mardi 30 novembre 2010

Bilan du Mois de Novembre 2010

Après quelques mois sans trouver l'occasion de rédiger un bilan je reprends du service.
Ce mois fut vraiment très positif dans son ensemble mais j'ai connu les extrêmes : en effet, d'un côté, il y avait les déceptions, sans doute les plus importantes de l'année. Je parle d'un livre trop larmoyant, trop voyeur pour moi dont l'intrigue était un extraordinaire brouillon, la Nostalgie de l'Ange d'Alice Sebold et d'un autre, pseudo-parodie de Twilight où il y avait un potentiel à rire alors que le résultat est lourd et surtout stupide, j'ai nommé l'évitable Imitation de The Harvard Lampoon. Ma bibliothèque ne sera plus l'hôte de livres écrits par ces auteurs.
D'un autre côté, je suis rentré par trois fois dans la dimension des livres qui selon moi, se rapprochent de chefs-d'œuvre. J'ai commencé par le deuxième tome du Pacte des Marchombres de Pierre Bottero dont l'écriture est envoutante à souhait. Mon seul regret restera qu'il ne puisse plus nous offrir tant de magie. Par la suite, j'ai découvert le fabuleux Brandon Sanderson avec le premier tome de Fils-des-Brumes. Cet auteur n'a pas fini de faire parler de lui, il est jeune, talentueux et sans doute la future référence en terme de Fantasy. J'ai ensuite terminé par Des Fleurs pour Algernon de David Keyes, une histoire envoutante, référence de la littérature d''anticipation.

Outre ces extrêmes, ce fut l'occasion aussi de découvrir des romans qui se sont avérés être de très bonnes surprises. Je pense particulièrement à 16 Lunes, énorme buzz sur la toile mais aussi Zombie Story qui "rafraichit" le mythe des zombies.

J'ai donc lu un total de neuf romans dans le mois plus quelques mangas non chroniqués ce qui est un bon bilan. j'espère continuer sur cette dynamique.

Beaucoup de ces lectures ont été réalisées en lecture commune donc je tiens à remercier tous les participants.
Le mois à venir sera encore l'occasion de nombreuses LC. Voici quelques titres que vous risquez de voir sur mon blog prochainement : Mercy Thomson, tome 4, La Croix D'Ossements ; un livre surprise Islandais, Fareiheit 451, Le Baiser du Démon, percy jackson, tome 2, la Mer des Monstres et encore d'autres :)

Merci à tous de me suivre !!

Chroniques des Enchanteurs, tome 1, 16 Lunes de Kami Garcia & Margaret Stohl



Résumé : J’ai longtemps rêvé de cette fille. Elle apparaissait dans un cauchemar où, malgré tous mes efforts, elle tombait sans que je ne puisse la sauver. Je me savais lié à elle d’une façon particulière. Et puis un jour, elle est arrivée en chair et en os dans au lycée de Gatlin, notre petite bourgade du Sud des Etats-Unis. Elle était belle et mystérieuse. Si j’avais su qu’en même temps que cette fille, dont j’allais tomber éperdument amoureux, surgirait aussi une malédiction... Nous étions menacés. Et cette fois, j’allais devoir la sauver... L’amour sera-t-il plus fort que le destin ?

Mon avis : Sans doute l'un des débuts de saga dont j'ai le plus entendu parler cette année, il me fallait le découvrir. J'ai tout de même attendu car voir ce débordement d'enthousiasme un peu partout et de le lire par la suite aurait pu entrainer des attentes démesurées et au final, une déception. Je pense avoir très bien fait car je l'ai découvert et savouré pleinement, une jolie découverte.

Lorsque je repense à ce livre, la première chose qui me vient à l'esprit est son atmosphère. En effet, on est pendant tout le roman plongé dans une ambiance saturée de mystère. Les personnages comme la magie tardent à se dévoiler et on se languit. Le premier tiers comporte très peu d'action mais on reste dans l'attente de révélations qui nous parviennent de manière exponentielle. Ainsi, des passages que j'aurais pu trouver longs se sont avérés agréables.
Outre le mystère, l'originalité est assez plaisante. Cela n'a rien de transcendant car on reprend une magie qui ressemblent à d'autres mais la manière dont elle est amenée est bien travaillée. Si j'en dis un peu plus, une grosse partie du roman sera sabotée alors je préfère m'abstenir en répétant seulement que c'est un élément très positif et prometteur de cette histoire.
On assiste aussi souvent à des flashbacks nous ramenant à l'époque de la guerre de Sécession et c'est un époque historique qui a beaucoup marqué Gatlin. Je ne connais que peu de choses de cette guerre et pourtant, elle m'intrigue beaucoup. J'ai ainsi trouvé ces références très utiles à l'histoire.

Le rythme est progressif et atteint des sommets dan la dernière ligne droite, peut-être un peu trop car j'ai ressenti de la confusion. Par contre, j'ai trouvé que la conclusion était un raccourci un peu facile pour faire une suite...

Paradoxe que j'ai rarement l'habitude de rencontrer : j'ai encore plus aimé certains personnages secondaires que les héros. Sans les avoir détestés, j'ai eu du mal surtout au début à m'y intéresser surtout pour le narrateur. Ensuite, le mystère entourant leur relation et la magie a recentré mon attention pour finir par les apprécier.
Le narrateur, Ethan, est un adolescent comme on peut en rencontrer partout : assez intelligent, sportif, en mal d'amour... Cette partie de la vie est souvent sujet à tous les portraits caricaturaux qu'on puisse imaginer mais ici, on reste raisonnable mais pas original. Je l'ai parfois trouvé trop "fleur bleu" ce qui fait plutôt bizarre pour un homme... Pour une fois qu'on est centré sur un personnage masculin dans ce genre, je trouve qu'on ne s'éloigne pas assez de la narration féminine. Au début, je le trouvais assez couard, toujours en train de se poser pleins de questions et de ne pas agir. Il s'améliore par la suite. A part quelques passages où son caractère initial revient, il devient plus convaincant, il se révolte, il agit et devient actif de la situation.
L'arrivée de Lena est un événement dans la petite ville qu'est Gatlin. Il faut dire qu'elle est la nièce d'un homme que personne ne rencontre, Macon Ravenwood. De prime abord, dans la phase d'approche entre elle et Ethan, je l'ai trouvé caricaturale : elle est totalement différente des autres de son âge, elle ne parle à personne dégageant du mystère... Ensuite, plus leur relation se construit plus je l'ai trouvé attachante car d'un côté, rejetée de tout le monde, elle garde la tête haute mais d'un autre côté, elle entretient une peur incommensurable par rapport à ses pouvoirs.
Comme je l'ai dit, j'ai adoré les autres personnages dont le meilleur est pour moi Macon Ravenwood qui dégage un charisme époustouflant. Il dispose d'un sens de la repartie incisif que j'admire.
J'ai aussi bien aimé Marian et Amma, deux personnes très proches de la famille d'Ethan qui réservent aussi des surprises.

