens. On pourra reprocher une attente trop importante pour entrer dans l'histoire mais une fois lancée, l'aventure est sans conteste incroyable. Je conseille ce livre à tous, même aux âmes sensibles. Je lui donne donc un 17/20.

L'Ange de la nuit, tome 1 : La Voie des Ombres de Brent Weeks


Résumé : Le tueur parfait n'a pas d'amis, il n'a que des cibles.
Pour Durzo Blint, l'assassinat est un art et il est l'artiste le plus accompli de la cité, grâce à des talents secrets hérités de la nuit des temps. Pour Azoth, survivre est une lutte de tous les instants. Le petit rat de la guilde a appris à juger les gens d'un seul coup d'œil et à prendre des risques -comme proposer à Durzo Blint de devenir son apprenti.Mais pour être accepté, il doit commencer pas abandonner son ancienne vie, changer d'identité, aborder un monde d'intrigues politiques, d'effroyable dangers et de magies étranges, et sacrifier ce qui lui est le plus précieux...

Mon avis : Commençons tout d'abord par remercier amicalement le site de partage littéraire livraddict ainsi que les Editions Milady pour ce partenariat.

Lorsqu'il s'agit de découvrir des nouveaux auteurs en Fantasy, je répond sans aucune hésitation présent. Pour l'avoir noté dans ma wish-list précédemment, j'avais déjà eu vent de cette histoire d'assassin sans pour autant en faire une priorité. Livraddict l'ayant proposé à sa sortie en petit format version Milady, je me suis dit qu'il serait idiot de passer à côté.

Les histoires d'assassins représentent souvent un moment de réflexion sur ce que peut être la valeur d'une vie. On peut aussi s'interroger sur la mince frontière entre le Bien et le Mal. Au delà de tout manichéisme, cette histoire nous plonge dans la noirceur de la nature humaine.

Brent Weeks, dans son premier roman, a choisi de créer un univers noir où la corruption, le meurtre, le viol font partis du quotidien de chacun. Peu d'événements heureux ont lieu.
La société de Cénaria vit dans la fracture sociale et l'inégalité. D'un côté, une poignée de riches, de Maîtres de maison qui ont réussi à tirer quelques ficelles du pouvoir pour obtenir le confort. De l'autre, il y a le peuple qui doit se débrouiller comme il peut face à toute cette misère, cette peur... C'est la loi de jungle, aucune place pour les faibles, la menace est permanente.
Pour couronner le tout, le royaume vit avec une épée de Damoclès prête à tomber à tout moment : l'envahissement et la prise de pouvoir par le Royaume voisin dirigé par un puissant et malfaisant.
Vous l'aurez compris, il est peu enviable de vivre dans ce monde...

Mes premiers pas dans cette histoire furent laborieux. A force d'accumuler les personnages, les points de vue que la narration adopte, on a tendance à se perdre dans ce flot d'informations. Beaucoup de passages inutiles viennent interférer dans la bonne compréhension de cette histoire. Parfois il semble que l'auteur s'attarde sur des éléments futiles alors qu'il en néglige des plus importants. Celui qui m'a frappé le plus est sans doute la manière dont il amène la magie dans son univers. Ce n'est pas clair, pas précis et on se demande, même en ayant terminé le livre, comment cela fonctionne... Quelques précisions sont apportés en fin de roman mais il m'a manqué beaucoup d'éclaircissements.

Pourtant, l'histoire a beaucoup de qualités. Au coeur des bas-fonds du royaume cénarien, on rencontre un jeune voleur, Azoth. Il fait partie d'une guilde dirigé par un être abject nommé "le Rat" mais sa vie va être bouleversée lorsqu'il va vouloir devenir un "pisse-culotte", un assassin professionnel possédant le Don. Il va alors suivre un parcours initiatique des plus terribles où il devra tout détruire pour reconstruire différemment. Il devra supporter la personnalité de son mentor qui n'est autre que la légende vivante des pisse-culotte, Durzo Blint. Son apprentissage est rendu très douloureux par tout ce qui lui arrive, on peut dire que Brent Weeks n'y est pas allé de mains-mortes avec son jeune héros...

