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mardi 25 octobre 2011

Mémoria de Laurent Généfort


Résumé : Il travaille pour le compte des grandes Compagnies qui se partagent l'univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité. Immortalité qu'il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tout comme les " crises de souvenirs " qui le terrassent de plus en plus souvent. Au point d'en menacer ses missions. Des souvenirs dont il ne sait même pas s'ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d'un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l'engloutir. Le compte à rebours est engagé...
Mon avis : Tout d'abord, commençons par remercier chaleureusement le site livraddict et les éditions Folio SF pour ce partenariat concernant un titre que je ne connaissais pas et un auteur dont le nom m'était familier sans forcément en savoir beaucoup. En voyant le résumé, je fus intrigué de découvrir cet auteur.
Depuis quelques mois, j'ai malencontreusement perdu l'habitude de lire régulièrement de la Science-Fiction. Seuls quelques titres, dont beaucoup de déceptions, sont à mon actif cette année. Pourtant, la SF est un genre que j'adore et qui a tendance à m'ouvrir beaucoup de perspectives et de pistes de réflexions. C'est un genre très vaste mais où je trouve mon compte dans chaque branche que ce soit de l'uchronie ou du space opéra par exemple.
Dans les livres, il est un exercice que beaucoup affectionnent : développer son imagination. Les auteurs nous aident en général grâce à leurs descriptions qu'elles concernent des lieux ou bien des personnages. Or, dans ce livre, le lecteur est mis à rude épreuve puisqu'il doit imaginer un héros dépourvu de nom et qui n'a pas d'enveloppe charnelle fixe. Difficile alors d'associer un physique à une personnalité... Le héros est en effet un être qui, grâce à une machine unique en son genre, a la capacité de transférer sa conscience dans un autre corps. L'auteur, néanmoins, prend soin de nous décrire chaque "hôte" du héros.On ne sait comment, il est devenu un assassin très côté dans l'univers tout entier. Malheureusement pour lui, il ne se souvient guère de sa vie initiale. Il a même quelques doutes sur sa nature humaine. Au fil des pages, on se rend compte qu'il est tourmenté par ce qu'il nomme "le cauchemar noir". Nous ne pouvons définir en quoi cela consiste mais il semblerait que ce soit quelque chose dans son cerveau qui le pousse à se souvenir des pires souvenirs de ses anciens hôtes. Ce mystère rajoute de l'intérêt à l'histoire et cela aide à s'intéresser davantage au passé nébuleux du héros. Celui-ci se révèle passionnant malgré son absence d'identité propre. Un héros qui se différencie des autres et qui ne m'a pas du tout laissé indifférent.


Pour ce qui est de l'histoire, je suis un peu plus mitigé dans le sens où on aurait dit que c'est simplement un rassemblement de trois nouvelles (correspondant aux trois parties respectives) reliées par une légère passerelle. A part le fait que ce sont trois missions, il n'y a pas de dénominateur commun : la quête d'identité du héros n'est pas le fond de l'histoire sachant qu'elle s'impose à lui.
Néanmoins, chaque mission est prenante, bien ficelée et le rythme imposé au lecteur est très intense. Le final, sans être très surprenant, apporte une fin de qualité et assez logique à cette épopée intergalactique.

Je n'ai pas grand chose à dire sur le style de Laurent Généfort à part qu'il est efficace dans son genre. Très accessible, il crée son univers et son histoire de manière aisée pour que chaque détail soit cohérent avec le passé du héros et l'histoire de leur univers. Ses descriptions apportent une crédibilité à l'environnement et grâce à peu de mots, on est immergé dans l'atmosphère de ces planètes exotiques.

Encore une fois, je remercie livraddict et Folio SF pour cette très bonne découverte. Je conseille à tous les amateurs du genre de s'orienter vers ce livre ou bien un autre de cet auteur. Une histoire comme je les aime à laquelle il manque une vraie trame sur l'ensemble du roman. Cependant, je l'ai lu très rapidement et j'ai ressenti une vraie addiction. Je donne un 16/20 à ce bon roman.

jeudi 19 mai 2011

Hunger games, tome 2, L'Embrasement de Suzann Collins

Résumé : Après avoir gagné les Jeux de la Faim, Katniss Everdeen et Peeta Mellark retournent dans leur district. Alors que la "tournée de la victoire" dans le pays est sur le point de commencer, elle est visitée par le président de Panem. Il explique que le tour qui leur a permis de sortir tous deux vainqueurs des jeux, considéré comme un acte de rébellion envers le Capitole, donne des idées aux 12 districts du pays.

Il la menace de tuer son meilleur ami, Gale, si elle ne peut prouver à tout Panem que son acte n'était pas une provocation, mais un acte irréfléchi commandé par son amour fou pour Peeta.

Mon avis : Après la franche réussite de la lecture du premier tome. La suite s'imposait d'elle-même dans ma PAL. Pourtant, je nourrissais quelques appréhensions car il me semblait que le premier se suffisait à lui-même. Seule la fin permettait une ouverture intéressante pour maintenir l'espoir d'une trilogie qui tenait la route. Je suis bien content d'être totalement fourvoyé !

D'après ce que j'en avais entendu, j'avais peur que l'intrigue sombre dans le "réchauffé" mais Suzann Collins m'a bluffé car elle a repris tous les bons ingrédients du tome 1 pour en faire une suite logique, quelque peu attendue mais dont le pouvoir addictif est certain.
Comme dans le premier tome, on doit attendre une importante partie du livre pour que "les choses" sérieuses reprennent. Ceci dit, l'envoûtement général et les interrogations multiples créent une ambiance palpitante où les chapitres se suivent et les pages ne cessent de tourner d'elle-même pour atteindre un dernier quart rocambolesque et un final en apothéose. Le lecteur est totalement happé par ce mélange d'aventure guerrière impitoyable et d'émotions pures.
Ceci dit, on pourra émettre un léger bémol quant à la prévisibilité de certains passages de l'histoire mais il est pardonnable en oubliant pas au passage que c'est une lecture Jeunesse.

D'ailleurs, il apparaît qu'avec le style simple, la facilité d'anticipation est le seul facteur qui nous ramène à un livre Jeunesse. En effet, la dureté et la cruauté de certaines scènes peuvent à mon sens apparaître comme choquantes. Dans ce monde futuriste où règne la terre du Capitole, la liberté d'expression et la justice n'ont plus de sens. La moindre entorse au règlement est passible de sanctions totalement disproportionnées, souvent la mort humiliante et gratuite.
Cela pourra faire penser à certains à des dictatures actuelles ou passées. A d'autre, cela amènera une réflexion sur les dérives de la sociétés et jusqu'où elle peut conduire... Dans un sens, ce genre de dystopies permettent de relativiser dans une certaine mesure ce que l'on reproche à notre société actuelle mais n'intellectualisons pas trop les choses, ce roman doit juste se savourer comme il se doit...

Par rapport au premier tome, il m'a paru flagrant que les personnages ont gagné en profondeur, ils sont plus charismatiques, plus travaillés.
Katniss dispose toujours d'un courage admirable et ses failles la rendent d'autant plus réaliste. Elle dévoile de nouvelles facettes de sa personnalité, se surprend à endosser un rôle qu'elle n'aurait jamais pensé pouvoir supporter quelques mois plus tôt. Je n'avais ressenti un réel attachement pour cette héroïne par le passé mais mon impression a rapidement changé au vu de l'aventure qu'elle mène.
Quant à Peeta, il rompt dans une certaine mesure avec la perfection agaçante qu'il semblait afficher d ans le premier tome. Il en était rendu peu crédible (non non je ne suis pas jaloux^^) mais intéressant. Ici, on apprend à s'y attacher car son évolution est bénéfique.
Il y a aussi Gale, moins présent mais souvent victime. Aussi nous offre-t-il quelques moments forts. Je ne dirais pas qu'il m'a ému mais il a contribué à des scènes très marquantes du récit. (Par contre, je laisserai ces demoiselles l'honneur de choisir quelle team elles préfèrent, Peeta ou Gale^^).
La plus grande surprise m'est venue d'Haymitch qui ne se contente plus d'être l'alcoolique arrogant et névrosé pour nous dévoiler sa nature de fin stratège et de guerrier impitoyable.
Quelques autres personnages apparaissent, des autres disparaissent et dans l'ensemble, ils sont tous très convaincants...

Dans le genre, je vois difficilement comment une dystopie orientée jeunesse peut être mieux dirigée. Certes, Suzann Collins n'emploie des grands mots formant de magnifiques phrases mais elle montre au lecteur combien l'utilisation de mots simples bien placés est intéressant et tout aussi efficace. De plus, elle sait parfaitement comment amener l'émotion ainsi que l'humour sans tomber dans le détestable mélodrame. Une seule chose me reste à faire : m'incliner devant son talent!