Devant toutes ces écritures jeunesse qui associent fluidité et efficacité, je retiens surtout celles qui arrivent à me captiver alors même que le rythme est lent. Je crois que ce style a beaucoup contribué à ce que j'accroche très vite à l'histoire. Je sentais les pages défiler, je constatait qu'il se passait peu de choses et pourtant, je ne décrochais jamais.

Contrairement à Fablehaven, je rejoins l'enthousiasme quasi général sur ce titre qui a su me convaincre avec une histoire plutôt bien ficelée, des personnages en constante évolution et un style captivant. Un titre jeunesse qui mérite 17/20.

Des Fleurs pour Algernon de David Keyes




Résumé
: Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jours les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner à l'état de bête...

Mon avis : Une nouvelle fois, j'ai pu remarquer que la Science-Fiction comportait de nombreuses déclinaisons. J'ai quelques difficultés à classer ce livre car je trouve qu'il s'apparente à de l'anticipation mais difficile à dire car il se passe à une époque contemporaine à sa rédaction. Comme pour le Meilleur des Mondes, j'ai été totalement subjugué par ce côté visionnaire. Sans dire que l'on s'adonne à ce genre d'expérience, la manipulation génétique et la quête de la perfection sont tout à fait d'actualité, un classique qui n'a pas pris une ride...

Le génie de Keyes se ressent dès les premières pages. En effet, ce livre est la pseudo-reconstitution d'un journal intime d'un homme, Charlie, arriéré mental, qui doit subir une expérience pour le rendre "un télijan". Il est ainsi contraint de rédiger des comptes-rendus. Au début, il écrit d'une manière très parlée, sans ponctuation, avec des mots déformés. C'est très peu évident à suivre. Après l'opération, son intelligence croit de manière exponentielle et on assiste à une évolution progressive de l'orthographe, de la syntaxe etc. Petit à petit, le style s'étoffe jusqu'à devenir très travaillé lorsque Charlie atteint le sommet d'intelligence. Incontestablement, cet exercice de style est d'une difficulté hors norme, on ne peut que s'incliner devant cette prouesse...
Le reste du roman adopte donc une écriture assez travaillée, légèrement complexe mais la fluidité reste de mise.

Charlie est donc un simple d'esprit dont la vie n'a pas été heureuse car il était rejeté de tous, même de sa famille. Même lorsqu'il croit qu'on s'intéresse à lui, c'est en réalité de simples moqueries. Cependant, ses capacités mentales amoindries et son faible accès à la mémoire l'empêchaient de remarquer cela et plus il devient intelligent, plus la réalité se dessine devant ses yeux... Il se remémore des souvenirs qu'il ne pensait pas mauvais et constate que son ancienne vie n'était qu'une vulgaire farce. On pourrait prétendre que c'est assez caricatural de mettre en scène un jeune homme disposant de tous les malheur du monde mais ce ne fut pas mon idée, il suffit d'ouvrir les journaux ou bien de connaitre certaines personnes pour en conclure que c'est tout à fait possible et donc crédible.
Au sommet de son intelligence, il est moins touchant car arrogant, méprisant mais eu lieu de prendre ses émotions et de les condamner, j'ai préféré analyser en me mettant à sa place : si jamais je me rendais compte que toute ma vie, aucune personne n'avait été honnête, comment réagirais-je? Je pense que beaucoup, comme moi, auraient aussi choisi la colère et le mépris plutôt que le pardon. Alors c'est vrai, on se détache du personnage et donc légèrement du livre mais ça n'en est pas moins humain.
Keyes réussit parfaitement à montrer l'évolution de l'intelligence de Charlie comparée à celle de ses rapports avec les gens. En effet, ce deuxième apprentissage s'effectue avec du vécu, de l'expérience qu'il n' a jamais vraiment eu. On le voit assez gauche surtout avec les femmes avec qui il adopte un comportement infantile. C'est très bien fait à mon sens.
Autre point faible sur les autres personnage dû à la narration : on ne connait vraiment que Charlie, le reste est survolé, on peine à imaginer. Comme on reste focalisé sur Charlie qui dois écrire ses ressentis et non décrire tout ce qu'il voit, c'est tout à fait logique.

Je dois dire que j'ai rarement été si touché par un livre. Je retiendrai pendant longtemps la justesse du discours que nous offre Keyes avec ce personnage Charlie qui n'a rien demandé à personne. Au début, il se dégage une innocence incroyable, une émotion assez unique en son genre. Cette justesse me laissait souvent croire que je lisais un vrai journal intime. J'étais rattrapé bien évidemment par le caractère impossible de l'expérience et de l'évolution du héros mais les sentiments étaient purs et réels.

L'histoire en elle-même se résume à suivre Charlie dans son évolution, dans son "éveil" face aux réalités de la vie aussi dur que cela puisse être et puis ensuite vers son déclin inévitable...
Le seul reproche que je pourrais faire est peut-être une redondance au milieu du livre lorqu'il est dans sa phase arrogante. Il n'y a pas trop d'évolution donc on perd de l'intérêt. Ceci dit, je n'ai jamais décroché...

Considéré comme une référence du genre, je le classerai subjectivement dans mes bijoux littéraires, ces livres qui marquent, qui touchent et qui font apprendre. A part quelques petits détails, c'est une merveille qui ne finira pas de traverser les générations. Je lui attribue donc un 19/20.

lundi 29 novembre 2010

Fils-des-Brumes, tome 1, L'Empire Ultime de Brandon Sanderson


Résumé : Les brumes règnent sur la nuit, le Seigneur Maître sur le monde.