Heureusement pour ma patience pourtant mise à rude épreuve, l'histoire devient plus concise au fil des pages et plus centrée sur des éléments importants importants. Passé le dernier tiers, on engrange les scènes d'actions et les rebondissements. Les émotions se succèdent, toutes différentes les unes des autres. La fin laisse présager une suite bien meilleur maintenant que les choses ont été posées...

Un bon roman de Fantasy implique très souvent un héros charismatique, spécial, hors du commun. J'ai pourtant eu quelques difficultés à trouver un quelconque intérêt au personnage d'Azoth alias Kylar le pisse-culotte. Je n'arrivais pas à cerner sa personnalité tellement la cohérence de ses actions laisse à désirer au début. Il est vrai qu'il est délicat d'être constamment sur la brèche entre le bien et le mal. Ceci dit, il aura fallu attendre la deuxième moitié pour qu'il se révèle bien qu'une partie de lui est un mystère. Pour le qualifier, on pourrait dire qu'il est valeureux, courageux parfois même insouciant. Il a en lui une grande sensibilité mais la carapace qu'il a forgé la masque devant ses proches.
Parfois, Kylar fait peur au lecteur dans le sombre où il se laisse aller à ses pulsions les plus sombres.
Un personnage énigmatique dont j'espère découvrir encore plus au fil des tomes.

Comme je l'ai évoqué plus haut, l'auteur adopte des points de vue multiples sur divers personnages même ceux à l'importance négligeable. Il y a ainsi un pléthore de personnages secondaires de telle sorte qu'il est facile pour le lecteur de s'emmêler les pinceaux... Une fois les repères mis en place et les liens entre eux mémorisés, la lecture s'en trouve plus agréable.
A l'image du héros, il est difficile de savoir si les autres acteurs de l'histoires oeuvrent pour le Bien ou le Mal. C'est relativement déstabilisant mais cela permet de coller à l'univers.
Le meilleur exemple reste incontestablement Durzo Blint, le plus grand pisse-culotte de tous les temps. Son caractère impulsif, souvent violent n'aident pas à sa bonne image. On reste parfois dubitatif face à ses motivations. Sans dire que je l'ai apprécié, je ne peux que concéder qu'il apporte un intérêt et de la complexité à l'histoire.
Certains personnages secondaires auraient mérité un développement plus poussé. En effet, on a tendance à trop effleurer le nécessaire pour s'attarder sur certains plus futiles. On rencontre ainsi Madame K., la "maîtresse des plaisirs", patronne de la prostitution, Jarl et Poupée, des amis d'enfance d'Azoth ou encore Logan Gyre, le prince au destin tumultueux. Cependant, arrivé à la fin de ce premier tome, on reste sur notre faim, on aurait aimé les cerner plus.
Espérons que ce désagrément soit réparé par la suite.

Le style de Brent Weeks est loin de faire parti des meilleurs dans le genre. C'est assez rude, nerveux et cela manque de finesse. On manque de descriptions surtout au niveau des personnages et de la magie. Ceci dit, on sent la maîtrise s'installer au fil des pages. On pourra aussi concéder à cet auteur en devenir un talent notoire pour donner du rythme et de l'entrain à son histoire. Pour un coup d'essai, force est de constater qu'il dispose d'un talent certains et qu'il faudra compter sur lui à l'avenir...