Le premier n'avait été qu'une bonne lecture, celui-ci se range dans le club très fermé des coups de coeur. A part quelques faits prévisibles, je ne vois pas ce qui pourrait être reproché à se roman que je recommande à tous même les plus rebutés de la Science-Fiction. Je me demande ce que va me réserver ce troisième tome qui, je l'espère, corrigera le seul défaut attribué. Je donne donc un 18/20 à ce superbe moment de lecture !



mardi 10 mai 2011

Crépuscule d'Acier de Charles Stross

Résumé : Nouvelle République, planète plutôt arriérée et en tout cas coincée côté culture pour ce XXVe siècle, subit l'invasion du Festival.
Le Festival est une société galactiquement itinérante post-Singularité. Elle fait pleuvoir sur Nouvelle République une nuée de téléphones qui ne disent qu'une chose : « Bonjour. Tu veux bien nous distraire ? »
De la réponse dépend la récompense. Ainsi, des armes.
Il n'en faut pas plus pour déclencher la Révolution. Et pour conduire les autorités à imaginer pour la vaincre de remonter le temps.
Et risquer l'anéantissement de cette partie de la Galaxie, car l'Eschaton déteste qu'on touche à son histoire.
C'est qui, l'Eschaton ?

Mon Avis : Tout d'abord, je tiens à remercier les éditions du Livre de Poche et Livraddict pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir un auteur que je n'aurais sans doute jamais lu. Je poursuis toujours mon retour à la Science-Fiction et je commence à dégager des préférences parmi les branches de ce fabuleux genre mais surtout, à voir qu'il y a des pratiques que je n'aime pas du tout...

Concernant l'intrigue, j'ai commencé ma lecture avec grand plaisir. J'ai posé mes repères tranquillement bien que certains facteurs m'aient perturbés. L'univers dans lequel nous sommes plongés est au départ très simple, intéressant mais il se densifie rapidement. L'intrigue est elle-aussi très dense car on alterne sur de longs passages entre une intrigue d'espionnage, de la politique intergalactique, des calculs machiavéliques pour le pouvoir, de la stratégie militaire et en enfin, des passages purement scientifiques. Cela m'a parfois fait perdre mes repères mais globalement, l'histoire m'a passionnée.
Ceci dit, j'en ai tiré une conclusion personnelle : les batailles intergalactiques où seuls des vaisseaux spatiaux et leurs armements respectifs sont mis en scène ne font pas partie des aspects de la Science-Fiction que j'apprécie.
Enfin, j'ai trouvé que la fin était soignée, complexe et même surprenante dans certains aspects.

Comme dans un bon nombre d'oeuvres de Science-Fiction, il y a un pléthore incroyable de personnages divers et variés. Leurs noms sont pour la plupart... spéciaux et il n'est pas toujours aisé d'anticiper de manière à savoir quels sont les personnages importants de l'histoire. De plus, nous passons parfois de très longs moments avec les même ce qui implique quelques difficultés de repérage.

J'ai particulièrement aimé les deux personnages principaux de l'histoire, Rachel et Martin, principalement leur complémentarité. Elle est plutôt d'un tempérament affirmé, forgé par de nombreuses années de "combats verbaux". Lui, en revanche, semble réservé, introverti mais au fil des pages, il nous montre qu'il faut toujours "se méfier des apparences".
On rencontrera aussi l'insupportable Vassily, jeune militaire conditionné ainsi que de nombreux autres vils personnages avides de pouvoir et totalement formatés dans leur système où la liberté n'existe plus dans le dictionnaire.
On se demande aussi, pendant tout la durée du livre ce qu'est ce fameux Eschaton. On tergiverse déjà à savoir si c'est une entité physique, une autorité caché ou tout simplement l'appellation d'un quelconque dieu. A vrai dire... Je n'ai pas réussi à donner une réponse à cette question. Mes quelques décrochages sont sans doute à l'origine de cette lacune...

Le style de Charles Stross est à la fois la principale qualité mais aussi le défaut majeur du roman. En effet, l'écriture m'a semblée dès le départ déluré, je me suis dit que l'auteur méritait sa réputation de "déjanté". L'humour qu'il distille est particulièrement loufoque mais très souvent, on sent qu'il part dans ses délires et pour le lecteur, c'est perturbant. En revanche, je m'incline devant son imagination, sa capacité à mélanger les genres etc. Ceci dit, je préfère prévenir, il y a quelques passages de Physique très pointus et le peu de connaissances que j'ai n'a pas toujours suffit.

En conclusion, je dirais que je ne regrette pas cette lecture qui m'a emmené sur de nouvelles voies dans la Science-Fiction. Il n'est pas très accessible mais c'est un bon ouvrage pour les adeptes du genre. Certains y verront que cela part dans tous les sens, ce que je peux concéder mais j'ai été au final plutôt conquis.
j'attribue un 15/20 à cette lecture et je remercie encore une fois livraddict et les éditions du Livre de Poche.

mardi 26 avril 2011

L'Ennemi dans l'Ombre, tome 2 de David Weber


Résumé : Michelle Henke n'a jamais voulu se mêler de politique. Les circonstances en décident autrement. Contre-amiral de la Flotte de Manticore, comtesse du Pic-d'Or, cousine de la reine Élisabeth, cinquième dans la lignée de succession au trône, elle est aussi... la meilleure amie d'Honor Harrington. Or les temps changent et les événements se précipitent. Prisonnière de guerre, ambassadrice interstellaire malgré elle, nommée vice-amiral, la voici plongée dans un conflit lointain et pourtant décisif. Car l'ennemi dans l'ombre s'active et la conspiration qu'il ourdit est bien plus vaste et profonde qu'on le croit, et ses moyens considérables. L'ennemi dans l'ombre développe et enrichit la trame de la saga Honor Harrington, depuis Plaies d'honneur et Coûte que coût, jusqu'à L'ombre de Saganami.

Mon avis : Une nouvelle fois, je tiens à remercier chaleureusement les Editions L'Atalante ainsi que livraddict pour ce partenariat.

Souvenez-vous, il y a quelques jours, je postais ma chronique du premier tome de ce diptyque. Je souhaitais persévérer dans ce livre pour voir si l'action allait être plus centrée mais surtout, pur savoir si j'arriverai à me repérer enfin dans cette histoire au milieu de ce pléthore de protagonistes et au milieu de ce jeu diplomatique fictif.

Malheureusement (et cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé), je n'ai pas pu finir ce livre. En effet, je comprenais vraiment pas ce qu'il se passait, il y avait trop de personnages pour trop peu d'actions.

Dans la chronique du premier tome, j'ai sciemment omis de vous parler de mon ressenti envers les personnages. L'explication est simple, j'attendais de savoir si je pourrai faire ressortir une ou deux personnalités qui m'auraient apportées quelque chose mais cela n'a pas marché.

Le peu que j'ai retenu de chacun est qu'ils excellaient respectivement dans leur rôle diplomatique et militaire. On reste spectateur de ces protagonistes quasi parfaits dont l'intelligence est certes aiguisée mais qui, émotionnellement parlant, ne dégagent rien.

Je réitère ma pensée : David Weber excelle dans ce qu'il a voulu faire. Il a créé ce diptyque dans son univers déjà façonné, il a composé une intrigue basée sur un jeu d'échec interstellaire, il a crée des personnages charismatiques remplissant leurs fonctions militaires avec brio mais je n'ai pas réussi à m'y intégrer.

Pour finir, je pense que je ne réitérerai pas l'expérience avec cette auteur mais... qui sait?

Je m'abstiendrais de mettre une note car je n'arrive pas à être le plus objectif possible.

Encore merci à livraddict et aux Editions l'Atalante.

mercredi 20 avril 2011

L'ennemi dans l'Ombre, tome 1 de David Weber

Résumé : Michelle Henke combine plusieurs femmes en elle : contre-amiral de la FRM, comtesse du Pic-d Or, cousine de la reine Élisabeth et cinquième dans l ordre de succession au trône, meilleure amie d Honor Harrington, elle ne s est jamais poussée du coude. Elle se satisfait de commander un escadron de croiseurs de combat et n a jamais apprécié la politique.
Tout cela va changer désormais. Promue vice-amiral à l issue de la bataille de Solon (Coûte que coûte), envoyée en renfort de l amiral Khumalo et d Aivars Terekhov (devenu commodore) dans l Amas de Talbot, elle va devoir affronter une conspiration interstellaire plus vaste que le Royaume stellaire ne l a jamais imaginé. Car, nullement découragés par l échec de leur opération en Monica (L Ombre de Saganami), les dirigeants du système de Mesa sont bien l ennemi le plus dangereux du tout nouvel Empire stellaire de Manticore. Plus puissants et ambitieux que ne pourrait le laisser croire leur façade, l entreprise Manpower, vouée au commerce des esclaves génétiques, ils mettent au point une nouvelle machination visant à provoquer une guerre ouverte entre Manticore et la gigantesque Ligue solariennne.