La jeune Vin ne connait de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de 1000 ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux.
Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un combat sans merci. Car Kelsier, revenu de l’enfer, nourrit un projet fou : renverser l’Empire.

Mon avis : A force de lire de la bit-lit et du Jeunesse, j'avais oublié combien un roman de pure Fantasy pouvait être jouissif. Brandon Sanderson est un jeune auteur à la bibliographie assez restreinte pour le moment mais qui a déjà reçu un nombre considérable de prix et de reconnaissances. Il a été d'ailleurs désigné pour terminer la saga la Roue du Temps de Robert Jordan, décédé trop tôt.... Je m'avance peut-être un peu vite mais je crois avoir trouvé l'une des futures références en la matière.

L'univers dans lequel on s'immerge est assez particulier. Mille ans avant le début du premier tome, un simple être humain a accédé au rang de Dieu à la suite d'un pèlerinage menant à un mystérieux pouvoir. Vu comme un sauveur pour certains, un tyran pour d'autres, il règne sans partage sur le monde. Au dessous de cette monarchie, les nobles se partagent le pouvoir politique avec plus ou moins d'importance selon les "maisons", certaines familles étant plus puissantes que d'autres. Cela donne lieu à des arrangements entre maisons, des complots, des trahisons etc. En bas de la hiérarchie, on trouve les skaas, ce sont des être humains normaux asservis par les nobles. Considérés comme des moins que rien, il sont au service des nobles en campagne comme en ville. Nous rencontrons d'autres peuples, moins humains mais je préfère ne rien en dire.
Le point où cet univers se démarque des autres est sur la magie assez novatrice que Sanderson a créée. En effet, elle est uniquement basée sur les métaux que l'on ingère pour ensuite les "bruler" (comme des calories) donnant ainsi un pouvoir spécifique à chaque métal. Les êtres capables de bruler des métaux sont divisés en deux catégories : les Brumant sont ceux capables de n'en bruler qu'un seul donc de disposer d'un unique pouvoir et les Fils-des-Brumes peuvent les bruler tous. Très peu de Skaas ont accès à cette magie alors que c'est très fréquent mais pas obligatoire chez les Nobles.
Toute cette magie m'a fascinée alors qu'on commence seulement à l'apprivoiser. Les explications de Sanderson sont parfaitement disséminées, jamais ennuyantes.

Si cette œuvre est si complète, c'est essentiellement parce qu'elle est habitée de personnages travaillés.
Kelsier est sans doute celui qui m'a le plus marqué car il a un certain vécu derrière lui qui le rend très charismatique. On a toujours l'impression qu'il prend tout à la légère, rendant des fois son projet invraisemblable mais on se rend compte, surtout vers la fin, que tout est calculé et maitrisé. Il sert de mentor à l'héroïne, Vin, et va lui apprendre à maitriser ses capacités. Il n'est pas non plus sans reproche ce qui le rend très humain.
Vin est une héroïne assez étrange, surtout au début. en effet, elle fut élevée par son frère qui lui a toujours mis dans la tête qu'elle ne devait avoir confiance en personne car la trahison l'attendait à la suite. Il l'a d'ailleurs abandonné pour lui prouver ses dires. par conséquent, elle est dans un premier temps distante, froide, étrange mais le contact de Kelsier et sa bande va la faire s'épanouir au fur et à mesure. Elle ne devient jamais extravertie, toujours un peu distante et spéciale mais n'en est pas moins intéressante.
Dans leur bande, on rencontre quelques Brumants hauts en couleur ainsi que d'autres, plus ou moins "normaux" mais tous les décrire gâcherait en parti le plaisir de les découvrir.

L'histoire est une pure merveille. Elle dispose de bon nombre de qualités : la densité, la complexité (dans le bon sens du terme), le rythme et j'en passe.
Dans la plupart des romans de Fantasy, lorsqu'un jeune héros se rend compte d'un don, il doit passer par une succession de phases dans son parcours initiatique. Cela a tendance à provoquer des ressemblance. Sanderson réussit habilement à mélanger apprentissage et action concrète. On voit ainsi l'héroïne, Vin, apprendre aux cotés de Brumants, pratiquer ses talents pour attaquer l'Empire avec Kelsier et se fondre parmi les nobles pour enquêter sur les faiblesses de l'Empire. C'est la principale qualité de l'intrigue, on alterne les phases rendant le tout très complet.
L'auteur réussit à merveille à passer d'une scène d'action qui rebondit dans tous les sens à une autre où Vin réfléchit sur ses dons. Ce qui m'a le plus ébloui est sans conteste le paramètre politique qui n'est pas rendu pesant comme souvent mais fascinant. En s'immisçant dans la vie des nobles, on voit l'équipe établir pierre par pierre une stratégie pour renverser l'Empire. Ainsi, ils provoquent de fausses rumeurs, jouent sur les rivalités etc. C'est d'une justesse impeccable!
Sans révéler quoique ce soit de la fin, je peux dire qu'elle est géniale de rythme et de rebondissements. j'ai passé les cinquante dernières pages la mâchoire décrochée... J'avais deviné certains éléments mais pour la plupart, je n'ai rien vu venir.

Le style de Sanderson est assez dense sans être très complexe. De plus, le tout reste assez fluide. Ses descriptions de personnages et de lieux sont très succinctes mais suffisantes. D'ailleurs, c'est assez extraordinaire par moment de voir qu'on a cerné quasiment un personnage alors qu'on ne nous le décrit que brièvement et qu'il a juste besoin de sortir deux ou trois répliques. Je n'ai jamais eu de peine à imaginer le monde et les protagonistes. Je n'en ferai pas des tonnes mais ce fut un réel régal.

Pour une fois, j'ai mis très longtemps à lire un livre. Quand cela m'arrive, c'est que cela ne passe pas. Ici, c'était plus comme pour les derniers Harry potter, je voulais savourer...
Nous, les Français, sommes réputés pour n'attribuer que très rarement la note maximale partant du principe que la perfection n'existe pas. Cependant, pourquoi m'en priverais-je alors que je n'ai strictement aucun reproche à faire? Pour la première fois sur mon blog, je donne la note de 20/20.

samedi 27 novembre 2010

Imitation de The Harvard Lampoon


Résumé : Quand Belle arrive dans son nouveau lycée, elle tombe sous le charme ravageur d'Ebouard, un geek hypersexy. En plus c'est sûr, c'est un vampire : il ne mange pas ses frites à la cantine et la neige... fond sur lui.
Mais comment, oh oui, comment faire pour le convaincre de la mordre et faire d'elle sont amour éternel ?