Sentiment mitigé à la fin de cette lecture qui m'a trop souvent laissé perplexe. Néanmoins, les personnages ont fini par susciter mon intérêt, l'intrigue a trouvé ses marques pour mettre l'eau à la bouche du lecteur pour la suite. Tout ce qui est nécessaire pour motiver à lire la suite. Ce sera donc avec plaisir que j'attendrai Kylar au tournant dans le deuxième volet de l'Ange de la Nuit. Ce livre divisera sans aucun doute les aficionados de la Fantasy mais je le recommanderai tout de même. Je donne donc un 14/20 à ce premier volet.

samedi 25 juin 2011

Les Dossiers Dresden, tome 4, Fée d'Hiver


Résumé : Depuis que son ex-petite amie l'a quitté pour en apprendre plus sur ses nouveaux appétits sanguinaires, tout va mal pour Harry. Il ne peut plus payer son loyer, ses amis ne lui parlent plus, et il n'a pas pris une douche depuis... allez savoir. Le seul magicien professionnel de Chicago n'est plus qu'une loque humaine. Il pensait avoir touché le fond, mais non : la Reine de la Cour d'Hiver des fées lui fait une offre qu'il ne peut refuser, s'il veut racheter sa liberté auprès de sa marraine féerique... et conjurer sa malchance. Pour cela, il doit retrouver l'assassin du Chevalier de l'Eté et innocenter la Reine de l'Hiver. C'est déjà pas simple... et Harry a tôt fait de découvrir que le sort du monde dépend de son succès ! On ne lui met pas la pression, déjà...

Mon avis : Depuis ma découverte de la saga des Dossiers Dresden, les aventures du magicien le plus malchanceux qu'il soit m'ont toujours séduites. Un humour décapant parfois caustique, un univers de plus en plus étoffé, des intrigues rocambolesques... Un très bon cocktail dont l'efficacité est certains.

Nous retrouvons ainsi notre magicien après son évacuation miraculeuse du repère vampirique de la cour Rouge. Malheureusement, la politique est toujours une affaire délicate. Aussi va-t-il découvrir que son acte a perturbé l'équilibre millénaire entre les diverses forces. La guerre s'annonce et Harry semble le seul à même de pouvoir changer la situation après une proposition alléchante de la Reine d'Hiver.

L'intrigue démarre tambour battant avec une intrigue extrêmement développée et bien amenée. Entre machinations politiques et embuscades tonitruantes, cet opus disposait de tous les atouts des autres tomes avec peut-être un peu plus de précision dans l'action et de développement dans l'intrigue. Malheureusement, l'histoire tend à s'essouffler par manque de mordant et peut-être à cause d'une légère redondance dans l'intrigue. C'est pourtant très sympathique (comme toujours) à suivre mais j'ai fini par le lasser... Le final n'a pour moi pas été à la hauteur. Bien que surprenant, il n'est pas sensationnel dans la surprise.
Par contre, pour ne pas paraître désabusé (^^), il m'est apparue que ce tome était très drôle, plus que les deux précédents du moins ce qui n'a pas été sans me rappeler le tout premier dont les répartis hilarantes m'avaient marquées.

Plus de Susan, plus de Mikaël, une Murphy toujours transfigurée, un Bob toujours si peu présent... Les amis de Harry se raréfient comme le témoignent la quatrième de couverture. Dans un premier temps, j'ai été quelque peu déçu car ces protagonistes avaient mis leur empreinte sur l'univers et les relations tissées avec Harry demandaient à être plus approfondies. Ceci étant, après cette sensation de léger manque, je me suis rendu compte qu'ainsi, on était plus focalisé sur le héros. On a pu ainsi découvrir chez lui de nouvelles facettes mais aussi creuser sa sensibilité masquée. Harry Dresden est un anti-héros certes mais qui fait preuve d'un remarquable courage face à des situations qui paraissent insurmontables.
A part ceux que j'ai cité, nous voyons de manière récurrente un loup-garou du nom de Billy qui affiche une personnalité que je qualifierais de fade. Il fait pourtant preuve lui aussi de courage mais je n'ai pas réussi à définir ce personnage. Certaines créatures m'ont plus en revanche mais je ne voudrais pas nuire à votre future découverte!