Mon avis : Tout d'abord, j'adresse un grand remerciement au site livraddict et aux éditions l'Atalante pour ce partenariat. J'ai pu ainsi découvrir un auteur renommé de Science-Fiction : David Weber.

Un petit rappel s'impose. La Science-fiction, sous la plupart de ses aspects et de ses sous-branches, est un domaine que j'affectionne particulièrement car il mélange souvent philosophie, technologie et action. En littérature, je l'avais quelque peu abandonnée au profit de la Fantasy ou encore de a Bit-Lit. J'ai décidé aussi de changer cela et de m'y remettre avec des auteurs considérés comme des pointures. Visiblement, Weber n'était pas ajusté à la mienne...

En choisissant ce partenariat, j'avais vu que ce diptyque se déroulait dans un univers déjà façonné, celui d'Honor Harrington que les aficionados de la Science Fiction connaissent sans doute.
J'espérais au moins que "l'atterrissage" dans cet univers allait être fait en douceur avec des rappels sur les personnages, leurs rapports, les planètes etc. Malheureusement, j'ai eu la sensation qu'il fallait mieux avoir lu tous les autres livres de la saga pour pouvoir prendre ses aises et s'installer confortablement dans cette lecture. Par conséquent, c'est un total sentiment de désorientation qui m'a habité des les premières pages... pour ne plus me quitter.

Si, à la fin de premier tome, on m'avait demandé : "En un mot, comment pourrais-tu résumer cette oeuvre?", j'aurais rétorqué tout simplement "TROP".
Alors certes, dans l'exercice du genre, c'est le summum : stratégies militaires, technologies futuristes, diplomatie/politique. Quand c'est disséminé de manière à amener une histoire excellente, je suis preneur mais là, les rebondissements sont vécus indirectement par le lecteur mais surtout, comme ces jeux diplomatiques sont fictifs, ils n'apportent que peu sur des chapitres et des chapitres.

Ainsi, j'ai vécu des décrochages multiples, le pléthore de personnages me faisait m'interroger sur qui était qui et qui faisait quoi mais surtout, un désintérêt total...

Comme je l'ai évoqué, je pense que dans le genre, c'est un must Weber a un talent incroyable pour construire un univers et tout ce qui l'habite. Ainsi, deux questions me sont venues à l'esprit : "Cette sous catégorie de la SF me convient-elle?" ; "Suis-je passé à côté en raison de ma méconnaissance de l'Univers en question?". Je n'ai pas encore la réponse et c'est pour cela que je continue l'aventure dans la seconde partie et pour le moment, ce n'est pas gagné...

La suite au prochain épisode :)

dimanche 3 avril 2011

La Route de Cormac McCarthy


Résumé : L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie.

Mon avis : Tout d'abord, un grand merci à Jérôme des Editions Point Deux pour m'avoir fait partager ce nouveau format qu'est l'ultra-poche.

J'ai lu ce livre il y a environ un mois et j'en garde toujours un souvenir intact. Il y a des livres qui vous marque par leur contenu, leur originalité ou bien leur émotion. Celui-ci ne m'a marqué pour aucune de ses raisons... En effet, en refermant le livre, je me suis demandé ce que je pouvais en dire, en penser parce que c'est tout simplement... spécial.

On m'avait prévenu que ce roman était étrange et plus particulièrement le style le l'auteur. Je n'ai pu que constater que c'était bizarre, inconnu pour moi. Il nous plonge dans un univers post-apocalyptique où l'obscurité, la mort et le froid sont les seuls (et derniers) compagnons de l'homme. Sa plume est calée sur son univers : elle fait froid dans le dos. C. McCarthy a selon moi réussi ce qu'il voulait mais ce n'est pas pour tous les goûts... Je suis amateur d'ambiances étranges où les émotions des protagonistes est palpable et là... le néant. A l'image du style, je suis resté glacial, de marbre, aucune émotion n'a pu transparaître à cause de cette écriture monocorde et étrange.

S'il y a bien un paramètre qui influe beaucoup sur mon "jugement" sur un livre, c'est la manière de créer les personnages. Dans ce roman, on est en totale distanciation avec les personnages. Pourtant, la relation père/fils est prenante mais la plume (encore une fois) trop lugubre de l'auteur empêche de ressentir pleinement les émotions. Attention, je ne suis pas à la recherche d'écritures larmoyantes qui pousse le lecteur à être ému. Néanmoins, je pense qu'il soit possible de trouver un juste milieu... Il semblerait (et cela se remarque) que c'est un choix de l'auteur en corrélation avec l'ambiance qu'il instaure mais... ça ne passe pas.
D'ailleurs, je ne pourrais vous décrire ces personnages physiquement, ils n'ont même pas d’identité propre. C'est simplement "le père" et le "fils". La rudesse du premier m'a très souvent affligé et l'innocence du deuxième m'a touché... légèrement. Pourtant, le combat que mènent ces deux protagonistes pour survivre est incroyable, le père se démène pour sauver son fils et la fin... impressionnant... mais je n'étais qu'un simple spectateur.

L'année passée, une institutrice, dans un délire pseudo-intellectuel relatif aux livres m'avait parlé de la Route en me disant qu'elle avait apprécié mais qu'au bout d'un moment, elle s'était "engluée" à cette Route. Autant j'étais très réfractaire à sa manière de penser autant sur ce roman, je ne peux que la rejoindre à ce jour...
Le ton est monocorde, les personnages distants, il ne manquait plus qu'une histoire qui tourne en rond... Sans parler d'ennui, ce serait inapproprié, je n'ai rien trouvé d'exaltant dans cette histoire. Les deux héros avancent sur cette fameuse route et rencontre des obstacles. Ils les passent jusqu'à l'obstacle suivant et ainsi de suite. J'entre quelque peu dans la caricature mais avec du recul, c'est un peu ce que j'en retiens. Certes, des passages sont trépidants mais cela reste assez conventionnel.

Sévère, éternel insatisfait... beaucoup de qualificatifs pourraient m'être attribués après des billets comme celui-ci mais pourtant, il faut savoir que je n'ai pas détesté ce roman. C'était une nouvelle expérience et elle était tout à fait enrichissante. Je pense sincèrement que ce livre puisse plaire mais il faut que l'émotion parvienne jusqu'au lecteur, chose qui ne s'est pas produite avec moi. Cormac McCarthy a réussi ce qu'il a entrepris, rien à redire sur le sujet. Ma chronqiue est donc assez négative mais je donne quand même un 12/20.


mardi 4 janvier 2011

L'Orphelin, tome 1 : Les Orphelins de Robert Buettner

Résumé : Le premier contact de l’humanité avec une force extraterrestre sème la désolation sur Terre: des projectiles venus de Ganymède, l’une des lunes de Jupiter, réduisent des villes entières à néant. Face à cet état de siège, le monde mise sur une contre-attaque désespérée. Dans un vaisseau spatial rafistolé et armé de reliques datant de la guerre du Vietnam, des fantassins semblables à Jason Wander, tout juste âgé de dix-huit ans, des orphelins qui ne manqueront à personne, doivent embarquer pour le premier voyage interplanétaire de l’histoire afin d’envahir Ganymède. Pour mener L’offensive, ils ne disposent que d’un seul vaisseau et d’une seule chance. S’ils échouent, nous disparaîtrons.

Mon Avis : Je tiens en premier lieu à remercier les éditions Eclipse et le site livraddict pour ce partenariat.
Constatant que l'année 2010 était relativement pauvre en Science-Fiction, genre que j'affectionne particulièrement, j'ai voulu "remédier" assez vite à cette lacune. J'avais suivi l'actualité du lancement d'Eclipse et j'avais hâte de découvrir leurs parutions. Vraisemblablement, je me suis trompé dans mon choix...
Je n'aime vraiment pas "taper" sur un livre reçu en partenariat mais je préfère être honnête car c'est sans nul doute le livre de SF que j'ai détesté le plus jusqu'ici.