De la rrrromance, du danger, des parents complètement largués, un brin d'hystérie, une soirée "vampires", tous les ingrédients sont réunis pour une histoire d'amour encore plus incroyable que "Raison et Sentiments" et "Les Hauts de Hurlevent" réunis.

Mon avis : Imitation est donc une parodie de Twilight. Je n'avais jamais découvert le genre en livre mais j'en suis très friand sur d'autres supports. J'avais apprécié la saga initiale mais certains points m'avaient dérangés particulièrement le caractère de Bella. Je me suis ainsi dit qu'il y avait un très bon potentiel pour en faire une œuvre des plus comiques. Comme pour les films, j'en suis ressorti avec le sentiment qu'il n'y a pas besoin de faire de la qualité pour que cela marche...

Dans toutes les parodies, on essaie de ne pas dénaturer la personnalité des protagonistes, on a plus tendance à exacerber les défauts ou les particularités agaçantes de chacun. Or ici, on peine à trouver des ressemblances...
Bella en a énervé beaucoup par son côté mélancolique, dépressif, assez égocentrique à force de se plaindre de tout... Or, The Harvard Lampoon a créé une hystérique prénommée Belle (seule ressemblance apparente) qui est un mélange de fausse intellectuelle et de pure et simple idiote. A part quelques fois où elle se dit "dépressive" (mais n'agit pas en conséquence) pour justifier légèrement la comparaison...
Autant si l'on creuse bien on peut rapprocher Belle et Bella mais alors Edward et Ebouard... Ici, notre héros parodié est un geek qui ne parle quasiment à personne et qui n'a jamais eu de petites amies... Il est ainsi renfermé, maladroit et lui aussi est un mélange d'imbécile et d'intellectuel... Le Edward de Twilight n'a jamais montré ce genre de traits de caractère, c'est totalement absurde...
Ils ont en revanche appuyé l'aspect solitaire du père et celui hystérique de sa mère mais à un tel point que ça en devient poussif et peu crédible...
Aucun d'eux ne m'a amusé et je n'ai jamais montré un quelconque intérêt pour qui que ce soit...

Parlons maintenant de l'histoire, enfin si l'on peut employer ce terme. Dans la première partie, on retrouve quelques scènes cultes de Twilight bien évidemment arrangées à la sauce "comique". La trame suit donc la logique initiale mais, arrivé au dernier tiers, cela n'a strictement plus rien à voir... Le seul intérêt de l'intrigue résidait dans le fait de pouvoir se remémorer l'originale pour en rire. On entre ainsi dans une dernière ligne droite sans intérêt qui semble faire office de remplissage.
Dans une parodie, l'effet souhaité est bien sûr de rire, du moins de sourire... Ici, j'ai trouvé l'humour totalement idiot. Cette corde est tellement appuyée que tout bascule dans le surfait. J'aime l'humour subtil, recherché mais ici, c'est d'une lourdeur....
Je vous propose quelques répliques qui vous feront peut-être sourire hors contexte :

"Pourquoi les boules de neige fondaient-elles sur lui comme si elles étaient faites d'une substance aqueuse?"

"- Hon, Hon. Tu n'as pas dit les mots magiques?
-S'il te plait?
Je secouai la tête d'un ai déçu.
-Et le mode magique?
-Belle [...] je déteste être obligé de faire ça.
-L'impératif. Le mode magique est l'impératif."

"[...] Tu sais qu'ils disent que l'univers est en constante expansion et tout ça? Eh bien, je pense que c'est du flan. L'espace n'existe pas et la NASA est une maison de retraite pour les officiers e la CIA, exposai-je. Mais la Lune existe"

Il aura fallu attendre la cent-quarantième page pour que j'esquisse enfin un sourire sur la phrase "Soit Belle et tais-toi", laborieux...
Aussi, avec tous ces défauts ressentis pendant ma lecture, je me suis fermement ennuyé et la faible longueur du livre ne m'a pas empêché de mettre plusieurs jours pour le finir...

Côté style, on reproche souvent à Stephenie Meyer son écriture assez approximative mais The Harvard Lampoon n'est pas allé à contre courant pour s'en moquer, au contraire. J'ai très souvent butté sur des phrases, obligé de les refaire à ma sauce. Cela pourrait être dû à la traduction certes mais le style est quand même très parlé. Cela se lit mais c'est vraiment peu travaillé... Je n'ai pas pour habitude de critiquer ce point quand je le trouve négatif car j'estime que c'est assez présomptueux. En revanche, ici, c'est suffisamment gros pour l'évoquer.

Pas besoin de développer encore et encore, il est aisé de remarquer que ce livre m'a déplu dans tous ses compartiments. Selon moi, c'est encore un produit qui veut surfer sur la vague Twilight pour générer un maximum d'argent. Ce genre de stratégie marketing ne me gêne pas d'habitude mais là on se rapproche de l'irrespect du lectorat. Je remercie tout de même livraddict et les Editions Castelmore, j'ai au moins pu découvrir ce que cela donnait. Une parodie qui n'en et pas une qui mérite totalement subjectivement un 4/20, ma plus grosse déception de l'année.


mardi 23 novembre 2010

La Quête d'Ewilan, tome 1, D'un Monde à l'Autre de Pierre Bottero



Résumé
: Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l'empêcha de fermer les yeux et elle n'eut pas le temps de crier... Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d'arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t'avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d'achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable...

Mon Avis : Je continue la bibliographie du très regretté Pierre Bottero avec cette saga, la Quête d'Ewilan, première écrite à se dérouler dans le monde de Gwendalavir. Je considère déjà le Pacte de Marchombres comme une référence du genre si bien que j'en attendais pas mal de celle-ci. Sans être selon moi au niveau de la première, c'est néanmoins un excellent premier tome.