Dans cette saga, il ne faut pas attendre de Jim Butcher une écriture fleurie dont on se rappelle longtemps. En effet, il faut savoir vers quoi on se dirige et ce que fait Jim Butcher, même si ce n'est pas de la grande littérature, reste très efficace. De plus, on pourra juger son humour certain grâce à des sorties totalement imprévisibles. Sans adorer, je témoigne que pour un bon moment de détente, son style marche du tonnerre!

Même si j'ai eu le sentiment de moins me régaler sur cette aventure que la précédente, je n'aurai de cesse de conseiller cette saga à tout amateur d'Urban Fantasy simple et efficace. On en ressort pas exalté mais au moins, le sourire est coin des lèvres. Vivement la suite! (D'ailleurs, qui veut faire une pétition avec moi pour que Milady continue sa publication des aventures d'Harry :D ? ). Je donne un 16/20 à ce roman!

Cette lecture a été réalisée en compagnie de :

mardi 21 juin 2011

Mercy Thomson, tome 5, Le Grimoire d'Argent de Patricia Briggs


Résumé : Mercy Thompson vient de passer les deux derniers mois à tenter d'échapper aux griffes de la Reine des vampires. Et maintenant le chef des loups-garous de la ville a besoin de son aide.
Un grimoire renfermant les secrets des faes vient d'être découvert et le monde est sur le point d'apprendre à quel point ces derniers sont impitoyables... et dangereux.Mercy ne cracherait pas sur quelques jours de vacances...

Mon avis : Toute personne suivant mes péripéties littéraires connaissent l'intérêt que je porte pour la saga Mercy Thomson depuis le premier tome. Sortant du lot notamment grâce à une héroïne complète, non superficielle ainsi que des personnages hauts en couleur et des intrigues ô combien surprenantes et palpitantes. Pourtant, comme on dit "toutes les bonnes choses ont une fin" et c'est ainsi que pour une fois, la saga m'a un peu déçu!

C'est avant tout par la lenteur inhabituelle de l'intrigue qui m'a interpellée. Il a fallu pas moins de 150 pages soit un tiers du livre pour que je me sente imprégné de l'histoire.
Pourtant, l'histoire ou plutôt les deux intrigues entremêlées avaient le potentiel pour nous entraîner dans une aventure rocambolesque d'où la sensation de manque de consistance.
D'un côté, nous avons l'intrigue relative au titre concernant le grimoire d'argent, un artefact faë particulièrement mystérieux qui attire les convoitises des êtres les plus puissants. Malheureusement, cette partie qui engageait pourtant une dose de confrontations magiques et physique substantielle est laborieuse. Les rebondissements sont en effet rares et les échanges longs et plats.
L'autre partie m'a bien plus séduit. En effet, on s'immisce au sein même de la meute agitée par des luttes internes de pouvoirs amenée par la jalousie des soit disant "laissés pour compte". En effet, par le choix de Mercy pour compagne, Adam s'est attiré les foudres des loups-garous les plus conformistes qui ne supportent pas l'idée que le second de la meute soit une changeforme et non une louve. Cette partie a su me faire retrouver tout ce qui fait l'attrait de la saga à sa voir une tension palpable et des rebondissements rocambolesques. Aussi, mon appréciation globale en fût renforcée.