La première constatation que j'ai pu faire en lisant l'Orphelin est que l'histoire est d'une banalité affligeante... Pour être tout à fait franc, Robert Buettner n'invente strictement rien. Il se contente simplement de reprendre, dans des films ou dans d'autres livres de Science-Fiction, des éléments pour batir une intrigue que je pourrais qualifier d'imposture.
J'ai pu voir après lecture que la trame était calquée sur celle d'un film dont je me souviens peu, Starship Troopers. Je trouve cela vraiment dommage de se contenter de si peu.
A cette banalité se rajoute l'inévitable prévisibilité. En effet, je n'ai jamais été surpris, aucune fois l'histoire a éveillé mon attention par ses rebondissement aussi j'ai décroché à de nombreuses reprises.
Les seuls détails qui ont éveillés ma curiosité furent les quelques descriptions techniques et scientifiques disséminées dans le texte. L'Astronomie est un domaine que j'affectionne, aussi je fus ravi d'apprendre quelques éléments supplémentaire pour ma propre culture.
Une intrigue sans identité et sans vie qui comporte malgré tout un apport culturel.

L'auteur, dans ce roman, dresse un portrait de l'armée que je considère à la fois réaliste et stéréotypé. En effet, le côté réaliste esta apporté par toutes les explications sur la formation, l'organisation, la stratégie. Je dois concéder que je suis loin d'être expert en la matière mais je pense que c'est assez crédible. Cependant, l'accumulation de clichés particulièrement lors des interactions entre les personnages m'a vraiment agacé. J'ai trouvé cela vraiment réducteur et peu flatteur.
Il faut aussi ajouter que, d'une manière peu subtile, l'auteur dissémine des messages qui vont à l'encontre de ma manière de penser. Par exemple, sans en faire l'apologie totale, la guerre devient un élément quasi bénéfique pour l'Humanité, pour la technologie etc. Ce livre est paru en 2004 aux Etats-Unis, je parierais presque sur l'influence de la guerre d'Irak...
Une description de l'armée caricaturale mais intéressante et des opinions propres à l'auteur transparentes ont participé à ce désagréable moment de lecture.

Les personnages qui composent cette histoire ont un point commun : je suis resté totalement indifférend à leur égard. En effet, ils sont relativement peu crédibles et leurs relations le sont encore moins.
Intéressons-nous au héros. Jason est à la fois rendu courageux, vulgaire, dépressif et surdoué. Il y a une volonté assez criante de l'auteur d'en faire d'une part un "super-héros" et d'autre part de nous apitoyer sur son triste sort... Lorsque je m'étais intéressé à ce roman avant sa sortie, je ne m'étais pas méfié du titre qui nous donne en avant-première l'aspect larmoyant du texte. Buettner tire sur cette corde à de nombreuses reprises et pour moi, l'effet fut irrémédiable : j'ai détesté le personnage principal.
D'ailleurs, j'ai relevé une incohérence dans l'histoire par rapport à un sujet que je maitrise. En effet, par le plus grand des hasards, Jason réussi un test qui lui permet de montrer qu'il est surdoué. Je précise que ce test est un test d'adresse et de rapidité. Cependant, sa condition de dépressif l'oblige à prendre du Prozac, médicament dont les effets sont de ralentir le cerveau et donc d'infléchir la rapidité des réflexes naturels. Jason m'est apparu alors comme totalement surréaliste. On nous rabâche plusieurs fois dans l'œuvre que Jason est dépressif et qu'il prend ce médicament comme si on voulait nous prouver à tout prix qu'un militaire peut être sensible et ça, ce n'est vraiment pas à démontrer!!
Les autres personnages m'ont encore moins marqués, je n'arrivais même pas à retenir les prénoms ce qui s'avère être un mauvais point lorsque je lis...
Une absence d'émotion vis à vis des personnages peu crédibles à mon gout, un côté larmoyant irritant et une construction des relations entre eux maladroite ont saboté le peu d'intérêt que je portais à cette lecture.

Le style de l'auteur ne m'a pas particulièrement aidé à entrer dans ce roman et surtout à le trouver attrayant. En effet, même en essayant de ne pas être présomptueux, j'ai trouvé l'écriture vraiment désagréable. Au début, les dialogues insipides et vulgaires se succèdent, il y a peu de descriptions, des phrases très courtes peu travaillées etc. Cela s'améliore modéremment dans la seconde moitié par la présence plus importantes des descriptions tant sur l'action que sur l'environnement. Néanmoins, les répétitions sont nombreuses et certains paragraphes ou phrases sont sans saveur.
Un style très maladroit composé de dialogues futiles ont achevé ma perception de ce roman.

Je préfère redire une nouvelle fois que c'était un partenariat et qu'il n'est pas dans mes habitudes d'aimer "descendre" un livre, encore moins dans ce cas de figure. En revanche, je n'ai pu constaté qu'aucun élément, ou plutôt quasiment aucun, s'avérait positif et j'ai fini par passer un très mauvais moment de lecture.
Je continuerai ma découverte de cette maison d'Edition dont j'entends le plus grand bien surtout en matière de Fantasy.
J'attribue la note de 05/20 à cette lecture, je ne lirai inévitablement pas la suite.


mercredi 8 décembre 2010

Le Baiser du Démon de Lilith Saintcrow


Résumé : Danny Valentine tempérament de feu et nerfs d acier est nécromancienne. Elle loue ses services au plus offrant et ressuscite les morts comme personne. Pourtant elle se serait bien passée de ce contrat avec Lucifer lui-même. Mais comment refuser, et espérer rester en vie ? Engagée pour tuer le fugitif Santino, démon de son état, Danny se voit affublée pour garde du corps d un autre démon en qui elle n a pas confiance, et de deux médiums. Cela dit dans cette affaire, ce n est pas d amis dont elle a besoin, mais plutôt d un miracle. Car la dernière fois qu'elle a rencontré l invincible Santino... elle a failli mourir !

Mon avis : Je ne suis pas du genre à me préoccuper des genres dans lesquels on classe les romans mais ici, je trouve cela nécessaire. En effet, généralement, on le classe en bit lit mais je ne suis absolument pas d'accord. Sur la forme, c'est vrai, on retrouve le ton assez léger du genre à la mode mais sur le fond non. Je considère ce livre comme de l'Urban Fantasy sur fond de Science-Fiction car nous nous trouvons dans un futur plus ou moins proche après un bouleversement du mon dû notamment à la visite des démons sur Terre. Je précise cela car ce genre est parfois évité automatiquement et il serait dommage de s'en priver.

Dans le monde de Danny Valentine, les démons existent et aiment particulièrement leur rendre visite... Ce rapprochement a valu aux humains de développer des dons particuliers. On les nomme les psions qui se déclinent par exemple en Chaman ou encore Nécromante, spécialité de notre héroïne. On est donc plongé dans le futur après l'Eveil, période où se sont développer ces pouvoirs. Depuis, la Terre sombre dans la décadence avec des mafias très puissantes et un trafic de drogue incommensurable.
La technologie a fait un bond non négligeable surtout au niveau des armes reprenant des termes récurrents dans les romans de Science-Fiction. Néanmoins, ils se battent aussi avec des épées rendant ce cocktail assez novateur et intéressant surtout pendant les scènes d'action.

Si l'on me demandait de résumer en un unique mot cette histoire, ce serait indéniablement rocambolesque.
Après une courte partie où Danny est demandée par le Prince des Enfers qui souhaite lui confier une mission, l'action est perpétuelle. On se permet quelques pauses pour souffler et introduire les personnages mais sinon, le rythme est palpitant sans être confus.
L'intrigue se met petit à petit en place. De prime abord, je trouvais le tout assez prévisible et il me manquait des surprises. Peu de temps après, je n'étais pas déçu, le dernier tiers réserve quelques savoureux rebondissements.
Je l'ai termine avec un sentiment de tristesse pour une raison que je ne peux révéler mais d'un autre côté, un engouement total pour continuer cette saga qui réserve de biens agréables moments.