L'histoire est à cheval sur deux mondes comme l'indique le titre. Le notre où vivent nos deux jeunes héros et le Gwendalavir , un monde parallèle peuplé de créatures en tout genre et habité de magie. L'originalité est de mise car dès les premiers chapitres, on en apprend sur les dessinateurs, magie que maitrise Ewilan justement. Pour résumer, il s'agit d'un pouvoir qui permet à celui qui le maitrise d'accéder à ce qu'ils appellent l'Imagination afin que ce qu'ils créent dans leur esprit devienne réel. Ce n'est pas incroyable certes mais Bottero nous la présente de manière magistrale et chaque utilisation du dessin par Ewilan est un moment de très belle description.
Les événements s'enchainent assez rapidement avec une dose non négligeable d'actions et de surprises. J'ai été agréablement surpris de croiser la même scène d'action déjà vue dans le deuxième tome du Pacte des Marchombres sous un point de vue différent. S'il y avait absolument un repoche à faire à cet entame de saga est sa faible longueur. En effet, le tout aurait pu être encore plus approfondi, plus détaillé, donnant encore une autre dimension à l'ensemble. Cependant, c'est un pur régal du début à la fin.

Pour ce qui est des personnages, je dirais pour résumer que la diversité est bien amenée. On a tout d'abord Ewilan bien sûr, c'est une jeune fille surdouée, exagérément sans doute, qui dispose d'un sens de la répartie des plus aiguisés. Non seulement elle intelligente mais elle possède un courage respectable. Elle va de danger en danger avec détermination et son évolution au fil de l'histoire est très intéressante. On doit sans doute cette force de caractère à l'indifférence que ces parents lui portent, c'est assez déroutant d'ailleurs...
On a aussi son fidèle ami, Salim dont on peut se demander, à part la dose d'humour qu'il apporte, l'utilité finale puisqu'il n'a aucun don particulier. Cependant, il reste attachant, candide mais réaliste et j'entrevois déjà son futur dans les prochains tomes mais on reste dans la supposition.
D'autres personnages croisent la route de nos deux jeunes amis mais il serait dommage que je vous en dise trop, juste que chacun apporte sa pierre, sa personnalité de manière très appropriée.

Pierre Bottero était un maitre de simplicité, un créateur de rêves et encore une fois, il arrive à atteindre des sommets dans le genre jeunesse. Certes, c'est beaucoup moins abouti que dans le Pacte des Marchombres où chaque phrase n'est que poésie. On reste ici dans un registre plus enfantin car plus sobre et plus simple mais il faut reconnaitre que c'est un réel plaisir.

Deuxième saga de Pierre Bottero que j'entame et j'en ressors avec la même conviction, peut-être un peu moins franche mais réelle. Ce titre est Jeunesse mais reste attrayant pour les adultes qui n'ont pas perdus leur âme d'enfant. J'attends beaucoup de la suite. Un premier tome que je note à 16/20.

Big Challenge Livraddict 2010 8/9



samedi 20 novembre 2010

Zombie Story, tome 1, Zombie Island de David Wellington


Résumé : A la suite d'une catastrophe mondiale les pays les plus développés sont envahis par des hordes de zombies cannibales. Seules quelques enclaves subsistent, en Somalie notamment. A la recherche d'un remède au virus, un groupe d'adolescentes surarmées, menées par un vétéran, se rend à New York. Tous se croient préparés au pire. Mais dans l'île de Manhattan en ruine, ils vont bientôt découvrir que la non-mort est loin d'être le destin le plus terrifiant...

Mon avis : Depuis toujours, j'entretiens une aversion particulière à tout ce qui peut toucher à l'horreur que ce soit sur support vidéo ou bien en littéraire. Je me suis surpris à bien aimer le premier tome d'une autre saga de Wellington, Vampire Story, et je voulais retenter l'expérience. Il faut ajouter aussi que les zombies ne sont pas des créatures imaginaires qui me plaisent par exemple autant que les vampires. Cette grande première aura été un franc succès!!

Nous atterrissons dans l'univers de Zombie Story alors que le mal est déjà bien entamé : la Terre, suite à une épidémie, est envahit par les morts qui se chargent des derniers survivants. Toutes les grandes villes sont tombés, des pays entiers sont ravagés, bref, un aspect de l'apocalypse... Certains zombies, plus forts que les autres car conscients, ont la charge de finir le travail : organiser les morts pour détruire tout ce qui peut encore l'être.
J'ai beaucoup aimé le travail de Wellington pour rendre les zombies intéressants. Cela se ressent surtout sur les "zombies intelligents" qui, pour une mystérieuse raison, peuvent se connecter à une sorte de réseau qui relie les morts entre eux. Je n'en dévoile pas trop mais cela enrichit énormément l'univers.

Continuons sur une originalité : la double narration. Environ un chapitre sur deux, nous alternons narrateur omniscient et narrateur personnage. Dans le premier cas de figure, nous observons Gary, un jeune étudiant en médecine ayant été infecté par un zombie mais qui, grâce à une technique médicale, a réussi à "revenir" en gardant son cerveau intact contrairement aux autres qui ne sont que des cadavres ambulants. Il est très intéressant à suivre car il navigue pendant longtemps autour de la frontière entre le bien et le mal et évolue beaucoup durant l'aventure. Il se rend compte qu'étant conscient, il partage un lien particulier avec les autres morts, détail moteur de l'histoire. Il a une personnalité très affirmée et prend de l'assurance au fil des pages. C'est incontestablement mon personnages préféré et son destin m'a réservé de nombreuses surprises.
Dans le deuxième cas, Dekalb nous raconte son aventure. Ancien chargé de relations internationales, il est envoyé de Somalie (l'un des endroits les plus sûrs contre les morts dans le monde) à New York dans le but de récupérer des médicaments pour un chef résistant. Malheureusement, ce personnage ne m'a pas convaincu si on excepte les dernières pages où il prend un peu d'aplomb. Je l'ai trouvé en effet très en retrait, ayant du mal à prendre des décisions et à affronter le danger. Il se contente de nous raconter ce qu'il voit au détriment de ce qu'il ressent si bien que l'on a jamais l'impression de le cerner... C'est un gros point noir pour l'ensemble du livre selon, j'apprécie de m'attacher aux protagonistes...
Nous trouvons aussi d'autres personnages tout au long de l'aventure mais, comme pour Dekalb, je ne suis pas spécialement convaincu... Seuls Jack, un stratège hors pair et Ayaan, une soldat adolescente Somalienne très courageuse et ancrée des ses principes ont retenu mon attention. J'espère pour les tomes à suivre que les personnages seront mieux travaillés.