Concernant les personnages, je n'ai pas été autant été impressionné par leur spontanéité et leur force de caractère. Seul Adam, l'Alpha, a éveillé en moi un intérêt particulier. En effet, depuis notre rencontre, il s'avère que son rôle de chef de meute l'oblige à garder une emprise totale sur ses émotions. Dans ce cinquième tome, il nous ouvre les portes de son coeur et montre au lecteur qu'il n'est pas simplement un chef hors pair et un compagnon attentionné et protecteur.
En revanche, Mercy m'a quelque peu déçue. Enfin... tout est relatif comme dirait mon cher ami Einstein (hum). En réalité, chaque tome auparavant était synonyme d'une découverte plus approfondie de l'héroïne. Or ici, même si elle fait toujours preuve de tempérament, elle est souvent spectatrice des événements importants. Ceci explique peut-être pourquoi je ne me suis pas senti aussi investi qu'avant...
La plus grosse surprise est venue de Samuel qui, du jour au lendemain, se laisse sombrer dans une mélancolie ravageuse. Il pourra compter sur le soutien indéfectible de Mercy mais sa guérison n'es pas des plus aisées...
Peu de nouveaux personnages dans ce tome mais nous approfondissons un peu plus quelques loups-garous de la meute dont Mary Joe mais cela, je vous laisserai le découvrir par vous-même.

Il est difficile de rajouter quelque chose sur le style de Patricia Briggs qui ne subit de modifications conséquentes. On reste dans la simplicité, l'efficacité bien que, pour une fois, ce dernier paramètre soit négligé en partie. Cet auteur reste tout de même une référence incontestable dans le genre.

Je retiendrai de ce tome qu'il faut parfois mettre son enthousiasme en veille lorsque aborde un nouveau tome d'une saga que nous considérons comme phare. Ceci dit, même si je n'ai pas été happé comme à mon habitude, je conseillerai toujours aussi avidement cette saga référence. Je serai curieux de découvrir si le sixième tome saura me reconquérir !
J'attribue un 13/20 à ce tome.

samedi 4 juin 2011

Mensonges sur le Divan d'Irvin D. Yalom

Mon Avis : Ernest Lash, étoile montante de la psychanalyse californienne, n'a rien à envier à personne, jusqu'au jour où il décide d'abandonner sa formation clinique pour une approche plus sincère et plus intime de la thérapie. La patiente de cette expérience limite sera la troublante et séductrice Carol Leftman. Mais cette avocate rusée, persuadée que son mari, ancien patient d'Ernest, l'a quittée sur les conseils du thérapeute, semble avoir un tout autre projet. Rapidement submergé par l'étrange relation de séduction qui s'instaure avec la jeune femme, Ernest se confie à Marshalle Streider, son ancien tuteur. Mais celui-ci est aux prises avec ses propres démons : aveuglé par son ambition, il s'est laissé piéger par un faux patient, mais véritable escroc. Marshall se tourne vers une avocate de renom, Carol Leftman... Dans ce roman où les peronnages ne cessent de se croiser, y perdant toutr à tour leurs convictions les plus intimes, Irvin Yalom explore la part d'ombre de la relation psychanalytique, qu'elle ait pour nom ambition, désir ou argent.

Mon avis : Les éditions Point Deux, pour leur lancement, ont décidé d'établir un catalogue plus que diversifié. En témoignent les oeuvres déjà parues. Je tiens aussi à remercier chaleureusement Jérôme pour m'avoir donné la chance de découvrir ce roman génial!