Si vous êtes à la recherche de jeunes demoiselles en détresse qui ne pense qu'à ses relations amoureuses, passez votre chemin, Danny Valentine est avant tout une guerrière.
C'est la première chose que j'ai apprécié dans ce roman, cet absence totale de tout manichéisme. En effet, rien que par sa condition de nécromante, elle est tout le temps aux prises avec la mort et le Mal. D'ailleurs, il ne faut pas oublier qu'elle est en mission pour... le Diable dans ce tome. Ce détail révèle déjà beaucoup.
Dans son caractère aussi on sent que le bien et le Mal se côtoient. Bien que l'on perçoive qu'elle ait un bon fond, elle apprécie de faire couler du sang et fait preuve parfois d'un léger sadisme.
Elle se distingue par son répondant piquant qu'elle utilise parfois à outrance attirant ainsi quelques problèmes.
On la croirait indestructible mais aussi hermétique aux émotions qu'elle puisse paraitre, elle cache au fond d'elle une sensibilité touchante. Ce fut un facteur qui la rend de plus en plus attachante au fil des pages.
On retrouve dans les personnages secondaires aussi cette absence de manichéisme. Chacun a son utilité, sa place. Je retiendrais surtout Jaf', le bras droit de Lucifer qui sera assigné à aider notre héroïne par son comportement d'abord glacial puis de plus en plus humain. Peut-être le personnage le plus réussi. On retrouve aussi son ex-copain, Jace, qui évolue entre l'arrogance et le courage et d'autres que j'ai moins apprécié mais que je vous laisse découvrir.

Le style de ce premier tome est assez étrange car il me parait comme être une qualité mais d'un autre côté son principal défaut. En effet, les descriptions tant au niveau des lieux que sur l'histoire de leur monde en général est assez détaillée, bien écrite mais à côté de cela, on assiste à des dialogues très souvent vulgaires et des passages entiers en langage parlé. C'est assez étrange et je me demande si c'est dû à la traduction ou bien si c'est aussi comme cela en VO...
En tout cas, il se lit très aisément, on en redemande.

Une saga qui promet réellement avec une fin qui ouvre beaucoup de sujets. La sortie du tome 2 est prévu pour le mois de Mars prochain et ce sera avec grand plaisir que je le lirai. C'est donc un coup de coeur qui commence agréablement le mois : 17/20.

mardi 30 novembre 2010

Des Fleurs pour Algernon de David Keyes




Résumé
: Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jours les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner à l'état de bête...

Mon avis : Une nouvelle fois, j'ai pu remarquer que la Science-Fiction comportait de nombreuses déclinaisons. J'ai quelques difficultés à classer ce livre car je trouve qu'il s'apparente à de l'anticipation mais difficile à dire car il se passe à une époque contemporaine à sa rédaction. Comme pour le Meilleur des Mondes, j'ai été totalement subjugué par ce côté visionnaire. Sans dire que l'on s'adonne à ce genre d'expérience, la manipulation génétique et la quête de la perfection sont tout à fait d'actualité, un classique qui n'a pas pris une ride...

Le génie de Keyes se ressent dès les premières pages. En effet, ce livre est la pseudo-reconstitution d'un journal intime d'un homme, Charlie, arriéré mental, qui doit subir une expérience pour le rendre "un télijan". Il est ainsi contraint de rédiger des comptes-rendus. Au début, il écrit d'une manière très parlée, sans ponctuation, avec des mots déformés. C'est très peu évident à suivre. Après l'opération, son intelligence croit de manière exponentielle et on assiste à une évolution progressive de l'orthographe, de la syntaxe etc. Petit à petit, le style s'étoffe jusqu'à devenir très travaillé lorsque Charlie atteint le sommet d'intelligence. Incontestablement, cet exercice de style est d'une difficulté hors norme, on ne peut que s'incliner devant cette prouesse...
Le reste du roman adopte donc une écriture assez travaillée, légèrement complexe mais la fluidité reste de mise.

Charlie est donc un simple d'esprit dont la vie n'a pas été heureuse car il était rejeté de tous, même de sa famille. Même lorsqu'il croit qu'on s'intéresse à lui, c'est en réalité de simples moqueries. Cependant, ses capacités mentales amoindries et son faible accès à la mémoire l'empêchaient de remarquer cela et plus il devient intelligent, plus la réalité se dessine devant ses yeux... Il se remémore des souvenirs qu'il ne pensait pas mauvais et constate que son ancienne vie n'était qu'une vulgaire farce. On pourrait prétendre que c'est assez caricatural de mettre en scène un jeune homme disposant de tous les malheur du monde mais ce ne fut pas mon idée, il suffit d'ouvrir les journaux ou bien de connaitre certaines personnes pour en conclure que c'est tout à fait possible et donc crédible.
Au sommet de son intelligence, il est moins touchant car arrogant, méprisant mais eu lieu de prendre ses émotions et de les condamner, j'ai préféré analyser en me mettant à sa place : si jamais je me rendais compte que toute ma vie, aucune personne n'avait été honnête, comment réagirais-je? Je pense que beaucoup, comme moi, auraient aussi choisi la colère et le mépris plutôt que le pardon. Alors c'est vrai, on se détache du personnage et donc légèrement du livre mais ça n'en est pas moins humain.
Keyes réussit parfaitement à montrer l'évolution de l'intelligence de Charlie comparée à celle de ses rapports avec les gens. En effet, ce deuxième apprentissage s'effectue avec du vécu, de l'expérience qu'il n' a jamais vraiment eu. On le voit assez gauche surtout avec les femmes avec qui il adopte un comportement infantile. C'est très bien fait à mon sens.
Autre point faible sur les autres personnage dû à la narration : on ne connait vraiment que Charlie, le reste est survolé, on peine à imaginer. Comme on reste focalisé sur Charlie qui dois écrire ses ressentis et non décrire tout ce qu'il voit, c'est tout à fait logique.

Je dois dire que j'ai rarement été si touché par un livre. Je retiendrai pendant longtemps la justesse du discours que nous offre Keyes avec ce personnage Charlie qui n'a rien demandé à personne. Au début, il se dégage une innocence incroyable, une émotion assez unique en son genre. Cette justesse me laissait souvent croire que je lisais un vrai journal intime. J'étais rattrapé bien évidemment par le caractère impossible de l'expérience et de l'évolution du héros mais les sentiments étaient purs et réels.

L'histoire en elle-même se résume à suivre Charlie dans son évolution, dans son "éveil" face aux réalités de la vie aussi dur que cela puisse être et puis ensuite vers son déclin inévitable...
Le seul reproche que je pourrais faire est peut-être une redondance au milieu du livre lorqu'il est dans sa phase arrogante. Il n'y a pas trop d'évolution donc on perd de l'intérêt. Ceci dit, je n'ai jamais décroché...

Considéré comme une référence du genre, je le classerai subjectivement dans mes bijoux littéraires, ces livres qui marquent, qui touchent et qui font apprendre. A part quelques petits détails, c'est une merveille qui ne finira pas de traverser les générations. Je lui attribue donc un 19/20.

lundi 4 octobre 2010

La Nuit des Temps de Barjavel


Résumé : Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace...

Mon Avis : Barjavel est sans conteste une des références denotre pays en terme de Science-Fiction et, en tant que fan du genre, je me devais de lire au moins un livre de lui. J'ai donc profité du challenge que j'ai organisé "tu es mal noté mon pauvre, on va arranger ça" qui consiste à faire remonter ou non la note d'un livre que l'on juge sous-noté. Après sondage, c'est donc ce livre qui l'a emporté. J'avais entendu beaucoup d'éloges sur ce titre qu'on hésite pas à qualifier de merveilleux ou encore incroyable. Le moins que je puisse dire c'est que je n'ai pas du tout adhérer à cette pensée...

Pour une fois, je vais parler en premier lieu des personnages car il est rare que je remarque cela dans un livre. Il n'y a aucun regard intérieur sur les protagonistes si bien qu'il est difficile de s'en intéresser. On a l'impression d'être une caméra qui se contente de noter ce qu'elle voit. Or, si j'aime les livres c'est avant tout parce que c'est un support qui permet de décrire des émotions, des ressentis qu'ont les personnages. Ici, rien de tout ça si bien que j'étais totalement spectateur de l'aventure. Aucun personnage si ce n'est Elea ressort de cette histoire, on croit parler d'un des membres de l'équipe de recherche puis on change vers un autre. Je ne peux pas aimer un livre qui met autant de distance avec ses personnages.
Le pire dans leurs relations est sans aucun doute les histoires d'amours. En effet, l'une (un docteur envers Elea, la survivante de la vieille civilisation) est totalement futile, elle arrive dans l'histoire comme un cheveux sur la soupe et n'apporte strictement rien. Si l'on veut, on peut pousser cet amour dans ses retranchements en disant qu'il représente un amour impossible ou encore l'extrapoler en prétendant que c'est une image pour parler de l'amour de notre civilisation envers la précédente... Cependant, supporter des pages entières de déclarations plus ou moins pompeuses ou mielleuses, s'en était bien de trop. D'ailleurs, l'autre amour est celui d'Elea à son époque avec son compagnon. Dans leur civilisation, ils étaient liés par un lien étrange qui les faisait passer toute leur vie ensemble. Tous les couples vivaient ainsi. Dans l'idée, c'est intéressant mais quand l'auteur nous parle de leurs sentiments, c'est digne des Harlequins... Je déteste ce genre de passages et encore une fois, ça n'a pas aidé ma lecture...