Outre l'univers, l'histoire est assez riche. Même si cela part d'une idée assez basique, le tout est plutôt bien rendu. J'ai été souvent surpris si bien que je voulais absolument continuer (le livre m'a fait la journée...). Je déplore cependant une certaine confusion dans les scènes d'action. Cela venait peut-être de moi mais je ne savais pas toujours qui faisait quoi... C'est un peu dommage car cela me cassait le rythme pourtant présent. Autre détail qui m'a gêné : le suspens monte crescendo jusqu'à la moitié du livre et ensuite, on traverse un passage composé de quelques longueurs parasites. Il faut attendre la dernière ligne droite pour palpiter. D'ailleurs, la fin haletante m'a beaucoup plu et le dernier chapitre m'a laissé béa...
A noter aussi que je n'ai pas spécialement eu peur mais que certaines scènes ont entrainées quelques grimaces.

Le style de Wellington, comme dans Vampire Story est assez sobre, concis et efficace. Il ne pers pas de temps dans les palabres ou les descriptions. Cependant, il aurait à mon gout dû travailler plus ses personnages. De plus, j'ai trouvé que certains éléments s'enchainaient trop vites sans que les transitions soient bien soignées.

Ce deuxième essai dans le style de l'horreur est encore une fois une réussite même si j'ai relevé quelques défauts entachant cette histoire à potentiel. Je souhaite pour la suite un approfondissement des protagonistes et une organisation moins brouillonne. A retenir quand même de nombreux points positifs qui font que je conseille vivement ce livre. Je lui donne donc un 15/20.

jeudi 18 novembre 2010

Le Pacte des Marchombres, tome 2, L'Envol de Pierre Bottero


Résumé : " Ses longs cheveux noirs tombant en rideau devant son visage, son attitude, position de combat ou figure de danse, l'énergie qui se dégageait d'elle... La fille n'était plus une fille. C'était un oiseau. Prêt à l'envol. "

Mon Avis : Après ma découverte de Pierre Bottero lors du premier tome, j'avais une hâte indescriptible de retrouver sa plume magique mais j'ai choisi de faire durer le suspens... Il y a des moments qu'on souhaite savourer, qu'on angoisse à l'idée d'approcher les dernières secondes tellement qu'on ne veut pas ressortir de ce plaisir intense... C'est exactement l'effet que cela me faisait pendant cette rapide lecture. Je voulais continuer à faire défiler les pages, rester plongé dans ce monde féérique. Vous l'aurez deviné, j'en suis ressorti grisé.

Contrairement au premier volume totalement orienté sur sa formation son parcours pour devenir une Marchombre, celui-ci est en partie tourné vers l'achèvement de son parcours initiatique et en partie vers ses premières missions. J'ai senti une progression plus adulte dans l'ambiance tout à fait en concordance avec la maturité grandissante d'Ellana.
J'adore totalement l'univers construit par Bottero. Il reste assez simple mais tout ce qui s'en dégage donne envie de s'y plonger, de partager l'aventure des héros et de mener la guerre.
Outre l'univers envoutant, l'histoire en elle-même est vraiment palpitante : on va de rebondissements en rebondissements, le rythme est intense et les pages défilent sans effort.
Ce que j'aime particulièrement est que Bottero a réussi à créer un univers orienté jeunesse qui reste incroyable à découvrir pour les adultes. Nous, nous pouvons comprendre certaines suggestions, notamment sur l'amour alors que les enfants passeront à côté sans que cela perturbe quoi que ce soit. Tout simplement admirable.

Déjà dans le premier tome, j'avais énormément aimé le personnage d'Ellana : c'est une battante née mais elle n'est pas parfaite, elle a ses doutes, ses faiblesses. Elle m'a beaucoup touché car il est vrai que dans ce tome, elle n'est pas épargnée tant sur sa personne que sur les personnes qu'elle perd. Elle prend aussi beaucoup de maturité au fil des pages et ses capacités n'en sont que plus impressionnantes. Une héroïne comme je les aime, pas surfaite, juste entière.
Dans les personnages secondaires, nous avons toujours Jilano, son mentor, un maitre Marchombre qui, avec quelques répliques simples, impose son charisme et sa personnalité. C'est ce que je trouve respectable avec Bottero : avec peu de mots, peu de répliques, on a cerné les personnages.
On retrouve aussi Nillem, égal à lui-même, assez centré sur ça personne, ambitieux... L'évolution de ce protagoniste entraine celle de sa relation avec Ellana, très intéressant à suivre.
Il y a de plus quelques nouveaux personnages mais je préfère ne rien dire car les découvrir entièrement est encore mieux.

Du point de vue du style... c'est tout bonnement la perfection... Son écriture est majestueuse, emprunte d'une rare magie qui nous envoute du début à la fin. Il réussit à rendre l'ensemble accessible aux plus jeunes tout en préservant le charme pour les autres. Par conséquent, je n'ai jamais vraiment ressenti l'aspect Jeunesse qui peut rebuter et ça, même Rowling n'y arrive pas toujours selon moi...
La vie nous a enlevé un écrivain d'exception qui aurait pu encore plus marquer son temps voire les générations futures, tout simplement dommage...

Il est très rare qu'un livre adressé à un jeune public me plaise et me marque autant. Je le considère dorénavant comme une référence du genre. J'ai cherché des bémols pour rendre cette critique crédible mais je n'ai pas trouvé... Il me manque un peit quelque chose pour le considérer comme un chef-d'œuvre, peut-être le faible nombre de pages.. N'attendez plus, lisez cette saga!! Je lui attribue donc un 19/20.

mercredi 17 novembre 2010

La Nostalgie de l'Ange d'Alice Sebold


Résumé : Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie.
Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. " Mon prof préféré était celui de sciences naturelles, Mr. Botte, qui aimait faire danser les grenouilles et les écrevisses à disséquer dans leur bocal paraffiné, comme pour leur rendre vie. Ce n'est pas Mr. Botte qui m'a tuée, au fait. Et ne vous imaginez pas que tous ceux que vous allez croiser ici sont suspects. C'est bien ça le problème. On n'est jamais sûr de rien...
C'est un voisin qui m'a tuée. " Susie est au Ciel, et pourtant son aventure ne fait que commencer...