Le sujet de la psychologie est un élément dans le monde de la littérature que j'affectionne particulièrement. Par habitude, je m'intéresse à la manière dont les personnages sont créés ainsi que les relations qui se tissent entre eux. Je dois dire que ce roman fut presque une révélation en la matière. En effet, chaque personnage est façonné de manière incroyable. L'auteur, de par sa formation et sa pratique de la psychiatrie, dispose d'une totale maîtrise de la psychologie des personnages. Chacun est creusé et développé de manière substantielle. Le lecteur arrive à s'imaginer sans peine chaque protagoniste dont on remarque l'évolution après chaque entrevue qu'elle soit hors ou en cabinet.
A travers les consultations et la thérapie, Irvin D. Yalom, repousse les limites des rapports patient/praticien en se lançant dans un "jeu" original" : la manipulation du thérapeute via une histoire fictive.
C'est ainsi qu'il crée le personnage de Carol, brillante avocate au passé tortueux dont le mari, Justin, un homme sans personnalité qui vit par procuration, la quitte brusquement pour une jeune midinette. Elle met ainsi en place une stratégie visant à se venger de lui par l'intermédiaire de son thérapeute, Ernest, un éminent psychiatre qui n'a pas pour habitude d'être conventionnel.
Sans en dévoiler trop, il apparaît nettement que, aussi machiavélique soit-elle, le personnage de Carol est fascinant tant son intelligence et sa motivation vengeresse impriment un impact notoire sur le lecteur.
Ernest, l'original thérapeute apparaît au début un peu "plan plan" car il dégage une personnalité peu charismatique. Ceci dit, même si je n'ai pas toujours été convaincu par sa pratique de la thérapie, j'ai appris à apprécier sa volonté maximale de soigner (rare de nos jours) ainsi que sa sincérité.
Nous avons aussi l'occasion de suivre un autre thérapeute à savoir Marshal qui n'est autre que le superviseur d'Ernest. Contrairement à son collègue, lui excelle dans la pratique conventionnelle de la psychiatrie analytique. Il est ambitieux, d'apparence inébranlable mais attention, personne n'est à l'abri...
D'autres personnages croisent la route des principaux mais trop en dire serait gâcher une partie du roman.

Concernant l'intrigue, j'ai eu quelques hésitations avant de lire ce roman traînant des appréhensions quant au sujet, la psychologie, sur un livre entier. Je me suis lancé et j'ai été fasciné par cette histoire truffée de surprises en tout genre.
Le rythme est toujours agréable. On n'entre jamais dans l'action pure mais on suit avec un intérêt croissant les échanges enlevés.
Petit bémol qui n'en est pas un : je pensais que tout le roman serait basé sur la relation entre Carol et Ernest mais en fait, d'autres intrigues habitent cette oeuvre la rendant plus complète.

Le style est accessible mais la quantité de savoir est conséquente. Bien entendu, il est préférable d'avoir de l'intérêt pour la psychologie mais tout lecteur peut y trouver son compte. De plus, l'auteur ne se cantonne pas à ce simple sujet mais beaucoup d'autres comme par exemple le Poker. J'ai pu constater son don incroyable pour créer des personnages complets et imprévisibles.

Pour conclure, je dirais que ce livre fut l'une des plus belles surprises de l'année et bien évidemment, je le range dans les coups de coeur. Un livre que je conseille sincèrement à tous même ceux qui seraient rebutés par le sujet. Je lui donne donc un 18/20.

jeudi 19 mai 2011

Hunger games, tome 2, L'Embrasement de Suzann Collins

Résumé : Après avoir gagné les Jeux de la Faim, Katniss Everdeen et Peeta Mellark retournent dans leur district. Alors que la "tournée de la victoire" dans le pays est sur le point de commencer, elle est visitée par le président de Panem. Il explique que le tour qui leur a permis de sortir tous deux vainqueurs des jeux, considéré comme un acte de rébellion envers le Capitole, donne des idées aux 12 districts du pays.

Il la menace de tuer son meilleur ami, Gale, si elle ne peut prouver à tout Panem que son acte n'était pas une provocation, mais un acte irréfléchi commandé par son amour fou pour Peeta.

Mon avis : Après la franche réussite de la lecture du premier tome. La suite s'imposait d'elle-même dans ma PAL. Pourtant, je nourrissais quelques appréhensions car il me semblait que le premier se suffisait à lui-même. Seule la fin permettait une ouverture intéressante pour maintenir l'espoir d'une trilogie qui tenait la route. Je suis bien content d'être totalement fourvoyé !