L'histoire, si je puis y trouver une qualité, est relativement originale. Normalement, la Science-Fiction tend vers le futur ou une approche d'un potentiel futur. Or, ici, Barjavel nous offre des pseudos-hypothèses sur le passé. Nous serions descendant d'un peuple ayant vécu un million d'années auparavant qui disposait d'une technologie bien supérieur à la notre. En y réfléchissant bien, bien que ce soit habilement mené, cela est quasi impossible car il y aurait eu d'autres traces de cela sachant qu'il y a eu une guerre atomique qui laisse sa trace dans les roches. Même si Barjavel n'avance pas une vraie théorie, je me pose dans ces cas là toujours la question de la crédibilité et ici, cela m'a une nouvelle fois donner un mauvais sentiment.
L'histoire est globalement scindée en deux parties : la première parle de toute l'expédition en Antarctique qui a mené à découvrir la structure où Elea et Coban étaient en sommeil. J'ai trouvé cette partie d'une longueur incroyable avec des scènes entre les scientifiques sans grand intérêt. Ce qui ressortait de positif était la gestion internationale de la découverte dans ce que cela pouvait apporter comme conflit, comme alliance ou encore comme bouleversement politique. Ce pendant, cet aspect étaient pas assez exploité par rapport à toutes les étapes de la découverte. C'est là que je me suis posé la question du genre vers lequel on tendait parce qu'il y a un peu de tout et au final, on ne sait plus trop ce qu'il reste : il y a de la science-fiction avec le côté haute technologie, il y a une aventure, il y a du romantisme et même, j'ai cru qu'on allait vers le policier avec tous les décès étranges... Bref, ça part dans tous les sens...
Dans la deuxième partie, on suit toutes les péripéties d'Elea et de sa civilisation qui l'ont mené à ce sommeil de 900000 ans. A part l'amour insipide avec son compagnon, cette partie m'a beaucoup plus plu de par toute l'humanité qui s'en dégage et surtout par la description de cette société en apparence parfaite mais qui cache la fatalité de la guerre et donc du désespoir. Il transparait que l'homme même à un haut point de pacifisme tend inévitablement vers le conflit. Cette partie a bien rattrapé le tout mais, comme si ce livre était fait pour me déplaire, j'ai fini par me lasser jusqu'à totalement décroché dans les cinquante dernières pages...

Pour ce qui est de l'écriture, c'est assez étrange car en apparence, ça se lit très bien, c'est assez beau sauf quand on parle d'amour et pourtant, pour un phrasé si fluide, j'ai rarement eu une lecture aussi laborieuse... Je ne sais pas si c'est le fait de l'histoire à laquelle je n'adhérais pas du tout, à la distance avec les personnages ou s'il y avait quelque chose dans le style qui me rebutait mais j'ai mis un sacré moment avant de le terminer...

Pour conclure, je dirais que ce livre présente trop de défauts selon moi pour qu'il soit inoubliable. Si je devais retenir un défaut ce serait cet effet "télévision" qui entraine une distance détestable avec les personnages. C'est peu courant certes mais je ne lis pas pour cela. Pour sa défense je dirais seulement que la partie aventure m'a davantage plu et que Barjavel a une jolie écriture. J'ai été très soulagé de le terminer et c'est pour cela que je lui attribue un 11/20.

jeudi 16 septembre 2010

Ubik de Philip K. Dick

Résumé : La publicité des organismes de protection anti-psi proclame : « Défendez votre intimité. Est-ce qu'un étranger n'est pas à l'affût de vos pensées ? Ëtes-vous vraiment seul ? Cela concerne les télépathes mais aussi les précognitifs. Vos actes sont-ils prédits par quelqu'un que vous n'avez jamais rencontré ? Mettez fin à votre anxiété ; contactez le plus proche organisme de protection... » C'est dans cet univers que Glen Runciter vit et meurt. Mais meurt-il vraiment ? Le temps s'en va en lambeaux. Une bouffée de 1939 dérive en 1992. Et par les trous du décor se glissent les messages d'Ubik. Ubik qui est partout, Ubik qui est tout. Mais qui est Ubik ?

Mon Avis : Quoi de plus difficile que de parler d'un roman de Dick... C'est mon troisième et à chaque fois, j'en ressors avec une impression étrange comme si le roman n'était pas terminé, comme si je n'avais pas tout compris, comme si une partie m'était restée occultée... Dick est l'un de ces auteurs que l'on oublie pas, qui vous marque indubitablement et surtout, qui s'approprie tous les domaines de la Science-Fiction avec aisance. Celui-ci est sans doute le plus abouti que j'ai lu.

Avant toute chose, laissez-moi vous indiquer ce qu'il y a de différent dans ce pseudo-futur par rapport à notre présent. Nous ne sommes pas très éloignés de notre date actuelle et pourtant, beaucoup de choses sont bien plus avancées. Par exemple, des pouvoirs psychiques se sont développés chez les humains tels que la télépathie, la pré-cognition etc. A contrario, des humains ont des contre-pouvoirs annihilant ceux des autres.
Sinon, on dit qu'à notre époque, l'argent a pris le pouvoir mais il n'en rien comparé à ce monde... En effet, tout est payant même dans son propre domicile où par exemple, il faut mettre 5 cts pour ouvrir sa porte d'entrée... Cela donnera lieu à quelques situations cocasses.
L'autre grosse différence qui prend une très grande place dans ce roman est qu'après la mort, on peut encore parler avec les défunts via des plates-formes dans ce qu'ils appellent des moratoriums.

L'histoire est celle de Glen Runciter qui dirige une équipe chargée de contrer les pouvoirs psis. Ils doivent se rendre sur la Lune pour une mission, la plus important qu'ils aient réalisés jusqu'ici mais tout ne va pas se apsser comme prévu... On suit alors Joe Chip car Runciter est mort dans l'explosion, du moins c'est ce qu'on croit car tout se complique et on se demande de quel côté de la vie ou de la mort nous nous trouvons... Alors se posent les questions : qui sont les responsables? Qui provoque tout ce trouble de la réalité?
Je ne saurais vraiment qualifier mes sentiments sur l'histoire, elle n'est pas palpitante, même pas prenante, elle sait prendre le lecteur mais d'une façon qu'on a pas l'habitude, difficile à expliquer... Ce qui est sûr, c'est qu'elle est marquante car elle soulève un tas de questions relevant quasiment du polar et d'autres directement de la Science-Fiction quand il s'agit de savoir les limites de l'esprit humain ou ce qu'il peut y avoir après la mort. En bref, un livre qui fait réfléchir sur beaucoup de pistes tout en gardant une histoire qui tient la route avec de nombreux événements inattendus. Et la fin... Tout simplement diabolique de finir comme cela!

Les personnages sont un peu tous pareils dans les romans de Dick. Leurs rôles ne sont pas qu'on s'y attachent ils ne provoquent pas d'émotions particulière. D'ailleurs, on ne sait que le strict minimum sur leur physique et même sur leur personnalité. L'auteur ne va pas en profondeur. Cela pourrait être un défaut vraiment fâcheux mais en fait, cela apporte une certaine dimension, peut-être un peu robotique, encore une fois, c'est très dur à expliquer... J'ai l'impression que tout ce qui touche à Dick est difficile à expliquer...

L'écriture de Dick est assez complexe, restant toutefois accessible aux plus novices. Ce n'est pas très fluide mais tout s'enchaine bien. Ce que j'aime c'est pouvoir distinguer une écriture parmi d'autres et ici c'est le cas. Elle n'est pas remplie de couleurs ou de poésie mais elle met en avant la Science Fiction de manière magistrale, capable de dissimuler un peu d'humour mais surtout de nous faire croire à d'éventuelles possibilités d'évolution.

Je ne peux pas dire que j'ai adoré mais ce livre m'a marqué pour ses rebondissements, son univers bien construit et ses pistes de réflexion. Je le conseille à tous les amateurs du genre, pour les autres j'hésite... j'attribue un 16/20 à ma lecture!

samedi 3 juillet 2010

Les Ailes de la Nuit de Robert Silverberg

Résumé : Le vieux Guetteur, Avluela la Volante, et Gordon, un Elfon, revenaient vers Roum, la ville aux sept collines. Le Guetteur était las d'avoir usé ses yeux et ses sens à détecter l'invasion extraterrestre dont la Terre se croyait menacée. Tout son univers devait basculer quelques heures plus tard : sa jeune protégée Avluela était remarquée par le Prince de Roum qui abusait d'elle et Gordon reconnaissait être un émissaire déguisé des envahisseurs. La Terre allait être conquise. Désorienté, ses veilles de guet devenues vaines, le Guetteur gagna d'abord Perris, ses intrigues et sa luxure, puis tenta le pèlerinage de Jorslem. C'est là qu'il retrouva Avluela la Volante et que, de la Terre vaincue, naquit un nouvel espoir.