Mon Avis : Avec la sortie du film dans le courant de l'hiver dernier ajouté au fait que beaucoup de mes comparses lecteurs l'avaient lus, La Nostalgie de l'Ange est un livre dont j'entendais beaucoup parlé. J'ai essayé d'avoir aucun apriori avant de le commencer. Il faut dire que j'avais entendu autant de profondes éloges que de critiques amers... Malheureusement, je rejoins la deuxième catégorie de ces lecteurs...

La première raison qui m'a fait quasiment détesté ce livre est la profusion de voyeurisme et de tentatives d'accroches larmoyantes. Pour tout dire, j'avais l'impression d'être confronté à un article du Voici du crime : Le Nouveau Détective. En effet, on fait du meurtrier de Susie un horrible monstre pratiquant tous les crimes affreux que l'ont peut voir : pédophilie, nécrophilie, découpe de corps etc. Bref, je ne lis pas pour ça, pas pour me rappeler qu'il y a des abominations sur notre planète... Je ne pense pas qu'il y avait besoin de tout ça.
Sur le deuxième point que j'ai évoqué, je suis de nature à ne pas aimer qu'on m'impose des sentiments de compassion voire de pitié, je préfère qu'on les exprime de manière quasi implicite, qu'on ne dise pas au lecteur : "maintenant, c'est triste, soit ému...". On a trop souvent tendance dans la société actuelle à générer du "business larmoyant" et j'en ai profondemment horreur. Je n'avais jamais ressenti ça dans un livre et j'espère que ce ne sera plus le cas.

La deuxième raison est la confusion générale de l'intrigue. Flashbacks, ellipses narratives et j'en passe, l'auteure ne facilite en rien l'imprégnation du récit. Par exemple, au début du roman, la narratrice, Susie, nous raconte à la fois, sans transition, le déroulement de son meurtre, ce qu'elle voit du paradis et des bribes de souvenirs quand elle était vivante... Aussi il m'arrivait très souvent de laisser mon esprit vagabonder n'ayant jamais vraiment réussi à prendre mes repères. Cela continue tout le récit, je n'ai ainsi jamais pu vraiment m'y intégrer.
Certains passages m'ont semblés hors sujet ou du moins, particulièrement inintéressants. J'ai beaucoup aimé le fait que Susie observe son meurtrier, elle pouvait alors nous parler de ce qu'il faisait et de son passé mais en contrepartie, on a su dès le début qui il était donc on perd l'intérêt de suivre l'enquête.... J'ai beaucoup apprécié aussi qu'on analyse le deuil de chaque membre de la famille, c'est amené de manière plutôt réaliste : le renferment sur soi-même, le dénie, l'adultère pour compenser etc. Mais par contre, ce fut un déplorable ennui de parler de ce que faisaient les "vivants" lorsque ça n'avait aucun rapport avec la narratrice.

J'ai été assez attendri par la narratrice même si je trouvais que son discours n'était pas en adéquation avec son âge. Elle analyse ce qu'elle voit de son paradis, se livrant sans pudeur à nous. Elle dit en toute franchise ce qu'elle pense de chaque membre de sa famille.
J'ai aussi beaucoup aimé le père qui sombre à petit feu dans le désarrois, se raccrochant à des chimères et à ses enfants encore en vie qu'il chérie. Lindsey, sa sœur, m'a impressionné par sa force de caractère face aux événements et Grand-Mère Lynn m'a bien fait rire dans le rôle de la mamie alcoolique à tendance hystérique. La mère et Buckley étaient quant à eux plus en retrait et les autres personnages secondaires n'ont pas éveillé mon intérêt.

L'écriture d'Alice Sebold est le point fort de ce roman. C'est très souple, fluide et emprunt de sentiments, un peu trop à mon gout quand même. Par contre, la mise en place de l'histoire est très mal faite, ça part dans tous les sens et on se demande jusqu'à la fin où on va...

Vous l'aurez compris, ce livre m'a marqué mais dans le mauvais sens du terme... Une surdose sentimentale ajoutée à un fouillis incommensurable ont condamné ma perception de l'histoire qui, malgré quelques bons points, ne m'aura jamais embarquée... Je lui donne donc un 09/20

Bilan du Challenge Juste Pour Lire, 1ere Edition

Après le RAT, une idée a émergé sur le suivi lecture de Mycoton32 qui consistait à faire un genre de RAT mais en plus libre, avec d'autres composantes et c'est ainsi qu'elle a créé le Challenge Juste Pour Lire dont voici le sujet initial :

Bonjour à tous!

Comme promis, je lance le nouveau challenge dont nous avions déjà discuté.
Le nom de ce challenge est "Juste Pour Lire". Merci à tous ceux qui ont proposé une idée de nom et à ceux qui ont votés bien entendu.
Le but principal est de lire sur un temps donné. Chacun bien évidemment le faisant selon son envie et ses moyens. Les mots d'ordre sont "plaisir" et "convivialité"!

L'idée originale est tirée du RAT (Read A Thon, marathon de lecture de 12 ou 24h) dont voici le blog et auquel j'ai participé. Merci Virginie pour l'organisation et pour ta compréhension.

Pour cette première session, voici les "règles" :
1 - s'amuser (ben oui, c'est la plus importante celle-là)
2 - choisir une durée entre 3h - 6h - 9h ou 12h non stop (voire plus si vous êtes motivés)
3 - vous pouvez faire plusieurs petits défis puisque
4 - cela commence le samedi 30/10 et se finira le 14/11 (15 jours pour que chacun trouve ce qui lui convient, le rythme, la période, les lectures...)
5 - voici les 3 thèmes pour cette session : "Classique" - "Fantasy" - "Libre" (le but étant d'en choisir un et de le "respecter" pendant la durée choisi, le libre étant un mélange de ce que vous voulez!)

Par la suite, je pensais faire un défi de ce genre tous les deux mois (ou 3, selon ce qu'il en ressortira) en choisissant une semaine entière pour que ceux qui ne peuvent pas lire pendant le weekend puissent tout de même "participer"!

