mercredi 24 mars 2010

Les Fables de l'Humpur de Pierre Bordage

Résumé : Dans les pays de la Dorgne, des êtres mi-hommes, mi-animaux perdent peu à peu leur patrimoine humain et s'enfoncent lentement dans la régression animale. Tribus dominantes carnivores, communautés agricoles servant de nourriture aux clans prédateurs, tous sont soumis par le clergé aux lois de l'Humpur, qui punissent de mort les mélanges entre les clans et les comportements individualistes. Parce qu'il ne supporte pas de voir la jeune Troïa qu'il aime livrée aux appétits collectifs lors de la cérémonie rituelle de reproduction, Véhir brise l'enclos de la fécondité et s'enfuit en quête des derniers dieux humains de la légende. Lui, le grogne paysan, va accomplir ce chemin en compagnie de Tia, une jeune prédatrice hurle en exil...

Mon avis : Pour la première fois, je me retrouve piégé dans un billet : il y aurait tellement de choses à dire que je ne sais par où commencer. Tout d'abord, je tiens à remercier livraddict et les Editions Au Diable Vauvert pour ce partenariat dont je suis plus que fier de participer.
A l'ouverture de mon colis, quelle surprise de voir un si beau livre, je dois avouer que j'ai un penchant incontestable pour les belles couvertures et j'ai été on ne peut plus servi : un visuel vraiment magnifique. Après la forme qui, même si elle est agréable ne reflète pas le contenu, intéressons nous au fond.

Je dois avouer que le premier chapitre m'a fait peur. En effet, après la lecture d'Ilium de Dan Simmons où j'ai eu de réelles difficultés au niveau du vocabulaire, je cherchais quelque chose de plus simple à lire. Or, dès le premier chapitre, il faut s'approprier un vocabulaire quelque peu complexe : Bordage utilise un patois pas toujours évident à décrypter et invente des mots pour désigner ses personnages qui nous laisse légèrement dubitatif. Le cap du premier chapitre passé, on s'approprie vite les tournures de phrase et la lecture en devient simple bien que nous puissions buter sur quelques termes.

Le moins que l'on puisse dire est que Bordage, dans ce roman, ne dépeint pas ses personnages tels de grands héros. L'histoire est centrée sur Véhir, un être mi homme mi cochon qui, à la manière de l'espèce animale, vit dans la saleté et la disgrâce. On se demande même ce que l'on va faire de ce pauvre personnage sympatique mais quelque peu limité. Sa principale qualité a été de voir plus loin que les conventions et ainsi de se rebeller et fuir sa fratrie. Malgré sa saleté, sur lui comme dans ses propos, on ne peut s'empêcher de s'y attacher car il a un fond incroyablement bon.

Tout au long de sa quête, il croisera de nombreux obstacles mais aussi des compagnons, tous hybrides d'homme et d'animal. Chaque personnage est décrit de façon à ce qu'on ne puisse pas penser qu'ils sont incroyables, ils ont leur qualité mais aussi d'incontestables défauts qui peuvent faire d'eux des personnages antipathiques. Ce que Bordage a réalisé d'incroyable est qu'il a réussi à mélanger la personnalité d'homme et femme avec celle de l'animal respectif.

L'histoire est pourvue de nombreux rebondissements et chaque chapitre apporte sa pierre à l'édifice. Je ne vous gâcherai pas le plaisir en vous racontant ce que notre cher ami va découvrir mais l'envie y est. Il ne faut pas avoir peur du nombre de pages, l'histoire est tellement bien tissée que l'on se laisse porter jusqu'à la fin avec un dénouement peut être quelque peu prévisible mais au combien palpitant.

Je ne rentrerai pas dans ce débat si c'est un livre de Fantasy ou de SF car je n'en vois pas l'utilité. Ce que je peux vous dire cependant c'est que je n'hésite pas à le qualifier de chef d'œuvre. Le terme "fable" prend dans son roman tout son sens et rend le fond incroyable si on prend quelques moments pour y songer. J'attribue ainsi la note de 20/20 à ce roman.



9 commentaires:

  1. Ce n'est pas un livre que j'aurais à priori lu mais vu ta critique enthousiaste, je vais le rajouter dans ma wish-list ! À lire un jour donc !

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  2. Je suis vraiment contente que tu aies aimé Lexounet!! Je suis une fan de Bordage et là j'ai vraiment envie de relire ces fables! (sauf que j'ai fouiné dans mes biblis et que je n'arrive pas à remettre la main dessus! lol).
    Merci pour cette très jolie critique!

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  3. Je suis quasi à la fin mais avec mon boulot je dois lire trois pages par jour, c'est frustrant. Comme toi, au début je me suis dit "mais bordel, c'est quoi ce livre ???" Et puis en fait une fois lancé, on ne s'arrête plus. C'est le premier livre de cet auteur et, bien qu'à 20 pages de la fin, je suis déjà conquise. Contente qu'il t'ait plu aussi, je trouve qu'il mérite largement ta cette chro :)

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  4. C'est fou l'envie qu'on a de parler de ce qu'il trouve, hein ? J'ai eu du mal à m'en empêcher aussi ^^
    J'ai été bluffée dès le début, cette plongée dans l'univers est vraiment réussie et même si on a besoin d'une petite adaptation au langage, ça se fait très naturellement.
    C'est puissant tout ça. Magnifique et dérangeant. Superbe.

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  5. En effet, on a envie de parler de ce dénouement si incoyable. J'ai lu ton avis que j'ai trouvé excellent Lelf, tu as su mettre des mots là où je ne pouvais pas.

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  6. Merci :)
    Et pourtant, je pense que j'aurais pu faire mieux. Mais il y a tellement de choses à dire et à garder pour nous, qu'au final tout s'emmêlait ^^

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  7. Très bonne critique (même si comme tu le dis il y a beaucoup à dire) (et les couv' du Diable sont en général sublimes) !

    Enfin, l'un des meilleurs Bordage à mon sens... Si tu n'as pas lu les autres, tu peux foncer !

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  8. Merci pour ton commentaire. je connaissais Bordage par le cycle "la Fraternité du Panca" et j'ai dans ma PAL le Feu de Dieu. Je compte en lire beaucoup voir tous.

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  9. Mince, j'ai oublié de parler du patois dans ma chronique ! Heureusement que tu es là ;)
    Ça m'avait particulièrement plu d'ailleurs, surtout les nouveaux mots qu'invente Pierre Bordage : je me suis demandée comment il faisait pour ne pas s'y perdre pendant sa lecture et ne pas en remplacer un (mot inventé) par un mot de chez nous. Je ne sais pas si ma phrase est claire mais je me comprends !
    En tout cas, c'est vraiment une chouette découverte pour moi :)

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