Mon Avis : Sur livraddict, les lectures communes en Fantasy comme en Science-fiction ne sont pas légions alors quand j'en vois une, je saute en général dessus. Silverberg est un auteur que je connaissais simplement de nom, sans grande conviction. J'ai par la suite appris que ce livre faisait parti des classiques du genre (bien que très court), j'ai saisi alors l'occasion. Ici, mon avis est clair et tranché, j'ai tout bonnement adoré et je n'ai envie d'émettre que de légers bémols.

Il m'est arrivé de lire de nombreux pavés qui, au final, pouvaient se résumer en quelques pages. Ici, c'est tout l'inverse : l'histoire est d'une grande richesse malgré le peu de pages si bien que je suis entré dans le roman sitôt les premières lignes. Outre l'histoire, Silverberg nous livre un monde des plus complets à l'image des plus grands cycles du genre comme Dune ou Hypérion. On se l'imagine sans peine et on a envie d'en découvrir les moindres recoins.
Ce monde est en réalité notre propre Terre des millénaires après nous. On apprend vite que l'âge d'or est passé depuis très longtemps et que la planète vit un déclin assez rapide. Tout a été refondé, il ne reste quasi rien des vestiges du passé tant sur le plan des coutumes que sur l'architecture. Les noms de villes sont déformés : Roum, Jorslem, Perris... Ce que j'ai adoré c'est se mélange entre futur où la technologie est très avancée et une certaine ambiance orientale assez ancienne. Je ne pourrais mieux vous la décrire, c'est simplement à découvrir. La physionomie, sans être explicitement énoncée, de la Terre semble avoir été modifiée mais ce n'est pas sur cela qu'on centre l'histoire et l'ambiance générale.
Chaque individu est classé dans une confrérie qui peut faire soit référence à un métier (Marchands, Défenseurs, Guetteurs..) soit à un état (Volants, Souvenants...) si bien que tout le monde trouve plus ou moins une utilité dans cet étrange monde. En revanche, certains sont dans l'incapacité de rentrer dans des confréries et sont donc livrés à eux-mêmes toute leur vie. Ils sont surtout représentés par les Elfons, des être modifiés qui ont tenté, des siècles auparavant, de renverser leurs créateurs et ont été bannis. Ils sont détestés des êtres normaux pour la plupart.
Tout le monde vit dans la crainte d'une invasion extra-terrestre prévue depuis très longtemps. C'est pour cela que par exemple les guetteurs sont en charge de surveiller le ciel à la recherche d'approche ennemie. Bien entendu, c'est ce qu'il va se passer...
Principal élément perturbateur de l'histoire, cette invasion n'amène pourtant pas de combats titanesques mais ce n'est pas dérangeant. Ce qui l'est en revanche, c'est que le rythme va crescendo jusque là et retombe d'un seul coup, les héros ne participent pas à la défense. Par la suite, l'histoire est, je trouve, beaucoup moins enlevée. Je pensais que c'était juste une pause mais non, l'histoire ne m'a pas si emballée même si elle reste tout aussi intéressante. Une histoire que j'ai adoré, tout simplement, mais un développement plus long voir un cycle aurait été génial.

Quant aux personnages, on n'assiste pas à des caricatures vues et revues dans le genre. Seul bémol : ce n'est pas le héros, qui n'a pas de nom au début, que j'ai apprécié le plus. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est fade mais il m'a manqué un peu de profondeur et complexité pour m'y intéresser plus que cela. Mon protagoniste préféré est Avluela, la jeune Volante qui se révèle très touchante par sa force mêlée à de la fragilité et Gormon, un Elfon qui réserve bien des surprises dans LE retournement de situation de ce livre. Je regrette qu'on les abandonne vite dans le livre pour les retrouver trop peu à mon gout... D'autres personnages jalonnent ce récit tumultueux mais je préfère ne rien vous en dire pour ne pas vous révéler d'autres éléments de l'intrigue.

Au niveau de l'écriture, c'est un pur régal. Sans être très complexe, c'est très ciselé, très précis et fluide. Une référence en la matière qui me fait rejoindre ceux qui pensent que c'est un incontournable de la SF. Rien que par cet aspect, c'est un auteur qui recroisera sans aucun doute les rangées de ma bibliothèque. On reste dans un registre assez accessible donc je pense qu'il peut se lire à tout âge même si, pour bien comprendre les subtilités, non pas de l'écriture mais de l'histoire de ce mélange futur/passé, je ne le conseillerai pas à des personnes de moins de seize ans.

Encore une fois, je rajoute ce livre dans les hautes sphères de la Science-Fiction et c'est tout naturellment que je le classe dans mes coups de coeur. Un régal donc sur tous les plans avec juste quelques petits bémols comme un manque de profondeur du personnage narrateur et principal et un monde et une histoire qu'on aurait aimé plus longs et plus développés. C'est donc un 17/20 que mérite ce roman.

mercredi 30 juin 2010

Le Maitre du Haut Château de K. Dick

Résumé : En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie â l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais. Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint à circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...

Mon Avis : L'uchronie est un genre que j'ai connu assez récemment avec la lecture d'un roman de Fforde, L'affaire Jane Eyre. N'ayant pas trouvé que le genre était bien exploité, j'ai voulu lire l"un des classiques du genres et de suite, j'ai été orienté par ce titre d'un auteur déjà connu que j'avais adoré dans Blade Runner.

L'histoire pourtant courte, est partagée entre plusieurs personnages. On reste environ dix pages sur chaque si bien que j'ai toujours eu l'impression de ne pas avoir assez de temps pour les cerner. Je pensais que toutes leurs histoires respectives graviteraient autour de ce fameux maître qu'on attend avant de voir apparaître mais non, chacun vit ses petites péripéties plus ou moins intéressantes. Beaucoup de rencontres pour peu d'actions, c'est ce qui m'a marqué le plus.
Pour faire leurs choix sur les sujets les plus importants, ils se réfèrent au Yi King, une sorte de tarot qui permet de dégager des pistes, des thèmes. Il semblerait que cela marche puisque la réalité rejoint ceux qu'ils ont déchiffrés. Cependant, comme tout ce genre de jeu de superstition, on déchiffre selon la réalité que l'on veut faussant la crédibilité.
Tout au long du récit, je me demandais vers où j'allais mais, chose étrange dans ce cas, je ne me suis jamais ennuyé. J'ai été pris dans cette étrange histoire, toujours intrigué par la suite. Ce qui me raccrochait le plus était d'une qu'il y avait toujours matière à réflexion entre les lignes et d'autre part, il y avait toujours une sorte de voile entre réalité et mensonge. On se demande jusqu'à la fin si leur réalité est déjà possible mais surtout qu'elle ne relève pas de l'illusion.

J'ai très peu de choses à dire sur les personnages à part, comme je l'ai dit plus haut, je n'ai pas eu le temps de les cerner. Seul Frank Frink a su me parler avec sa volonté de bien faire et prendre des risques pour regagner l'amour de sa femme. Elle m'a tout d'abord vraiment déplue, je l'ai trouvé très frivole et même un peu stupide. M. Tagomi, le commercial, incarne le Japonais froid et sérieux que l'on voit souvent dans les livres ou les films. Les autres sont passés plus inaperçus.

Au niveau de l'écriture, c'est du Dick donc cela frise l'excellence. C'est peut-être cela qui a fait que je n'ai jamais décroché et qu'au final, j'ai bien aimé. Fluidité et tout ce qui va avec, c'est du grand travail sans trop de complexité.

Au final, je peux dire que j'ai passé un bon moment bien que je n'ai pas trouvé ce livre abouti. je suis resté sur ma faim et à vrai dire, je ne savais pas trop quoi en penser. J'ai aimé les doutes qu'ils laissent planer sur la fin mais cela laisse un gout amer. J'aurais voulu creuser plus tous les plans du livre et j'en garderai donc un souvenir mitigé. Cependant, j'adore cet auteur et je renouvellerai l'expérience prochainement. Cela sera aussi le cas de l'uchronie qui est un genre avec beaucoup de potentiel sur ce que j'aime. Ce sera donc un 13/20 pour ce titre.

lundi 31 mai 2010

Hunger Games, tome 1 de Suzann Collins

Résumé : Peeta et Katniss sont tirés au sort pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras ? Dans chaque district de Panem une société reconstruite sur les ruines des États-Unis deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé... Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l antenne. La jeune fille avoue elle-aussi son amour. Calcul ? Idylle qui se conclura par la mort d un des amants ? Un suicide ? Tout est possible, et surtout tout est faussé au sein du Jeu de la Faim...