Bien sûr, aucune obligation de quelque sorte que ce soit, faites vous plaisir (et puis si ça peut faire baisser les PAL, tant mieux!! Surtout à l'approche des fêtes...).

Pour le logo, je cherche toujours mais ça arrivera très vite!!

Bien entendu, les personnes souhaitant faire des remarques ou apporter des améliorations peuvent me le signaler! Je ne mord pas (pas encore, Edward refuse toujours de me transformer...)!

Je ne m'étais pas lancé dans le RAT par peur de viser trop haut sachant que j'ai du mal à lire plus de deux heures d'affilée mais avec ce challenge, j'ai pu me tester et en fait, c'est très agréable de lire si longtemps.

Voici donc mon Bilan de quatre sessions :
Session 1 : 3h, catégorie Fantasy, deuxième moitié du Pacte des Marchombres, tome 2, L'envol de Pierre Bottero ainsi qu'une quarantaine de pages de Fils-des-Brumes, tome 1, L'Empire Ultime tout en regardant le film Jennifer's Body.

Session 2 : 3h, catégorie Fantasy, soixantaine de pages du premier Fils-des-Brumes ainsi que le premier tiers de la Quête d'Ewilan, tome 1, d'un Monde à l'Autre.

Session 3 : 3h, catégorie Fantasy, Fin du premier La Quête d'Ewilan tout en regardant des épisodes de Stargate SG1.

Session 4 : 3h, catégorie libre avec encore une soixantaine de pages de Fils-des-Brumes ainsi qu'un bon tiers d'Anita Balke, tome 2, le Cadavre Rieur.
Mon objectif pour la prochaine fois sera de lire 6h d'affilée.

vendredi 12 novembre 2010

Anita Blake, tome 2, Le Cadavre Rieur


Résumé : Savez-vous ce que c'est qu'une "chèvre blanche"? Eh bien, en jargon vaudou, c'est un doux euphémisme pour désigner la victime d'un sacrifice humain. Et quand ces types sont venus me demander de relever un mort de deux cents ans et des poussières, j'ai tout de suite compris ce que ça impliquait. Je veux bien égorger des poulets, un mouton, voire un buffle dans les cas désespérés... mais ça, non! Pas question... Mais je les ai envoyés promener, eux et leur chèque d'un million de dollars. L'ennui, c'est que tout le monde n'a pas mon sens moral. Que ces salauds vont bien dégoter quelqu'un pour faire le boulot. Qu'on va se retrouver avec un mort-vivant raide dingue, tout sauf végétarien, et semant la panique. Et que c'est encore la petite Anita qui va devoir se le coltiner! Comme si je n'avais pas déjà assez de problèmes avec les vampires...

Mon Avis : Je continue dans le genre Bit Lit avec l'une des séries les moins convaincantes si l'on s'en tient au premier tome. Trop survolé à mon gout, j'attendais de ce second volet une meilleur construction, un univers plus dense. Sans être une révélation, j'ai bien plus apprécié .

L'univers, gros point faible du premier tome car rien n'est développé, prend de la consistance dès le début. En effet, Anita, héroïne narratrice, prend le temps de nous parler du milieu surnaturel que ce soit sur les réanimateurs ou les autres. Le vaudou est au cœur de l'histoire et nous permet, à travers plusieurs nouveaux personnages, de mieux comprendre le don d'Anita. On se rend compte que son potentiel est bien plus élevé que de relever pour quelques instants un mort.

L'histoire du précédent tome ne m'avait pas transcendée et malheureusement... celle-ci non plus. En fait, le problème principal est la construction : pour un livre si court (moins de quatre cents pages) il n'y a pas moins de quatre intrigues. On alterne chaque partie de l'histoire si bien qu'on a du mal à s'intéresser à une seule. Il faut attendre les derniers instants pour trouver un lien entre elles mais même si je fus surpris par une fin rocambolesque comportant des rebondissements que je n'avais pas vus venir, cela n'a pas réussi à compenser la mauvaise mise en place.
Je me suis aussi rendu compte que dans ces univers bit-lit qui se ressemblaient plus ou moins, mon affection allait beaucoup aux vampires... Contrairement au premier, on n'en voit que très peu. Les zombies prennent le relai et je dois dire que je n'en suis pas particulièrement fan...
Sans vouloir être trop sévère, il faut reconnaitre qu'il y a mieux. Ceci dit, j'ai parcouru les pages avec facilité et engouement jusqu'à le finir en me disant que j'avais passé un bon moment.

Dès le premier tome, j'avais adhéré à la personnalité et au caractère d'Anita. Bien qu'encore une fois, ça n'a rien de novateur, Anita réagit avec autorité et aplomb quand elle affronte le danger. Elle fonce tête baissée et a une fâcheuse tendance à se faire blesser à chaque altercation. Elle me rappelle une certaine Buffy Summers...
Le seul détail qui m'a plus ou moins agacé pendant ce tome était ses échanges houleux avec le maitre vampire Jean-Claude : c'était toujours emprunt d'agressivité et les sujets étaient redondants...
On le voit peu mais je n'arrive pas à accrocher avec son comportement et à ses tentatives de charme que je trouve un peu ridicule. Pour le moment, je n'accroche pas du tout à la manière dont l'auteure amène la séduction...
Sinon, les autres personnages secondaires ne sont pas extraordinaires. Seuls les ennemis de ce tome ont éveillé ma curiosité particulièrement la prêtresse vaudou, Dominga, très crédible en tant que vieille sorcière effrayante et Gaynor, homme d'affaire richissime qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu'il désire.

Côté écriture, sans être de la prose admirable, ça se lit particulièrement bien avec un rythme qui repousse l'ennui. Le seul gros reproche que je pourrais faire réside dans les descriptions des personnages. C'est très souvent du genre "elle mesure 1m65 et est blonde aux yeux bleus", ni plus, ni moins. Pour un roman censé être abouti, c'est plus que léger car je trouve très important d'avoir assez d'éléments pour s'imaginer les personnages. Cela revient à regarder un film où l'on comprend ce qu'il se passe sans toutefois voir le visage des personnages... Troublant non?

Pour conclure, je dirais que je ne suis toujours pas convaincu. J'en demande encore plus bien que ce tome a su me faire passer un bon moment. Il faudra que certains détails, surtout la construction de l'intrigue, soient gommés. Je donne donc un 14/20.


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