D'après ce que j'en avais entendu, j'avais peur que l'intrigue sombre dans le "réchauffé" mais Suzann Collins m'a bluffé car elle a repris tous les bons ingrédients du tome 1 pour en faire une suite logique, quelque peu attendue mais dont le pouvoir addictif est certain.
Comme dans le premier tome, on doit attendre une importante partie du livre pour que "les choses" sérieuses reprennent. Ceci dit, l'envoûtement général et les interrogations multiples créent une ambiance palpitante où les chapitres se suivent et les pages ne cessent de tourner d'elle-même pour atteindre un dernier quart rocambolesque et un final en apothéose. Le lecteur est totalement happé par ce mélange d'aventure guerrière impitoyable et d'émotions pures.
Ceci dit, on pourra émettre un léger bémol quant à la prévisibilité de certains passages de l'histoire mais il est pardonnable en oubliant pas au passage que c'est une lecture Jeunesse.

D'ailleurs, il apparaît qu'avec le style simple, la facilité d'anticipation est le seul facteur qui nous ramène à un livre Jeunesse. En effet, la dureté et la cruauté de certaines scènes peuvent à mon sens apparaître comme choquantes. Dans ce monde futuriste où règne la terre du Capitole, la liberté d'expression et la justice n'ont plus de sens. La moindre entorse au règlement est passible de sanctions totalement disproportionnées, souvent la mort humiliante et gratuite.
Cela pourra faire penser à certains à des dictatures actuelles ou passées. A d'autre, cela amènera une réflexion sur les dérives de la sociétés et jusqu'où elle peut conduire... Dans un sens, ce genre de dystopies permettent de relativiser dans une certaine mesure ce que l'on reproche à notre société actuelle mais n'intellectualisons pas trop les choses, ce roman doit juste se savourer comme il se doit...

Par rapport au premier tome, il m'a paru flagrant que les personnages ont gagné en profondeur, ils sont plus charismatiques, plus travaillés.
Katniss dispose toujours d'un courage admirable et ses failles la rendent d'autant plus réaliste. Elle dévoile de nouvelles facettes de sa personnalité, se surprend à endosser un rôle qu'elle n'aurait jamais pensé pouvoir supporter quelques mois plus tôt. Je n'avais ressenti un réel attachement pour cette héroïne par le passé mais mon impression a rapidement changé au vu de l'aventure qu'elle mène.
Quant à Peeta, il rompt dans une certaine mesure avec la perfection agaçante qu'il semblait afficher d ans le premier tome. Il en était rendu peu crédible (non non je ne suis pas jaloux^^) mais intéressant. Ici, on apprend à s'y attacher car son évolution est bénéfique.
Il y a aussi Gale, moins présent mais souvent victime. Aussi nous offre-t-il quelques moments forts. Je ne dirais pas qu'il m'a ému mais il a contribué à des scènes très marquantes du récit. (Par contre, je laisserai ces demoiselles l'honneur de choisir quelle team elles préfèrent, Peeta ou Gale^^).
La plus grande surprise m'est venue d'Haymitch qui ne se contente plus d'être l'alcoolique arrogant et névrosé pour nous dévoiler sa nature de fin stratège et de guerrier impitoyable.
Quelques autres personnages apparaissent, des autres disparaissent et dans l'ensemble, ils sont tous très convaincants...

Dans le genre, je vois difficilement comment une dystopie orientée jeunesse peut être mieux dirigée. Certes, Suzann Collins n'emploie des grands mots formant de magnifiques phrases mais elle montre au lecteur combien l'utilisation de mots simples bien placés est intéressant et tout aussi efficace. De plus, elle sait parfaitement comment amener l'émotion ainsi que l'humour sans tomber dans le détestable mélodrame. Une seule chose me reste à faire : m'incliner devant son talent!