Mon Avis : Livre faisant parti des plus acclamés depuis quelques temps, il fallait qu'il passe par ma bibliothèque au plus vite. J'ai donc profité d'une Lecture Commune organisée sur livraddict. Je me méfie généralement de l'engouement général car souvent, je suis assez déçu. Pour ce livre, le moins que je puisse dire est que j'ai passé un agréable moment de lecture.

Dans un futur post-apocalyptique, il ne reste quasiment rien de notre planète. Toutes les activités sont concentrées au Capitole entouré d'une sorte de banlieue divisée en douze districts. On suit la vie d'une jeune habitante du douzième district, Katniss. Son district est le moins bien réputé des douze.
Pour ce remémorer leurs erreurs, les habitants des douze districts sont condamnés à participer tous les ans aux Hunger Games. Il s'agit de tirer au sort un garçon et une fille par district ce qui fait un total de 24 participants enfermés dans une arène où seul un vainqueur en ressortira. Comme vous pouvez l'imaginer, notre chère héroïne Katniss va être contrainte à livrer bataille.
Entre batailles épiques, trahisons, pseudos-amours, rebondissements et j'en passe, on est littéralement plongé dans ce récit. Chaque chapitre se termine avec un suspens insoutenable ce qui empêche la plupart du temps de reposer le livre.
La seule chose que je puisse regretter dans ce récit est sa prévisibilité dans le dénouement. En effet, j'avais prévu la quasi totalité des éléments de la fin de l'histoire et je n'ai donc été que très peu surpris. De plus, je me demande ce qui va se passer dans la suite de ce premier car il n'y a que très peu d'ouvertures à la fin et on sait absolument qu'ils ne reparticiperont pas à l'édition suivante des Jeux. J'espère être surpris par cette suit. Enfin, j'en attendais beaucoup de la bataille finale et de même, je l'ai trouvé en demi-teinte. Je pensais que la tension serait de plus en plus palpable et il n'en fut rien, la composante du hasard étant trop présente.

Selon moi, le gros point fort de ce roman réside dans ses personnages. En effet, la jeune Katniss s'avère très courageuse sans être toutefois une héroïne intouchable que rien n'arrête. Elle n'est pas toujours sûre d'elle, elle n'est pas la meilleur dans l'arène mais dispose d'un instinct de survie assez développé et d'un esprit aiguisé.
Comme trop souvent dans les récits mettant en scène une jeune demoiselle, l'amour est de rigueur. Ce qui marque ici le pas est que d'une part les "sentiments" proviennent du jeune homme et d'autre part, il s'agit d'une histoire montée de toute pièce par Peeta, fils du boulanger du douzième district complotant avec leur tuteur alcoolique, le dernier gagnant du district en date, Haymitch. Cet homme est l'un de mes personnages préférés, il néglige la force brute au profit de la ruse. Au premier abord rendu antipathique par son manque de tact et son langage peu adapté pour éduquer des ados, il aide nos deux héros dans la mesure du possible.
Une autre protagoniste que j'affectionne plus particulièrement et la très jeune Rue issue d'un autre district, elle va pourtant s'associer à Katniss pour échapper aux plus forts. Ses principaux atouts sont la discrétion et la ruse ainsi que de nombreux points communs avec la sœur de Katniss les liant d'autant plus. Elle va d'ailleurs entrainer l'une des scènes les plus émouvantes de l'ouvrage.

Au point de vu de l'écriture, je n'ai que très peu de choses à noter si ce n'est que le style est très fluide et suffisamment détaillé pour nous plonger littéralement dans l'histoire. Le seul reproche que je pourrais adresser est qu'elle n'a pas une empreinte particulière, une plume que je pourrais reconnaitre parmi une centaine d'auteurs. C'est un peu trop simple mais très agréable.

Vous l'aurez compris, ce livre est un incontournable du genre peut-être un peu trop orienté Jeunesse. Tous les ingrédients d'un bon roman sont réunis pour notre plus grand plaisir : une histoire palpitante bien qu'un peu prévisible, une plume très agréable et fluide qui manque cependant de caractère et des personnages plus que convaincants. Très peu de défauts potentiels à lui attribuer, c'est donc avec un 15/20 que j'achève mon humble avis.

mercredi 26 mai 2010

L'Arbre des Possibles Histoires et Autres de Bernard Werber


Résumé : Un recueil d’histoires courtes qui présentent toutes une hypothèse poussée à son extrême.
Et s’il existait une école pour que les jeunes dieux apprennent à créer des sociétés humaines ? (L’école des jeunes dieux)
Comment fonctionnerait un monde où les nombres seraient à la base de tous les savoirs ? (Le mystère des chiffres)
Et si une météorite tombait sur le jardin du Luxembourg ? (Fragrance)
Une main gauche peut-elle faire sécession ? (Je de main)
Serait-il possible à l’humanité d’éviter les catastrophes ? (L’arbre des possibles)

Amusantes, imaginatives ou extravagantes, ces nouvelles explorent les univers chers à Bernard Werber.

Mon Avis : Loin d'être un genre que j'affectionne, la nouvelle est un registre que j'évite la plupart du temps car je n'ai pas l'impression d'avoir suffisamment de temps pour m'imprégner du récit et des personnages. Cependant, je me suis fixé pour objectif de lire tous les Werber, auteur que j'affectionne tout particulièrement par son style et toutes les pistes de réflexion qu'il nous partage.

Bien entendu ma flémingite aiguë m'entrave pour critiquer une à une ces nouvelles mais je vais tenter de dresser un bilan général. Il faut dire avant tout que je n'en suis pas à mon premier recueil de nouvelles de cet auteur ayant lu à sa sortie Paradis sur Mesure. J'ai trouvé ce dernier en dessous de celui que je viens de terminer, beaucoup moins régulier en tout cas. Pour l'avoir lu en moins d'une journée, c'est sans conteste que l'envie de lire une nouvelle après avoir terminé la précédente me tenaillait.

Comme je le disais précédemment, Werber aime que ses lecteurs voient plus loin que ce qu'il écrit. Il cherche tout le temps à nous faire réfléchir sur des sujets variés souvent orientés vers le futur. C'est en général là que prennent place ses récits et on le voit une nouvelle fois dans ce recueil. Ainsi on pourra avoir un aperçu de ce que serait notre vie si le Soleil cessait de briller (Noir) ou encore un monde où les gadgets seraient devenus omniprésents (Un Monde Trop Bien pour Moi). Quand on ne se projette pas dans un potentiel mais peu probable futur, on touche le surnaturel avec notamment un homme dont la main gauche entre en rébellion (Je De Main) ou un autre qui devient malencontreusement invisible (Transparence). Werber s'attaque aussi avec brio à certains faits de société tel que le vieillissement de la population en imaginant qu'on retire tous les droits aux personnes âgées allant jusqu'à l'affrontement.

On peut remarquer que deux de ses nouvelles ont par la suite donné naissance à des romans à savoir L'Ecole des Jeunes Dieux entrainant le cycle des Dieux et Apprenons à les Aimer, germe de Nos Amis les Humains.

J'ai globalement aimé toutes les nouvelles mais j'ai particulièrement aimé deux nouvelles : Vacances à Montfaucon où l'on est capable de partir e voyage... dans le passé mais surtout Du Pain et des Jeux où le football a accru sa réputation dans le monde jusqu'à devenir le premier moyen diplomatique. On accroit le terrain, le nombre de joueurs, on y ajoute des obstacles jusqu'à devenir une réelle mise en scène épique. Je ne suis pas un grand amateur de sport mais je l'ai trouvé très bien pensée et intense. un peu de développement m'aurait bien plu, j'avais l'impression de me retrouver dans une sorte de Hunger Games.

Pour conclure, on ne peut pas dire que ce livre m'ait réconcilié avec les nouvelles mais j'ai vraiment apprécié la qualité de ce recueil. Comme toujours, je déconseillerais cet auteur à tous les lecteurs qui aiment lire au premier degré. Ses ouvrages nécessitent de prendre un peu de recul, des petites pauses pour réfléchir. Il faut aimer se projeter et se triturer légèrement l'esprit. A lire pour tous les amateurs de l'auteur, c'est avec un 15/20 que j'en termine.

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