lundi 9 mai 2011

Le Poète de Michael Connelly

Résumé : Le policier Sean McEvoy est retrouvé mort dans sa voiture. Chargé d'une affaire de meurtre abominable, son enquête n'avançait pas. Lorsqu'il apprend le suicide de son frère, Jack, son jumeau, journaliste de faits divers, refuse d'y croire. En cherchant à comprendre, il découvre d'autres cas de policiers apparemment poussés au suicide par des meurtres non résolus. Tous ont été retrouvés avec, à leur côté, des lettres d'adieu composées d'extraits de poèmes d'Edgar Poe. Un effrayant tableau d'ensemble commence à se dessiner. Jack fait pression sur les agents du FBI pour qu'une enquête soit ouverte sur ces suicides en série.

Mon avis : Très souvent, je me dis, "j'apprécie les polars, pourquoi n'en lis-je pas plus?". A cette très bonne question, je réponds souvent par d'une part, l'intérêt pour d'autres genres et de d'autres part parce que les meurtres, le sang, enfin... tout ce qui peut conduire à avoir peur me déplaît. "Chochotte?" Vous n'êtes pas très agréables avec moi mais c'est parfois justifiable :D Trêve de digressions personnelles, je me suis décidé à lire ce polar car je voulais lire du Connelly et parce que, très souvent, je ne suis pas déçu avec le genre. je remercie de ce fait les éditions Point Deux et particulièrement Jérôme pour m'avoir envoyer cet exemplaire en format ultra-poche (toujours aussi plaisant au passage).

Pour le plus grand plaisir de mes nuits mouvementées, l'auteur nous plonge dans une ambiance noire, glaciale. On ne peut pas vraiment dire que ce livre instille la peur mais on ne sent pas très à l'aise, l'atmosphère est étouffante et parfois, les détails des meurtres sont affreux.

Bien que globalement, le tout soit excellemment bien ficelé, j'ai trouvé la construction atypique. Sans vous dévoiler l'histoire, on suit pendant 95% du livre la traque d'un seul et unique homme, Gladden, tout semble trop facile de connaitre le coupable dès les premières lignes. C'est même frustrant et perturbant d'imaginer la fin dès le début mais c'est là où j'ai été mis devant ma méconnaissance du genre. Je n'ai pas vu venir la dernière ligne droite du livre et même si je ne l'ai pas trouvé assez développée à mon gout, je peux au moins dire que j'ai été scié...
Sinon, je pourrais tout de même reprocher quelques longueurs dans l'enquête qui est pourtant rondement menée du début à la fin. Certaines pièces du puzzle sont amenées avec beaucoup de lenteur même si c'est le style qui veut cela.

Pour parler de style, bien que très sombre, il s'avère d'une habileté appréciable. Par habitude, mes lectures sont souvent très colorées, dans des mondes imaginaires hauts en couleur. Cela m'a changé et me conforte dans mon désir de faire varier les auteurs et surtout les genres.
Je pourrais dire de Connelly qu'il travaille d'une manière que j'admire quand c'est bien réalisé : il axe son récit sur la psychologie des personnages, surtout celle du héros.
Il emploie de plus la double narration : la plupart de l'histoire est "racontée" par Jack à la première personne mais de temps en temps, il utilise une narration externe surtout pour "observer" le meurtrier.

En refermant le livre, je me suis demandé si Connelly n'avait pas un esprit très tortueux pour avoir façonné un monstre de l'envergure de Gladden... Je me suis par la suite rappelé que ce genre de personnes existaient réellement et les actualités sont souvent là pour nous le rappeler... Ce personnage est le mal incarné, un esprit intelligent mais machiavélique.

Sinon, les autres protagonistes sont très intéressants. Jack, le héros, est un journaliste très talentueux mais peu reconnu, il est parfois cynique, même névrosé. C'un homme ordinaire je dirais qui n'ai pas surfait et encore moins cliché.
Il y a aussi la flic de la BSS, Rachel qui parait être l'archétype même de l'excellence policière américaine mais qui s'avère au fil des pages plus mystérieuse qu'il n'y parait.
Les autres, relativement nombreux, ont chacun leur place dans l'histoire. Personne n'est installé dans le roman par hasard.

Connelly a réussi à créer des relations intéressantes et complexes entre les personnages pour que l'apparente simplicité mène le lecteur par le bout du nez jusqu'à cette fin inattendue.

Encore une fois, je remercie les éditions Point 2 pour cet agréable Service Presse. Je vous conseille bien entendu cette lecture qui possède tous les ingrédients d'un bon polar et qui m'a rappelé qu'il "fallait se méfier des apparences. Je lui attribue un 17/20.




5 commentaires:

  1. J'avais lu la "suite" Los Angeles River et j'avais bien aimé. J'ai d'ailleurs Le poète dans ma PAL et ton avis donne très envie.

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  2. Merci pour ton commentaire. Je ne savais qu'il y a avait une pseudo-suite mais du coup, elle va dans ma wish list :)

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  3. Décidemment, il est grand temps que je découvre cet auteur. Et ça tombe bien, ce titre est dans ma PAL !

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  4. Un livre qui me tentait déjà pas mal avant, il faut vite que je le découvre.

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  5. Ce sera un bon choix de votre part!
    Merci de votre passage

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