Le premier n'avait été qu'une bonne lecture, celui-ci se range dans le club très fermé des coups de coeur. A part quelques faits prévisibles, je ne vois pas ce qui pourrait être reproché à se roman que je recommande à tous même les plus rebutés de la Science-Fiction. Je me demande ce que va me réserver ce troisième tome qui, je l'espère, corrigera le seul défaut attribué. Je donne donc un 18/20 à ce superbe moment de lecture !



dimanche 15 mai 2011

Kate Daniels, tome 2, Brûlure Magique d'Ilona Andrews


Résumé : Kate Daniels, mercenaire spécialisée dans le "nettoyage" des problèmes surnaturels, en a vu des choses inouïes...
mais pas ça: un véritable tsunami d'énergie magique, durant lequel les dieux eux-mêmes vont revenir! C'est en s'engageant à retrouver des cartes volées à la Meute, le clan des Changeformes, qu'elle découvre que ces puissances divines entament un combat épique: elles s'affrontent dans l'espoir de renaître! Kate doit tout faire pour éviter le cataclysme...

Mon avis : Rappelez-vous... Ma première rencontre avec cette jeune guerrière Kate n'avait pas été très fructueuse. Pire, c'était presque une catastrophe tant au niveau du style que de l'histoire. Cependant, l'univers très bestial et relativement original de cette aventure m'avait conduit à tenter la suite de la saga. Malheureusement, même si j'ai fait l'effort de continuer et que ce tome m'a plus accroché que le premier, je tire un trait définitif sur la saga...

La raison la plus prépondérante pour laquelle je souhaite terminer mon aventure dans cet univers est tout simplement que l'héroïne me laisse de marbre à tout point de vue. En effet, d'une attitude toujours encline au combat avec tout le courage que cela implique, elle m'est apparue pourtant très fade. En fait, je l'ai toujours vu de la même façon : une femme forte, une guerrière impitoyable... Jamais je n'ai pu entrevoir une faille me permettant de m'attacher à elle. Elle ne m'a pas fait rire non plus... Enfin, le seul moment où elle n'est pas centré sur son "enquête", elle déblatère les sentiments qu'elle éprouve pour Curran ce qui ne m'a guère intéressé au vu de la niaiserie des scènes...
Je ne parlerai pas plus des autres personnages, l'héroïne se suffit à elle-même pour montrer ce que j'ai ressenti sur les protagonistes de l'histoire. Même le très puissant Curran qui avait éveillé ma curiosité lors du premier tome m'a ici montré que son côté bestial le rendait caricatural au possible.

L'histoire fût en revanche plus plaisante que dans le premier. L'aération de la narration y a sans doute joué pour beaucoup mais il faut le reconnaître, c'est beaucoup mieux ficelée, ça part dans tous les sens mais l'intrigue garde tout de même une cohérence qui maintient le lecteur dans le roman. Cependant, elle ne m'a pas passionnée, tout juste intéressé.
Comme j'ai pu déjà le dire, dans ce genre, on retrouve pas mal de ressemblance entre les sagas. Dans ce genre de cas, les comparaisons se font plus facilement et je dois dire que cette série est surpassée dans tous les domaines par mes préférées...
L'intrigue est donc sympathique, le final est mouvementé c'est indéniable mais le tout reste assez brouillon.

Le style d'Ilona Andrews a été aussi un facteur décisif dans ma décision d'arrêter la saga. Il n'y a pas d'empreinte, pas de charme. C'est très simpliste, souvent brouillon mais je concéderais volontiers une certaine efficacité dans les scènes d'action pures comme le final. En revanche, pour tout le côté émotionnel, il faudra aller frapper à une autre porte tant les scènes s'accumulent et laissent le lecteur dans une indifférence notoire.

Pour conclure, je dirais que je cherche dans ce genre un certain côté détente que cette saga ne m'a pas apporté. Malgré quelques bonnes idées, je trouve l'ensemble brouillon et sans saveur. Peut-être que l'univers exotique plaira à de nombreuses personnes mais malheureusement, je n'ai pas trouvé qu'il se suffisait à lui-même pour en faire un bon roman dans le vaste monde qu'est la bit-lit.
J'attribue ainsi un 11/20 à ma lecture.

Cette lecture a été réalisée en LC avec des membres de livraddict :

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